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- Revue de presse N° 288
- 2019 - {2003- 2019 – 16ème année}
- Articles du 15 octobre 2019


 

https://gomet.net/plan-velo-anne-laurence-petel/

Plan Vélo : Anne-Laurence Petel dénonce la non participation de la ville d'Aix - Gomet

Vincent Doyelle

Anne-Laurence Petel, députée de la 14e circonscription des Bouches-du-Rhône, a réagi mardi 1er octobre à la la non-participation d’Aix-en-Provence au projet national « fonds mobilité actives – continuités cyclables ».
Lancé fin 2018 par le ministère de la transition écologique, ce projet a pour but de développer les infrastructures permettant l’utilisation du vélo sur les trajets domicile-travail de distance inférieure à 2km et a pour ambition de faire passer de 3 à 9% la part modale des déplacements quotidiens à vélo d’ici 2024. La ville n’a pas déposé de dossier concernant ce projet et par conséquent, ne figure pas parmi les 152 lauréats qui se partageront 43,7 millions d’euros de subventions destinées à l’installation d’aménagements cyclables.

La députée LREM fait part de son étonnement : « La ville d’Aix-en-Provence loupe le coche du Plan Vélo ». Anne-Laurence Petel, candidate à la mairie d’Aix, dénonce une absence de volonté politique locale en faveur des mobilités propres dans une ville particulièrement touchée par les problèmes liés à la circulation ainsi que par la pollution de l’air. En France, les courts trajets domicile-travail sont dans 60% des cas réalisés en voiture.

Anne-Laurence Petel dénonce la non participation de la ville d'Aix pour l’utilisation du vélo
dans les trajets domicile-travail Aix-en-Provence est localisée entre le massif de la
Sainte-Victoire à l'est et la chaîne de la Trévaresse à l'ouest dans une cuvette la pratique du
vélo est plutôt difficile toutes les tentatives de
Vélo en libre-service ont échoué


https://www.le-journal-catalan.com/les-memoires-dalgerie-de-robert-mazziotta/74248/

Les Mémoires d’Algérie de Robert Mazziotta

14 octobre 2019 à 18h05


Robert Mazziotta est né en 1949 à Oran, en Algérie alors française.

Sa famille était présente dans ce pays depuis plusieurs générations.

Témoin des dramatiques évènements, il fut rapatrié en France métropolitaine en 1962. Il subit un choc en arrivant à Épinal où il vécut avec sa famille de 1962 à 1967.

Présentation et dédicaces des « Mémoires réconciliées », éditions L’Harmattan vendredi 25 Octobre 2019 à partir de 17h30 à la librairie Torcatis, Perpignan, avec le concours du Cml.

Devant les problèmes auxquels se heurte notre société, chacun doit se demander comment agir. L’une des réponses se trouve dans l’écriture.

Démarche citoyenne autant que projet littéraire, voici l’histoire vécue d’un adolescent confronté aux évènements douloureux survenus à Oran, pendant la période qui a précédé l’indépendance de l’Algérie. C’est le souvenir de faits qui engendrèrent un traumatisme des mémoires.

C’est aussi le récit d’un exil paradoxal, dans sa propre patrie et malgré une insertion réussie. La guerre d’Algérie constitue la toile de fond d’une réflexion sur la nature humaine et sur la nécessité de vivre ensemble, dans la tolérance mutuelle.

L’un des thèmes qui apparait est celui de l’évolution d’une position conditionnée par les circonstances, hostile, réductrice et fermée, vers une plus ouverte, prenant en compte le point de vue des uns et des autres. La réconciliation devient alors possible. L’analyse du passage de l’adversité à l’altérité amène un message de fraternité et d’espoir.


https://www.dzvid.com/2019/10/14/guerre-dalgerie-quand-le-secret-defense-entrave-la-memoire/

Guerre d’Algérie : quand le secret défense entrave la mémoire

Publié le 14 octobre 2019 Par La Rédaction

Comme Maurice Audin, des milliers d’Algériens disparaîtront du fait des forces de l’ordre françaises pendant la guerre d’Algérie. Emmanuel Macron a promis l’ouverture des archives pour sortir leur trace du brouillard du récit officiel et du refoulé. Historiens et familles l’attendent encore.

Il y a un an, Emmanuel Macron annonçait l’ouverture des archives dans l’affaire Maurice Audin. Une décision très attendue, soixante-et-un ans après la disparition du mathématicien communiste algérien d’origine européenne, investi dans la guerre d’Algérie du côté de l’indépendance. Et autant d’années de lutte pour Josette Audin, sa femme, qui a sans relâche réclamé la lumière sur les suites de l’arrestation de son mari par les parachutistes de l’armée française, un jour de juin 1957, à Alger. C’est-à-dire, à une époque qu’on appellera « la Bataille d’Alger », et où les pouvoirs de police, comme le pouvoir militaire, étaient entre les mains du général Massu.

Découvrir
Ce que dit la déclaration d’Emmanuel Macron ce jour-là est essentiel, et à plus d’un titre. Essentiel, parce que l’ouverture officielle des archives reste un acte symbolique important – même si, d’un point de vue plus concret, la famille Audin avait eu accès à de nombreuses pièces du dossier moyennant de multiples demandes de dérogation. Et aussi grâce au soutien, important, d’historiens dont les enquêtes dans les dédales d’une histoire officielle pétrie de faux semblants et de contre-vérités ont à la fois nourri la connaissance que la famille avait, et donné de la notoriété à ce cas singulier.

C’est le cas en particulier du travail de Sylvie Thénault, qui a enquêté de longues années sur ce qui était devenu l’ « Affaire Audin », et soutenait dès 1999 une thèse intitulée « La Justice dans la guerre d’Algérie » (sous la direction de Jean-Jacques Becker). C’était le cas aussi, avant elle, de Pierre Vidal-Naquet, dont le tout premier travail d’historien remonte justement à ces recherches autour de la disparition de Maurice Audin. Dès mai 1958, pas même un an après sa disparition, les Editions de Minuit publiaient sous sa signature et malgré la censure, L’Affaire Audin.
Mais si les mots qu’a prononcés Emmanuel Macron le 13 septembre 2018 chez Josette Audin sont si essentiels, c’est surtout parce que le texte de cette déclaration est formidablement ciselé. On le retrouve sur le site de l’Elysée un an plus tard. En inscrivant « la disparition » de Maurice Audin entre guillemets, les mots d’Emmanuel Macron signent, immédiatement, une distance avec ce qui fut longtemps la version officielle, puis finalement quelque chose de l’ordre d’un implicite refoulé.

Fable, mise en scène et falsification

Non, Audin n’a pas vraiment « disparu » : il est mort. Josette Audin s’en était du reste convaincue très tôt, alors qu’elle et leurs trois jeunes enfants étaient sans nouvelles de Maurice depuis 11 juin 1957, et tandis que les autorités à Alger lui racontaient la fable d’une évasion en jeep qui aurait eu lieu dix jours plus tard. Le 4 juillet, il n’a pas été arrêté depuis un mois qu’elle a déjà déposé plainte pour « homicide volontaire ». Cette plainte, qui se soldera en 1962 par un non-lieu du fait des amnisties prononcées à l’issue de la guerre d’Algérie, marquait le début d’un âpre combat pour faire reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans sa mort, en dépit des détails qui font toujours défaut.

En reconnaissant l’existence de ce « système », dont on sait aujourd’hui qu’il a été généralisé à toute l’Algérie, bien au-delà de la seule « Bataille d’Alger » à la main du général Massu en 1957, Emmanuel Macron a universalisé le cas Audin. Puisque « système » il y avait eu, ce n’était plus seulement de Maurice Audin qu’il était question. C’est-à-dire, pas uniquement du parcours singulier d’un Algérien né en Tunisie et d’origine européenne, universitaire de métier. Et qui donc n’était pas « un musulman », « un indigène », comme on disait alors dans la France coloniale. Il devenait aussi question de tous les disparus du fait des forces de l’ordre françaises. Ceux-là sont des milliers. On ignore le nombre exact, notamment faute de reconnaissance, et parce que ces chiffres font depuis longtemps l’objet d’une bataille politique par-delà la Méditerranée (à la hausse côté Algérie, à la baisse côté France). Mais aussi faute d’accès aux archives. En 1972, dans la même archive radiophonique, invité de l’émission Notre Temps, Pierre Vidal Naquet esquissait déjà un décompte dont il mesurait l’imperfection :

Maurice Audin était un universitaire, un communiste et un français, c’est parce qu’il était un universitaire, communiste et français que l’émotion a été vive dans une partie de l’opinion publique. Autrement dit, nous avons dû alors, pour mener la campagne contre la torture, prendre appui sur un cas qui n’était pas typique car des ‘Audin’ il y en avait beaucoup d’autres […] 3024 affaires similaires ont été comptabilisées entre janvier et septembre 1957, dont la majorité était composée de musulmans.

Dans sa déclaration de septembre 2018, Emmanuel Macron reconnaît prudemment qu’on déplorait « du reste » des « disparitions » de tous côtés pendant le conflit. Avant de promettre une « dérogation générale » pour « la libre consultation tous les fonds d’archives de l’Etat qui concernent ce sujet ». Sans une telle dérogation, il faut par exemple attendre 75 ans pour avoir accès à tout ce qui touche à des affaires portées devant les tribunaux ou à des enquêtes de police judiciaire… sous réserve, toutefois, que les documents ne soient pas classés « secret défense ».

Douleur rentrée et tamis social

Longtemps, l’Etat français s’est abrité derrière la possibilité, en droit, de demander cette dérogation individuelle pour accéder avant l’heure à des documents conservés. Sauf que ça suppose encore d’en faire la demande. Or les disparitions extra-légales font par définition peu de traces, et aucun inventaire exhaustif ne permet à ce jour aux familles de se figurer précisément ce qui peut bien dormir dans les cartons au sujet d’un père ou d’un frère dont la trace se perdrait un jour en Algérie avant 1962.

L’universitaire algérien Amar Mohand-Amer, spécialiste de la guerre de libération nationale, dit bien la douleur rentrée et le deuil si difficile à faire faute de traces. Il dit surtout ce qu’une démarche pareille qui consisterait à solliciter auprès de l’administration française une dérogation individuelle peut supposer comme ressources faramineuses. Faire cette démarche implique du temps, parfois de l’argent, mais aussi de se sentir à l’aise, aussi bien avec la langue française qu’avec les institutions. Autant d’obstacles qui entravent toujours, très concrètement, l’accès aux archives pour les proches des disparus, 57 ans après la signature des accords d’Evian. C’est pour cette raison que l’engagement d’Emmanuel Macron en faveur d’une « dérogation générale » est si important.

Un an a passé depuis ces mots d’Emmanuel Macron chez Josette Audin. Entre-temps, la veuve de Maurice Audin est décédée à l’âge de 87 ans, en février 2019. Et aucune décision n’est venue prolonger cet engagement présidentiel à « encourager le travail historique sur tous les disparus de la guerre d’Algérie, français et algériens, civils et militaires » moyennant cette dérogation générale. En un an, aucune circulaire n’a pulvérisé le verrou sur ces archives, comme cela avait pu être le cas avec une vingtaine de dérogations générales qui ont pu être décidées depuis les années 70 – principalement, pour des fonds qui ont trait à la Seconde guerre mondiale.

Le 20 septembre 2019, dans une journée d’études consacrée à ces disparus du fait des forces de l’ordre françaises pendant la guerre d’Algérie, Jean-Charles Begague, du Service interministériel des archives de France, pariait sur « une prochaine dérogation sur les rails ». La chose serait imminente à l’entendre. Il venait surtout éclairer les atermoiements par la sensibilité du dossier :

Cette fois, cette dérogation touche plus que toute autre, à l’intime. Elle interroge des mémoires de la guerre, des mémoires contrariées, parfois contraires […] Il était nécessaire de sous-peser la sensibilité de ces ouvertures – je parle volontairement au pluriel. Ouvrir les archives relatives à Maurice Audin ou à ceux qui sont disparus dans la même conjoncture d’une part ; ouvrir les archives des harkis de l’autre, dont certaines informations peuvent toujours porter atteinte à la sécurité de leurs descendants ; ouvrir certaines archives qui portent atteinte au secret médical… soulèvent des problématiques différentes, des sensibilités différentes à étudier au cas par cas. Pour cette ouverture l’administration des archives a donc choisi une réponse adaptée, en plusieurs temps.

Tampon secret défense

Dont acte ? Voire. Sur le terrain, dans les services d’archives, des archivistes alertent sur la lenteur du processus, et des freins colossaux. La conservatrice Caroline Piketty souligne ainsi qu’une véritable usine à gaz, qui s’ajoute à une certaine culture de l’Etat, entrave l’accès aux archives. Ces freins sont méconnus du grand public car ils conjuguent, ensemble, une vraie technicité juridique, des codes archivistiques bien spécifiques, et parfois une volonté de traîner des pieds. En effet, ces fameuses dérogations supposent encore que les documents auxquels on donnerait accès soient déclassifiés par l’autorité qui les a produits (ou en tous cas, l’institution qui en est l’héritière). C’est-à-dire que cela implique que le secret de la défense nationale soit levé, au coup par coup, pièce par pièce, avec l’aval des autorités concernées. Autrement dit, un verrou puissant… et un verrou qui entrave drastiquement l’accès à autant de fonds d’archives susceptibles de crever un silence obstiné.

Pis : l’historienne Sylvie Thenault qui, elle, a pu consulter de larges pans d’archives à la faveur de ses recherches sur Maurice Audin, explique qu’on a aussi classifié massivement « des documents produits par le mensonge ». C’est-à-dire, autant de contre-vérités, de dissimulations et de vérités falsifiées à l’instar du simulacre d’évasion de Maurice Audin. Tous ces leurres ayant été tamponnés en rouge au sceau du secret défense par les auteurs des faits ou leur hiérarchie, on se retrouve bien souvent face à une absurdité quand on ouvre des cartons, pour que les documents y figurent encore, sachant qu’un vaste écrémage avec mise à l’écart sous enveloppé cachetée a toujours cours. Dans les fonds correspondant à l’affaire Audin, ce sera par exemple un faux avis de recherche produit dès lors qu’on avait déguisé son assassinat en évasion : qui dit évasion, dit avis de recherche… et donc une pièce au dossier, mais une pièce parfaitement illusoire !

Concernant seulement Alger, ce sont ainsi des milliers de cas qui se retrouvent aujourd’hui flanqués d’un interdit qu’on peut créditer, au général Massu en personne, délégataire de tous les pouvoirs de police à l’époque – ou à ses hommes. Pour autant, si une partie de ces archives sont mensongères et parfois mises en scènes, ce serait faux de dire qu’on n’y trouve rien. Comme on aurait tort d’imaginer que ces disparus algériens se sont instantanément volatilisés dans les replis de l’histoire de France, et les fossés de notre mémoire collective, sans laisser aucune trace.

Certes, le cas de Maurice Audin est sans doute singulier puisqu’il a d’emblée fait l’objet de nombreuses recherches « à chaud » et même de procédures judiciaires – notamment après que Henri Alleg a témoigné savoir qu’il avait été torturé. Mais à la même époque, d’autres familles demeurées plus anonymes se sont, elles aussi, rapprochées de l’administration française pour réclamer des nouvelles, savoir dans quelle prison un mari, un père ou un frère avait bien pu être conduit. Pareille démarche devant l’administration coloniale à une heure de grande répression n’était pas sans exiger une aisance rétrospectivement sidérante, mais aussi une part de courage non négligeable. En effet, se signaler, c’était évidemment déclarer un lien avec un suspect a priori.

Pourtant, un tiers des familles de disparus pourraient bien avoir entrepris une telle démarche. En seulement trois mois durant « la Bataille d’Alger », cela représenterait déjà à peu près 500 cas. Un tiers ? Le chiffre est étonnamment précis, au regard de l’épais brouillard qui recouvre de vastes pans de ce chapitre. Mais c’est qu’au sein de l’administration, des employés ont aussi documenté ces requêtes de proches, au cœur de l’événement, et même tenté d’estimer le ratio de familles qui se manifestaient. Ce faisant, ils ont à leur tour laissé des traces imparfaites, frustrantes, qui ne permettent pas de saisir la totalité du phénomène… mais des traces tout de même.

L’autre « J’accuse » : 1972

Parmi ces traces, plusieurs tentatives inabouties de dénombrer les disparus, dès les années 50, alors que la guerre d’Algérie n’est pas encore entrée dans sa cinquième année (elle en fera huit ans en tout). A l’origine de ces décomptes, on trouve aussi bien Paul Teitgen, qui officiait encore sous les ordres de Robert Lacoste comme secrétaire général à la préfecture d’Alger et signait les assignations à résidence, que des avocats acquis au FLN. Quatre d’entre eux publieront un début d’inventaire dans Le Cahier vert, publié sous le manteau en France aux Editions de la Cité par Nils Andersson, et chapeauté par Vidal-Naquet qui écrivait :
MM. Jacques Vergès, Michel Zavrian et Maurice Courégé, avocats au barreau de Paris, rendent public, sous le titre le Cahier vert, une liste de 175 cas de « disparitions » d’Algériens musulmans. Tel qu’il est ce document est déjà par lui-même impressionnant. Écartons immédiatement – bien que M. Debré ne l’ait pas encore formulée – l’hypothèse d’une fabrication de toutes pièces. Les noms cités, les références d’état civil, les adressent permettent aux autorités compétentes de faire rapidement les enquêtes nécessaires. De plus, des documents émanant des sources les plus officielles : cabinet du général Salan, du général Massu, préfecture d’Alger, jalonnent la liste des disparus. Au reste, c’est parce que Me Vergès recueillait les témoignages de femmes et de mères de disparus qu’il a été expulsé le 14 août dernier d’Alger.

Dans la plupart des cas, les disparitions sont anciennes. Si quinze d’entre elles seulement sont postérieures au 13 mai 1958, cela ne signifie pas qu’il faille être optimiste : les plaignants, dans l’immense majorité des cas, ne se sont adressés à des avocats connus pour défendre fréquemment les membres du FLN, et pour ne pas craindre le scandale, qu’après s’être épuisés vainement en démarches auprès des autorités officielles ou para-officielles telle l’Association pour la formation de la jeunesse qu’anime Mme Jacques Massu. Il faut écarter aussi l’hypothèse suivant laquelle les disparus, ou du moins un certain nombre d’entre eux, auraient rejoint l’ALN. La famille d’un combattant algérien a plutôt intérêt, en effet, à garder le silence…

En 1972, on n’a toujours pas renoncé à essayer de compter : cette année-là, l’écrivain Jules Roy confronte le général Massu avec un texte, J’accuse le général Massu. C’est son si puissant « Où sont-ils ? » dont voici un extrait :

Où sont-ils, les journaliers de la rue Annibal, les boulangers, les manœuvres et les dockers de l’impasse du Palmier, les comptables et les magasiniers, les bijoutiers et les laitiers de la rue de la Lyre, les conducteurs et les receveurs de trolley-bus de la rue Caton, les commerçants, les chauffeurs, les imprimeurs de la rue des Coulouglis, les instituteurs, les maîtres d’internat, les médecins et les infirmiers de la rue de Chartres, les menuisiers et les coiffeurs de la rue Kléber, les cafetiers de la rue Bruce, les jardiniers de la rue du Sphinx, les cordonniers de la rue du Chat, les employés d’administration, les caissiers de la rue Salluste, les chauffeurs de taxi de la rue des Abencérages et de la rue du Divan, les bouchers de la rue du Centaure, les gargotiers, les marchands de légumes de la rue Jugurtha, les cheminots, les épiciers, les brocanteurs de la rue Marengo, les laitiers, les forains, les pâtissiers, les tailleurs de la rue de la Gazelle, les fleuristes, les miroitiers, les camelots et les plombiers de la rue de la Girafe et de la rue des Lotophages, tous ceux que vos bérets rouges, vos bérets noirs ou vos bérets bleus allaient cueillir parfois dans les bains maures ou dans les mosquées, déversaient dans les chiourmes de Beni-Messous et de Ben Aknoun, enfermaient dans les grottes de vos villas des hauts d’Alger et du Sahel, enchainaient quelquefois par le cou et par les mains les uns aux autres comme des bêtes et interrogeaient pendant des nuits et des nuits avec des tenailles, des électrodes et des cigarettes, tous ceux que vous arrêtiez parce qu’ils étaient trop bien habillés ou qu’ils avaient une tête qui ne vous revenait pas, que vous battiez jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent, que vous entassiez dans ce que vous appeliez des centres d’hébergement munis de souterrains et d’abattoirs ou que vous transfériez dans vos ateliers de la Corniche et de l’allée des Mûriers, oui, où sont-ils ? Où sont les quatre-vingt-dix malheureux asphyxiés au printemps 1957 dans des cuves à vin de quelques domaines de la Mitidja, et comment se nomment ceux qu’on trouvait sur les plages et sur les brise-lames du port, ligotés dans des sacs ? Où sont-ils, ceux que parfois, quand un avocat demandait de leurs nouvelles, vous déclariez avoir remis en liberté ou ne figurant pas sur vos fichiers, ou enfuis ? si nombreux que la préfecture d’Alger et certains secteurs avaient dû imprimer des circulaires pour répondre que les enquêtes n’avaient pas permis de retrouver leur passage, ceux à propos desquels Mme Massu, présidente de l’ « Association pour la formation de la jeunesse », demandait des autorisations de visite, les jeunes, les vieux les pères de famille et les orphelins, les garçons dont les mères folles de douleur venaient pleurer en silence devant les commissariats de police et les casernes ?

Au final, une litanie de chiffres et une kyrielle de fantômes qui racontent une quête impossible : évaluer, documenter, répertorier l’ampleur d’un système largement passé sous le seuil de la légalité. La tâche est d’autant plus incertaine que la plupart de ces actions furent extra-légales, et en partie dissimulées aux représentants administratifs d’un Etat français dépassé sur son flanc militaire. Une bonne partie des archives ont de surcroît été détruites dans la foulée du coup d’Etat du 13 mai 1958. Autant d’éléments qui expliquent que l’histoire de ces disparitions ait conservé des trous béants.

Histoire d’un fichier secret

Pourtant, tandis qu’il cherchait les archives personnelles de Paul Teitgen dans les fonds des archives coloniales à Aix-en-Provence, l’historien Fabrice Riceputi a découvert un document différent, en janvier 2018. Non plus une énième tentative de dresser l’inventaire impossible de ceux qui semblent s’être évaporés. Mais une archive singulière : un fichier interne à la Préfecture d’Alger, qui indexait les requêtes des familles venues demander des nouvelles d’un disparu auprès de fonctionnaires qui, ensuite, interpellaient l’armée pour tenter d’en savoir plus. C’est au Service des liaisons nord-africaines (SLNA), organe chargé du renseignement politique sur les « Français musulmans », qu’on avait confié cette double collecte : à la fois les requêtes des familles, mais aussi les relances à l’armée sur le sort des personnes portées disparues.

Ce document est assorti de quelques notes de service, où l’on apprend par exemple que pour 70% des cas, les parachutistes n’étaient pas en mesure de dire réellement ce que l’intéressé avait pu devenir – soit parce qu’ils s’y refusaient, soient parce qu’ils en étaient, au fond, bien incapables. Ce fichier est lacunaire : Fabrice Riceputi a compris en fouillant ces cartons que l’inventaire des requêtes avait continué au-delà de la seule année 1957 – sans qu’apparemment la trace matérielle n’en soit conservée. Il n’en est pas moins d’une grande valeur, pour bien des familles qui souvent n’ont jamais vu seulement figurer le nom de leur proche disparu sur aucun papier à en-tête de l’Etat français. Avec ce listing, c’est l’existence d’une inquiétude enregistrée par la puissance coloniale qui se trouve gravée pour de bon.
Au lendemain de la déclaration d’Emmanuel Macron chez Josette Audin, le site 1000autres.org (sous-titre : « Alger 1957 – des Maurice Audin par milliers ») a vu le jour sous la houlette de Fabice Riceputi, rejoint par l’historienne Malika Rahal, qui travaille notamment dans le cadre d’un projet d’habilitation à diriger des recherches à comprendre en quoi 1962 fait barrage à la connaissance historienne. Ensemble, ils ont mis en ligne et passé au peigne fin les 854 cas listés dans l’archive déterrée par Fabrice Riceputi, et dont les deux historiens parlent comme d’un « instrument de recherche ». Car pour bon nombre de familles qui n’ont jamais demandé de dérogation individuelle, c’est le tout premier pas d’une quête enfouie. Le 20 septembre, durant la journée d’études sur les disparus algériens du fait des forces de l’ordre, ils étaient ainsi plusieurs à prendre la parole, émus, et dire qu’ils n’avaient jamais évoqué publiquement l’histoire de ce parent dont ils n’entendirent jamais plus parler.
En français et en arabe, 1000autres.org a diffusé un appel à témoignages pour que les survivants ou les familles disent si ces « Maurice Audin anonymes » étaient bel et bien disparus.

Un an après la mise en ligne, Malika Rahal explique que des bribes ont afflué d’un peu partout : des souvenirs précis de l’arrestation, parfois des photos, quelques avis de recherche publiés dans la presse de l’époque, des échanges de courriers avec l’administration plus rarement… Autant d’éléments qui complètent les informations que livrait déjà le fichier préfectoral : âge, profession, adresse, genre, et parfois le lieu où ils ont été internés. Et qui permettent de confirmer, pour l’heure, la disparition de 270 d’entre eux, rien que pour le Grand Alger, en 1957.

Disparus français, disparus algériens : un accès asymétrique

Rendre ce document public est un geste important, notamment parce que les archives sont si difficiles d’accès. En tous cas pour les proches de disparus algériens. Car s’il serait absurde de nier la souffrance et la disparition, réelle, de nombreux Français d’origine européenne à la même période, le fait est que l’accès aux archives de cette histoire demeure asymétrique. En 2004 en effet, la direction des Archives décidait par exemple de mettre à la disposition des familles qui en faisaient la demande le dossier que les autorités françaises avaient constitué après les accords d’Evian, dans l’espoir de retrouver la trace de ces civils européens disparus pendant la guerre d’Algérie et dans les mois qui suivront. Quand on fouille dans les sommaires de La Gazette des archives, on retrouve en 2015 un article signé de l’archiviste Anne Liskenne qui nous renseigne sur la manière dont l’administration française a dédié des ressources pour documenter ces disparitions d’Européens. Concrètement, ce furent une première étape consacrée à la recherche de noms, puis des efforts pour localiser les dossiers et, pour finir, « deux chargés de mission mis à disposition de la direction des Archives du ministère des Affaires étrangères pour réaliser une base détaillée » qui sera finalement mise en ligne. L’article précise que « la mission interministérielle aux rapatriés et les associations se firent le relais de l’accessibilité désormais entière aux dossiers pour les familles et les ayants droits des disparus ».

Rien de comparable n’existe pour les disparus algériens. Or ce “deux poids deux mesures” que dénoncent de longue date des historiens engagés aux côtés du comité Audin, comme Gilles Manceron, a non seulement des effets dans l’accès concret aux archives. Mais il a aussi des conséquences mémorielles.

Pouvoir documenter, avec l’aide de l’administration, une histoire, c’est aussi pouvoir y puiser des ressources pour la raconter.

Ainsi, les enfants de Moktar Boucif n’ont-ils aucun élément sur les circonstances de la mort de leur père, directeur d’école dans la région de Mascara et membre du parti communiste algérien, qui militait pour l’indépendance. Aujourd’hui à la retraite, Senouci Boucif se souvient de l’arrestation de son père, sur le coup de deux heures du matin et d’une ultime image de lui, à travers les barbelés d’une caserne où la famille avait appris qu’il était détenu. Puis plus rien. Il avait sept ans.

Or en 2017, un livre publié par une certaine Maïa Alonso, qui vit dans le Sud Ouest de la France et qui a elle-même grandi en Algérie dans les milieux européens, est venu réveiller l’absence… et l’absence de traces.
Dans son livre, l’auteure évoque en effet Moktar Boucif, très largement – et c’est la première fois.

Mais elle écrit noir sur blanc qu’il est le « commanditaire d’un odieux assassinat », perpétré contre Félix Valat, le maire pied-noir du petit village où Boucif officiait comme directeur d’école, et où leurs enfants respectifs ont grandi. 

A l’époque, l’histoire fera grand bruit, et les trois fils de l’édile restent profondément traumatisés par le double assassinat de leur père et de leur mère, sous leurs yeux. C’est aussitôt après cet assassinat un jour d’avril 1958 que Moktar Boucif sera arrêté.

Assez pour publier, sans contrepoint, qu’il est cet assassin sanguinaire, ce traître sans foi ni loi, qu’on découvre sous la plume de l’auteure ?

C’était, de fait, une version largement partagée à l’époque par l’armée française.

Des documents consignés dans les archives militaires peuvent l’avoir affirmé, et enclore cette version à charge dans un sanctuaire de papier.

Moyennant dérogation, ces archives sur les circonstances de l’assassinat de leurs parents peuvent être consultées par les enfants de Félix Vallat. Mais quel statut leur accorder dans le récit de l’événement, tandis qu’aucun document n’est accessible pour raconter, aussi, l’emprisonnement puis l’assassinat du militant algérien, auquel l’Algérie indépendante accordera a contrario le statut de martyr ?

Alors que la bataille mémorielle reste vivace de part et d’autre de la Méditerranée et que le nombre de morts même est objet de controverses, l’accès aux archives reste un enjeu massif, cinquante-sept ans après la fin de la guerre d’Algérie.


Contributeur

Maryse JOISSAINS MASINI
Maire d'Aix-en-Provence Président du Conseil de Territoire du Pays d'Aix Vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence
Gérard BRAMOULLÉ
1er Adjoint au maire Délégué aux Rapatriés Vice-président de la métropole Aix-Marseille-Provence
le conseil municipal
Alexandre GRIFFON
Président de l'Association du Mémorial National des Français d'Algérie et Rapatriés d'Outre-Mer

vous prient de bien vouloir honorer de votre présence à la Journée du Souvenir

LE SAMEDI 19 OCTOBRE 2019 À 11 HEURES

« Mémorial National des Français d'Algérie et Rapatriés d'Outre-Mer »
Cimetière Saint-Pierre avenue de la Déportation Aix-en-Provence


https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/reze-44400/reze-une-plaque-du-19-mars-1962-pour-la-paix-6564297

Rezé. Une plaque du 19 mars 1962 : pour la paix

 

Roger Merle, président du comité local de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc et Gérard Allard, maire, viennent de dévoiler la plaque.
Roger Merle, président du comité local de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc et Gérard Allard, maire, viennent de dévoiler la plaque. | OUEST-FRANCE

Ouest-France Publié le 14/10/2019 à 17h59

Gérard Allard, maire et Roger Merle, président de la section de la Fnaca ont dévoilé la plaque commémorant le cessez-le-feu en Algérie, posée au monument aux morts de Rezé.
Bernard Ledouarin et Jean-Claude Pelletier avaient 23 ans ; Jean Emeri, Michel Macé, Claude Gougy, Jean Guilbaud et Donatien Marchand avaient 22 ans ; Maurice Proux, Michel Relandeau et Paul Michel avaient 21 ans, Bernard Leridant avait 19 ans. Roger Merle, le président du comité local de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc 23 ans.


https://www.leprogres.fr/ain-01-edition-oyonnax-et-haut-bugey/2019/10/14/adieu-a-notre-correspondante-locale-monique-pascal

Nantua | Nécrologie Adieu à notre correspondante locale Monique Pascal

Le 14/10/2019 à 22:05 mis à jour à 22:16

Monique Pascal Cardona, correspondante du Progrès à Nantua, est décédée le vendredi

11 octobre 2019. Archives Le Progrès/ DR

Nantua vient de perdre une ambassadrice passionnée. Nous avons appris avec tristesse le décès de notre correspondante locale Monique Pascal Cardona, survenu le vendredi 11 octobre. Elle avait 72 ans.

Pendant plus de onze années, elle a rendu compte de la vie locale pour Le Progrès , après l’avoir fait dans d’autres titres de la presse régionale.

Attentionnée, généreuse, attachante et cultivée, cette fille de pied-noir a vécu son enfance à Oyonnax au sein d’une famille peu fortunée. Son statut de bonne élève lui assure une place à la faculté, où elle rencontre son premier mari, Bernard Grasset.

De cette union naît rapidement Isabelle, en 1969. Monique stoppe ses études et découvre le secrétariat, particulièrement dans le milieu médical.

Divorcée, elle se remarie à Jacques Pascal et donne naissance à son second enfant, Julien, en 1983. Plus tard, c’est avec une grande fierté qu’elle deviendra grand-mère, par deux fois.

Voir Mattéo et Zéna grandir l’a aidée à traverser les nombreuses épreuves d’une vie parfois pesante.

Sa ville, elle l’aimait aussi profondément. Et si une opération aux yeux l’avait éloignée récemment des bords du lac, elle conservait cette volonté d’informer et espérait reprendre prochainement sa plume. Son cœur en a malheureusement décidé autrement.
Une cérémonie en sa mémoire aura lieu vendredi 18 octobre, à 10 heures, à l’abbatiale Saint-Michel de Nantua.


http://www.liberte-algerie.com/culture/temoigner-de-lhistoire-pour-sauvegarder-la-memoire-326028

Association 4ACG contre le déni et l’oubli

Témoigner de l’histoire pour sauvegarder la mémoire

© D. R.

Pour la commémoration du 58e anniversaire du 17 Octobre, un rassemblement est prévu avec de nombreuses autres associations sur le pont Saint-Michel à Paris “où sont prévues des prises de parole et un jet de fleurs symbolique, rappelant qu’ici on a noyé des Algériens”.

À la veille de la commémoration des massacres du 17 octobre 1961, il est nécessaire que des rappels de l’Histoire se fassent des deux côtés de la Méditerranée pour dire tout le mal que causent ces guerres impitoyables qui déciment des populations entières et spolient leurs biens et leurs terres. Et ce fut le cas en Algérie où la colonisation française a fait ravage. Aujourd’hui en France, des associations ont été créées pour rappeler ces faits et témoigner de ces atrocités. L’association 4ACG (Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre), rencontrée à Marseille, partenaire du festival “Femme d’Algérie”, en fait partie.

Ce sont “quatre anciens appelés en Algérie” qui se sont regroupés au départ pour “transmettre cette mémoire aux jeunes générations”, nous diront-ils. Et d’ajouter : “À cette époque, nous, les gars du contingent, nous n’avons rien dit. Nous n’avons pas eu le courage de hurler notre désaccord au monde. Aujourd’hui, bien que percevant de modestes retraites, nous avons décidé de refuser pour nous-mêmes la pension liée à la retraite du combattant et de la reverser à des populations qui souffrent de la guerre ou à des organismes qui œuvrent pour la paix.”

C’est ainsi que cette association très active en Algérie (et en Palestine), contribue et finance quelques projets socioculturels tel ce partenariat avec l’association Bédé du village de Tazia en Kabylie où depuis 2005 elle participe à la réhabilitation et au développement, notamment dans le domaine agricole par des appuis techniques et des formations, ou encore au niveau de Corso, dans la région de Boumerdès, et ce, depuis 2008, où elle a aidé “Espace-Enfance-Culture” à équiper un centre créé par des femmes bénévoles à l’intention des familles touchées par le séisme de mai 2005 et à s’impliquer dans des actions de soutien scolaire en organisant des excursions et des spectacles. 4acg est également présente à Constantine en contribuant avec l’association Wafa depuis 2011 à la création d’un centre d’aide par le travail (atelier d’apprentissage en pâtisserie) destiné à de jeunes autistes afin de “garantir le droit des personnes en difficulté mentale à s’intégrer à la vie sociale et professionnelle” ; elle est aussi active avec SOS Bab El-Oued dans son projet “Espace Culture”, un centre pluridisciplinaire ouvert aux jeunes qui les sensibilise à la citoyenneté, les aide dans leur scolarité et leur assure des formations dans l’art ou dans l’audiovisuel.

À l’actif de cette association également de nombreux ouvrages dont Guerre d’Algérie, guerre d’indépendance ; Paroles d’humanité et des réalisations filmiques notamment Retour en Algérie, En finir avec la guerre ou encore Troufions. Et pour revenir à l’objectif premier qui est de témoigner et surtout “éveiller la vigilance des jeunes par un travail de mémoire et de transmission de ce que ses membres ont vécu, notamment des dérives et abus commis pendant la guerre d’Algérie”, de multiples rencontres sont organisées à l’occasion d’événements-phares de notre Révolution tels le 8 Mai 45 qui a vu des populations entières décimées ou encore  le 17 Octobre 61 qui n’a pas encore révélé toutes ses atrocités. 

À cette occasion justement, et en commémoration du 58e anniversaire de cette tragédie, un rassemblement est prévu avec de nombreuses autres associations le 17 octobre prochain à 18h sur le pont Saint-Michel à Paris “où sont prévues des prises de parole et un jet de fleurs symbolique, rappelant qu’ici on a noyé des Algériens”.  

De Marseille :
Samira Bendris-Oulebsir


https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/des-lyonnais-veulent-une-stele-a-la-memoire-des-victimes-15-10-2019

Des Lyonnais veulent une stèle à la mémoire des victimes

15 octobre 2019 à 9 h 00 min

Le devoir de mémoire est indispensable pour un véritable apaisement et une véritable réconciliation», indique une pétition en ligne depuis Lyon.

Abdelaziz Boumediène, pour le Collectif pour la mémoire et la citoyenneté, a lancé, il y a de cela quelques semaines, une pétition en ligne qui a recueilli plus de 200 signatures à ce jour. «La répression sanglante (…) à Paris le 17 octobre 1961 est solennellement gravée dans notre mémoire commune», écrivent les pétitionnaires. «57 ans après, cette tragédie est toujours actuelle et rappelle le sort dramatique de centaines de victimes noyées dans la Seine aux ordres du préfet de Paris de l’époque, Maurice Papon».

Les signataires soulignent qu’en 2012, au nom de la République, le président François Hollande avait pour la première fois reconnu «avec courage et ‘‘lucidité’  cette page noire de notre histoire». «C’est un acte noble et salutaire qui réaffirme un juste engagement républicain.»
Après la plaque commémorative à Paris, les Lyonnais, dont la population algérienne a beaucoup souffert durant la guerre d’Algérie, souhaitent à leur tour que le souvenir soit matérialisé «par la réalisation d’une stèle à la mémoire de toutes les victimes».
S’adressant au maire de Lyon, ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le collectif écrit : «Les leçons de l’histoire, à l’image de l’amitié franco-allemande ou celle du processus d’unification européenne, vont dans ce sens et nous apprennent surtout que l’obligation de reconnaissance de la mémoire est à la base de toute politique de conciliation, d’intégration, de coopération et de constructions citoyennes.

Nous sommes convaincus que votre accord à ce projet libérateur va contribuer fortement à faire rayonner l’humanisme lyonnais dans le monde et promouvoir la cohésion dans nos quartiers pour construire des relations de citoyenneté, de respect et de dignité très puissantes. Et surtout pour rapprocher la jeunesse de nos institutions, avec à la base la conciliation des mémoires et la défense des valeurs de la République.»


https://premium.courrier-picard.fr/id42757/article/2019-10-14/le-musee-louis-philippe-eu-soutenu-par-ses-amis

Le musée Louis-Philippe à Eu soutenu par ses Amis

Mis en ligne le 14/10/2019 à 12:14

L’une des salles du musée Louis-Philippe.
L’une des salles du musée Louis-Philippe.

Samedi 12 octobre, l’association des Amis du musée Louis-Philippe a tenu son assemblée générale au théâtre du château, sous la présidence de Michel Mabire, et en présence du conservateur Alban Duparc.

De nouvelles acquisitions

Ils ont remercié les nombreux donateurs qui permettent à l’association d’exister financièrement et d’enrichir les collections.

  DR archives RPweb

Cette année par exemple, ont été donnés une médaille de la prise de Constantine, une illustration historique du château d’Eu et une gravure sous verre encadrée représentant la prise de la Smala d’Abd el Kadir.

En outre, les Amis du musée on pu faire l’acquisition de plusieurs objets d’époque, pour plus de 27 000 euros. Notamment un ensemble de documents liés à la famille d’Orléans et une huile sur toile d’Eugène Isabey, représentant le départ de la reine Victoria du Tréport, 1844, pour 16 000 euros. En revanche, l’association n’a pu s’aligner pour certaines pièces, à cause d’enchères trop élevées.
Des travaux de restauration

L’association contribue aussi à la restauration d’œuvres, comme le grand tableau de l’escalier d’honneur du château : une peinture à l’huile de 5 mètres sur 3, réalisée en 1836 par Alfred Jouannot, et intitulée François de Lorraine, duc de Guise, présente à Charles IX les guerriers qui se sont distingués a la bataille de Dreux le 19 décembre 1562. La toile a été déposée dans les ateliers de Versailles en novembre dernier. Le coût global de la restauration s’élève à 54 180 euros.

L’opération avait été moins coûteuse pour le tableau de Nicolas Gosse, Le duc de Penthièvre présentant les cercueils des princes de sa famille. Est aussi prévue la restauration de l’Escadre Française illuminée dans la rade du Tréport, par Eugene Isabey (1844), pour environ 3000 euros. Et d’autres devraient suivre.

Tout ceci contribue à la notorité du musée. Alban Duparc s’est félicité d’une augmentation du nombre de visiteurs, qui devrait dépasser les 20 000.


https://www.nicematin.com/vie-locale/la-stele-en-hommage-aux-harkis-devoilee-422393

La stèle en hommage aux harkis dévoilée

Nice Vie locale

PAR J.-P. BELLOMIA Mis à jour le 15/10/2019 à 10:12 Publié le 15/10/2019 à 10:12

La stèle est située en bordure de la RD 21, au quartier de l’Eïra.

Moment de solennité, samedi, dans le hameau forestier du quartier de l’Eïra à L’Escarène.

Le maire, Pierre Donadey a souligné : « Pour beaucoup, c’est bien ici que leurs racines sont inscrites »

De 1963 à 1980, à la demande de l’Etat, une trentaine de « familles de harkis, soldats et combattants supplétifs, engagés aux côtés de la France durant la guerre d’Algérie de 1954 à 1962 », vécurent dans le hameau forestier du quartier de l’Eïra à L’Escarène. Première phrase de la plaque posée sur la stèle en hommage à ces hommes, ces femmes et ces enfants qui, depuis, se sont installés au village ou dans la région, travaillant pour beaucoup pour l’ONF, les entreprises du bâtiment, certains ayant aussi créé leur entreprise.

Si le hameau est depuis 1980 déserté, la commune souhaite lui redonner vie en créant une zone artisanale, tout en conservant un des sept baraquements comme lieu de mémoire et d’exposition. L’association de défense des enfants de harkis et leurs amis, (ADDEH), présidée par Zahir Houd, créée en 2016, a souhaité, en partenariat avec la commune, élever une stèle mémorielle en bordure de la RD 21.

Une page tournée avec sérénité et apaisement

Ce mémorial a été dévoilé samedi en présence du sous-préfet Nice-Montagne, Yoann Toubhans, « pour perpétuer les actions de mémoire à l’endroit des harkis », entouré de très nombreux élus, (1) de harkis et de leurs descendants, de la population. « Nous sommes une terre d’accueil et d’assimilation », a affirmé le maire Pierre Donadey. « Pour beaucoup, c’est bien ici que leurs racines sont inscrites.

Ce lieu deviendra le lieu du souvenir de ces vies secouées par l’histoire ». Jeanne Etthari, présidente de l’association Mémoire, unité, dignité des rapatriés d’Algérie, (MUDRA), elle-même fille de harkis, « témoin de cette histoire », a salué avec émotion « ce rendez-vous de la République et de l’honneur ». Elle a rappelé « la fidélité à la France, payée cher par le sang versé de ces combattants ».

Une page est aujourd’hui tournée avec ce mémorial « avec sérénité et apaisement ». La cérémonie, rehaussée par la présence de nombreux porte-drapeaux d’anciens combattants, les pompiers, a été ponctuée par une vibrante Marseillaise chantée avec conviction et unité. Apéritif et méchoui ont apporté la note festive finale à cet hommage aux harkis.


 https://www.elwatan.com/edition/contributions/le-trauma-colonial-une-enquete-sur-les-effets-psychiques-et-politiques-contemporains-de-loppression-coloniale-en-algerie-15-10-2019

Le trauma colonial : Une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie | El Watan

Luiz Eduardo Prado de Oliveira
15 octobre 2019

 

Au cours d’une dizaine de chapitres, Karima Lazali, animée par un souffle d’urgence, d’une plume haletante, nous livre son étude sur les effets du trauma colonial en Algérie.

Elle reprend l’histoire de la colonisation française de ce pays, pointe la place de la psychanalyse dans les paradoxes algériens, et examine les divers aspects des conséquences des traumatismes coloniaux pour les luttes de résistance, puis révolutionnaires, elles-mêmes se poursuivant au-delà, lorsque les combattants prennent le pouvoir.

Elle termine son livre en posant les conditions d’une sortie du pacte colonial et en appelant à la fin de «la damnation coloniale» à travers le souvenir des leçons de Frantz Fanon, qui éclairent ce livre, y compris de son style et son maniement du français.

«Mon implication personnelle»

Dernièrement, à deux reprises, j’ai été sollicitée au sujet de la prise du pouvoir par des fascistes coloniaux au Brésil. Je n’aurais pas été en mesure d’y répondre sans les inspirations multiples que je puisais dans cet important livre.

Parmi les excellentes idées que j’y ai glanées, j’en mentionne particulièrement trois : la considération du colonialisme comme un traumatisme, l’indication de la poursuite du colonialisme au-delà de la fin de la présence physique du colonisateur en tant que tel et, enfin, ses indications cliniques sur la terreur, qui elle aussi se poursuit au-delà même de ses effets post-traumatiques.

Je venais de faire une recherche extensive sur la terreur dans la littérature psychanalytique, qui s’y intéresse très tôt(1), et je peux affirmer sans hésitation que les avancées à ce sujet, présentes dans ce livre sur Le trauma colonial, dans ses lignes sur «une clinique de la terreur», sur «l’auto-élimination du sujet terrifié» ou sur «la terreur psychique d’emblée politique» sont souvent pionnières. «La terreur est en lien avec la peur, mais elle ne relève pas de ce registre.

Elle est au-delà ou en deçà de la peur, de l’angoisse et peut-être même de l’effroi, tout en étant reliée à ces trois affects. […] La terreur ne se parle ni ne se reconnaît. Elle vit dans le corps et au corps défendant des sujets. Elle prend sans crier gare le corps du sujet et du social, dans une même lancée, de manière indistincte.» (p. 193)

Souvenirs d’enfance : Alger la blanche

Une autre raison, pourtant plus ancienne, insufflait mon intérêt et ma passion envers ce livre. Entre 1972 et 1973, j’ai fait plusieurs séjours à Alger, où des réfugiés politiques brésiliens avaient été accueillis peu avant. Finalement, je m’y suis installé pour six mois avec une mission spécifique de procurer le nécessaire à mes collègues et, à cette fin, d’établir également un contact avec des organisations politiques algériennes de gauche.

Alger, à l’époque, sentait encore la guerre d’indépendance et la Révolution, malgré le coup d’Etat de 1965 et les constantes disputes de pouvoir. Après La Havane, Alger était encore la capitale de toutes les révolutions. Les Black Panthers côtoyaient d’autres militants en provenance du monde entier.

Des cadres vietnamiens apprenaient la théorie de la guerre populaire à des guerriers guévaristes en herbe ou aguerris venus se recycler.

La Cinémathèque d’Alger était un haut lieu d’échanges internationaux, où l’on discutait à perte de nuit dans un français approximatif.

Cependant, les échos de la Révolution et de la guerre anti-coloniale se confondaient avec ceux du coup d’Etat. Leur convergence provoquait ce climat de suspicion mutuelle que le trauma colonial décrit si souvent et si bien. Les regards n’étaient pas entièrement francs ni les paroles totalement fiables. Chacun évaluait l’autre.

Un livre, deux pays

Ainsi, il n’est pas étonnant de lire avec un Marc Ferro : «Entre le mouvement des colons en Amérique du Sud, au début du XIXe siècle, et celui des colons au Maghreb et particulièrement en Algérie, au milieu du XXe, il existe des similitudes. Elles sont évidemment structurales.»(2) (M. Ferro, Histoire des colonisations.

Des conquêtes aux indépendances, XIIIe-XXe siècles, Paris, Seuil, 1994, p. 334) Comme furent structurales les similitudes existantes entre les répressions déchaînés par les descendants de ces colons quand ils crurent à son besoin. Et structurale aussi la torture : au Brésil, elle a été la même que celle pratiquée en Algérie par les militaires français, leurs homonymes brésiliens étant connus comme «La Sorbonne»(3) (mon article «De la torture, de l’exil, du génocide», Dialogue, n°117, 1992, pp. 88-102).
Et encore : structurale la similitude entre les réactions des opprimés des deux pays, y compris dans leurs aspects fratricides. Il est saisissant de lire des descriptions faites par Karima Lazali ou des citations qu’elle évoque, qui peuvent s’appliquer à perfection au Brésil : «Les liens d’intérêt personnel prennent la place d’affinités politiques. Personne n’a de stratégie cohérente pour le présent ou pour l’avenir.» (pp. 145-146).

Ou la description du «sentiment d’être exceptionnel» de ceux qui résistent. Pourtant, le trauma colonial est traversé par une douleur, peut-être celle-là même qui déchire sa langue, douleur de l’écartèlement entre deux pays, entre trois langues, le français, l’arabe et le parler psychanalytique.

Ce n’est pas un livre agréable à lire, ni facile. La rudesse de ses phrases est parfois pénible à suivre. Eclairées de temps en temps d’une surprenante poésie, elles peuvent aussi s’allonger ou paraître saccadées, torturées, sans qu’on puisse déceler où elles nous mènent ni à quoi elles riment. «L’histoire continue à être frappée de non-lieu. Les mémoires sont piégées dans un blanc dont le texte effacé se réitère en acte», me semble une affirmation déchirée entre plusieurs langues, que je devine plus que je ne peux suivre, où je perçois un certain maniérisme.

Et elle n’est pas rare. Un excellent exemple de cette fermeture où il arrive au livre de tomber qui est son analyse de Jugurtha, l’héros fratricide. Que de sinuosités à perdre haleine, que d’évocations de filiations, avant que nous n’arrivions aux noms de ces deux frères que Jugurtha va tuer, Hiempsal et Adherbal.

Mais ce ne sont que des frères seulement adoptifs, dont l’évocation se poursuit longuement et s’étire jusqu’à Rome, alors que l’auteure, tout entière prise dans son histoire d’Algérie, oublie que l’empire dont le Sénat entend ces frères, sont tous deux issus du crime fratricide de Romulus contre Remus. Et, après tout, notre civilisation n’est-elle pas basée sur le meurtre d’Abel par Caïn ? Jugurtha a des dignes ancêtres, tout comme les généraux et militants complotistes, compulsifs d’Algérie, du Brésil et d’ailleurs.

Enfin, il manque à ce livre un index qui vienne permettre de le suivre de plus près, ne serait-ce qu’une liste des œuvres littéraires qui l’inspirent, un tableau chronologique qui le rende moins aride, plusieurs relectures qui auraient travaillé un tant soit peu sa poésie brute, cette crainte parfois qu’il ne se situe à la limite de l’art, plutôt que de la recherche et de l’analyse des faits dans leur histoire, que pourtant l’auteur ne cesse de revendiquer.

Un livre en somme d’une grande importance, trop hâtivement écrit. Un livre qui me marque, mais que je n’offrirais pas à des lecteurs ou des lectrices ingénus ou inavertis. Sa lecture, à coup sûr, enrichissante, d’une poésie sauvage, d’un rappel harassant des faits et d’une application psychanalytique complexe, exige aussi du souffle et qu’on s’y accroche.


https://www.letelegramme.fr/football/algerie-france-aucune-decision-sur-le-tenue-d-un-match-14-10-2019-12408825.php

Algérie - France. « Aucune décision » sur le tenue d’un match


 

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/culture-africaine/un-ecrivain-algerien-fait-condamner-en-justice-un-editeur-d-alain-rey_3660001.html

Un écrivain algérien fait condamner en justice un éditeur d'Alain Rey

L'éditeur d'un livre signé par le lexicographe Alain Rey a été condamné pour "actes fautifs de parasitisme" à l'encontre de l'auteur algérien.
 Le linguiste français Alain Rey à Paris, le 28 octobre 2015.

 Le linguiste français Alain Rey à Paris, le 28 octobre 2015. (JOEL SAGET / AFP)
Mis à jour le 15/10/2019 | 12:10 publié le 15/10/2019 | 12:10

L'affaire remonte à 2014. L'écrivain algérien Salah Guemriche, auteur en 2007 d'un Dictionnaire des mots français d'origine arabe (Seuil) accusait le lexicographe Alain Rey de l'avoir plagié avec son Voyage des mots : de l'Orient arabe et persan vers la langue française, publié chez Trédaniel en 2013. Le TGI de Paris n'a reconnu ni le plagiat, ni l'atteinte au droit moral d'auteur du plaignant. En revanche, le tribunal a indiqué que l'éditeur Trédaniel "a commis des actes fautifs de parasitisme". Selon Salah Guemriche, l'éditeur d'Alain Rey a "indûment profité de son ouvrage", s'épargnant "la rémunération de longues recherches documentaires" et gagnant ainsi un temps précieux.

"Actes de parasitisme"

Le tribunal a condamné l'éditeur d'Alain Rey à verser 10 000 euros à l'auteur algérien "en réparation des actes de parasitisme". Il a en revanche rejeté la demande d'interdiction de réédition du livre d'Alain Rey. L'écrivain algérien réclamait une somme de 50 000 euros en expliquant que le livre de Rey avait "éclipsé le sien, du fait de la notoriété de son auteur et de la qualité de ses travaux qui ont été pillés".

La parution en 2013 de l'ouvrage d'Alain Rey "a définitivement supprimé toute perspective d'une nouvelle réédition" de son dictionnaire, déplorait l'écrivain se déclarant "particulièrement meurtri".

"Publics distincts"

Pour la maison d'édition Trédaniel, les deux ouvrages étaient destinés "à des publics distincts". "Compte tenu du délai de cinq ans entre les parutions respectives des livres, l'ouvrage de Salah Guemriche avait épuisé son attractivité", s'est défendu l'éditeur.

La langue arabe arrive en troisième position parmi les langues auxquelles le français a le plus emprunté, tout juste après l'anglais et l'italien.

Un autre ouvrage, Nos ancêtres les Arabes, ce que notre langue leur doitsigné par le professeur de lexicologie et d'histoire de la langue française Jean Pruvost, est paru en 2017 chez JC Lattès. L'auteur qui recensait 400 mots français issus de l'arabe (il en existe beaucoup d'autres) prenait soin dans son livre de rendre hommage aux travaux de Salah Guemriche et d'Alain Rey.

 


https://present.fr/2019/10/16/le-grand-delitement/

Le Grand Délitement

Publié le 16 octobre 2019 par Etienne Defay

 

La manifestation promettait d’être joyeuse, elle l’a été. Elle promettait d’être virile ; elle l’a été aussi. Arrosée de généreuses libations doublées d’ordres policiers ahurissants, elle a senti le soufre. C’était inévitable même si tout le monde aurait préféré s’épargner ce spectacle navrant de policiers et de pompiers s’empoigner et s’affronter entre la Porte de Vincennes et la place de la Nation. A quelques kilomètres de là, leurs collègues connaissaient le même sort devant l’Assemblée nationale.

Pourtant, ils étaient plusieurs milliers de pompiers venus de Dordogne, de l’Aisne, de l’Ain, de Moselle, de Savoie et du Morbihan. Tous venus pour exprimer leur colère et leur angoisse devant les sous-effectifs, la multiplication des missions et surtout l’explosion de la violence au quotidien. Parmi eux, quelques représentants de Rouen, rongés par l’angoisse après leur exposition sans équipement adéquat aux fumées de l’incendie de l’usine Lubriziol. « On en a marre. On se transforme en assistants sociaux et en sacs de frappe pour racailles » murmure excédé un pompier de l’est de la France.

« La réforme des retraites, c’est un peu la goutte d’eau » précise un de ses collègues originaire quant à lui du sud de la France. Cela faisait des années que la colère grondait, maintenant gare à l’explosion !

Au milieu des soldats du feu, marchaient urgentistes, infirmiers et policiers municipaux. Tous les corps de l’Etat, confrontés à la réalité du terrain en quelque sorte. Tous les membres qui n’en peuvent plus de servir de tampon entre une population ensauvagée et individualiste et des chefs isolés dans des tours d’argent, insensibles au réel et à l’explosion de cette violence qu’ils n’affrontent pas car ils ne la voient pas.

L’alcool : produit hautement inflammable

Il faut dire que les manifestants s’étaient correctement chauffés. Les bières dépassaient des poches de bon nombre de pantalons et les bistrots jalonnant le cortège étaient littéralement pris d’assaut. Un facteur qui n’est pas à relativiser au risque d’induire le lecteur en erreur sur les intentions du journaliste. Oui, beaucoup d’entre eux avaient bu. Oui cela a grandement limité leur patience. Mais cela n’explique pas l’agressivité des forces de l’ordre. Cela n’explique pas le deux poids, deux mesures de l’exécutif. Cela n’excuse pas un gouvernement aux abois qui s’enferrent dans des réformes ni prioritaires ni souhaitables. Il est temps que Castaner démissionne. Il est temps que Macron s’en aille. Il est temps que le pays soit repris en main. •


Marine Le Pen à la rencontre des pompiers

En marge de la manifestation déclarée, plusieurs centaines de pompiers se sont rendus devant l’Assemblée nationale. Gaz lacrymogènes et canon à eau des forces de Castaner ont très vite répondu aux fumigènes, sirènes et blocage de la circulation. Comment des policiers qui travaillent chaque jour avec les pompiers peuvent-ils les traiter ainsi ? Les jeunes d’Extinction Rebellion, au même endroit samedi dernier, ont eu droit à davantage d’égards.

Aucun des 577 députés ne va-t-il venir ? Si, tout d’abord Eric Coquerel (LFI) et Fabien Roussel (PCF). Mais ils attirent peu l’attention des manifestants. Puis arrive Marine Le Pen. Aussitôt acclamée aux cris de « Marine présidente » et très entourée. « Tous les Français savent ce qu’ils vous doivent » leur répond-elle. Elle affirme son soutien total aux pompiers et dénonce la réponse indigne et répressive du gouvernement : « Ils travaillent dans des conditions qui sont épouvantablement difficiles, sont de moins en moins nombreux et confrontés à de plus en plus d’agressions. (…) Ils viennent dire qu’ils ne peuvent plus protéger dans ces conditions. Je trouve que cela doit être entendu et en tout cas, pas traité à coups de bombes lacrymogènes et de canon à eau. Je considère que lorsqu’un pouvoir politique en vient à lancer des policiers contre des pompiers, c’est que l’Etat est totalement effondré. (…) On a le sentiment que le gouvernement ne sait plus faire que ça, rechercher le conflit. Mais il n’accepte plus qu’il puisse exister des manifestations pacifiques. La simple contestation de la politique du gouvernement aujourd’hui est réprimée, c’est absolument insensé. » •

Hélène Rochefort


Les dessins du jour

                     

 

 

 

 
     
 
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