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Nicolas Sarkozy a promis de reconnaître la responsabilité de l'Etat français
dans le massacre
des Harkis





le 5 juillet 2006
Nicolas Sarkozy empêche
le ravivage de la flamme
en souvenir des
victimes du 5 juillet 1962 à Oran
Promesses
 

aux anciens supplétifs musulmans de l'armée française en Algérie, les harkis, et à leurs familles qui a été le leur.

Le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, qui n'a de cesse de fustiger la "repentance systématique" qui "nourrit la honte d'être français", a fait exception devant une centaine de représentants de harkis reçus à son QG de campagne.
"Je veux rendre hommage aux soldats que vous fûtes. Des soldats qui ont combattu dans l'armée française contre la rébellion indépendantiste de 1954 à 1962", a-t-il dit. "La nation a un devoir moral envers vous."
"Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre de harkis", a-t-il ajouté, répondant ainsi à une des principales revendications de cette communauté.
Nicolas Sarkozy a rappelé que 60.000 musulmans français avait été massacrés entre les accords d'Evian de mars 1962, qui mirent fin à la guerre proprement dite, et l'indépendance algérienne, en juillet 1962.
Il a également rappelé que seulement 10% du million de harkis qui s'étaient placés sous la protection de l'armée française avaient pu s'établir en France entre 1962 et 1968.
"Je le dis : la France, en quittant le sol algérien, n'a pas su empêcher les massacres (...)
Les harkis ne sauraient demeurer les oubliés d'une histoire enfouie. Ils doivent désormais prendre toute leur place dans notre mémoire", a-t-il ajouté.

 
 

Nicolas Sarkozy s'est engagé à créer, s'il est élu, une "fondation pour la mémoire sur la guerre d'Algérie", qui serait dirigée par des Rapatriés et participerait au financement d'événements, d'ouvrages et de films et à la promotion des harkis et de leurs enfants.


DISCRIMINATION POSITIVE


Le candidat de l'UMP, qui s'exprimait en présence du ministre délégué aux anciens combattants, Hamlaoui Mekachéra, a d'autre part estimé que l'accueil des harkis rapatriés en France après la guerre d'Algérie avait été "indigne".Il s'est engagé à faire profiter ces Français musulmans et leurs descendants de la "discrimination positive" qu'il promet d'instaurer en faveur des secteurs de la population les plus défavorisés, notamment en matière de formation, d'accès à l'emploi, au logement et
aux fonctions et postes politiques.
"La France ne serait pas la France sans ces dizaines de milliers de travailleurs harkis qui ont participé à notre croissance. Ces travailleur sont aujourd'hui devenus des modèles de courage et d'intégration", a souligné Nicolas Sarkozy.
Il a d'autre part dit "rêver" de "relations apaisées entre les deux rives de la Méditerranée". "Respectons toutes les victimes de la guerre d'Algérie", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a promis de continuer à travailler à l'amélioration de la circulation des personnes entre la France et l'Algérie, autre revendication des harkis.
"Si je suis élu, je m'attacherai à ce qu'aucune discrimination ne soit possible entre citoyens français sur ces questions de circulation", a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy a enfin condamné l'"islamophobie", qui "ne s'explique pas" mais "se combat"."Quand en France on menace un musulman (...) c'est la République qu'on menace", a-t-il dit. "Il n'y a rien de plus semblable qu'un antisémite et qu'un islamophobe. Tous deux ont le même visage, celui de la bêtise."
Le nombre des harkis et de leurs descendants en France est aujourd'hui évalué à environ un million.