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- Revue de presse N° 194

- 2021 - {2003-2021 – 18ème année}

- Articles du 13 juillet 2021

 


Raoul Salan,un héros « effacé »


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C’est ainsi que le général Salan fut « effacé » jusqu'à présent de l'espace public, y compris chez lui à Roquecourbe.

Un ostracisme local curieusement partagé avec Émile Combes, l'autre grand homme du village.

Dévoilée sur la façade de sa maison natale le mardi 13 juillet 2021, une plaque rendra pour la première fois un hommage sobre mais officiel à notre compatriote mort il y a 37 ans, amnistié en 1968 puis réhabilité .


Est-ce judicieux, alors que les plaies mémorielles restent à vif plus de soixante ans après la fin de la guerre d'Algérie?


Toujours écrite par les vainqueurs. L’histoire n'a voulu retenir que son engagement à la tête de l’OAS. sa participation au putsch des généraux et sa condamnation à la prison à perpétuité.


Mais Raoul Salan fut aussi le soldat le plus décoré de France.


De sensibilité plutôt radicale-socialiste, c'est pour rappeler le général de Gaulle au pouvoir qu'il franchit une première fois le Rubicon en mai 1958 depuis le Forum d'Alger


SUR LA FAÇADE DE SA MAISON NATALE A ROQUECOURBE LE MARDI 13 JUILLET 2021.

UNE PLAQUE RENDRA ENFIN UN HOMMAGE SOBRE MAIS OFFICIEL A NOTRE COMPATRIOTE


Plus tard, il n'accepta pas la volte- face du grand homme et ses terribles conséquences ; l'abandon puis le massacre de dizaines de milliers de harkis et de pieds-noirs.


A l'acmé du parcours glorieux qui avait amené le petit boursier du Sidobre des tranchées de Verdun à la périlleuse position de « faiseur de roi républicain ». Raoul Salan aurait pu confortablement profiter de la postérité et des honneurs.


Tout juste retraité, le général choisit pourtant l’exil et la clandestinité au nom de sa conception de l'honneur, exposée devant ses juges du Haut tribunal militaire :


Je me suis senti engagé devant ma conscience, devant mes pairs, devant ma patrie et devant Dieu «. Hasard du calendrier, c'est également le 13 juillet qu'une allée de Lorient prendra le nom d'un autre enfant du pays castrais : Loïc Le Page, béret vert des forces spéciales dont le père commanda jadis le 8e RPIMa, tué au combat il y a quinze ans en Afghanistan.


Cet hommage à un jeune héros anonyme constitue un rappel salutaire face à autodénigrement et à la repentance qui tiennent lieu désormais de fierté nationale.


Il reste à espérer que son retentissement fera écho aux cris d'orfraie que l’initiative du maire de Roquecourbe.


Michel Petit, provoquera inévitablement chez les habituels perroquets de la bien-pensance.


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https://www.ladepeche.fr/2021/07/14/une-plaque-pour-le-general-salan-enfant-du- village-9670345.php


Tarn : quand les élus de Roquecourbe rendent hommage au général Salan, ancien chef de l'OAS et putschiste contre De Gaulle

Br.M.

13 juillet 2021


l'essentiel Le général Raoul Salan, ancien chef de l'OAS et participant au putsch des généraux en 1961 contre De Gaulle à Alger, mort en 1984, a été honoré mardi 13 juillet par les élus de son village natal de Roquecourbe dans le Tarn.


"Dans cette maison naquit le 10 juin 1899 Raoul Salan, général d’armée, militaire le plus décoré de France, décédé à Paris le 3 juillet 1984". Le maire de Roquecourbe Michel Petit a dévoilé une plaque commémorative en hommage au général Salan mardi 13 juillet au soir sur le mur d’une maison du centre du village de Roquecourbe dans le Tarn, située allées du général de Gaulle, comme un clin d’œil à l’histoire.


Une marque de reconnaissance à laquelle il tenait beaucoup depuis son élection l’an dernier.

 


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Michel Petit Gautier, Delort Hervé, Pignel-Dupont, devant la plaque en hommage au général Salan dans la maison où il naquit le 10 juin 1899 à Roquecourbe dans le Tarn (RPweb)


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DR courtoisie Dominique Salan


Et si cet hommage n’arrive que maintenant c’est que ce militaire est un héros contesté. Son nom reste en effet associé au putsch des généraux en 1961 et à l’Organisation armée secrète (OAS), qui lutte pour le maintien de l’Algérie française alors que le général de Gaulle a décidé l’indépendance du pays, dont il fut le chef.


Prison à perpétuité


Condamné à la prison à perpétuité en 1962 suite au putsch, il a pourtant été amnistié en 1968 et réintégré dans le corps des officiers. Mais pour le maire et les nombreuses personnes présentes à cette cérémonie mardi soir, des anciens combattants, comme Christian Pourcel, le président du comité castrais du Souvenir français, ou encore des élus comme le conseiller départemental Serge Serieys ou le président de la communauté de communes Sidobre Vals et plateaux Jean-Marie Fabre et de nombreux habitants, il était enfin temps de "reconnaître sereinement et humblement" le soldat qu’était Raoul Salan.


"Reconnaître le courage d’un homme exceptionnel, un grand soldat qui servit la patrie durant quatre conflits. Reconnaître son courage, sa détermination, sa valeur militaire qui firent de lui le soldat le plus décoré de France, un homme qui aima les peuples qu’il découvrit et qui s’appropria leurs cultures, un homme bafoué par des paroles reniées, des engagements piétinés, des faits falsifiés, un homme dont la parole donnée était inaltérable, un homme réhabilité mais qui n’usa pas de rétorsion et ne désigna personne à la vindicte populaire, un homme auquel il serait juste que les honneurs militaires soient rendus et enfin reconnaître un enfant de notre village", a expliqué Michel Petit qui ne veut pas qu’on résume l’action de Raoul Salan à ce putsch d’Alger ou en tout cas sans en expliquer les raisons précises.


"Il est important de rappeler ses actions dans les autres conflits"


Car le général Salan est "un personnage hors du commun" pour Hervé Pignel-Dupont, le président de l’association des Amis de Raoul Salan, présent à cette cérémonie.


Son arrière-petit-fils Gautier Delort avait aussi fait le déplacement pour remercier le maire au nom de sa famille de cet hommage à son aïeul qui a eu une "longue et intense carrière".

Le général Salan s’est en effet illustré durant les deux premières guerres mondiales et surtout en Indochine dont il avait "une connaissance parfaite".


"Beaucoup ne retiendront que la période algérienne mais il est important de rappeler ses actions dans les autres conflits, a affirmé son arrière-petit-fils qui se dit toujours impressionné par "la longue liste" des décorations de son arrière-grand-père. "Il est important que tous ces événements soient racontés aux jeunes générations pour qu’ils comprennent notre histoire et apprennent à se forger leur propre opinion sur ces grandes périodes qui ont façonné la culture de notre pays et sa place dans le monde actuel", explique-t-il.


Émile Combes n’est donc plus la seule personnalité qui a marqué l’histoire à avoir sa plaque à Roquecourbe.


Cet homme politique né dans le village sud-tarnais en 1835, président du Conseil et ministre de l’Intérieur et des Cultes au début du XXe siècle qui a contribué à la loi de séparation des Églises et de l’État, connaissait d’ailleurs la famille Salan.


Il serait même intervenu pour favoriser la dispense d’âge de Raoul Salan pour entrer Saint- Cyr en 1917.


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Rappel

https://www.ladepeche.fr/article/2014/02/22/1824061-roquecourbe-de-curieux- hommages-au-general-salan.html


Roquecourbe. De curieux hommages au général Salan

La Dépêche du Midi


Publié le 22/02/2014 à 03:53


Le général Salan aurait-il des admirateurs dans la commune ?

Régulièrement depuis plus de deux ans, un individu lui rend hommage à travers quelques actes inattendus, voire malvenus.


Après avoir tagué des murs à l’entrée du village, à travers l’expression «Honneur au général Salan», il y a une paire d’années, voilà que le mystérieux personnage s’est attribué une avenue au cœur de Roquecourbe, il y a quelques semaines, en apposant une plaque sur une façade, en face de la maison natale du général roquecourbain.


Il y a quelques semaines, une plaque plus vraie que nature a été apposée sur la façade de l'ancienne boucherie.


Certes, le fait d’apposer une plaque ne représente pas une dégradation, puisqu’elle a pu être enlevée par les services municipaux. Mais tout de même, une plainte a été déposée auprès de la brigade de gendarmerie et l’enquête demeure quant à l’identification de l’individu.


Dans la mémoire comme dans l’histoire, le passé et les faits octroyés à ce général ne sont pas si glorieux. Raoul Salan est né le 10 juin 1899 à Roquecourbe et mort le 3 juillet 1984 à Paris. Son état de service porte de 1917 à 1959, où il prend sa retraite. Il a participé au Comité de salut public d’Alger en 1958, puis au putsch des généraux en 1961. Il a également été le chef de l’Organisation armée secrète (OAS) qui lutte pour le maintien du statu quo de l’Algérie française.


Condamné à la prison à perpétuité, il a été ensuite amnistié en 1968 et réintégré dans le corps des officiers.


Aujourd’hui, le sympathisant anonyme du général Salan semble être retourné à de plus saines occupations…


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https://www.lagglorieuse.info/tarn/article_raoul-salan-cet-illustre-enfant-de- roquecourbe-ce-jour-oublie.html


Raoul Salan, cet illustre enfant de Roquecourbe ce jour « oublié » !

Né en 1899 dans les méandres de l’Agout au pied du Sidobre à Roquecourbe, berceau de sa famille, Raoul Salan demeure dans l’histoire comme un général à la carrière brillante et controversée. Voilà soixante ans, dans la nuit du 21 et 22 avril 1961, opposé à l’indépendance de l’Algérie voulant empêcher « la honte de l’abandon », le tarnais participait au putsch des Généraux, Maurice Challe, Edmond Jouhaud et André Zeller défiant le Gral de Gaulle au pouvoir (pronunciamiento auquel s’associa un certain Capt Hélie de Saint-Marc, chef de corps

du 1er Régiment étranger de parachutistes). Hors d’active depuis 1960, Salan les rejoignait pourtant depuis l’Espagne formant avec eux le fameux « quarteron de généraux ». Il faut dire que ce Saint-Cyrien qui, à peine dix-neuf ans, avait concouru à la fin de la première guerre mondiale, n’était pas un inconnu en Algérie : affecté à l’Armée d’Afrique en 1942 lors de la seconde guerre mondiale, débarquant notamment en Provence aux côtés du Gal de Lattre de Tassigny, fort de ses expériences en Indochine durant l’Entre-deux guerres puis en 1945 auprès du Mal Leclerc, notre Gal d’armes surnommé le «chinois» y fut nommé en 1956 commandant en chef ! Confirmé en mai 1958 lors du précédent putsch d’Alger dans ses pouvoirs civils et militaires comme délégué du gouvernement en Algérie, promu gouverneur de Paris, Salan était néanmoins écarté quelques mois plus tard par Charles De Gaulle. Cette nouvelle tentative de pronunciamiento des 21 et 22 avril 1961 échouant, Raoul Salan entrait dans la clandestinité prenant la tête de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) avec la ferme intention de s’opposer aux accords d’Évian avec le Front de libération nationale (FLN) algérien. Finalement au printemps 1962, arrêté à Alger, après plusieurs tentatives et jugé par le Haut Tribunal militaire, Salan était condamné à la réclusion criminelle à perpétuité (Vexé par une peine « clémente », de Gaulle qui voulait qu’il soit fusillé comme le Gral Jouhaud, dissout manu militari cette juridiction d’exception pour la remplacer tantôt par la Cour militaire de Justice). Gracié en mai 1968, après la rencontre en catimini de Gaulle avec le Gal Jacques Massu à Baden-Baden (Les deux généraux Massu et Salan avaient tissé des liens étroits lors du putsch d’Alger en mai 1958), Salan était en 1982, amnistié et réintégré dans ses rangs de Gral d’armée et de Grand-croix de la Légion d’honneur par François Mitterrand. Malade, décédé en 1984 à l’Hôpital des Armées du Val-de-Grâce, le Gral Raoul Salan repose à Vichy avec cette épitaphe «soldat de la Grande guerre» !


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DR archive RPweb

Pourtant, comme Émile Combes, l’illustre enfant de Roquecourbe reste dans son village natal encore un «oublié»°…


Seul témoignage, une plaque apposée sur sa maison natale sise sur les Allées du Gral de Gaulle (ironie du sort!) vient d’être déposée suite à la réfection de sa façade par ses propriétaires.


Mais, une nouvelle sera posée devant la demeure à l’occasion d’une remise de fourragère aux jeunes recrues du 8e RPIMa de Castres (né de la Coloniale où servit le Gal Raoul Salan tant en Indochine qu’en Afrique Occidentale et du Nord) en présence d’un piqué d’honneur de cette unité, le 10 juin ... jour de naissance de notre roquecourbain !


vendredi 23 avril 2021


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http://www.roquecourbe.fr/fr/les-personnalites-de-la-commune/raoul-salan_88.html


Raoul SALAN


Site internet mairie de Roquecourbe


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Raoul Salan, né le 10 juin 1899 à Roquecourbe (Tarn), mort le 3 juillet 1984 à Paris, est un général français, et le militaire le plus décoré de France. Son état de service porte de 1917 à 1959 où il prend sa retraite. Il participe au putsch des généraux en 1961. Il est également le chef de l'Organisation armée secrète (OAS) qui lutte pour le maintien du statu quo de l'Algérie française. Il est condamné à la prison à perpétuité, puis amnistié en 1968 et réintégré dans le corps des officiers. Il a épousé Lucienne Salan. Le couple a eu deux enfants, Victor (né le 23 février 1932) et Dominique (née le 15 mars 1946 à Hanoï). Cette dernière a été rapatriée en France en septembre 1946, sur le navire « Maréchal Joffre ». Selon sa fille, les modèles du général Salan sont le général Charles Mangin et le maréchal Joseph Gallieni1.


Première Guerre mondiale (1917-1918)

Il s’engage pour la durée de la guerre le 2 août 1917, est admis à École spéciale militaire de Saint-Cyr le 21 août 1917 dans la promotion La Fayette. Il en sort aspirant le 25 juillet 1918, est affecté au 5e Régiment d’infanterie coloniale (RIC) à Lyon le 14 août 1918. Chef de section à la 11e compagnie, il participe aux combats dans la région de Verdun (Saint-Mihiel, Les Éparges, Fort de Bois-Bourru, Côte de l’Oie, Cumières-le-Mort-Homme). Il est cité à l’ordre de la brigade par l’ordre en date du 29 décembre 1918.


Entre-deux-guerres (1919-1939)


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Il est affecté à l’armée d’occupation en Allemagne jusqu’en mai 1919, puis il retourne à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr le 7 mai 1919. Il est nommé sous-lieutenant à titre définitif le 21 septembre 1919 et affecté au Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc (actuel Régiment d'infanterie-chars de marine), à Landau, en Allemagne, le 3 décembre 1919. Sur sa demande, il est envoyé au Levant au 17e Régiment de Tirailleurs Sénégalais (RTS), en tant que chef de poste à Radjou, en Syrie sur la frontière avec la Turquie. Il est promu lieutenant le 11 septembre 1921, grièvement blessé au combat d’Accham le 24 octobre 1921. Il est à nouveau cité, à l’ordre de l’armée et nommé chevalier de la Légion d'honneur 2, il est décoré sur son lit d’hôpital, à Alep, par le général Gouraud, haut-commissaire au Levant. Il fait l'objet d'un rapatriement sanitaire le 25 janvier 1922, est soigné à l’hôpital Sainte-Anne à Toulon, puis au Val-de-Grâce à Paris, est affecté pendant sa convalescence au 23e RIC à Paris et désigné sur sa demande pour l’Indochine le 2 janvier 1924. Il est alors affecté au 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois comme adjoint au chef de poste de Nguyen-Binh (Tonkin) qu’il rejoint le 15 avril 1924. Détaché hors-cadre le 14 décembre 1924, il est délégué administratif du Commissaire du gouvernement chef de la province du Haut-Mékong, à Muong Sing, aux confins de la Chine, de la Birmanie et du Siam, du 15 avril 1925 au 26 mai 1928. Après un retour en métropole du 6 juillet 1928 au 2 août 1929, il assure, en position hors-cadre, l’intérim du Commissaire du Gouvernement, Lapeyronie, pour la province du Haut-Mékong, à Houei Sai. Il est promu capitaine le 25 mars 1930 et retourne à Muong-Sing en mars 1931, rédige un « Manuel de lecture de la langue « Lu » et « Youne » avec traduction correspondante en langue laotienne ». Il quitte l’Indochine pour la métropole le 28 avril 1933. Il prend le commandement de la Compagnie d'essais techniques le 1er décembre 1933 et participe avec cette unité à des manœuvres au Larzac au printemps 1934, puis est renvoyé en Indochine le 6 octobre 1934, où il prend le commandement comme capitaine de la 6e compagnie du 19e Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale tout en assumant les fonctions de délégué administratif de Dinh-Lap au Tonkin. Avec son fils Victor3, âgé de cinq ans, il revient le 8 avril 1937 en métropole, à bord du Chenonceaux ; il y fait connaissance de sa future épouse, Lucienne Bouguin. Il est détaché au ministère des Colonies le 1er septembre 1937, comme adjoint au chef du 2e bureau (renseignement), est promu au grade de chef de bataillon le 22 mars 1938, devient chef du Service de Renseignement Intercolonial et est en relation quotidienne avec Georges Mandel, ministre des Colonies à partir d’avril 1938. Il mène à l’automne 1939, après la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, une mission secrète au Caire et à Khartoum d’aide à la résistance abyssine contre l’occupation de l’Éthiopie par les troupes italiennes.


Seconde Guerre mondiale (1939-1945)


Il revient à Paris le 19 novembre 1939. En janvier 1940 il prend la tête d’un bataillon du 44e Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais. Le 5 juin 1940, Salan est avec son bataillon en première ligne sur la Somme lorsque les Allemands déclenchent leur offensive après l’encerclement et la défaite des forces françaises et britanniques dans la poche de

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Dunkerque. Il se replie sur ordre avec les restes de son bataillon en menant des actions retardatrices sur la Seine puis sur la Loire. Il est cité deux fois à l’ordre du régiment par ordres des 12 et 13 juillet 1940, puis à l’ordre de l’armée et promu officier de la Légion d'honneur le 21 août 1940. Il est ensuite détaché à l’état-major général des Colonies, au Secrétariat d’État aux Colonies à Vichy, le 16 juillet 1940. Il est promu lieutenant-colonel le 25 juin 1941. Il est désigné pour servir en Afrique-Occidentale française (AOF) le 24 septembre 1941. Il rejoint Dakar le 8 mars 1942 après avoir fait connaissance de la ville d’Alger, y est affecté comme chef du 2e bureau (renseignements) à l’état-major du général Barrau, commandant supérieur en AOF. En sa compagnie, il effectue une tournée du Sénégal, du Soudan français et de la Guinée. Il rédige avec son équipe et celle du 3e bureau une « Instruction sur la conduite de la guerre sur les arrières de l’ennemi » diffusée jusqu’à l’échelon de la compagnie. Il est promu colonel le 25 juin 1943. Il est désigné pour continuer ses services en Afrique du Nord et arrive à Alger le 31 août 1943 où il est affecté au 2e bureau de l’état-major de l’armée de terre, chargé de l’action psychologique et de la direction du journal Combattant 43 dont l’un des collaborateurs est le peintre André Hambourg. Évincé de son poste par André Le Troquer, commissaire à la Guerre et à l’Air, pour avoir refusé de publier le compte rendu d’une conférence de celui-ci mettant en cause l’honneur des cadres de l’armée de 1939-1940, il est mis à la disposition de la 9e Division d’Infanterie Coloniale (DIC) sous les ordres du général Magnan le 4 mai 1944. Il prend le commandement du 6e Régiment de Tirailleurs Sénégalais (RTS), en Corse, le 30 mai 1944. Il rencontre pour la première fois à Bastia, le 16 juin 1944, le général de Lattre de Tassigny qui a demandé à voir le 6e RTS et son colonel. Il participe au débarquement de Provence à la tête de son régiment avec lequel il débarque le 19 août 1944 au matin sur la plage de La Nartelle dans le Var. Il atteint Toulon le 26 août 1944, après six jours de combats intenses sur l’axe Solliès-Pont, La Farlède, La Valette-du-Var et Toulon. Le 6e RTS déplore 587 tués, blessés et disparus. Une citation à l’ordre de l’armée rend hommage à ces actions4. Il quitte Toulon le 9 septembre avec son régiment reconstitué par incorporation d'éléments des Forces françaises de l'intérieur (FFI) qui « blanchissent » progressivement le régiment. Par note du 13 octobre 1944, le 6e RTS devient le 6e Régiment d’Infanterie Coloniale (RIC). Le 14 novembre 1944, le 6e RIC démantèle la résistance allemande dans la poche du Doubs. Le 23 novembre, le régiment est à Blotzheim, dans le sud du Haut-Rhin, alors que les Allemands tiennent de solides têtes de pont sur la rive française du Rhin ; par la suite, il libère Village-Neuf, Huningue, Loechle et l’usine hydro-électrique de Kembs. Il est appelé au commandement de l’infanterie de la 9e DIC. Raoul Salan est promu général de brigade le 25 décembre 1944. Il a 45 ans. Il participe à la réduction de la poche de Colmar à la fin de janvier et au début de février 1945. Il est cité à l’ordre de l’Armée et promu commandeur de la Légion d'honneur. Le 20 février 1945, il prend le commandement de la 14e Division d’Infanterie, l’ancienne division du général de Lattre reconstituée à partir d’unités issues des FFI et de FTP (Francs tireurs et partisans), dont la brigade Alsace-Lorraine aux ordres d’André Malraux. Il termine la guerre sur le front européen près de Donaueschingen dans la Forêt-Noire. Il est cité deux fois à l’ordre de l’Armée, les 29 avril et 2 décembre 1945 pour son action à la tête du 6e RIC et à la tête de l’infanterie de la 9e DIC.


Guerre d'Indochine (1945-1954)


Octobre 1945 : Retour en Indochine en tant que Commandant des forces françaises de Chine et d’Indochine du Nord.

Janvier 1946 : participe aux négociations concernant le départ des troupes chinoises, du Tonkin

Février 1946 : fait connaissance d'Hô Chi Minh

Avril-mai 1946 : participe aux négociations avec Hô Chi Minh à Đà Lạt

Juillet-septembre 1946 : accompagne Hô Chi Minh aux négociations de Fontainebleau. Mai 1947 : commande les troupes françaises pour le Nord du Viêt-Nam.

1er septembre 1947 : général de division

Février-avril 1948 : assure l'intérim du général Valluy remplacé par le général Blaizot comme commandant en chef en Indochine

6 décembre 1950- 5 janvier 1952 : adjoint militaire du général de Lattre de Tassigny, Haut Commissaire en Indochine


1er septembre 1951 : général de corps d'armée 11 janvier 1952 : mort du général de Lattre.

6 janvier 1952 - 8 mai 1953 : Salan est commandant en chef en Indochine

Juin - octobre 1954 : Adjoint militaire du général Ely Haut Commissaire en Indochine1954. 20 septembre : en désaccord avec le général Ely il demande et obtient son rappel en France. 9 octobre : il quitte l'Indochine. Il est remplacé par le général Pierre-Elie Jacquot.


Guerre d'Algérie (1956-1958)


Après un intermède parisien de 1954 à 1955, le général Salan est nommé, le 12 novembre 1956, commandant supérieur Interarmées de l'Algérie (10e région militaire) en remplacement du général Henri Lorillot. Il prend ses fonctions à Alger le 1er décembre 1956.


L'attentat au bazooka (1957)


Le 16 janvier 1957, un attentat au bazooka est commis contre Raoul Salan par l'ORAF, il coûte la vie au commandant Rodier. Les auteurs de l'attentat étaient les contre-terroristes Philippe Castille et Michel Fechoz. Le commanditaire, René Kovacs, un médecin algérois militant pour l'Algérie française, voulait remplacer Salan par le général René Cogny, le premier étant perçu comme « le bradeur de l'Indochine » — et donc de l'Algérie — au même titre que Pierre Mendès France. Castille mit en cause des personnalités de premier plan, le sénateur députés gaullistes Michel Debré et Jacques Soustelle ainsi que le député Pascal Arrighi (RRRS), mais sans apporter de preuves. L'enquête n'aboutit pas.


Crise de mai 1958


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Le 13 mai 1958, après la mise à sac du du bâtiment de la Délégation Générale en Algérie par des manifestants, il donne son accord au général Massu pour que celui-ci entre dans le Comité de salut public alors formé à Alger. Dans la soirée, le président du conseil démissionnaire, Félix Gaillard, lui délègue les pouvoirs civils et militaires en Algérie. Dans le nuit, Pierre Pflimlin, qui vient d'être investi président du conseil par l'Assemblée nationale, confirme cette délégation. Le 15 mai, Raoul Salan termine, devant une foule rassemblée à Alger, un discours par « Vive la France ! Vive l’Algérie française ! » puis, poussé par le gaulliste Léon Delbecque, il ajoute «Vive de Gaulle ! ». Cette intervention contribue au retour du général de Gaulle, qui est nommé président du conseil le 29 mai et investi par l'Assemblée Nationale le 1er juin. Le 6 juin, Raoul Salan reçoit du général de Gaulle la charge et les attributions de délégué général du gouvernement en Algérie cumulées avec celles de commandant en chef des forces en Algérie. Le 11 décembre 1958, Paul Delouvrier est nommé délégué général, et le lendemain, le général Maurice Challe succède au général Salan comme commandant en chef ayant reçu délégation de pouvoirs du gouvernement. De Gaulle, voulant réduire le pouvoir de l'armée coloniale qui a été pétainiste et a presque tous les pouvoirs, nomme Salan comme inspecteur général de la Défense nationale, poste honorifique5 puis gouverneur

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militaire de Paris le 5 février 19596. Le général Salan quitte le service actif le 10 juin 1960. Il s’installe à Alger avec sa famille le 30 juillet 1960. Le 11 septembre 1960, de passage à Paris, il se voit interdire de retourner à Alger. Le 26 octobre 1960, il donne une conférence de presse à l'hôtel de la gare d’Orsay pour réaffirmer son attachement à l’Algérie française. A la fin du mois d’octobre 1960, menacé d’arrestation , il s'exile volontairement en Espagne.


Évolution de la relation entre Salan et De Gaulle


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Il est intéressant de noter la progression de la relation entre les 2 hommes entre le 24 octobre 1958 et le 12 décembre 1958, date à laquelle Salan se voit attribuer les fonctions d’inspecteur général de la Défense et la fin de la mission de délégué général et commandant en chef des Forces en Algérie 7.


  1. octobre 1958 : lettre du Général De Gaulle à Salan de 404 mots, se terminant par « Soyez, mon cher Salan, bien assuré de mes sentiments de confiance profonde et de sincère amitié. », le texte contenant 4 fois le nom du Général Salan lui conférant un ton très personnel, il est intéressant de noter l'insistance sur le mot « cessez-le-feu » et l'utilisation de superlatifs comme « très » à chaque fois qu'une nuance négative se dessine, le ton du courrier restant largement positif.


  2. novembre 1958 : lettre du Général De Gaulle à Salan de 361 mots, se terminant par « À bientôt donc, mon cher Salan. Croyez-moi votre bien cordialement dévoué. », pour la première fois l'intention de mettre fin au poste du Général Salan est évoquée, se basant sur le besoin exprimé de mettre en place un effort économique et administratif plus que militaire. Le ton change déjà perceptiblement.


12 décembre 1958 ; lettre du Général De Gaulle à Salan de 212 mots lui signalant l'éviction de son poste, se terminant par « Veuillez croire, mon cher général, à mes sentiments bien cordiaux. », le ton étant sec et formel.


Passant de rapports de « sincère amitié » à des « sentiments cordiaux » avec sa hiérarchie, en moins de 3 mois le Général Salan passe d'un poste hautement opérationnel à un poste purement honorifique.


Putsch des généraux et OAS (1961-1962)


Partisan de l'Algérie française, Salan dirige l'OAS après l'échec du putsch des généraux en 1961. Il est arrêté à Alger le vendredi 20 avril 1962 après un an de clandestinité et le 23 mai 1962, après avoir revendiqué ses responsabilités à la tête de l’OAS, est condamné par le Haut Tribunal militaire à la peine de détention criminelle à vie, verdict que le chef de l’État - souhaitant que Salan soit fusillé - considérait trop clément, ce qui entraînera la dissolution du tribunal par le général de Gaulle le 27 mai 1962, alors que le général Jouhaud avait été condamné à mort par le même tribunal le 13 avril précédent. Le 8 décembre 1962, il est transféré en même temps que le général Jouhaud à la prison de Tulle où sont incarcérés les officiers généraux et supérieurs impliqués dans les combats pour l’Algérie française. Le 15 juin 1968, dernier occupant de la prison de Tulle, il est libéré par grâce présidentielle à la suite des événements de mai 1968.


L'amendement Salan

Le 25 avril 1961, durant le putsch d'Alger, le général Salan adresse un communiqué radio visant à mobiliser huit classes d’Algériens et de reconstituer les Unités territoriales (UT) dissoutes après la « Semaine des barricades » de janvier 1960. Le 11 septembre 1961, le général Salan, qui est entre temps devenu chef de l’O.A.S., envoie une lettre aux parlementaires reformulant sa demande d'avril.


L'arrestation de Salan


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Conscient que la partie, sur le terrain, était jouée, refusant de fuir au Portugal, comme on le lui conseillait, Salan dira que son départ d’Algérie porterait aux Européens d'Algérie un coup dont ils ne se relèveraient plus. Il lui restait une dernière carte à jouer, afin de renverser l'équilibre des forces, une alliance avec le rival et ennemi du FLN, c'est-à-dire le Mouvement national algérien (MNA) dirigé par Messali Hadj. L'OAS veut maintenir l'autorité des Français8. Les messalistes réclament l'indépendance sous certaines conditions, dictées par eux, mais admettent la possibilité aux Européens de rester sur le territoire et participer au développement de l'économie algérienne, mais, ce qui est important, c’est que les deux fronts craignent le FLN pour son intransigeance. Messali Hadj refuse tout contact avec le parti qu'il appelle « Organisation Fasciste ». Alors, Salan découragé adresse une lettre à un groupe de messalistes dissidents, le FAAD (Front algérien d’action démocratique). Le vendredi 20 avril Salan descend de son appartement situé au cinquième étage et se rend à son bureau qui se trouve au rez-de-chaussée du même immeuble, c’est-à-dire au 25 rue Desfontaines où il avait rendez-vous avec Jacques Achard, alias Alpha, chef de l’OAS du secteur Orléans-Marine, lui-même chargé de rencontrer le FAAD.


Une Peugeot noire remonte le boulevard Saint-Saëns, tourne dans la rue Desfontaines et s’arrête. Les gardes du corps de Salan attendent dans une 403 grise dans cette même rue, voient un véhicule dans le rétroviseur, mais pensent qu’il s’agit du commando Delta. Le quartier est encerclé, Jean-Marie Lavanceau (agent infiltré) frappe à la porte du bureau. Salan, Jean Ferrandi et une troisième personne sont à l’intérieur. Lavanceau demande où se trouvent les toilettes, et au même moment quelqu’un sonne. Ferrandi observe par le judas, et crie

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« Nous sommes faits ». Salan était pris au piège, et avant que ses gardes du corps ne puissent réagir, postés devant l’immeuble, les policiers prennent rapidement position en sortant des véhicules blindés. Le chef de l’OAS est bel et bien tombé dans un piège. Une heure plus tard, Alger apprend par un communiqué de la délégation générale, que Salan a été arrêté lors d'une banale et routinière recherche d’émetteur clandestin. Nous savons maintenant que les services secrets ont, pendant plus d'un an, préparé prudemment des travaux d'approche et infiltré à l'échelon le plus haut de l'OAS, des agents comme Lavanceau (treize tentatives d'arrestation avaient été infructueuses auparavant). Les Algérois refusèrent de croire à cette nouvelle, peu à peu les magasins de la ville se ferment, Radio-pirate OAS confirmera peu de temps après la nouvelle en ces termes : « Salan reste l'âme et l'esprit de la résistance française. La lutte continue. » 9


Procès et emprisonnement


Le procès de Salan s'ouvre le 15 mai 1962. Le 23 mai, il est condamné à la détention à perpétuité.


Fin de sa vie

De 1970 à 1974, publie ses mémoires couvrant la période 1918-1960 sous le titre : Fin d’un Empire'

En 1975, publie Indochine Rouge, le message d’Hô Chi Minh

En 1982, à la suite de l’amnistie votée par le Parlement, est réintégré dans ses prérogatives de général d’armée et de grand-croix de la Légion d'honneur

Malade depuis le 10 mai 1984, il s’éteint le 3 juillet 1984 à l’hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce. Il repose au cimetière de Vichy. L'inscription sur sa tombe10 porte seulement, en plus de son prénom, de son nom et des années de naissance et de mort, la mention : « Soldat de la Grande Guerre ».


Références


OAS: une Histoire Interdite, François Margolin et Georges-Marc Benamou, Margo Films-E Siècle-Odyssée, 2003

Journal officiel du 5-4-22

Victor, Georges, Marie, né le 23 mars 1932, Chevalier de la Légion d'Honneur le 22 juillet 1971, Officier le 21 avril 2006 au titre de l'Armée de Terre

Myron J. Echenberg, Les tirailleurs sénégalais en Afrique occidentale française, 1857-1960, Crepos-Karthala Editions, 2009 (ISBN 9782811102975, lire en ligne [archive]), p. 173

Le 13 mai du général Salan ; Auteur : Jacques Valette ; Édition : Esprit du livre ; paru le 01/03/2008 ; ISBN 2915960291

Décret du 5 février 1959 portant affectation d'un officier général de l'armée de terre [archive] publié au JORF du 7 février 1959, p. 1695

↑ http://www.gaullisme.fr/2011/02/11/lettres-de-charles-de-gaulle-a-raoul-salan/ [archive]

Le colonel Gardes de retour à Affreville se consacrera à la réalisation de cet objectif, mais comme les messalistes dissidents réclamèrent quatre cents fusils et que l’OAS refusa, le projet avorta.

L'arrestation de Salan : histoire pour tous no 137 : Pages 192/200 - septembre 1971 - Paul Hennisart

↑ La Montagne (édition de Vichy), 1er novembre 2010.


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Article payant incomplet


https://www.lejournaldici.com/actualite/a-la-une/%C2%AB%C2%A0le-putsch-une- ann%C3%A9e-de-sa-vie%C2%A0%C2%BB


« Le putsch, une année de sa vie »

 

Vendredi 9 Juillet 2021 - 17:30


4 étapes de la vie du général salan. JDI (DR)


4 étapes de la vie du général salan. JDI (DR)

 

HISTOIRE/ROQUECOURBE. 60 ans après le putsch d'Alger, une plaque commémorative sera dévoilée le 13 juillet sur la maison natale du général Salan, personnage controversé de l'Histoire. Sa fille témoigne.


C'est un petit clin d'œil de l'histoire. Ou une provocation, quand on connaît l'antagonisme des deux hommes. La maison natale de celui qui allait devenir le général Salan est située sur les allées du... général de Gaulle ! Et c'est ici, au numéro 17, que sera apposée une plaque à l'initiative du maire de Roquecourbe, Michel Petit, le 13 juillet, veille de la fête Nationale.

Pour l'édile roquecourbain, il s'agit de « reconnaître un homme auquel il est juste que les honneurs militaires soient rendus » et il s'agit aussi de la reconnaissance, « enfin », « d'un enfant de notre village. »


Pour sa fille, Dominique Salan, et l'association des amis de Raoul Salan, c'est un moment important, comme un pas supplémentaire vers une meilleure image.

Avant......................./………………….


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Hors sujet


https://www.capital.fr/economie-politique/covid-19-reprise-alarmante-en-algerie- lepidemie-setend-en-australie-malgre-le-confinement-1409185


Covid-19 : reprise “alarmante” en Algérie, l’épidémie s’étend en Australie malgré le confinement


En Algérie les hôpitaux sont saturés du fait de la trajectoire inquiétante de la pandémie de Covid-19.

L'Australie est elle aussi inquiète, le confinement à Sydney semblant insuffisant. Publié le 12/07/2021 à 13h49

La pandémie de Covid-19 fait de la résistance ! Alors que la France s'inquiète de la propagation du variant Delta, de l'autre côté de la Méditerranée, l'Algérie fait face à une dynamique très défavorable... La reprise des contaminations au Covid-19 en Algérie est "alarmante" et les hôpitaux sont "saturés", selon Mohamed Yousfi, chef d'un service d'infectiologie à Boufarik, près d'Alger, qui dénonce l'immobilisme de l'Etat. Le président Abdelmadjid Tebboune assure que la situation épidémiologique est "sous contrôle" mais l'Algérie, pays le plus peuplé du Maghreb avec 44 millions d'habitants, s'approche du record de cas quotidiens (1.133) enregistré en novembre 2020.


Du côté de l'Australie, le foyer épidémique ne cesse de s'étendre à Sydney en dépit du confinement imposé dans la première ville australienne, selon les autorités. Au total, 112 nouveaux cas ont été recensés ces 24 dernières heures dans l'agglomération, un record depuis le début de cette vague épidémique, alors que le confinement en est à sa troisième semaine. La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a annoncé lundi une réunion

extraordinaire des dirigeants du forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec), vendredi, pour améliorer la réponse à la pandémie dans cette région.


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https://www.cairn.info/revue-outre-mers-2021-1-page-263.htm


12 juillet 2021

Sur l’expression Pieds-Noirs : point historico-sémantique

une

mise

au

Alain Rusciol


þÿ


Les origines et les destinées de l’expression familière Pieds-Noirs sont depuis longtemps source d’interrogations. Des explications hasardeuses ont fleuri depuis plus de 60 années, sans jamais reposer sur des sources fiables. Fort heureusement, des travaux sérieux ont déjà exploré la question. Il a paru nécessaire de les synthétiser, puis de les compléter par des sources nouvelles.


On a pu ainsi situer de façon assez précise la naissance (dans les sources écrites) de l’expression : en 1955, au Maroc (et non en Algérie, comme il est généralement pensé).


Puis, durant et après la guerre d’Algérie, l’expression s’est imposée pour désigner les rapatriés venus de la rive sud de la Méditerranée.


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https://fl24.net/2021/07/12/zemmour-lalgerie-francaise-de-gaulle-et-les-gauchistes/

Zemmour, l'Algérie française, de Gaulle et les gauchistes

12 juillet 2021 Par Pascal Tenno


Eric Zemmour / Photo: DREric Zemmour / Photo: DR

Le très respecté magazine culturel américain, First Things, dresse, dans son dernier numéro, le portrait le plus intéressant qui ait jamais été fait d’Éric Zemmour.


Un très long article d’une grande richesse. FL24 vous en livre un extrait-clé, où l’auteur, Nathan Pinkoski, chercheur américain, décrit les rapports entre colonisation et islamisation.


“Zemmour est controversé parce qu’il dénonce l’utopie qui rêve d’intégrer des musulmans. Les soixante-huitards veulent une société multiculturelle, harmonieuse, intégrant deux civilisations extrêmement différentes: l’européenne et l’islamique. Ironiquement, ils ont imité les défenseurs de l’Algérie française, qui pensaient que la colonisation marquait l’avènement d’un avenir radieux, dans lequel les Français coexisteraient pacifiquement avec les musulmans d’Afrique du Nord. Selon Zemmour, le général de Gaulle était plus réaliste. Il comprenait l’histoire de chaque civilisation. Elles étaient trop différentes pour partager le même ordre politique.”


Voilà une thèse qui permet de reconsidérer le retrait d’Algérie par de Gaulle…


“Au fur et à mesure que les Arabes et les Nord-Africains redécouvrent l’Islam, les conflits avec les Français deviennent plus violents. Alors, de Gaulle cède l’Algérie aux musulmans, afin d’épargner à la France métropolitaine une guerre de civilisations. Il fait gagner du temps à la France. Pourtant, les progressistes, à la recherche de leur avenir radieux, ont dilapidé l’héritage de de Gaulle. Ils ont importé ce conflit de civilisation dans toutes les grandes villes de France. Ils ont ramené l’avenir à Charlemagne et au siège de Vienne en 1683.”

Les gauchistes ont bel et bien créé de toutes pièces le conflit de civilisation que nous vivons aujourd’hui.


“Citant René Girard, Zemmour affirme que nous entrons dans une époque où “Charles Martel et les croisades seront plus proches de nous que la Révolution française et l’industrialisation du Second Empire.” Le destin de la France est de redécouvrir les guerres de religion.”

Voilà qui nous change des habituels anathèmes adressés par les médias français à Zemmour! Et qui nous éclaire de manière nouvelle sur les monstrueuses hypocrisies du gauchisme en matière d’immigration.


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Hors sujet (article payant)


https://www.causeur.fr/jean-marie-le-pen-rassemblement-national-jeanne-d-arc- regionales-205383


Jean-Marie

Le Pen:

«

Le

Rassemblement

national a

perdu

son

caractère radical au moment précis où

l’opinion était prête à l’accepter »

12 juillet 2021


Jean-Marie Le Pen: « Le Rassemblement national a perdu son caractère radical au moment précis où l’opinion était prête à l’accepter » Jean-Marie Le Pen dans son hôtel particulier au parc de Montretout, juin 2021. "À 90 ans, je me suis dit que j'entamais la dernière ligne droite."


Jean-Marie Le Pen: « Le Rassemblement national a perdu son caractère radical au moment précis où l’opinion était prête à l’accepter »


© Hannah Assouline


À 94 ans, le Menhir est retiré de la vie politique, mais il en demeure un observateur passionné. Il prédit un véritable « tsunami démographique », et n’imagine pas un embrasement des banlieues en cas de victoire de sa fille « dédiabolisée » qu’il soutient sans enthousiasme excessif. Mais si Marine était élue, ce serait « sur un rejet de Macron ».


Rendez-vous à Montretout


C’est le théâtre romanesque et un brin mélancolique de la saga politique et familiale des Le Pen : une belle demeure du XIXe siècle, située sur les hauteurs de Saint-Cloud. Il y a quinze ans, j’aurais eu le sentiment, en y allant, de me rendre dans l’antre du diable. En ce mois de

juin 2021, j’ai l’impression de partir en voyage dans l’histoire de France. Pas seulement à cause de l’amoncellement de photos, objets, statues, livres. Jean-Marie Le Pen n’est plus l’ombre maléfique de la politique française, il est l’une de ses mémoires.


Depuis l’Algérie, il a tout connu et tout vécu, il les a tous croisés. On dirait que l’enfant de pauvre qui parle un merveilleux français, l’observateur amusé et subtil de l’histoire en marche effacent peu à peu le tribun vindicatif et le provocateur aux blagues de fin de banquet. Des propos qui faisaient hurler dans sa bouche il y a trente ans sont devenus des lieux communs. Les moulins à prières antifascistes continuent de tourner, mais le cœur n’y est plus. D’ailleurs, les journalistes de tous bords vont à Montretout pour de longues conversations.


Peut-être suis-je naïve, ou oublieuse, je ne crois plus à son personnage de raciste-antisémite, même s’il y a mis du sien. Bien sûr, il y a ce détail qui lui colle à la peau. J’espérais lui arracher un remords à ce sujet. On me dira que l’outrageante formule était un aveu. Peut-être Le Pen pense-t-il que les Juifs ont un peu trop joué « les chouchous du malheur[1] ». Cela fait-il de lui un antisémite ? Il sait parfaitement ce que la tentative d’extermination des Juifs a de singulier et pourquoi elle est une blessure dans la conscience européenne. Dans un documentaire, on lui prête cette formule, à la sortie du studio de RTL le 13 septembre 1987 :

« En quarante ans de vie publique, c’est la pire connerie que j’ai dite. » Je suis convaincue qu’il le pense. Mais plutôt mourir incompris que de dire ce qu’on attend de lui. On n’arrête pas d’être breton à 93 ans.


[1] Je crois bien que cette formule m’a été soufflée il y a des lustres par Alain Finkielkraut.


Causeur. Quand j’ai dit autour de moi que j’allais vous interviewer, je m’attendais à ce qu’on me propose une longue cuillère et pousse des cris d’orfraie. Mais non ! Et le plus étonnant, c’est que plusieurs jeunes m’ont proposé de m’accompagner, comme si vous étiez devenu « hype » ! Cela s’explique en partie par le fait que vous ne briguez plus aucune fonction. Pensez-vous aussi que le pays vous a rejoint idéologiquement ?


Jean-Marie Le Pen. Sûrement. J’ai été l’objet d’une injuste persécution fondée sur des faits falsifiés, une interprétation abusive. Ce n’était pas très élégant, mais comme c’est Le Pen, alors on pouvait y aller.


Certes, quand je défilais en scandant « l’immigration une chance pour la France », vous aviez bien vu le danger migratoire. Mais la façon dont vous en parliez a permis à beaucoup de tracer un signe d’égalité entre « je suis contre l’immigration » et « je suis raciste ».

Il suffisait d’une petite enquête pour voir que, dans ma vie, je ne l’étais pas. Aussi bien mon deuxième sur liste d’élection était un homme de couleur, et un autre était un des responsables du mouvement que je présidais. Cela ne tenait pas debout.


Et l’antisémitisme que l’on vous prête ?


Je mets au défi de trouver une déclaration antisémite en soixante ans de parole publique, et Dieu sait si dans la parole on dit un peu n’importe quoi. Cela n’a pas d’importance, c’est le rôle qui m’a été dévolu.

Je ne sonde pas les reins et les cœurs, mais votre sortie sur le point de détail pouvait passer pour des clins d’œil à une vieille droite qui trouvait que les Juifs en faisaient trop avec la Shoah…

Non, c’est une interprétation trompeuse faite par mes adversaires. Je n’ai jamais voulu relativiser quoi que ce soit. Ce jour-là, ce n’est pas moi qui mets le sujet sur le tapis, c’est le journaliste qui me parle de jeunes distribuant des tracts où il était question des chambres à gaz. Et bien qu’ils n’aient pas appartenu au Front national, il prétend que le FN était derrière. Je lui réponds par la phrase que vous savez, en me référant à la définition d’un détail comme la « partie d’un tout ».


Vous savez bien que « détail » signifie aussi « quantité négligeable ». Peut-être pouvez-vous comprendre que cette question de la Shoah est particulièrement douloureuse, et pas seulement pour les Juifs.


Mais on ne parlait pas de la Shoah, on parlait des chambres à gaz qui sont un épisode d’une formidable conflagration qui a englobé des centaines de millions d’hommes. Que les Juifs y soient particulièrement sensibles, je le comprends. Les Normands dont les villes ont été détruites par les bombardements du débarquement peuvent le ressentir à leur manière à eux. J’ai eu faim, froid, j’ai perdu mon père, nous avons été dans une certaine pauvreté, et dans l’immensité de cet affrontement mondial, nous tous avons été bombardés, agressés, fusillés. Chaque communauté en a pris pour son grade. Chacun a sa propre sensibilité et doit supporter la sensibilité des autres, surtout quand la formule utilisée n’a aucune volonté de provocation ni de mépris ni d’agression. Il suffisait de lire mes explications que Philippe Tesson a publiées en pleine page dans Le Quotidien de Paris.

L’importance d’un événement ne se joue pas au nombre de morts. La volonté d’exterminer un peuple ne relève pas de la guerre. Pourquoi ne pas admettre que vous avez dit une connerie ? Je souhaiterais de tout mon cœur vous faire plaisir, mais vous voudriez que j’accepte d’être coupable. Je veux bien participer au chagrin collectif, je refuse d’en être tenu pour responsable.


Personne ne vous tient pour responsable de la Shoah, n’exagérez pas ! Mais cette affaire vous a rendu inaudible.

Eh bien, je mourrai inaudible et voilà.


Puisqu’on en est à vos casseroles, il y a aussi votre entourage, les gens avec qui vous avez créé le Front national. Vous étiez tous Algérie française, je peux le comprendre. Mais d’anciens nazis ou pronazis ?


Pierre Bousquet avait été Waffen SS trente ans auparavant, à l’âge de 20 ans. Faut-il reprocher à quelqu’un ses opinions trente ans plus tard ? On ne pardonne jamais, alors

?


Ce n’est pas ma conception. Bousquet n’était absolument pas un théoricien au sein du parti, mais un trésorier. Mais dans la mesure où je voulais fonder un rassemblement à côté de gens qui étaient déjà implantés, je recueillais forcément un peu les parias de la politique. Quand on veut rassembler les Français, on ne commence pas par scruter leur passé, sauf s’ils ont violé une petite fille ou éventré un bébé.


Le résultat de leur invasion sera le même, et même pire, que celui d’une armée étrangère victorieuse, car cette dernière n’a qu’une envie, c’est de rentrer chez elle. Alors que là, ils n’auront qu’une envie, rester là. Ce qui m’amène à dire, comme MacArthur qu’il est peut-être trop tard. Notre civilisation ne sera pas en mesure de résister à la pression.

Vous parlez de gens qui avaient choisi le camp de nos ennemis. Cela aurait pu révulser un patriote, non ?


Justement, personne ne pouvait m’accuser de partager leurs opinions. Pendant la guerre, après la mort de mon père, j’ai conservé à la Trinité-sur-Mer un fusil et un pistolet alors que, pour les Allemands, la détention d’armes valait la peine de mort. Je n’avais pas de leçons de résistance à recevoir de qui que ce soit, cela me donnait une certaine liberté de penser. On ne pouvait absolument pas mettre en doute mon patriotisme. C’est pourtant ce qu’on a fait. Cela a été ma peine, j’en ai souffert.


En tout cas, cela a fait souffrir vos idées, c’est certain. Mais je ne suis pas sûre que vous en ayez personnellement souffert, parce qu’on dirait que vous aimez qu’on vous déteste.

Non ! Je le supporte très bien, heureusement, quand j’ai le sentiment d’être correct avec moi- même, de dire ce que je pense. Il y a des gens à qui cela plaît, d’autres à qui cela déplaît, c’est la démocratie. Mais organiser la persécution systématique, je vais même dire systémique, de celui qui dénonçait le danger mortel pour la France et le monde cela n’a rien de démocratique…


þÿ


L’une des nombreuses statues de la Pucelle, qu’il collectionne © Hannah Assouline


Cette persécution ne vous a-t-elle pas servi, en particulier quand François Mitterrand a instauré la proportionnelle et s’est servi de vous pour casser la droite ?


Mitterrand était un adversaire politique, il utilisait tous les moyens à sa disposition pour asseoir sa volonté, cela ne me paraissait pas anormal ni inhumain. Il se comportait comme un chef de pouvoir désirant le garder.

On peut ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines et être patriote.

En tout cas, aujourd’hui, des politiques de tous bords prononcent les mêmes phrases que vous il y a trente ans. Et le Front national, qui était groupusculaire en 1972, est devenu le Rassemblement national, le premier parti de France.

Nos destins sont bien plus conditionnés par l’événement que par nos opinions. Quand je mettais en garde contre l’immigration massive et sauvage, on n’en voyait pas encore les

conséquences. Il fallait être capable de prévoir ce qui se produit aujourd’hui. Mais c’était considéré comme une provocation insupportable, parce que les gens ne se rendent compte de la maladie qui les frappe que quand elle devient mortelle. Je ne prônais pas seulement des mesures défensives, mais aussi une politique familiale, nataliste car je savais que la démographie allait jouer un rôle capital. La population mondiale est passée, en cinquante ans, de 2 à 8 milliards d’êtres humains et on arrivera à 10, 12, 14 milliards. Dans les pays pauvres, qui sont majoritaires, cela a décuplé les problèmes économiques, sociaux, culturels. Il était prévisible que nombre de gens fuiraient et tenteraient de gagner l’eldorado occidental qui va de Vladivostok à Gibraltar – « l’eldorado de la Méduse ». Et je les comprends, je n’ai pas la moindre haine à leur égard. Mais je les combats, car nos intérêts sont foncièrement étrangers. Nous allons subir un tsunami démographique dont les plus lucides pensent qu’il fait 40 centimètres de haut, moi je vous dis qu’il fait 10 mètres de haut. Nous devons prendre des résolutions et des décisions que je ne vois pas du tout apparaître dans la politique française : fermer les vannes que sont le droit du sol, le regroupement familial, le droit d’asile, la binationalité. Sinon, il nous arrivera à grande échelle ce qui s’est passé à Ceuta récemment : 8 000 manifestants qui envahissent la ville et qu’on ne sait pas comment arrêter.


Peut-on les arrêter ?


Ce n’est pas certain. Nous avons été formés pour combattre et tuer les gens armés, bottés, casqués, pas pour nous défendre contre des gens qui viennent les mains nues et demandent simplement à manger. Le résultat de leur invasion sera le même, et même pire, que celui d’une armée étrangère victorieuse, car cette dernière n’a qu’une envie, c’est de rentrer chez elle. Alors que là, ils n’auront qu’une envie, rester là. Ce qui m’amène à dire, comme MacArthur qu’il est peut-être trop tard. Notre civilisation ne sera pas en mesure de résister à la pression. La frontière que nous tenons le mieux est la frontière anglaise, que nous défendons à Calais, beaucoup mieux qu’à Menton ou dans les Pyrénées. Mais les maires de Londres, de Birmingham sont des Pakistanais. Le jour où ils seront majoritaires, ce sera terminé.


Quand bien même on parviendrait à arrêter l’immigration demain, nous avons aussi un problème avec des immigrés de la troisième ou quatrième génération.


D’abord, on peut ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines et être patriote. Marie-Christine Arnautu, une des dirigeantes du Front national, est née d’un père macédonien et d’une mère italienne. Beaucoup d’immigrés se sentent français et ils pensent comme Le Pen, en tout cas les citoyens ordinaires qui, à la différence des journalistes, cohabitent avec les nouveaux arrivants des cités homogènes sur les plans ethnique et religieux. Il faut bien comprendre que la religion islamique joue un rôle de cohésion générale entre des peuples qui se haïssent en temps normal, mais qui sont prêts à s’unir contre nous.


Il y a aussi beaucoup de gens nés en France qui se sentent moins français que leurs grands-parents. Croyez-vous au risque de guerre civile ?


Là est la gravité du problème. Nous avons été masochistes, notamment avec notre Éducation nationale qui se pique de gauchisme intellectuel, d’ouverture d’esprit, de rejet des valeurs, de la tradition. Nous nous battons la coulpe et nous montrons plus sensibles à l’argument de l’adversaire plutôt qu’à celui de l’ami. C’est suicidaire ! Et si on ajoute l’effondrement du catholicisme, qui a été l’un des fondateurs de la Cité française, il n’y a plus de ligne de résistance. Je ne crois pas que cela puisse permettre aux immigrés des cités de prendre le

pouvoir, mais ils peuvent créer le chaos. Plusieurs centaines de villes sont déjà sous la domination de bandes dix fois plus importantes que les gendarmes locaux. Taper sur les gendarmes, c’est toujours marrant quand on a 20 ans. Si on leur tire dessus, les forces de l’ordre riposteront avec leurs armes, et dès le moment où il y aura des morts, on ne sait pas ce qui peut se passer… Nous avons vécu un temps de paix exceptionnel. Pour l’avenir, je ne vous cache pas que je suis assez inquiet. Encore que, pour moi, je n’ai pas trop de soucis à me faire, parce que la caisse en bois n’est pas très loin.


Cela vous fait peur ?


Oui, un peu. Ça m’ennuie, mais j’ai commencé à m’y habituer. Avant 90 ans, je n’ai jamais tenu compte de mon âge. À 90 ans, je me suis dit que j’entamais la dernière ligne droite. Je n’en connais pas la longueur, mais n’importe comment ça ne dépassera pas dix ans, même si Mme Calmant a fait 123 ans, et avait un mot merveilleux : « Je n’ai qu’une seule ride, je suis assise dessus. »


Il y a beaucoup de représentations de Jeanne d’Arc ici, y compris la statue que vous aviez donnée au FN. L’amour de Jeanne d’Arc vous vient-il de votre enfance ?


Comment dire… C’est une sainte qui était plus proche de nous que ne l’étaient les saints habituels qui étaient détachés des choses du monde. Elle avait une armure, montait à cheval, combattait, c’était différent.

Venons-en au résultat des régionales. Est-ce une défaite du RN comme on le dit partout, et si oui, comment s’explique-t-elle ?

L’esprit n’était pas à la consultation électorale, les gens ne se passionnaient pas pour les régionales et les départementales, dont la plupart ignoraient d’ailleurs que ça consistait à élire des conseillers généraux. Mais il est vrai que dans le salmigondis général de la politique française, cela ne faisait pas exception.


C’est tout de même une déception pour le RN ?


Oui, et elle s’explique largement par la désintégration des structures militantes, qui ne pouvaient donc pas lutter sur le terrain contre les grands pouvoirs de la télévision, de la radio, et des réseaux, etc.

Mais vous avez aussi évoqué dans votre journal vidéo une forme de banalisation…

En effet le Rassemblement national a perdu son caractère radical au moment précis où l’opinion, sous l’effet des événements, était prête à l’accepter.


Où voyez-vous cette « déradicalisation » ?


Dans la volonté de dédiabolisation affichée par Marine. D’abord, cela revenait à admettre le caractère diabolique du FN. Ensuite, cela l’a conduite à se soucier surtout de ne pas choquer le milieu politique.


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https://www.ladepeche.fr/2021/07/13/harkis-la-colere-dabdallah-krouk-9668066.php

Graulhet. Harkis : la colère d’Abdallah Krouk

Publié le 13/07/2021 à 05:12 , mis à jour à 07:44


Abdallah Krouk.


Abdallah Krouk du groupe de transition à l’article 1er du 4 octobre 1958, tient à apporter son point de vue sur la loi d’indemnisation aux Harkis et leurs descendants et la tribune de trente- trois députés LR demandant au président de la République de verser une indemnisation spéciale aux harkis et à leurs ayants droit. "Cette action a été réalisée dans un but électoraliste pour l’élection présidentielle de 2022 qui, pour la première fois dans l’histoire, sera combinée avec l’anniversaire des accords d’Évian.


Nous voulons pour preuve qu’à la fin du mandat du président de la République Emmanuel Macron, les députés savent qu’aucun budget ne pourra être octroyé au-delà du rapport du préfet Ceau" estime-t-il, soulignant que "l’épidémie du covid 19 et les confinements ne permettent pas de traiter sereinement la reconnaissance des citoyens français anciens combattants Harkis et leurs descendants."


Le groupe de travail revendique une citoyenneté "pleine et entière avec des devoirs et des droits dans la communauté nationale française aux côtés de tous." Ses membres sont aujourd’hui en colère. "Nous ne voulons plus de cette image opposée du misérabilisme et du cheptel électoral. Messieurs et mesdames les trente-trois députés, nous sommes des citoyens français en vertu de l’article 1er de la constitution du 4 octobre 1958 de la Ve République et de la loi sur la laïcité de 1905.


Vous auriez été plus Républicains si vous aviez voté une loi de reconnaissance gravée dans le marbre", conclut-il.


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https://www.elwatan.com/edition/contributions/la-guerre-dalgerie-une-guerre-de-cent- trente-deux-ans-13-07-2021


La Guerre d’Algérie , une guerre de cent trente-deux ans

Par Mourad Benachenhou 13 juillet 2021 à 10 h 00 min


Chacune de ces questions, traitée de manière isolée, permet, certes, d’apprendre beaucoup de choses sur le système colonial, mais donne l’impression d’être une série d’improvisations destinées à renforcer les fondements de ce système pour en assurer la pérennité. Nombre d’historiens laissent entendre que les autorités coloniales ont construit l’Algérie coloniale par une série de mesures prises sous l’inspiration du moment, sans plan préconçu, et pratiquement au hasard des individualités qui dominaient la vie politique en France ou en Algérie. C’est une perspective qui, parfois même sous le couvert de critique du système colonial par des historiens de bonne volonté et sympathiques aux malheurs du peuple algérien, aboutit à innocenter ce système dont les animateurs n’auraient fait que répondre aux circonstances, sans autre objectif que de trouver des solutions aux problèmes de la colonisation, et sans même être conscients des effets négatifs que ces solutions avaient sur la société musulmane. Bref, suivant ces narrations, la colonisation n’aurait pas eu pour motivation première de marginaliser de manière méthodique cette population majoritaire, mais seulement de rationaliser l’exploitation des ressources naturelles et humaines du pays, sans vraiment que ses concepteurs aient pensé que cette rationalisation réduisait à la misère, à l’ignorance et à la déchéance de la population.


Le Colonialisme : Une Guerre Multiforme et Globale Visant A Faire Disparaître le Peuple Algérien


Le colonialisme n’aurait donc pas été méchant ou exploiteur par calcul. On a même tenté de prouver qu’en fait, la colonisation de l’Algérie aurait été un investissement perdant. Si tout tournait autour de la rentabilité de l’occupation de l’Algérie, pourquoi alors les autorités françaises se sont-elles acharnées à garder l’Algérie en y mobilisant 1,4 million de soldats, ajoutant plus à leurs pertes financières ?


Ainsi, selon les historiens du «terroir», la guerre d’Algérie, ou plutôt , les «opérations» de maintien de l’ordre, aurait été provoquée par «des partisans de la violence», le 1er Novembre 1954, qui auraient mis fin unilatéralement à plus d’un siècle de paix et de progrès amené par l’occupation coloniale «bénévole», «volontaire» et «civilisatrice». Les nostalgiques du système colonial veulent faire croire qu’en fait toute «l’affaire algérienne» pourrait se réduire à un simple cas de «CBVR» ( coups et blessures volontaires et réciproques) provoqué, sans raison, par des «terroristes» qui s’en seraient pris, par «simple méchanceté» et sans provocations, à un système grâce auquel l’Algérie aurait connu une ère de paix et de sécurité sans précédent dans son histoire. Mais, hélas ! et les politiques et les faits qui caractérisent le système colonial en font un état de guerre permanent et multiforme contre les populations du pays occupé. Le système colonial est un totalitarisme, qui n’épargne rien de la société qu’il a placé sous son joug. Il n’y a aucun aspect de la vie de «l’indigène» qui soit laissé intact et

intouché par l’agression coloniale. Cela va de la langue , en passant par la culture, sans compter l’accès à l’éducation, le droit à la propriété, l’exercice de la justice, la liberté de circuler, de s’exprimer, de vivre une vie digne d’être vécue, l’image même que se fait le colonisé de son individualité et de son droit à exister, etc. Cette guerre est non seulement totale, mais elle est également permanente, menée sans pitié, sous différentes formes, des plus violentes aux plus sournoises, contre la population occupée, et pendant toute la période de l’occupation. La guerre contre le peuple algérien a commencé le 25 juin 1830, au débarquement des troupes d’occupation, et s’est achevée le 5 Juillet 1962. Le 1er Novembre 1954 n’a pas provoqué cette guerre, il a seulement marqué une volonté populaire d’en finir une fois pour toutes avec l’état de guerre imposé unilatéralement par le système colonial au peuple algérien. C’était un sursaut désespéré d’un peuple condamné à mourir qui finalement a préféré jeter un défi à l’agresseur colonial en le forçant à dévoiler sa «solution finale». Du début à la fin du système colonial, l’agressé a été le peuple algérien, qui se battait sur son territoire contre un système qui lui faisait une guerre sans merci et sans relâche.


La «Bataille d’Alger», Réplique de la «Bataille de Marseille»


La «Grande Rafle d’Alger», connue sous l’euphémisme de «Bataille d’Alger», pour innocenter les crimes commis par les quelque quarante mille hommes armés mobilisés par les autorités coloniales pendant neuf mois en 1957, sous le commandement du Gauleiter français, le général Massu, constitue l’apogée de la brutalité et de la barbarie coloniale sans pitié, et en même temps un résumé condensé de la guerre menée contre le peuple algérien pendant cent trente-deux ans. Cette «bataille» n’avait rien d’un accident de parcours ou d’une réaction violente à des «actes de violence» perpétrés par des Algériennes et Algériens.

Cette «Rafle» est un parallèle étrange à la rafle de Marseille montée par les autorités nazies, sous la conduite de Karl Olberg, contre les vieux quartiers entre le 22 et le 24 janvier 1943, et justifiée ainsi par les autorités françaises complices des nazis :


«Pour des raisons d’ordre militaire et afin de garantir la sécurité de la population, les autorités militaires allemandes ont notifié à l’administration française l’ordre de procéder immédiatement à l’évacuation du quartier Nord du Vieux-Port. Pour des motifs de sécurité intérieure, l’administration française avait, de son côté, décidé d’effectuer une vaste opération de police afin de débarrasser Marseille de certains éléments dont l’activité faisait peser de grands risques sur la population. L’administration française s’est efforcée d’éviter que puissent être confondues ces deux opérations. De très importantes forces de police ont procédé dans la ville à de multiples perquisitions. Des quartiers entiers ont été cernés et des vérifications d’identité ont été faites. Plus de 6000 individus ont été arrêtés et 40 000 identités ont été vérifiées.» Dans : Maurice Rajsfus, La Police de Vichy. Les forces de l’ordre françaises au service de la Gestapo, 1940/44 (Le Cherche Midi éditeur, 1995 – en particulier chapter XIV, La Bataille de Marseille, pp. 209–217,


https://en.wikipedia.org/wiki/Marseille_roundup


L’Assassinat de Larbi Ben M’hidi, Symbole de La Guerre D’extermination Coloniale Contre le Peuple Algérien


Dans la «Grande Rafle d’Alger» dans laquelle, selon Teitgen, alors préfet de police de la ville, plus de 3100 Algériennes et Algériens ont disparu, victimes de la barbarie coloniale, l’assassinat de Larbi Ben M’hidi apparaît comme le symbole de cette guerre sans merci

menée, sous différentes formes, contre le peuple algérien pendant cent trente-deux années consécutives.


On donnera, sans le commenter, le rapport de cet assassinat, tel que rédigé par le général Massu, le «Gauleiter», qui a commandé cette «Rafle.»


«Depuis son arrestation, Ben M’hidi était gardé dans un cantonnement du 3e RPC à la disposition des services de police (DST) et des services de renseignements du bureau de la 10e Région militaire d’Alger. Ils avaient obtenu de lui certains renseignements et en attendaient d’autres. Il sera transféré le 3 mars 1957 à 23h à Maison Carré. Il sera supprimé avec l’accord des politiques de l’époque. Sa disparition comblera le vœu de notre ministre de la Guerre Max Lejeune. Il estimait que Ben M’hidi avait suffisamment de sang sur les mains pour que son suicide soit souhaitable. Il me précisa : «Dites-vous bien que si l’avion de Ben Bella n’avait pas été piloté par un équipage français, il ne se serait jamais posé.»


http://algeroisementvotre.free.fr/site0301/bataille/massu007.html


Il faut souligner la déclaration du ministre de la Guerre français de l’époque, qui se disait avoir été prêt, en violation du droit international, à abattre l’avion civil qui transportait les dirigeants algériens, lors du premier détournement d’un avion civil (22 octobre 1956), si ses pilotes n’avaient pas été Français.


En conclusion


L’histoire de la période coloniale est à revoir, et a être présentée comme elle a été vécue par le peuple algérien : une guerre sans merci contre lui ayant pour objectif de l’éliminer

Le processus de décolonisation de la part de l’ancienne puissance coloniale est loin même d’avoir été entamé, cette dernière ayant tout simplement décidé de se laver de tous les crimes qu’elle a commis contre le peuple algérien, la dernière phase de cette opération d’auto- amnistie et d’amnésie contrôlée étant de faire reconnaître aux autorités algériennes la légitimité du colonialisme, par le biais d’une commission mémorielle conjointe


Il ne s’agit nullement de discuter de la compétence, ni de la sincérité de l’historien chargé du côté français, de la conduite de cette commission ; c’est la signification politique de cette commission qui est questionnée, alors que le gouvernement français a décidé, tout seul, d’amnistier unilatéralement, et sans consulter les autorités algériennes, tous les hauts responsables militaires français impliquées dans la guerre contre le peuple algérien, et d’aller jusqu’à baptiser des promotions militaires de leurs noms


Il faut souligner qu’il n’est pas question d’exiger quelque type de repentance ou d’excuses que ce soit, de la part de l’ancienne puissance coloniale, qui est suffisamment mûre et avancée pour savoir ce que veut dire le terme «décolonisation» et qui n’a besoin ni de remontrances, ni de réclamations de la part de l’Algérie, d’autant plus que cette puissance clame être «la patrie des droits de l’homme»


Le processus de décolonisation dans l’ancienne métropole devient d’autant plus urgent que, depuis quelque temps, les autorités de ce pays sont engagées dans une campagne anti- musulmane hystérique, sous le couvert de «lutte contre l’islamisme» et contre «le séparatisme musulman». Les autorités algériennes ne peuvent pas donner l’impression qu’elles sont disposées, du fait de la situation de grande faiblesse par lequel passe notre pays, non

seulement à conforter la France officielle dans sa stratégie de légitimation de la guerre coloniale menée contre le peuple algérien, mais également à donner son aval à la politique islamophobe déclarée, dont même des les autorités et les intellectuels de pays «judéo- chrétiens» ne sont pas dupes


Il est regrettable que nombre d’historiens algériens passent plus de temps à mettre à nu les déchirements des responsables de la dernière phase de la guerre de Libération nationale au lieu de présenter, sous une perspective spécifiquement algérienne, le système colonial comme une guerre d’extermination qui a duré cent trente- deux ans, et de revisiter avec la passion et l’intensité qu’il mérite, l’assassinat de Larbi Ben M’hidi, le symbole du peuple algérien martyrisé.


M. B.


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https://blogs.mediapart.fr/jean-riboulet/blog/120721/appel-des-generaux-la-4acg-repond


Appel des généraux, la 4ACG répond jean Riboulet 12 juillet 2021


ATTENTION DANGER ! PUTSCH MILITAIRE EN VUE !

L’Association 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre) a lancé un communiqué contre "l’appel des généraux" publié dans le journal d’extrême droite Valeurs Actuelles le 21 avril 2021.


Membre de cette association, je publie ci-dessous ce communiqué pour la raison simple que la presse nationale écrite ou télévisée a omis de développer ce sujet, cette initiative militaire et le danger qu’elle représente pour notre Nation. Seul MEDIAPART a publié l’information le 26 avril 2021 par l’article de Lucie Laporte "Marine Le Pen salue les apprentis putschistes : le retour du refoulé". Cette initiative a été prise dans le cadre de l’anniversaire du putsch d’Alger commis il y a 60 ans.


Notre association est rarement évoquée dans la presse. Pourtant elle est en contact avec les Algériens par ses aides : « Les anciens appelés reversent leur retraite du combattant à l’Association pour, en particulier financer des opérations de développement dans un but de

solidarité, de soutien, de réparation vis à vis du Peuple Algérien et en faveur des populations qui souffrent de la guerre. » Elle organise des voyages et elle entretient des relations avec le Peuple Algérien.


Le sujet de l’appel des généraux sera très certainement évoqué lors de l’Assemblée Générale Nationale qui se déroulera à Manosque dans les Alpes de Haute Provence les 17-18-19 septembre prochains… si la situation sanitaire le permet.


Voici la lettre du Président de la 4ACG, François-Xavier Ricard :

Appel des généraux, la 4ACG répond


lundi 3 mai 2021, par François-Xavier Ricard


Communiqué de l’association « Anciens appelés en Algérie et leurs ami.e.s contre la guerre – 4acg »

2 mai 2021


Les membres de notre association nationale dénoncent vigoureusement et unanimement le texte publié le 21 avril 2021, dans une certaine presse, par 19 généraux en « demi-retraite » et

1.500 officiers en activité.


Les auteurs de ce texte, pourtant encore engagés, pour la grande majorité d’entre eux, par leur contrat de loyauté envers l’État, trahissent ainsi clairement leurs missions républicaines. Ils le font en accusant ouvertement les responsables de l’État et l’ensemble des citoyens eux-mêmes d’on ne sait exactement quoi, en fait. En prétendant poser un diagnostic sur l’état actuel de la société française, ils font preuve d’une prétention, d’une arrogance même, singulières.


Ils utilisent en outre des termes d’une grande violence et d’un immense mépris à l’égard de certains boucs émissaires qu’ils se sont choisis en les montrant du doigt de façon totalement injuste et injustifiée.


Enfin, en évoquant, voire en suggérant, « l’intervention de (leurs) camarades d’active », ils vont jusqu’à dire, en termes à peine voilés, la possibilité (leur souhait ?) d’un coup d’État militaire.


De tels propos ne laissent pas d’inquiéter sur l’écho amplifié qu’ils pourraient provoquer dans nos casernes.


Enfin, c’est en outre, évidemment, une provocation arrogante que de publier ce texte un 21 avril, date exacte du 60e anniversaire du putsch des généraux félons en Algérie. Les anciens appelés en Algérie tiennent à rappeler que ceux d’entre eux qui étaient présents en Algérie à ce moment-là, ont, en adoptant une attitude d’inertie assumée, voire en s’opposant ouvertement à certains officiers tentés par l’aventure putschiste, modestement et grandement à la fois, contribué à faire échouer cette tentative de révolte d’une partie de l’armée française.


Les membres de l’association « 4acg » enregistrent avec une satisfaction prudente que des sanctions seront prises par les autorités militaires. Ils espèrent que ces sanctions seront prononcées rapidement, qu’elles ne seront pas que symboliques et qu’elles auront des effets durables pour celles et ceux à qui elles seront appliquées. Sur ce point au moins, ils apprécient la vigueur des propos tenus tout récemment par le chef d’état-major des armées.

Au nom des membres du conseil d’administration,


François-Xavier Ricard, président, Contact : secretariat@4acg.org Site Internet : www.4acg.org


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https://la1ere.francetvinfo.fr/web-serie-la-grande-scene-de-l-histoire-la-guerre-d-algerie- dans-la-memoire-1053544.html


WEB SERIE. La grande scène de l'histoire : la guerre d'Algérie dans la mémoire - Outre-mer la 1ère

Outre-mer la1ère 12 juillet 2021


Comment la guerre d'Algérie fut-elle vécue par les soldats venus d’Outre-mer. Comment ces "appelés" se sont-ils impliqués dans ce conflit ? Dans "La grande scène de l'histoire", Fabrice d'Almeida revient sur cette question avec l'écrivain Raphaël Confiant qui y consacre son dernier roman.


Il y a soixante ans,la guerre d’Algérie battait son plein. Cette guerre, qui ne disait pas son nom, a changé beaucoup de choses. Environ six mille Guadeloupéens et Martiniquais ont été envoyés se battre en Algérie ainsi que sans doute trois cents Réunionnais.


Comment se sont comportés les soldats ultramarins durant cette guerre ? Fabrice d'Almeida en parle avec l'écrivain passionné d’histoire Raphaël Confiant en duplex de Fort- de-France à la Martinique car celui-ci consacre son dernier opus à cette question.


La grande scène de l'histoire : la guerre d'Algérie dans la mémoire


Fabrice d'Almeida reçoit l'écrivain Raphaël Confiant • ©Outre-mer la1ère

Du réel à la fiction


Dans son roman, "Du Morne-des-Esses au Djebel", Raphaël Confiant interroge la place des soldats ultramarins dans cette guerre. Il y suit le destin de trois personnages principaux, entre Martinique et Algérie, pendant ce conflit.


Ces trois personnages ont des parcours et font des choix différents face à la situation. Tous les trois sont inspirés de personnes ayant existé et ayant participé à ce conflit et que l’écrivain a pu interroger pour documenter son œuvre de fiction. L’un de ses personnages est d’ailleurs inspiré de Guy Cabort-Masson, officier martiniquais qui déserta et rejoignit les rangs du FLN en 1961.


La grande scène de l'histoire : la guerre d'Algérie dans la mémoire


L'écrivain Raphaël Confiant évoque Guy Cabort-Masson (à gauche) comme inspiration d'un de ses personnages • ©Outre-mer la1ère


Présentation : Fabrice d’Almeida Production : France Télévisions Durée : 13 minutes


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https://www.neonmag.fr/algeriens-a-la-francaise-la-relation-complexe-des-descendants- dimmigres-avec-lalgerie-556756.html


"Algériens à la française" : la relation complexe des descendants d'immigrés avec l'Algérie

Marine Delatouche 13 juillet 2021


"Algériens à la française" : la relation complexe des descendants d'immigrés avec l'Algérie


Ils ont grandi entre la douceur des vacances au bled et la douleur des récits migratoires de leurs parents et grands-parents. Les descendants d’immigrés dressent avec nous un singulier portrait de l'Algérie.


A 8 ans, quand je suis allée en Algérie, j’ai vu à quel point ma famille était heureuse de me voir et j’ai compris qu’une partie de mes racines était là-bas, à Jijel, ce petit village pauvre.


Chaque année, pendant dix ans, la maison et les six autour, c’étaient mes vacances. Ça a été chez moi, à 200 %, assure Leïla*. "Tu parles au passé ?, s’étonne son ami Benamar. – Aujourd’hui, je me pose la question."


Nous sommes en octobre 2020. J’ai réuni, autour d’une table en banlieue parisienne, Leïla, 27 ans, et Benamar, 28 ans. Tous deux sont amis et ont accepté de me parler de leur Algérie. Comme plus d’un million de Français d’après l’Insee, ils sont descendants d’immigrés algériens. On les appelle souvent "la seconde génération", ce qui suppose une rupture avec la première, celle de leurs parents. Leïla, Benamar et tous les autres seraient, "selon une représentation commode, sans passé, sans mémoire, sans histoire", écrit le pionnier de la sociologie de la migration, Abdelmalek Sayad, en 1994 dans son article Le mode de génération des générations "immigrées". Pour autant, les enfants et petits-enfants d’immigrés que nous avons interrogés n’ont de cesse de s’aventurer dans les méandres de leur histoire familiale. Ils se questionnent, ils idéalisent parfois et font face à la désillusion souvent.


Quand elle fait son premier voyage de l’autre côté de la Méditerranée, Leïla, qui est cheffe de projet dans l’informatique, n’a pas conscience de sa double culture. Elle grandit au sein "d’une copropriété de cinq voisins européens", au sud de Paris. "Je me revois en train de chercher Sainte-Leïla sur le calendrier", plaisante-t-elle… Ce n’est qu’après ces premières vacances que l’Algérie prend forme, elle est "un état d’esprit, une langue et des codes à respecter". Benamar rejoint l’avis de son amie sur ces codes "typiquement algériens, comme le respect des aînés par exemple". Le contrôleur de gestion les expérimente en France, auprès de la communauté algérienne de Seine-Saint-Denis qui fréquente la boucherie de son père. "Il me disait parfois d’un client : “Lui, il vient du même endroit que tes grands-parents”", décrit Benamar.


Une terre que le descendant d’immigrés ne comprend pas forcément

 

De son premier voyage au bled, à 13 ans, il se souvient avoir "beaucoup visité les cimetières. Devant la tombe de ma grand-mère que je n’ai pas connue, je ne me sentais pas à ma place, comme si j’étais sur une terre que je ne comprenais pas". Jennifer Bidet, sociologue, qui a enquêté entre Lyon et Sétif sur les vacances au bled de descendants d’immigrés algériens, perçoit dans la visite des sépultures "une manière d’ancrer l’histoire familiale dans ce pays- là". Laurent Lardeux, chargé d’études à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, observe, en 2016 dans un rapport, que "les origines apparaissent comme une mémoire familiale aux contours mouvants où il apparaît difficile d’établir une distinction nette entre l’histoire de la migration des parents, l’histoire de l’immigration et la mémoire des origines". Cette mémoire des origines "est faite de fantasme, d’idéalisation".


Morade, 43 ans, "créatif" chez Apple, grandit en Normandie là où son père atterrit "avec zéro argent" en 1967. Un été sur deux, ils vont au bled. "On passe une partie de nos vacances à la campagne et l’autre à la ville.

Dans les montagnes, c’est la liberté totale. On boit l’eau de la rivière. Il y a à peine l'électricité. C’est très familial, fraternel." Tout y est réconfortant et excitant. Mais, peu à peu, à l’écoute des récits familiaux teintés des mots "guerre" et "migration", la bulle d’innocence éclate. "Mon père est l’aîné de dix enfants, raconte Morade.


Pendant la guerre d’Algérie, à l’âge de 11 ans, c’est lui qui ramenait à manger pour tout le monde." Quand il quitte le pays, le grand-père, résistant, est en prison et la grand-mère peine à voir son fils aîné partir.


L’Algérie fantasmée des vacances de Morade devient violente.


La guerre civile des années 1990 n’arrange rien. "L’armée met à feu et à sang les montagnes où on est. Il y a des barrages militaires partout, des gens qui disparaissent. Les attentats, j’en ai vécu. Ce ne sont plus des vacances", se souvient Morade. "Une fois que ça s’est éteint, le pays a changé, précise-t-il. La société de consommation a rattrapé l’Algérie et aujourd’hui, tout ce que tu as ici, tu le retrouves là-bas. Bizarrement, ça a cassé le charme."


Un basculement que Leïla observe, elle aussi, en 2013, de retour en Algérie après trois ans d’absence. "Ce que j’aimais, c’était cette coupure avec la modernité. On n’avait pas la télé là- bas. Aujourd’hui, je ne vois pas la différence entre les sociétés algérienne et française. Ils n’ont plus besoin de toi pour voir quelque chose d’exotique. C’est la mondialisation qui a causé la fracture avec l’Algérie." La sociologue Jennifer Bidet estime en effet que "le développement de l’économie de marché a réduit l’écart entre les modes de vie en Algérie et en France. Il y a une dépendance moins forte des familles algériennes à l’égard de leur famille venant de France."


Aux yeux des enfants d’immigrés, une défiance tenace persiste entre les deux pays. "C’est une espèce de “Je t’aime moi non plus” qui ne s’arrêtera jamais, s’indigne Morade. Individuellement, en France, on te dit que tu es un immigré ; en Algérie, on te dit que tu es un immigré.


C’est comme si notre pays, c’était la Méditerranée." La discrimination et l’essentialisation, le fait de vivre avec une étiquette posée sur soi, deviennent pesantes à partir de l’adolescence. "Tu as l’impression de te prendre des claques en permanence", décrit Benamar en se remémorant toutes les fois où on a réduit son identité à son côté algérien alors qu’il est "pleinement Français". Il se décrit aussi comme un "Algérien à la française. C’est une espèce

de schizophrénie perpétuelle." "On est musulman à la française", ajoute Leïla, une expression qu’elle associe à un "islam de raison".


"Ils ont une appréhension beaucoup plus savante de la religion que leurs parents pour qui l’apprentissage s’est fait de manière orale", considère Zohra Guerraoui, psychologue interculturelle.


Un mariage où la mariée est séparée des hommes par un rideau comme ce fut le cas pour sa sœur, Benamar n’en veut pas. "Ma mère m’a dit : “D’un point de vue religieux, rien ne t’y oblige, mais culturellement, ça se fait”."


La religion est aussi pour eux une façon de se différencier de la société française


A Bobigny, les parents de Morgène, petite-fille d’immigrés et étudiante en droit de 21 ans, sont peu pratiquants. Alors, elle a commencé, seule, à faire la prière et le ramadan. "Ce côté musulman me rattache à mon pays et à la communauté", estime celle qui n’a pas encore eu l’occasion de se rendre en Algérie à cause de problème de santé. Pour Zohra Guerraoui, c’est aussi "une manière de se différencier de la société française qui, selon eux, ne les reconnaît pas et de la culture des parents dans laquelle ils ne se reconnaissent pas tout à fait."


"Je ne rêve que d’une chose : aller en Algérie avant que mon grand-père ne décède, pour trouver la partie de moi qui manque", explique Morgène. De la maison où son grand-père vit la majorité de l’année, située à une heure de Sétif, elle n’a vu que des photos. "On m’a dit que les odeurs là-bas n’avaient rien à voir avec celles d’ici. Ici, c’est la pollution.


Là-bas, c’est l’odeur de la montagne." L’imaginaire joue un rôle dans cette "reconstruction d’une culture qui n’est pas toujours connue, estime Zohra Guerraoui. Cette idéalisation vient restaurer une image de soi négative renvoyée par l’autre." Quand elle fera son premier voyage en Algérie, Morgène espère y découvrir "l’histoire du pays et de la religion", des notions que ses parents peinent à lui transmettre et qu’elle voudra enseigner à ses futurs enfants, quitte à apprendre l’arabe en même temps qu’eux.


L’Algérie, pour ceux qui y vont souvent, est moins idéalisée, plus nuancée


"Aujourd’hui, c’est moi qui parle en arabe à ma mère, remarque Benamar. Je compte transmettre la cuisine, la langue, des trucs sur lesquels je demande à ma mère de revenir comme Yennayer, une fête traditionnelle algérienne. J’ai l’impression de me reconstruire une identité algérienne que j’aurais dû demander". Il conditionne même un potentiel voyage au pays. "Selon mes règles, pas celles de mes pairs. Je veux aller voir mes terres et le reste." "On croit que ça se résume à notre petit village mais c’est tellement plus riche culturellement et intellectuellement", insiste Leïla. Leur portrait de l’Algérie a gagné en subtilité. "Le rapport que l’on a avec un village ou une ville ne définit pas le rapport au territoire national. L’Algérie, pour ceux qui y vont le plus souvent, est beaucoup plus nuancée", confirme la sociologue.


Depuis qu’il est père, Morade se pose également la question d’un voyage de l’autre côté de la Méditerranée mais retourner à ses racines sans ses parents lui fait craindre "d’être nostalgique d’une époque qui n’existe plus". S’émanciper de l’étiquette "fils de" pour y aller en tant que Morade, "Français, Algérien, normand, musulman, laïc, un peu parisien". "A ma fille de 6 ans

qui se pose énormément de questions sur son identité, je lui inculque qu’elle a une vraie culture algérienne. De toute façon, si elle ne va pas en Algérie, l’Algérie viendra à elle."


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Louisa Ben pour NEON

* Le prénom a été modifié.

Article publié dans le magazine NEON en février-mars 2021


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Ancien coopérant en Algérie


https://actu.fr/ile-de-france/maisons-laffitte_78358/yvelines-dans-son-livre-jacques- myard-recadre-l-action-politique-et-allume-le-president-macron_43396934.html


Yvelines. Jacques Myard recadre l'action politique et allume Emmanuel Macron !

Dans son dernier ouvrage, l'ex-diplomate, maire de Maisons-Laffitte, Jacques Myard, déplore le « dérèglement politique » qui touche la France, critiquant vertement Emmanuel Macron.


Jacques Myard est maire de Maisons-Laffitte depuis 1989. Il vient de sortir un livre intitulé L’art de la politique, trancher le nœud gordien. (©78actu)


Par Michel Seimando Publié le 13 Juil 21 à 6:22


Actu : Votre livre traite d'un "dérèglement politique" qui créerait un certain malaise dans notre vie démocratique. Les hommes politiques seraient corsetés par l'idéologie de Bruxelles ? Les Français refuseraient même cette Europe-là.

Jacques Myard : L'Union européenne a édité de multiples normes, règlements et directives. Il n'y a plus aucun domaine de la ville politique des Etats qui échappe à l'œil de Bruxelles et à ses volontés de vouloir tout coordonner et tout gérer. C'est contraire aux principes de subsidiarité (NDLR Une autorité centrale ne peut effectuer que les tâches qui ne peuvent pas être réalisées à l'échelon inférieur) ! L'Europe est devenu obèse. La crise de l'Europe part de

cette mainmise totale de la technocratie européenne sur la vie des Etats. Ce n'est plus acceptable. L'Union européenne doit rester une organisation internationale, ce n'est pas un État.


Jacques Myard est maire de Maisons-Laffitte depuis 1989. Il vient de sortir un livre intitulé L'art de la politique, trancher le nœud gordien.


On a l'impression qu'Emmanuel Macron a pourtant profité du Covid pour accélérer la construction d'une Europe fédéraliste.


J. M. : Emmanuel Macron a une conception de l'Europe en opposition à ce que la majorité des États pense, notamment l'Allemagne. Il est pour une conception fédérale. Nous avons besoin d'une Europe. On doit faire la politique de sa géographie. La France est au centre du continent européen ; nous avons besoin de coopérer avec l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, etc. Nous n'avons pas besoin d'intégrisme européen. Les nations existent. Elles sont fortes. Il faut que l'Europe fasse redescendre un certain nombre de compétences aux États.

Vous évoquez dans votre livre, le terrorisme des minorités, parlant de l'écologie, du féminisme.


J. M. : La théorie du woke (terme anglo-américain « éveillé » en français, le fait d'être conscient des injustices d'une supposée oppression qui pèserait sur les minorités) est une théorie de déconstruction. Il faudrait tour remettre à plat, non pas en se remettant à l'époque où ces faits se sont produits mais en jugeant ces faits au regard de nos propres valeurs et nos principes d'aujourd'hui. C'est parfaitement imbécile ! C'est du négationnisme historique. Ces minorités veulent imposer une conception de l'histoire. Quand Eschyle est censuré à la Sorbonne, on marche sur la tête ! ( Les Suppliantes » d'Eschyle n'a pu être jouée, lundi 25 mars 2019, à la Sorbonne, où des groupuscules « antiracistes » ont bloqué la représentation, NDLR).


 

Vous critiquez encore dans votre livre Emmanuel Macron et sa conception de l’histoire. Faut-il condamner moralement et a posteriori le colonialisme ?


J. M. : Emmanuel Macron a craché sur l'histoire de la France.

En Algérie, il a expliqué que la France avait commis un crime contre l'humanité !


C'est franchement outrancier. Inadmissible, car l'Algérie aujourd'hui, est le résultat de ce que la France a bâti là-bas.


N'en déplaise à M.Macron et à certains ultras, le colonialisme a été un moment de l'histoire. Il y a eu de grandes pages, des massacres aussi, il faut le dire.


Des massacres même parfois réciproques. Mais il y a eu aussi de grandes fraternités. Quand on regarde les dires d'un certain nombre de patriotes algériens, ils disent clairement que la France a fait œuvre de civilisation en Algérie. La France n'a pas à rougir de ce qu'elle a fait en Algérie.


Parmi les dérèglements politiques, vous évoquez le Conseil institutionnel qui place le juridisme dans toute décision politique.


J. M. : Oui. La grande dérive de la démocratie, c'est la dérive du pouvoir judiciaire. Il y a un corporatisme des juges. On a des juges qui se sentent au-dessus de tout. Dans l’affaire de Dupond Moretti, je suis un opposant farouche à l’avocat mais il a raison. C’est scandaleux ce qui s’est passé la semaine dernière (Une perquisition menée au ministère de la Justice). Des juges syndicalistes règlent leurs comptes au nom de leur propre conception. C’est un scandale

!

On ne croit plus en la justice ?


J. M. : Les Français ont toujours été attachés à leur Justice et bien avant leur liberté. Je pense à l'affaire Calas, qui a été condamné alors qu'il était innocent. Les juges ont l'impression qu'ils ont été mal traités (par les politiques) en termes de moyens, de revalorisations de carrière mais il faut qu'ils se cantonnent à rendre la justice. La Justice est un service public ; ce n'est pas un pouvoir. Elle doit être soumise à la loi et recadrée comme telle. Des affaires ont ruiné la confiance que les Français pouvaient placer en la Justice.


Aux dernières élections, le taux d'abstention a explosé. Vous parlez de crise démocratique. Comment y remédier ?


J. M. : Je pense qu'il y a trop d'élections : sept en six ans ! C'est excessif. Je suis convaincu, comme l'avait admis Giscard d'Estaing, que l'élection à l'assemblée parlementaire européenne (Les élections européennes) pourrait être transformée sans vote. Des commissions pourraient être envoyées à Bruxelles. Par ailleurs, je suis contre les Régions. Elles sont atypiques ; elles sont trop loin des citoyens. A la place, on pourrait avoir des Départements renforcés. Les élections restantes seraient valorisées.


Vous traitez Emmanuel Macron de naïf, d'Européiste, sans cohérence ni ligne politique. Après Hollande, Sarkozy avant lui qui a renié le vote des Français (traité de Lisbonne), la confiance est rompue ?


J. M. : Le rejet du traité constitutionnel, en 2005, a été clair mais Nicolas Sarkozy a fait voter au Parlement, le traité de Lisbonne en 2008. Je pense pourtant que ce traité de Lisbonne recadrait L'Union européenne. Mais les Français ont eu le sentiment qu'on leur réimposait un traité qu'ils avaient pourtant rejeté. Ça a été perçu comme une brimade. Comme un refus de

respecter le suffrage universel. Je l'ai dit à Nicolas Sarkozy, je lui ai parlé de faute politique. Cette crise européenne va encore durer une dizaine d'années, avant qu'on en sorte.


Vous évoquez les problèmes liés à la démographie. Comment la France peut-elle résister à l'explosion démographique de l'Afrique ?


J. M. : La démographie va être un enjeu majeur de la paix dans le monde. Pour nous, ce qui se passe en Afrique est inquiétant. 250 millions d'habitants en 1950 ; aujourd'hui, il y a 1,2 à 1,3 milliard d'habitants ; dans 20 à 30 ans, plus de 2 milliards ! Selon certains experts, l'explosion de la démographie dans ce continent s'arrêtera quand le niveau de vie s'élèvera. Le problème, c'est que le train est lancé et qu'on a une bombe démographique à nos portes. La stabilité de l'Europe et de l'Afrique est en jeu.


« Le sacré, c’est cette nation française qui nous garantit notre culture et notre liberté »

Fallait-il réintégrer l'Otan ? Notre armée si puissante soit-elle en Europe, ne vaut rien par rapport à la Chine, aux Etats Unis.

J. M. : La France a rallié l'Otan. Je n'étais pas d'accord. J'ai voté contre ! L'Otan est une machine américaine. C'est un logiciel américain. C'est la première organisation politique en Europe. Les Américains demandent un front uni contre la Russie, la Chine. C'est dangereux. Il ne faut pas que l'Otan se transforme en gendarme du monde. Nous sommes alliés des Américains mais nous devons garder notre indépendance totale sans nous aligner à longueur de temps sur la position des États-Unis, comme le fait le gouvernement français. Je pense à la fameuse phrase de Virgile « Jamais de confiance dans l'alliance avec un puissant ! La politique étrangère et la politique de défense de la France, elle se fait à Paris. Ni à Bruxelles, ni à Berlin, ni à Washington, ni à Moscou. Nous vivons dans un monde des puissances relatives. Il n'y a plus d'hyperpuissances. La France a la capacité d'entraîner d'autres pays comme au moment du refus de faire la guerre en Irak. Elle est écoutée dans le monde. La France devrait dire non aux lois extraterritoriales américaines ! Leurs lois sont inadmissibles et contraires aux droit international général.

Son parcours

Jacques Myard est maire de Maisons-Laffitte. Il fut député de la cinquième circonscription des Yvelines à partir de 1993 mais perdit son siège en 2017. Il s’est engagé en faveur du

« non » lors de la campagne du référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe (2005). Il est également l’un des six députés du groupe UMP qui avait voté contre la loi autorisant la modification de la Constitution en vue de la ratification du traité de Lisbonne le 16 janvier 2008. On le situe dans la famille des souverainistes. Il a toujours refusé la soumission à l’Europe de Bruxelles.


A ses débuts, il fut conseiller des affaires étrangères, nommé secrétaire d’ambassade à Lagos puis, en 1977, devient officier de liaison à la division politique du Gouvernement militaire français de Berlin. En 1980, il rejoint la direction des affaires juridiques au ministère des Affaires étrangères. De 1986 à 1988, il est conseiller technique auprès de Michel Aurillac, ministre de la Coopération. En 2003, il fonde le Cercle Nation et République, dont il prend la présidence.


Le 5 avril 2016, il se déclare candidat à la primaire présidentielle des Républicains en vue de l’élection présidentielle de 2017, mais n’obtient pas les parrainages d’élus et adhérents lui permettant de se présenter.


Le renouveau en politique est-il possible ?

J. M. : Oui, il est possible. Le dérèglement politique n'est pas inéluctable. A condition que politique retrouve un projet cohérent. C'est la chose fondamentale dans l'action politique. Dans mon ouvrage je dis qu'il faut faire le contraire du « En même temps ». Le président de la République dit une chose un jour, et son contraire, le lendemain. Il est devenu un commentateur de l'actualité dans la presse. Ce n'est pas ça qu'on demande à un chef d'État. Il ne peut avoir de chef que dans une certaine distanciation. L'absence de crédibilité de l'exécutif ruine la notion même d'Etat. Je rappelle que l'Etat est l'incarnation juridique de la Nation. Je suis convaincu que le prochain président de la République devra faire campagne sur le rétablissement de l'Etat, de la souveraineté française pour tenir son rang, une souveraineté dans laquelle on peut dire non, au nom de l'intérêt de la France. Et dans le cadre de la paix en Europe. Propos recueillis par Michel Seimando


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Les dessins du jour



þÿ Ignace - Finalement, la répression macroniste s'est adoucie


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Un 14 juillet qui ne vole pas très haut avec McFly et Carlito - Dessin de Rémy Cattelain


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