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- Revue de presse N° 17
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Lambert Wilson en "De Gaulle" : l'étoffe des héros

Paris Match | Publié le 14/01/2020 à 17h28 |Mis à jour le 15/01/2020 à 10h33

Avec le cliché du chef de la France libre, qui sert de base au travail de Gabriel Le Bomin et de Lambert Wilson.

Avec le cliché du chef de la France libre, qui sert de base au travail de Gabriel Le Bomin et de Lambert Wilson. Bestimage
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Il y a 80 ans, en pleine débâcle, un discours sauvait l'honneur. Nous avons assisté en exclusivité au tournage du film-événement consacré à De Gaulle. 

Cheveux plaqués, petite moustache, vareuse ceinturée haut, silhouette élargie en son centre mais droite comme un cierge: le grand Charles vient de s’asseoir à la table de la cantine devant un steak accompagné de légumes. Concentré, imposant, mais avec un sac poubelle gris noué autour du cou pour ne pas tacher son uniforme. Vision incongrue du général de Gaulle incarné par Lambert Wilson, dont le visage est recouvert de prothèses de silicone qui nécessitent trois heures de pose. 22 août 2019. C’est le dernier jour de tournage, le plus important de ce film qui suit le couple de Gaulle entre mai et juin 1940. Il porte alors un titre provisoire: «Libres».

La scène de l’Appel, tournée le 22 août 2019 dans les studios de Bry-sur-Marne.

La scène de l’Appel, tournée le 22 août 2019 dans les studios de Bry-sur-Marne. © Bestimage

Lambert Wilson s’attaque depuis le matin à l’Appel du 18 juin, acte de révolte fondateur de la France libre, justement. Dans les immenses studios de Bry-sur-Marne, les locaux de la BBC ont été reconstitués. Un collectionneur a fourni le matériel d’époque, dont le vrai micro, qui, miracle, fonctionne toujours. Le réalisateur, Gabriel Le Bomin, plaisante: « Et s’il existait encore la trace d’un postillon du Général, un ADN qu’on pourrait retrouver comme dans “Jurassic Park”?» Puis il redevient sérieux: «J’ai lu et relu ce premier texte de l’Appel, mais, quand Lambert le dit, je découvre la puissance de chaque mot, comme s’il les révélait.» Les prises se sont enchaînées. La caméra s’est rapprochée petit à petit de «Lambert de Gaulle » dans un silence de cathédrale. «Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres…» Lambert Wilson a évité le piège de l’imitation caricaturale mais la solennité de l’instant a figé le temps. Voix et heure grave en gros plan. «… Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas…» Alors qu’à la cantine il se débat avec son sac-poubelle et le steak qu’il doit mâcher lentement pour préserver l’intégrité du maquillage gaullien, l’acteur se livre par bribes: «Dire ce texte qu’il a lu devant le même micro suscite une émotion rare. Si j’ai eu le trac? Oui, mais rien à voir avec celui qu’il a dû ressentir en se jetant à 50 ans dans le vide de cet acte héroïque.»
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J’ai vu mon reflet dans un miroir et, un bref instant, j’y ai cru
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Lambert et Charles. L’acteur, qui a déjà incarné l’Abbé Pierre et Cousteau, s’est-il senti habité? «Je n’irais pas jusque-là, mais il y a eu cette scène dans laquelle j’étais face à Churchill, à cet acteur qui lui ressemble tant, Tim Hudson, dans un décor si réaliste qu’il vous replonge dans le passé. J’ai vu mon reflet dans un miroir et, un bref instant, j’y ai cru.» Wilson est de Gaulle comme personne ne l’avait jamais été au cinéma. Le tournage a démarré fin juin. L’histoire débute quand de Gaulle est encore un colonel qui bataille avec succès sur le front à Abbeville. Le film n’est pas un biopic qui survolerait une vie riche et s’y perdrait. Avec sa coscénariste, Valérie Ranson-Enguiale, et le producteur, Farid Lahouassa, le réalisateur a décidé de centrer son propos sur le moment où de Gaulle est fragilisé. C’est-à-dire dans les quelques semaines précédant ce fameux Appel du 18 juin, prise de parole fondatrice qui va permettre d’assouvir une ambition née précocement. « Enfant, il se voyait apparemment comme un futur monarque, raconte Gabriel Le Bomin. A Saint-Cyr il était décrit comme un roi en exil.» En 1940, quels sont ses moteurs? Le patriotisme, l’idée que la France peut gagner, une vision des événements originale. Certes. Il faut aussi tenir compte de ressorts intimes, de cette opportunité qu’il devine de pouvoir tenir un immense rôle dans l’Histoire. «Il avait le sens de la formule», poursuit le réalisateur. Celle-ci colle à l’époque racontée par le film: «Il n’y a que les arrivistes pour arriver.»

Le film est aussi l'histoire d'un couple, Charles et Yvonne

Concernant l’Appel, Gabriel Le Bomin a voulu rendre compte de la nuit qui précède. De Gaulle se retrouve à Londres, dans l’appartement que Jean Laurent, son directeur de cabinet, met à sa disposition. «Il a tout quitté, il ne sait pas où est sa famille, les Allemands sont entrés dans Paris. Il écrit, rature, pèse chaque mot, s’exerce à prononcer son discours jusqu’à l’aube. Ces moments de création et de courage, dans une solitude extrême, sont très émouvants. Churchill, qui s’est battu pour que de Gaulle s’exprime sur les ondes de la BBC, avait très vite repéré l’homme d’Etat en gestation. Ce qui est notre propos: Charles en train de devenir de Gaulle avec Yvonne à ses côtés.» Le film n’est pas seulement l’histoire d’un homme exceptionnel qui se dresse contre tous. C’est aussi celle d’un couple, Charles et Yvonne. Deux êtres amoureux depuis leur mariage, en 1921, deux fervents catholiques étroitement adossés l’un à l’autre. Si l’un lâche, ils s’écroulent. Même leur chien est à l’unisson de leur amour. Ils l’ont baptisé Fidèle.

Sur la plage de Bénodet, en 1933, Charles chante des comptines à sa cadette Anne, 5 ans, devant l’objectif de son fils, Philippe. La scène a été recréée sur une plage du Conquet en juillet 2019, avec Yvonne (Isabelle Carré) derrière l’appareil.

Sur la plage de Bénodet, en 1933, Charles chante des comptines à sa cadette Anne, 5 ans, devant l’objectif de son fils, Philippe. La scène a été recréée sur une plage du Conquet en juillet 2019, avec Yvonne (Isabelle Carré) derrière l’appareil. © Bestimage

2 juillet 2019. Flash-back sur le tournage et dans l’histoire. La plage de Corsen, à Plouarzel, pointe extrême et sublime du nord du Finistère, a été interdite au public. La scène se déroule le 15 juin 1940. La famille de Gaulle est alors à Carantec, villa d’Arvor, une maison louée par la tante Richard, liée à Yvonne. Madame de Gaulle a quitté la Boisserie depuis le 20 mai sur l’injonction de son mari. Elle s’est lancée sur les routes de l’exode avec ses trois enfants, Philippe, 19 ans, Elisabeth, 16 ans, et Anne, 12 ans, née trisomique, accompagnée de Marguerite Potelle, la nurse de la petite. Lui va emprunter les chemins tortueux de la diplomatie, contre Pétain, auprès du gouvernement de Paul Reynaud et de Churchill. Il tente de sauver la France, elle veut protéger sa famille. Qui pense alors que les Allemands peuvent arriver jusqu’en Bretagne? Yvonne ne sait pas où est Charles mais ils s’écrivent tous les jours. Gabriel Le Bomin explique : «Les lettres qu’il lui adresse sont un mélange de conseils pragmatiques sur la vie quotidienne et de déclarations amoureuses. Après deux décennies de mariage c’est touchant.»
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Yvonne lui donne toujours la force de repartir
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15 juin 1940, donc. Le colonel de Gaulle, devenu général, débarque sur la plage de Carantec à l’improviste, ne reste qu’une demi-heure auprès des siens. Sur le tournage, il fait chaud. Entre deux prises, le responsable des effets spéciaux maquillage, armé d’une seringue sans aiguille, enlève les bulles d’air qui se forment entre la peau de Lambert Wilson et les prothèses. Le Général repart sur la plage, étreint son épouse, embrasse ses enfants, serre fort dans ses longs bras sa petite Anne, dont il disait: «Elle est ma joie, ma grâce qui m’a aidé à tout dépasser, à voir plus haut.» De Gaulle affronte alors une période de doute. Sa présence dans le gouvernement, où il a été nommé sous-secrétaire d’Etat à la Guerre, ne pèse pas. Il pense qu’il n’a pas su convaincre. Tel un coach, Yvonne lui remonte le moral, le regonfle à bloc. Gabriel Le Bomin explique encore: «Ce que nous savons du rôle d’Yvonne, nous le tenons du témoignage des enfants, notamment de Philippe. Elle lui donne toujours la force de repartir, elle n’est pas seulement le personnage effacé que l’Histoire a fait d’elle.» Elle le prouvera dans les jours qui suivent, en partant, sous les bombes, de Carantec pour Brest et en s’embarquant sur le dernier bateau. Ils s’étaient dit rendez-vous à Alger. Elle part pour Falmouth, en Angleterre. Le destin fait parfois bien les choses. C’est Isabelle Carré, devenue brune pour l’occasion, qui incarne Yvonne, dont elle souligne la vaillance: «Si elle n’avait pas assumé l’exode et la fuite vers l’Angleterre, peut-être que de Gaulle, trop inquiet, n’aurait pas eu les mains libres. Elle est son socle, elle a tout bravé pour lui.»

Tandis qu’il a multiplié les discours historiques, il n’existe aucun enregistrement de la voix d’Yvonne, restée dans l’ombre. «Tant mieux», assène Isabelle Carré. Comme si cela ouvrait le champ des possibles. Pour l’incarner, l’actrice a lu tout ce qu’elle pouvait. «Et j’ai convoqué mon histoire: un grand-oncle résistant à 17 ans, fusillé trois jours avant la libération de Tours. Les Allemands lui avaient fait creuser sa tombe. Ce qui m’a touchée, également, c’est la résonance avec l’actualité: des millions de Français ont dû fuir sans but, migrer, dormir dans des fossés, trouver refuge ailleurs.» Yvonne la «migrante» et ses enfants débarquent en Angleterre le 19 juin, sans rien savoir de l’appel lancé par Charles. Les retrouvailles ont lieu dans les salons de l’hôtel Rubens à Londres.
Le film s’achève au moment où tout commence. La véracité des faits a été supervisée par l’historien Olivier Wieviorka, mais Gabriel Le Bomin a souhaité introduire une part de fiction pour magnifier le parcours romanesque du couple. «De Gaulle est décrit comme un homme en maîtrise absolue de ses émotions. Mais, misant sur ce seul registre, nous n’aurions pas été dans une vérité absolue. Il fallait trouver le chemin de crête entre la froideur apparente et un cœur qui bat. Nous aurons réussi si l’on ressent cette profonde solitude dans l’adversité avec, comme seul réconfort, le soutien d’une épouse aimée.» Trente ans plus tard, le général de Gaulle dédicacera ses «Mémoires d’espoir» à son épouse. Peu de mots, tant d’importance: «Pour vous, Yvonne, sans qui rien ne se serait fait. »


https://www.parismatch.com/Culture/Cinema/Bande-annonce-Lambert-Wilson-est-De-Gaulle-1668041

La bande-annonce du jour : «De Gaulle» de Gabriel Le Bomin avec Lambert Wilson et Isabelle Carré.
Sortie le 4 mars 2020.
Le synopsis : Paris, juin 1940. Le couple de Gaulle est confronté à l’effondrement militaire et politique de la France. Charles de Gaulle rejoint Londres pour tenter de poursuivre la lutte tandis que sa femme, se retrouve avec ses trois enfants sur la route de l’exode. Elle cherche à échapper à l’avancée allemande. Le destin saura les réunir au lendemain du 18 juin 1940.


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Paris Match - jeudi 16 janvier 2020

Catherine Camus


« PAPA EST IRRÉCUPÉRABLE. LES SOCIALISTES NE L’AIMENT PAS, UN PAUVRE SORTI DE SA CONDITION »

PAR AURÉLIE RAYA

Catherine avec son fils en 2020 et avec son père en 1946. Elle a abandonné son métier d’avocate pour
s’occuper de l’œuvre d’Albert.

 

La maison est nichée rue Albert-Camus. Il faut serpenter dans les ruelles de Lourmarin avant de tomber face au portail vert de l’entrée.

La propriétaire entrouvre, sourit, accueille, guide vers son bureau, s’assoit avant de s’exprimer d’une voix lasse : « Catherine Camus, qui habite rue Albert-Camus, c’est un peu lourd... » La fille ressemble au père, ou plutôt à « papa », puisque c’est ainsi qu’elle le nomme. Même regard triste et doux, même lueur d’espoir au fond de l’œil, même forme de visage. La paperasse s’étend sur la table, elle présente Béatrice, sa collaboratrice et amie d’enfance, et Alexandre, un autre travailleur de l’ombre. Tous les trois défendent les écrits du grand Camus, mais c’est Catherine la décisionnaire, l’ayant droit ou l’ayant devoir, comme elle préfère se définir.

Elle a accepté de témoigner dans le documentaire « Les vies d’Albert Camus », bientôt visible sur France 3.

Elle ne saurait trop dire pourquoi, « peut-être parce que le réalisateur, Georges-Marc Benamou, pied-noir, lui rappelle Jean Daniel, qu’elle aime beaucoup ». Si le débit de parole de Catherine Camus est parfois lent, elle dégaine vite des mots d’une rude franchise pour qualifier son parcours. « Je n’ai rien décidé dans ma vie, comme tout le monde.

Notre seule liberté est celle de choisir nos chaînes. J’ai eu du bol d’avoir un papa pareil, mais je n’ai pas eu de pot. »


Francine Camus à Lourmarin

Après la disparition de sa mère, en 1979, Catherine, poussée par sa tante, a abandonné sa carrière naissante d’avocate pour entrer dans les ordres « camusiens ». Jean, son frère jumeau, malade, ne pouvait pas assumer la tâche.

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Malgré un divorce et des enfants en bas âge, Catherine s’efface, dilue son moi pour perpétuer Albert depuis près de quarante ans, son mythe de Sisyphe à elle. Répondre au courrier, inaugurer collèges et lycées, dire oui à telle demande, non à telle autre, veiller aux commémorations, aux publications... Elle est drôle et touchante, Catherine, quand elle se penche sur ses premières années sans « papa » : « Je cavalais comme un lapin qui aurait trente fusils aux fesses. » Albert Camus rentrait à Paris depuis Lourmarin en compagnie de son meilleur ami, Michel Gallimard, lui sur le siège passager et Michel au volant de sa voiture de sport, une Facel Vega.

La vitesse, un pneu qui éclate, le fichu bolide heurte un platane planté en bordure de nationale. C’est ainsi qu’un Prix Nobel de littérature meurt, le 4 janvier 1960, à 46 ans. Fatalité ou destin, Camus devait monter dans le train du retour des vacances avec sa famille, avant de changer d’avis au dernier moment.

« Mon point d’attache c’était lui, le seul qui avait l’air content de ma présence.

Sa mort a été un tremblement de terre. » Catherine boit un Coca-Cola, « un vrai », émet un presque rire lorsqu’elle mentionne d’une phrase ses souvenirs avec l’absent : « Il m’a transmis l’amour de la vie, ce que maman n’avait pas.» Maman, c’est Francine Faure, belle Oranaise issue de la classe moyenne pied-noire et seconde épouse de Camus. Mariage malheureux, Albert s’échappe souvent pour écrire, pour voyager, pour partager d’autres lits. Camus croise une première fois Maria Casarès le 6 juin 1944. En ce jour de Débarquement, l’écrivain résistant et la comédienne célèbre deviennent amants. Mais Francine, de retour d’Algérie, reparaît, annonce sa grossesse et la maîtresse s’évapore. Hasard incroyable, Albert et Maria se croisent de nouveau un 6 juin boulevard Saint-Germain, en 1948. L’aventure repart et durera jusqu’à la fin. Francine s’en doute, le sait, désespère de l’indifférence de son mari.

Leur fille a grandi entre ces adultes déchirés sans que la situation lui soit expliquée. « Ma génération a été la dernière à avoir eu droit à l’enfance. Nous n’étions pas mélangés avec nos parents. » L’équilibre précaire du couple se fissure quand Francine tente de se suicider, en 1954, année du prix Goncourt attribué à Simone de Beauvoir pour « Les mandarins ». Le lien ? Beauvoir décrit dans ce roman les discussions de l’après-guerre entre intellectuels de gauche qui phosphorent au Café de Flore sur les bienfaits ou non du régime soviétique. Deux héros surgissent, Henri Perron et Robert Dubreuilh, l’un copie de Camus, l’autre de Sartre. Perron­Camus, homme volage davantage tourmenté par ses positions politiques que par ses soucis domestiques, y trompe sa femme avec une comédienne. Plus tard, Beauvoir a nié qu’il s’agissait de Camus, mais lui s’est reconnu qui nota dans ses « Carnets » : « Les actes douteux de la vie de Sartre me sont généreusement collés sur le dos. Ordure à part ça. » Francine se réfugie dans la dépression, rate sa mort. Catherine sourit poliment pour décrire l’explosion de la cellule familiale, la mère traitée en clinique, le fils placé chez des amis en Provence et elle qui file un an à Oran chez sa grand-mère maternelle, une dure : « Elle qui me giflait sans arrêt avant ne m’a cette fois-ci pas collé de baffes de tout le séjour, c’est que ça devait aller très mal.»

Beauvoir, Catherine la rend responsable de la brouille entre les anciens amis qu’ont été Sartre et Camus. Bien sûr, il y eut les différends fondamentaux entre eux, sur le goulag, le communisme totalitaire, dénoncés par Camus dans « L’homme révolté », ce que Sartre et ses amis n’ont pas supporté. Mais c’est le méchant « castor » qui en prend pour son grade. « Papa n’a pas accepté ses avances, ce qu’elle a mal pris, juge Catherine. Sartre s’est fait avoir par Beauvoir. Et elle a fait un mal de chien aux femmes. Maman me disait toujours qu’elle était terrifiante. » Camus sort « La chute », narration d’un questionnement de soi et d’une dépression. Camus ne va pas fort, le Nobel en 1957 aggrave son cas, ce prix l’écrase. « Il est seul comme un rat », résume sa fille. Lâché par la gauche, ignoré par la droite, meurtri par les événements en Algérie, Camus songe lui aussi à en finir, malgré son histoire avec l’actrice Catherine Sellers. Une autre jeune femme, la magnifique Franco-Danoise Mette Ivers, contribue à lui redonner foi en la vie. Elle témoigne pour la première fois dans le documentaire de Benamou. Francine, Maria, Catherine, Mette... Elles et lui se sont aimés follement. En même temps. Catherine ne s’en émeut pas plus que ça, elle cite Sellers : « Il n’était pas séducteur mais séduisant. » La fille se rappelle qu’un jour à 16 ans, et Camus enterré depuis deux ans, elle a osé demander à sa mère à quoi ressemblait cette Maria : « Je fondais de trouille. Maman m’a observée de façon pensive, elle m’a répondu gentiment : "A toi.” J’ai décampé sans comprendre. » Maria Casarès, que Camus surnommait « l’Unique », l’a aidé à traverser les tempêtes et les combats, « elle l’a mieux aimé que maman ». Les deux n’ont cessé de s’envoyer des lettres flamboyantes et passionnées. Catherine a connu Maria Casarès après la mort de « maman ». Un soir elle reçoit un coup de téléphone, Maria au bout du fil. Catherine mime la conversation : « Ecoute, mon petit ange, il y a des trous dans la toiture de la Vergne [sa maison en Charente]. Est-ce que cela t’ennuie si je vends la correspondance avec ton père ? »

 

« Cela m’emmerdait grandiose. » Catherine réfléchit, rappelle Maria, l’enjoint de faire expertiser l’ensemble. Elle hésite à investir le pécule issu de la cessation des droits de « L’étranger » : « J’ai toujours peur de mourir et de laisser mes enfants sans le sou.» Mais vide le compte pour se procurer les échanges épistolaires. Immense succès de librairie. L’ayant droit Catherine Camus a eu du flair et du courage, elle qui moque la pingrerie de Gallimard, la maison d’édition historique de son père.

Franc-parler et tristesse à fleur de peau, Catherine a l’air accablée et vaillante. Elle hausse les épaules et s’agace quand on lui cause des célébrations minimales du centenaire de la naissance de son père par la République : « Papa est irrécupérable. » La fille ne le semble guère plus. Longtemps adhérente au PS, Catherine collait des affiches avec les camarades, elle les quitte post-Mitterrand : « Les socialistes n’aiment pas Camus, un pauvre sorti de sa condition, ça pille leur fonds de commerce. » Lorsqu’elle a déjeuné à l’Elysée avec Nicolas Sarkozy, qui lui proposait le Panthéon pour « papa », elle a constaté l’ire de ses copains de gauche : « Ils ne m’ont plus parlé, ces grands démocrates.» Trop libre, Catherine, virée du MLF et du mouvement pro-avortement Choisir. Pour elle s’applique la maxime de Groucho Marx : « Je n’intégrerais pas un club qui m’accepterait pour membre.» Elle habite avec deux chiens et huit chats la bâtisse achetée par Camus au lendemain du Nobel. Elle se rend rarement à des pince-fesses parisiens : « Au bout de trois heures, je sors une phrase qui casse l’ambiance. Le grand monde m’excuse, pour eux je suis restée la petite-fille d’une femme de ménage. » Pas sortable, elle fume et raille les bourgeois, regrette les dialogues avec son amie Florence Malraux - qui d’autre qu’elle pour saisir le poids d’un père écrasant ?
Catherine nous emmène sur la terrasse de la propriété, vue apaisante sur la verdure du Luberon, le soleil de janvier caresse. Elle revoit son père ici à l’aube, assis par terre, le dos collé au mur, à noircir des feuilles du futur « Premier homme ». Et se remémore ses mots quand elle évoquait son ennui : « Tu as un toit, de quoi manger et des livres, tu as tout. » « Il avait raison. » Ses yeux s’illuminent quand apparaît son fils Antoine, parfumeur, de passage avec son bébé de 1 mois. Ses enfants ne reprendront pas le flambeau : « Je voulais qu’ils mènent leur vie. J’ai l’intention de tenir jusqu’en 2030 », date à laquelle l’œuvre d’Albert Camus tombera dans le domaine public. ■ @rollingraya

FRANCINE, MARIA, CATHERINE, METTE...
IL LES A AIMÉES FOLLEMENT. PAS SÉDUCTEUR MAIS SÉDUISANT

« Les vies d’Albert Camus », mercredi 22 janvier, 21 heures, France 3. « L’abécédaire d’Albert Camus », aux éd. De l’Observatoire.
Dans l’atelier de Picasso, le 16 juin 1944. Camus accroupi près de Jean-Paul Sartre et, à sa gauche, Jean Aubier, derrière Michel Leiris. Debout, de gauche à droite, Jacques Lacan, Cécile Eluard, Pierre Reverdy, Louise Leiris, Zanie Aubier, Picasso, Valentine Hugo, Simone de Beauvoir.
Paris Match - jeudi 16 janvier 2020 17/01/2020 à 17:48

 

Photos archives ;  DR  - Revue Presse web-


https://www.causeur.fr/immigration-benjamin-stora-gerard-noiriel-eric-zemmour-171377

Zemmourisation des esprits: panique au musée de l’immigration !

Gérard Noiriel et Benjamin Stora meurtris dans leur chaire
Par Daoud Boughezala - 16 janvier 2020


 

Le Musée de l’Immigration a organisé hier soir un débat sur le thème : « Immigration : le lexique de l’extrême droite a-t-il gagné le débat public ? »

Les grands historiens de gauche Benjamin Stora et Gérard Noiriel y ont multiplié les amalgames.

Reportage.


Hier soir, la belle enceinte Art déco du Musée de l’immigration a accueilli une causerie des plus prometteuses : « Immigration : le lexique de l’extrême droite a-t-il gagné le débat public ? »

Pour y répondre, Benjamin Stora et Gérard Noiriel, deux brillants historiens de gauche à peu près d’accord sur tout participaient à ce que Michel Houellebecq appelle un « débat nord-coréen ».

Dans l’assistance, hormis quelques jeunes, une assemblée assez âgée unit cheveux blancs et cheveux gris.
A l’extérieur, une accorte intermittente du spectacle distribue des prospectus de sa pièce Migrando, sous-titrée «  C’est quand la dernière fois que vous avez pu changer le destin de cinquante personnes ? » (un mauvais génie me souffle : « une nuit à Cologne… »).

Mais revenons à nos moutons de Panurge.

Avant que la séance des questions ne confirme l’uniformité idéologique de la salle, les réactions du public révèlent une adhésion pleine et entière aux présupposés des deux intellectuels.

L’arbitre, Nicolas Prissette, journaliste à la revue L’Eléphant, leur tend la perche : si les thèses identitaires ont « envahi » le débat public, est-ce la faute des médias, des « partis de gauche, dont c’est l’essence ou la raison d’être de lutter contre l’extrême droite », ou des partis de droite devenus RN-compatibles ?

A Gérard Noiriel d’ouvrir le bal, par un résumé de son dernier essai qui amalgame la violence antisémite d’Edouard Drumont aux écrits « islamophobes » d’Eric Zemmour.

Ici, je ne paraphraserai pas Georges Bensoussan qui a brillamment démonté cette lecture anachronique et partisane du Suicide français. En plus des politesses d’usage, Noiriel exprime sa solidarité avec son ami « Benjamin » à la suite du portrait vachard qu’en a fait Valeurs actuelles. Cette charge outrancière avait suscité l’indignation pavlovienne de 250 universitaires. L’épisode inspire un constat sans appel : « On a aujourd’hui une résurgence des discours de haine » qui ne sont « pas des arguments ».

La disqualification morale et intellectuelle de l’adversaire ne fait que commencer. Saisissant la balle au bond, le spécialiste de l’Algérie Benjamin Stora accuse Valeurs actuelles d’antisémitisme dissimulé (« lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il grossit parce qu’il s’élève socialement, qu’il est tout le temps dans les arcanes du pouvoir de manière mystérieuse et secrète, et qu’enfin il n’arrive pas à se définir dans l’identité française », cela sent mauvais…).

La preuve par Noiriel : Drumont, Le Pen père et Zemmour fonctionnent tous par petites phrases sybillines qui leur permettent de contourner la loi et de plaider la bonne foi face aux tribunaux. « Il n’y a jamais de possibilité de discussion sur le fond. D’où le problème pour nous : est-ce qu’il faut discuter avec ces gens-là ? » Parce que chez ces gens-là, monsieur, on ne pense pas, on éructe ! D’où le dilemme qui étreint le clerc antiraciste : débattre avec ses contradicteurs (pouah !) au risque de les crédibiliser ou les boycotter, ce qui leur laisse un espace de (libre) parole.

Que fait le CSA ?

Attention, un contre-argument pointe. L’arbitre Nicolas Prissette a calculé le temps de parole télévisuel hors élections aux mois d’octobre et novembre.

Surprise : loin de survaloriser « l’extrême droite », le petit écran n’a accordé que 13% de son antenne aux porte-parole RN et DLF. Les autres forces politiques ont occupé 87% du temps de parole, sans compter les heures dévolues à l’exécutif macronien.

Réplique de Stora : « On ne peut pas s’en sortir par des pourcentages ».

Oublions élus et politiques professionnels aux temps de parole strictement comptabilités, la droitisation cathodique passe plutôt par les « émissions quotidiennes et régulières » confiées à des « polémistes » réacs qui n’avaient  jusque-là pas voix au chapitre. Qui sont « ces gens qui sont des propagandistes, des polémistes, des militants sans le dire qui se réclament de l’objectivité scientifique mais qui appartiennent en fait à un camp idéologique » ?

Certainement pas des universitaires. Non, les coupables enrichissent la grille de CNews, entretenant l’illusion d’une « fausse hégémonie culturelle » alors que « masse des intellectuels » reste heureusement ancrée à gauche. On respire. « Qu’est-ce qu’on voit dans les séminaires de recherche, dans les colloques universitaires, dans les centre d’archives, on ne voit pas des gens qui se réclament de Zemmour (…)

Les centaines  de gens qui s’inscrivent en thèse en France, il n’y en a pas un seul qui se réclame de la pensée zemmourienne. Ça n’existe pas. » Pas plus qu’il n’y a d’homosexuels en Iran, il serait absurde d’imaginer la présence d’étudiants, de chercheurs ou d’universitaires franchement ancrés à droite. Il faudrait être fou pour y voir l’action d’un maccarthysme universitaire qui contraint les droitards à la taqya s’ils veulent échapper à la répression des gardes rouges.

D’ailleurs, Noiriel incrimine les médias de masse que sont les réseaux sociaux et les chaînes infos, soumises à la dictature de l’audimat comme jadis la presse millionnaire. Par ses programmes quotidiens « C l’info » (l’émission d’Eric Zemmour contre le reste du monde) et « L’heure des pros », CNews banaliserait des idées malodorantes parce que Vincent Bolloré « veut faire de l’audience ».

Petit canaillou !

Pour Noiriel, l’urgence est d’édifier les masses « tout en mettant la pression sur le CSA pour qu’on ne laisse pas ces gens-là pérorer un peu partout ». Liberté d’expression, j’écris ton nom. A la façon des « sleeping giants » enjoignant aux marques de retirer leurs réclames dans les médias déviants, l’historien marxisant prône comme « forme de résistance » les « pressions qui peuvent être faites sur les publicitaires » afin d’ « élever le seuil d’intolérance ». C’est vrai ça, la tolérance, il y a des maisons pour ça.

Sans jamais dévier de la pensée autorisée, le truchement Nicolas Prissette émet une hypothèse : « s’il y a cette offre, c’est peut-être parce qu’il y a une demande », citant un sondage Ipsos selon lequel 64% des Français ne se sentent plus chez eux.

Une majorité estime aussi que les immigrés ne font pas assez d’efforts pour s’intégrer. Las, l’antifascisme n’envisage qu’une politique de l’offre. Si le RN atteint des sommets électoraux, c’est que droite et gauche ont renoncé au cordon sanitaire, dixit Stora. Si cet excellent connaisseur du Maghreb combat l’essentialisation des ex-pays colonisés, il cultive une conception immuable de l’extrême droite. « Sous Vichy ou en Algérie, leur projet politique est un Etat autoritaire » ainsi que le prouve « le bouquin excellent du fils de Patrick Buisson », où « on voit bien l’histoire de l’extrême droite française qui ne change pas fondamentalement ». Pour un historien, amalgamer Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Marcel Déat et Bastien-Thiry manque quelque peu de rigueur. Mais qu’à Drieu ne plaise, la justesse de la cause vaut bien de confondre témoignage et démonstration…

Questions du public et intermède comique

Certes, « la matrice de l’extrême droite ne change pas », confirme Noiriel mais les électeurs frontistes « ne sont pas tous d’horribles racistes » (ouf !). Inquiet du fossé entre l’intelligentsia et « une partie des classes populaires dans une logique de repli », l’auteur du Creuset français voudrait sauver le petit peuple. D’autant que cette classe dangereuse se révèle « plus nombreuse que les autres et peut faire une majorité ». Saleté de suffrage universel ! Tempête sous un crâne : rétablir le cens ou conscientiser le prolo ? Loin de ces mauvaises pensées, Gérard Noiriel rêve de rétablir un clivage marxiste entre possédants et déshérités, articulant antiracisme idéologique et combat social. Bon courage !

L’heure des questions du public a sonné.

Une interrogation innocente sur la politique de Macron justifie un premier point Godwin. Ou presque. De Nuremberg à Nuremberg, l’histoire passe par Munich. Dans la bouche de Noiriel, cela donne : le candidat Macron « critiquait la déchéance de nationalité, etc. Et puis on a vu une volte-face qui s’est produite après, avec les lois successives sur l’immigration (…) C’est l’histoire de Daladier en 1938.

Daladier avait été militant de la Ligue des droits de l’homme, un des fers de lance du Front populaire, qui retourne sa veste en 1938 (…) Ça n’a pas empêché Vichy et lui-même a été mis en prison après » 

Le président Macron n’a certes pas cédé à Macron et Mussolini mais accordé un entretien à Valeurs actuelles, une opération de communication jugée néfaste « à la cause qu’on défend ».

Oh non! pas encore l’islam!

Intermède comique.

Assise juste derrière moi, une jeune fille appelle à l’aide Noiriel et Stora : « je sollicite de votre part des conseils parce que je suis potentiellement entourée de personnes qui sont sensibles au lexique extrême droite dans les émissions grand public de CNews ». Zut, je suis repéré ?

Le clou du spectacle ne va pas tarder. En toute innocence, un spectateur pose une question qui fâche : « par rapport au tableau que vous avez dressé, quelle place vous faites aux événements depuis 2001, aux attentats à Paris et en France, à la persistance du conflit au Moyen-Orient entre Israël et la Palestine ? »

 

 Mi-agacé, mi-ricaneur, Benjamin Stora s’exclame : « C’est l’islam, c’est ça ? L’islam politique, l’intégrisme ?

Faut être précis, faut être direct ! » Objection de l’accusé : « Mais je ne vois pas en quoi je louvoie ! Je dis simplement qu’il y a des attentats qui ont provoqué un effet de sidération et de peur tous azimuts.

Très souvent, il n’y a plus de raisonnement possible et ça travaille en profondeur la société française ». Visiblement exaspéré, Stora déplore l’irruption inopinée de la question islamique « chaque fois qu’on fait un débat sur l’immigration ». Son appel à « isoler la question de l’islam politique de la présence des musulmans en France » obéit à des intentions louables, mais semble déresponsabiliser les individus. Que serait une religion sans adeptes ? Gérard Noiriel rebondit pour se lancer dans un plaidoyer pro domo : « Dans mon dernier livre, j’ai eu un certain nombre de réactions extrêmement négatives parce que j’avais osé utiliser le terme « islamophobie ». Certains m’ont même accusé (…) de faire le jeu des islamistes parce que je parlais d’islamophobie ». Loin de nous cette idée…

La meilleure interpellation vient d’un spectateur au léger accent algérien.

La critique du populisme inclut-elle l’extrême gauche ?

Tout discours populiste est-il forcément dangereux et réductible à la Bête immonde ?

Noiriel conclut : « il y a une histoire du mot ». Autrefois, « le mot populiste » était « utilisé par les dominants pour discréditer parfois des revendications » populaires.

Ah ces historiens, toujours à parler au passé !


 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/emissions/les-documentaires-centre/documentaire-maison-immobile-autrefois-habitee-pieds-noirs-algerie-utilisee-aujourd-hui-accueil-migrants-1774729.html

“La maison immobile”, autrefois habitée par les pieds noirs d'Algérie, utilisée aujourd'hui pour l'accueil des migrants

- France 3 Centre-Val de Loire-

Par C. Mette, C. Bignolais et K. Barbier Publié le 17/01/2020 à 12:09

© L'image d'après / France Télévisions

À la lisière d'une ville, là où se croisent l'autoroute et la voie ferrée, un bloc de maisons taguées semble inhabitées. Ces maisons préfabriquées ont été construites à la hâte dans les années 60 pour accueillir des familles de rapatriés d'Algérie : des logements qui devaient être provisoires et voués à la destruction.

La grand-mère de la réalisatrice  y a vécu quasiment toute sa vie.
De ces années, il reste quelques pellicules en super 8, mais aussi des souvenirs.

Aujourd'hui ce sont des familles d'immigrés qui occupent uniquement de jour ces lieux. Une histoire qui se répète.
L'histoire d'une femme, vivant dans un préfabriqué

Cette femme, disparue aujourd’hui, a raconté ses mémoires à sa petite fille, Caroline. Ce n’est que plusieurs années après que Caroline découvre que la maison dans laquelle elle a passé une partie de son enfance, la maison ou vivait sa grand-mère avec qui elle était très liée, est de nouveau habitée.

Intriguée, elle s’y rend, et découvre des familles d’immigrés, vivant ici, seulement le jour, et une association, Emergence, qui offre des réponses concrètes à l’urgence en respectant les droits de chaque individu tout en proposant une prise en charge et un accompagnement adapté à chacun.

Pendant 9 mois, la réalisatrice est venu régulièrement, pour filmer, passer du temps avec ses familles, boire un café avec les femmes, jouer aux dominos avec les hommes et les enfants. Ensemble, ils vont créer un lien, une relation de confiance.
À travers ses familles, Caroline a cherché à savoir à la fois ce que sa famille avait pu vivre, et ce que vivent aujourd’hui les familles venues d’ailleurs : l’exil, l’importance de trouver un logement et de pouvoir reconstruire leur vie.

Quelques anecdotes sur ce documentaire ?

" Un matin, la police est arrivée en civil pour escorter Alida, l'une des deux femmes qui lave le linge dans le film. Ils ont pris ses affaires et nous ont dit qu'ils l'amenaient à Rennes avec sa famille au centre de rétention. Très calmement, elle s'est fait embarquer devant tout le monde. 
Personne ne comprenait ce qu'il se passait, pourquoi ils étaient envoyés ailleurs, pourquoi personne ne pouvait nous répondre. Finalement Alida et sa famille ont été relâchés quelques jours plus tard. Cet événement a été très marquant parce que nous (Audrey l’ingénieur du son, les travailleurs sociaux et moi) avons pris conscience qu'ils pouvaient se faire expulser sans être prévenu, par surprise, Nous avons pris conscience de leur précarité.

Dans le film, nous avons fait le choix de ne pas parler de cet événement. En revanche, nous avons essayé de conserver la gravité, et rendre palpable la tension souterraine, qui monte tout au long du film."

L’une des difficultés sur le tournage de ce documentaire ?

« Ce qui a été le plus dur pendant le tournage c'était de supporter de voir partir les familles le soir. Certaines allaient dormir avec les enfants dans un parking ou une cours d'église.
Avant ce tournage, je n'avais pas idée du nombre de familles qui dorment dans la rue. Et pour cause, ils se cachent pour ne pas être embêtés, ils en parlent peu pour ne pas êtredévalorisés, jugés.
Paradoxalement l'énergie, la joie, la force des femmes (c'est avec elles que j'ai passé le plus de temps) m'ont porté et m'ont donné beaucoup de courage pendant tout le tournage. »


Article payant

https://www.lavoixdunord.fr/695736/article/2020-01-16/assevent-les-voeux-du-maire-michel-lo-giaco-emotifs-s-abstenir

Assevent: les vœux du maire Michel Lo Giaco, émotifs s’abstenir...

C’est la première fois que l’assemblée entendait Michel Lo Giaco parler avec un tel degré d’émotion dans la voix.

 

On s’attendait à voir beaucoup de monde au centre socio-culturel ce vendredi. Pour les vœux de Michel Lo Giaco, les derniers après près d’un demi-siècle de bons et loyaux services, les élus de tous horizons, sa famille, les Asseventois et ses amis sont venus en nombre.

Par Claude Pottier (Clp) | Publié le 16/01/2020

C’est la première fois que l’assemblée entendait Michel Lo Giaco parler avec un tel degré d’émotion dans la voix.

Valérie Vanderzande, directrice générale des services d’Assevent, a évoqué les projets préparés et initiés les années précédentes et qui ont vu leur concrétisation en 2019. Listons la construction de huit logements sociaux et de la cellule commerciale, d’un grand magasin d’alimentation et surtout la rénovation énergétique et la mise en accessibilité du groupe scolaire, soit pour ce seul dossier, 84 % des dépenses d’investissement de 2019.

Un engagement de la première heure

C’est la première fois que l’assemblée entendait Michel Lo Giaco parler avec un tel degré d’émotion dans la voix, au point que beaucoup se sont demandés s’il allait parvenir jusqu’au au bout de son discours. L’élu a confié que les débuts dans la métropole avaient été particulièrement difficiles pour Denise et lui qui quittent Oran, sa ville natale, en juillet 1962, lors de l’indépendance de l’Algérie.

Lorsqu’il approche d’Avesnes-sur-Helpe le 4 octobre 1962 pour rejoindre son poste à Saint-Hilaire-sur-Helpe, désespéré, il arrête sa voiture sur le bas-côté et éclate en sanglots. « Courage Michel, tu verras, on s’en sortira », lui soufflera Denise. « Nous avons eu du courage, de la volonté et l’aide de ces formidables gens du Nord. » Après un passage par Willies, le couple pose ses valises à Assevent juste après les grèves de mai 1968.

À peine dix années plus tard, Michel Lo Giaco est élu maire lors des municipales de 1977.

Le pied noir devenu ch’ti

Son engagement le conduira plus loin.

En 1989, il est élu président à la tête du SIBS, qui deviendra SMVS puis SMTUS. En 1998, il est élu conseiller régional sur la liste de Michel Delebarre. Il a exercé plusieurs mandats de vice-président au sein de l’Agglomération Maubeuge val de Sambre. Michel Lo Giaco a retracé ces cinquante années d’engagement politique pour montrer que l’arbre qui a été déraciné à Oran a repris force et racine dans les Hauts de France.

Le pied noir est devenu cht’ti. Et en conclusion de son intervention, il a sorti la phrase culte : « On dit que l’on pleure deux fois dans le Nord, une fois en arrivant, une fois en partant. Eh bien moi, je n’aurai pleuré qu’une fois, car c’est ici que je finirai mes jours ».
Benjamin Saint-Huile, Michel Lo Giaco et Christophe di Pompeo.Benjamin Saint-Huile, Michel Lo Giaco et Christophe di Pompeo.

Pour terminer, les interventions élogieuses de Christophe Di Pompeo, député et de Benjamin Saint-Huile, président de l’Agglo et grand ami de Michel Lo Giaco, ont fait monter les larmes.


https://www.francedimanche.fr/actualites/pascal-sellem-le-partage-et-l-amour-c-est-ce-qui-m-interesse-dans-la-vie

Pascal Sellem : “Le partage et l’amour, c’est ce qui m’intéresse dans la vie.”
Publié le 16 janvier 2020

.photos:bestimage

© BESTIMAGE Pascal Sellem
Pascal Sellem met les petits plats dans les grands en sortant son tout premier livre de recettes.
L’humoriste de 55 ans « a tourné la page, mais n’a pas changé de livre », comme il le confie. Si les Caméra cachée qu’il a réalisées avec Laurent Baffie sur TF1 sont derrière lui, il continue à faire rire. C’est en faisant découvrir une autre facette de sa personnalité que ce passionné de cuisine entend amuser. Le 14 novembre, ce Breton d’adoption a sorti son premier ouvrage, Tous à poêle ! paru aux éditions du Net : un livre de recettes, saupoudré d’une pincée d’humour !

France Dimanche : D’où vous est venue l’envie d’écrire un livre de cuisine ?

Pascal Sellem : Depuis tout jeune, j’aime cuisiner. C’est un livre ludique, avec de bonnes recettes et un peu de moi. Ce n’est que du partage et de l’amour… Et c’est ce qui m’intéresse désormais dans la vie.
FD : Comment est née cette passion ?

PS : Les trois-quarts de ce que je sais, c’est mon grand-père qui me l’a appris ! Petit, j’ai vécu un temps chez lui… Il m’emmenait au marché, me faisait goûter plein de choses.

Quand j’étais adolescent, je cuisinais pour mes parents. Ils n’avaient qu’à mettre les pieds sous la table ! Et puis, je l’ai fait pour mes enfants qui n’allaient pas à la cantine. Et maintenant, trois d’entre eux en ont fait leur métier !

Oscar a 29 ans et est devenu second dans un restaurant à Paris, Victor, 27 ans, est barman dans un bar à cocktails, et Manon, 25 ans, est chef de rang !

FD : Quelle cuisine préparez-vous ?

PS : Ma cuisine est riche, conviviale. Elle est sans chichi et sans plume dans les fesses, mais surtout pleine d’amour.

Ma mère est italienne et mon père, pied-noir, donc elle est un peu méridionale.
Mais depuis que j’habite en Bretagne, je me suis mis à la cuisine bretonne.

FD : Vous vivez depuis trois ans en Bretagne…

PS : Ma femme est arrivée dans ma vie, il y a seize ans. À l’époque, j’avais déjà quatre enfants. Lorsque j’étais en tournée, elle s’en occupait. Au bout d’un moment, je lui ai dit : « Maintenant, c’est ton tour. Qu’est-ce que tu veux faire ? » Elle m’a dit qu’elle souhaitait habiter près de la mer. Aujourd’hui, on a des poules et on ne subit plus la pollution. La vraie vie !

FD : Pendant longtemps, vous avez fait des sketchs à la télévision. Qu’est-ce qui vous en a éloigné ?

PS : Ça ne m’intéressait plus… Je trouve que la télévision offre moins de libertés. Si je faisais aujourd’hui la même chose qu’il y a vingt ans, je serais peut-être en prison ! Et puis, j’ai fait le tour des caméra cachée. J’en ai fait plus de 600 ! La seule chose qu’on me propose, c’est d’en refaire !

FD : Quels sont vos projets ?

PS : Dès septembre 2020, je serai à nouveau sur scène ! Aujourd’hui, c’est le théâtre qui m’intéresse. Faire cinquante dates dans l’année, en allant aux quatre coins de la France, ça me laisse le temps de faire autre chose. En ce moment, j’écris plusieurs pièces en même temps. Je me suis amusé toute ma vie dans mon travail, et je souhaite bien continuer !

Julia NEUVILLE


https://www.ouest-france.fr/bretagne/plouye-29690/plouye-un-peu-moins-de-monde-la-dictee-plaisir-6693507

Plouyé. Un peu moins de monde à la dictée plaisir

 

Roger, debout, dicte un extrait d’une œuvre d’Albert Camus.

Roger, debout, dicte un extrait d’une œuvre d’Albert Camus. | OUEST-FRANCE

Ouest-France Publié le 17/01/2020 à 05h50

Pour la reprise des dictées plaisir, l’affluence était un peu moindre puisque seulement 21 personnes avaient fait le déplacement. La raison ? Les galettes des Rois, les vœux de plusieurs maires des environs, ou quelque gastro-entérite, difficile à dire.
Albert Camus était à l’honneur pour cette reprise.
Célèbre auteur, que Sartre son célèbre rival traitait ironiquement « d’écrivain pour élèves de classes terminales » (même s’il a été très affecté par sa mort violente), il reçut le prix Nobel de littérature en 1957. Né dans une famille très pauvre d’Algérie, il grandira dans le quartier miséreux de Belcourt à Alger, sa mère et sa grand-mère étaient illettrées. Grâce à ce livre autobiographique posthume intitulé

Le premier homme, en hommage à son père Lucien, mort dans les combats de la Marne en 1914 et enterré dans le cimetière militaire de Saint-Brieuc, Camus saura avec talent nous raconter son enfance, le quotidien d’un jeune algérois de milieu modeste, loin de l’image de riches propriétaires terriens qu’on a parfois collée à ces mêmes « pieds noirs », à leur arrivée en métropole en 1962.

C’est un extrait du chapitre VI qui a servi de dictée, samedi dernier.

Samedi 1er février, à 16 h, prochaine dictée, à la salle polyvalente.


ttp://www.presseagence.fr/lettre-economique-politique-paca/2020/01/16/bandol-genevieve-darrieussecq-dans-le-var-lundi-20-janvier-2020/

Déplacement dans le Var de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées.

COMMEMORATION 10

Première inauguration d’une place en mémoire des combattants africains de la Seconde Guerre mondiale suite à l’appel du Président de la République aux maires de France

Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, se rendra le lundi 20 janvier 2020 à Bandol (Var) afin d’inaugurer avec le maire de la ville, Jean-Paul Joseph, une place baptisée en hommage aux combattants africains ayant contribué à la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. La place devant l’Hôtel de ville de la commune sera nommée «Place des Libérateurs africains» et abritera une plaque portant les noms de 5 combattants originaires d’Algérie morts en août 1944 lors de la libération de la ville.

Cette inauguration est la première concrétisation de l’appel lancé par le Président de la République lors du 75e anniversaire du débarquement de Provence en août dernier. A cette occasion, il avait rendu hommage aux combattants africains et exprimé son souhait que les maires de France fassent vivre la mémoire de ces hommes en donnant leurs noms à des rues, places ou écoles.
Grâce à une convention signée par Geneviève Darrieussecq le 20 novembre dernier avec l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF), le ministère des Armées apporte son aide aux collectivités désireuses d’honorer cescombattants en mettant à leur disposition une liste de 100 noms de combattants africains. L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) et le Service historique de la Défense (SHD) accompagnent par ailleurs chaque commune dans la recherche d’un nom de combattant ayant participé à sa libération.

Programme prévisionnel :
14h30 – 15h30 : rencontre de Geneviève Darrieussecq avec les associations d’anciens combattants du Var.
Point de rendez-vous : Hôtel de ville – 1 place de la Liberté, 83150 Bandol
15h45 – 16h30 : cérémonie d’inauguration de la «Place des Libérateurs africains» :
allocutions de Jean-Paul Joseph, maire, et de Geneviève Darrieussecq. Dévoilement de la plaque. Dépôts de gerbes. Micro tendu.
Point de rendez-vous : place située devant la mairie de Bandol


https://www.varmatin.com/vie-associative/le-cercle-algerianiste-fait-le-bilan-de-l-annee-448196

Le Cercle Algérianiste fait le bilan de l’année

Hyeres Vie associative


PAR A. B. Mis à jour le 16/01/2020 à 10:27 Publié le 16/01/2020 à 10:27

Mardi, l’assemblée générale du Cercle algérianiste, association culturelle des Français d’Afrique du Nord, a eu lieu à l’espace de La Villette en présence du maire Jean-Pierre Giran et de Jean-Marc Gély.

Mardi, l’assemblée générale du Cercle algérianiste, association culturelle des Français d’Afrique du Nord, a eu lieu à l’espace de La Villette en présence du maire Jean-Pierre Giran et de Jean-Marc Gély.

Le président Jean-Jacques Tavera a d’abord remercié le maire pour sa présence et l’aide apportée par la mairie à son association. Il a ensuite fait un bilan de l’année 2019, en soulignant les difficultés financières auxquelles l’association était confrontée, en raison de la diminution du nombre d’adhérents. Mais il a également rappelé les moments agréables passés lors des deux jours à Perpignan pour le congrès national. Le secrétaire Roger Sogorb a remémoré les différentes activités du cercle dont les principales sont : les conférences au rythme d’une par mois suivies par environ soixante à quatre-vingts personnes...

L’association compte actuellement deux cent cinquante adhérents mais elle est fragile malgré l’engagement de toute l’équipe et bien que le bilan financier de l’exercice 2019 soit créditeur.
L’assemblée générale a été clôturée par le partage de la galette des rois.


https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5849148/municipales-a-aix-en-provence-ineligibilite-de-maryse-joissains-laudience-en-cassation-fixee-au-19-fevrie

Municipales à Aix-en-Provence - Inéligibilité de Maryse Joissains : l'audience en Cassation fixée au 19 février
Par Romain Cantenot

La plus haute juridiction française vient tout juste de programmer l'audience pour l'examen du pourvoi de Maryse Joissains au 19 février prochain.
La plus haute juridiction française vient tout juste de programmer l'audience pour l'examen du pourvoi de Maryse Joissains au 19 février prochain.

Photo Serge Mercier

Le suspense durera bel et bien jusqu'au bout pour Maryse Joissains et tous ceux qui briguent le fauteuil de maire d'Aix-en-Provence. Bien qu'elle vienne de lancer en fanfare sa campagne pour un 4e mandat, sa condamnation à un an d'inéligibilité par la cour d'appel de Montpellier hypothèque toujours la capacité de la maire LR d'Aix-en-Provence à aller au bout de sa candidature. Son pourvoi en cassation a eu pour effet de suspendre l'exécution de cette peine, mais l'épée de Damoclès plane toujours au-dessus de la tête de l'élue de 77 ans.

Selon nos informations, la plus haute juridiction française vient tout juste de programmer l'audience pour l'examen du pourvoi de Maryse Joissains au 19 février prochain.

Mais on ne sera pas fixé pour autant et il faudra patienter encore avant de connaître la décision. "Elle sera rendue dans un délai suffisamment restreint pour être connue avant les élections", indique simplement la cour de Cassation.

On sera alors tout près -- quelques semaines voire quelques jours -- du premier tour de l'élection municipale, le 15 mars.

Deux scenarios sont possibles. Si le pourvoi est rejeté, la peine de la cour d'appel de Montpellier s'applique immédiatement, Maryse Joissains quitte ses fonctions de maire sans attendre et ne peut plus se présenter aux élections.

C'est la fin de deux décennies de règne sans partage.

En revanche, si la cour décide de casser le jugement, la condamnation est annulée et un nouveau procès aura lieu, mais pas avant plusieurs mois, laissant à Maryse Joissains la possibilité de se présenter librement devant les électeurs en mars et, peut-être, d'emporter un 5e combat municipal.

La seule certitude à ce stade, c'est donc que la grande inconnue qui entretient le brouillard dans la course pour le fauteuil de maire d'Aix-en-Provence ne se dissipera donc que dans les tout derniers mètres de la campagne.


http://m.lamarseillaise.fr/culture/cinema/80114-catherine-camus-albert-camus-etait-toujours-du-cote-des-opprimes

Catherine Camus : « Albert Camus était toujours du côté des opprimés »

Écrit par  Philippe Amsellem jeudi 16 janvier 2020 14:32

« Mon père disait que journaliste était le plus beau métier du monde, mais qu’il était mal servi », rappelle Catherine Camus. PHOTO J.-C. Perrier

« Mon père disait que journaliste était le plus beau métier du monde, mais qu’il était mal servi », rappelle Catherine Camus. PHOTO J.-C. Perrier

Catherine Camus, fille d’Albert (1913-1960), était à Marseille, pour la projection du documentaire consacré à son père, « Les vies d’Albert Camus ». Une séance programmée au cinéma Le Gyptis. Entretien parfois surprenant avec l’enfant de l’auteur de « La Peste ».

La Marseillaise : Qu’est-ce que ce documentaire apporte de nouveau à la connaissance d’Albert Camus ?
Catherine Camus : Vous savez, papa, c’était un tube de vitamines. Par les temps qui courent, c’est important de connaître sa vie. Avec lui, on apprend à tenir sur ses jambes tout seul et à être responsable de ses actes.

Comment caractériseriez-vous « les temps qui courent » ?

C.C. : Les gens sont perdus, paumés en ce moment. Si on faisait ce qu’on nous fait subir à un chien, il deviendrait dingue en 24 heures.
Votre père était identifié comme une figure de « Combat », journal né pendant la Résistance. Quelle est votre réaction quand l’un des héritages de cette période, la retraite par répartition, est liquidé par le gouvernement ?

C.C : Ça ne va pas vous plaire, mais je trouve que le problème est ailleurs. Je n’ai ni sécurité sociale, ni retraite car je suis considérée comme une rentière. J’ai 74 ans et je bosse encore comme une malade. Donc je me fous un peu de tout ça. Et puis, je trouve qu’on n’a plus du tout le sentiment d’appartenir à un pays. Le nationalisme, c’est la haine. Mais le patriotisme est quand même plus amical.

Albert Camus était-il patriote ?

C.C. : Il a compris qu’il était patriote le jour où, pendant la guerre, il a vu un chien qui suivait un Allemand.

Considérez-vous votre père comme un antihéros ?

C.C. : Il se considérait surtout comme un être humain parmi les êtres humains. Il était toujours du côté des opprimés. Il aurait détesté être un maître à penser.

Étant « toujours du côté des opprimés », on peut supposer qu’il aurait soutenu les manifestants contre la réforme des retraites...

C.C. : Je ne sais pas ce qu’il aurait dit. [Elle reste silencieuse quelques secondes, Ndlr]. Ce que je trouve de bien chez les Gilets jaunes par exemple, c’est qu’ils ont retrouvé le sens du dialogue. Et un des malheurs actuels, annoncé d’ailleurs par Camus, c’est que le slogan a remplacé le dialogue.

Albert Camus appelait notamment à « couper les liens entre les journalistes et les puissances d’argent »...

C.C. : Il a même dit : « Dès que l’argent rentre, on arrive à la servitude. » C’est une affaire qui dure. Je trouve que le pouvoir, la finance et les journalistes se côtoient beaucoup trop. Regardez Gabriel Matzneff, tout le monde savait que c’était un pédophile. Pourtant tout le monde était à ses pieds. Pour beaucoup, les journalistes sont des suiveurs.

Camus voyait-il surtout le monde à travers son métier de journaliste ?

C.C. : Non, il était avant tout écrivain, artiste. Malgré tout, il disait que journaliste était le plus beau métier du monde, mais qu’il était mal servi.

Pouvez-vous rappeler l’importance de son article publié en 1939, « Misère de la Kabylie » ?

C.C. : Il n’a plus jamais trouvé de travail en Algérie après cela. Tout était tenu par le fric et les colons. Il disait que les Kabyles crevaient de faim. Papa a dû s’exiler après cela.

Pourquoi Camus n’a jamais été reconnu à sa juste valeur, sinon instrumentalisé, aussi bien par les combattants pour la libération nationale que les pieds-noirs ?

C.C. : Car il n’était ni pour l’Algérie française, ni pour l’indépendance.

Il était le cul entre deux chaises car, selon lui, « rien n’est vrai qui force à exclure ». Il était pour la solution d’une fédération, avec les mêmes droits pour les populations algérienne et européenne d’Algérie. Les pieds-noirs nostalgiques et revanchards me font chier.

Le considérez-vous comme visionnaire ?

C.C. : Je pense que le totalitarisme a changé de visage. Pire, il n’en a plus aujourd’hui. Et mon père écrivait en 1946 : « Nous vivons dans le monde de l’abstraction, celui des bureaux et des machines, des idées absolues et du messianisme sans nuances. Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison, que ce soit dans leurs machines ou leurs idées. Et pour tous ceux qui ne peuvent vivre que dans le dialogue et l’amitié des hommes, ce silence est la fin du monde. »

Propos recueillis par Philippe Amsellem


https://www.telerama.fr/livre/sartre,-camus-et-le-communisme,n6590566.php

Sartre, Camus et le communisme

Michel Contat ·  Publié le 17/01/2020. Mis à jour le 17/01/2020 à 18h09.

Jean-Paul Sartre (1905-1980), au café de Flore à Paris.

Entre Camus et Sartre, l’amitié achoppe sur la question communiste. Les deux hommes s’affrontent dans “Les Temps modernes”, en 1952, après la publication de “L’Homme révolté”. En hommage à l’écrivain disparu il y a soixante ans, récit de cette querelle qui l’opposa au philosophe existentialiste, extrait de notre hors-série “Albert Camus, le dernier des justes”, paru en 2009.

Ils sont amis. Albert Camus a fait l’éloge de La Nausée puis du Mur, avec une réserve à propos de l’obscénité du texte, dans Alger républicain. Jean-Paul Sartre lui a rendu la pareille pour L’Étranger, en un long article fouillé, dans Les Cahiers du Sud, en 1943. Ils se rencontrent lors de la générale des Mouches, la pièce de Sartre, au Théâtre de la Cité [devenu le Théâtre de la Ville, ndlr], en juin 1943. Simone de Beauvoir raconte, dans La Force de l’âge : « Comme Sartre se trouvait dans le hall, près du contrôle, un homme jeune et brun se présenta : Albert Camus. »

Une telle sobriété a du sens : entrent en scène ici des protagonistes de l’histoire littéraire et de l’histoire tout court. Une relation plus étroite s’établit à la faveur d’un projet théâtral : Sartre voudrait que Camus joue le rôle de Garcin dans Huis clos. Les répétitions commencent dans la chambre d’hôtel de Simone de Beauvoir. Une amitié se noue, dont Sartre dira qu’elle était « vraie mais superficielle ». Ce fut cependant sa dernière amitié avec un homme, lui qui préfère la compagnie des femmes, parce qu’il déteste les conversations d’idées. Sartre et Camus balancent des horreurs qui scandalisent leurs compagnes tout en les amusant beaucoup. Ils participent l’un et l’autre à la création, chez Michel Leiris, à la veille de la Libération, du Désir attrapé par la queue, la pièce de Picasso. Ils se retrouvent dans des fiestas, ils sont gais et entreprenants. Résistants, ils le sont tous les deux, mais pas de la même façon. Sartre dira, avec reproche, après coup : « J’étais un écrivain qui résistait, et non un résistant qui écrivait. » De Camus, il aurait pu affirmer le contraire : l’auteur de L’Étranger et du Mythe de Sisyphe avait des responsabilités dans le mouvement Combat. Les Allemands chassés, il devient rédacteur en chef du quotidien Combat, qui paraît sous le fier bandeau « De la Résistance à la Révolution ». Sartre écrit pour lui un reportage : « Un promeneur dans Paris insurgé », et occupe le Théâtre-Français avec quelques auteurs dramatiques armés de vieux fusils et de pistolets. Plus tard, Camus envoie Sartre pour des reportages aux États-Unis. Voilà pour l’amitié.

Albert Camus et Jean-Paul Sartre en meeting salle Wagram, Paris, 1952. Fidélité à l’Espagne.
Albert Camus et Jean-Paul Sartre en meeting salle Wagram, Paris, 1952. Fidélité à l’Espagne.
© Roger-Viollet

Whisky, existentialisme et communisme

Les deux hommes parlent dru, boivent du whisky au Flore et s’entendent fort bien, sans trop se colleter aux idées l’un de l’autre. Si Camus ne participe pas à la revue de Sartre, Les Temps modernes, dont le premier numéro paraît en octobre 1945, c’est, dit-il, qu’il est trop occupé. Mais il s’agace d’être rangé par la presse sous la bannière existentialiste, ce qui le vassalise dans son rapport à Sartre, qui d’ailleurs ne se décide que tardivement à accepter pour lui-même cette étiquette. Sartre ne tient pas Camus pour un philosophe mais n’en conçoit pas de supériorité ; simplement, il trouve qu’avec lui on ne peut pas pousser les idées très loin ; ce n’est pas un reproche : il aime sa gouaille et le côté voyou d’Alger qui en fait un bon compagnon. Si l’Histoire avec sa grande hache les avait laissés en repos, ils seraient restés bons amis.

Merleau-Ponty dans la bataille

Ce qui va séparer Sartre et Camus est la question communiste, la grande question de l’après-guerre. Camus, à Alger, a été communiste ; il connaît le Parti, sa grandeur quand il s’agit des militants pris individuellement, son dogmatisme bureaucratique quand il s’agit de l’appareil ; il se méfie des dirigeants, de leur soumission à Staline. Sartre, lui, n’a aucune expérience de l’action, il se pose des questions de principes et de théorie, en intellectuel. Le Parti l’a attaqué : il empêchait des jeunes gens de se rallier. Sartre réplique, s’oppose au stalinisme à la française, à son matérialisme grossier, à ses simplifications, ses intimidations. Il écrit, en 1947 : « La politique du communisme stalinien est incompatible avec l’exercice honnête du métier littéraire (1). » Et il met au défi les dirigeants de fournir les preuves de leurs accusations de traîtrise contre son ami Paul Nizan ; le Parti se tait. Sartre tente, un temps, de créer entre les communistes et les socialistes un Rassemblement démocratique révolutionnaire. Camus n’en est pas ; à l’époque, il donne son adhésion aux Citoyens du monde, une organisation pacifiste, mais il n’est pas hostile au RDR ; ils signent ensemble un appel à l’opinion internationale pour éviter la guerre. L’article de Maurice Merleau-Ponty, collaborateur des Temps modernes et même directeur politique de la revue, sur le livre très controversé d’Arthur Koestler Le Zéro et l’Infini suscite la colère de Camus, qui le juge favorable à la conception communiste de l’histoire, une quasi-justification des procès de Moscou. Au cours d’une soirée, Camus manque écharper Merleau-Ponty ; il faut toute la diplomatie de Sartre pour éviter la brouille.

“Monsieur le directeur…”

Beauvoir raconte comment le malentendu s’installe entre les deux écrivains.

Assistant à une répétition des Mains sales, la pièce de Sartre qui sera reçue par les communistes comme une machine de guerre contre eux, Camus déplore qu’une réplique de Hoederer, « j’aime les hommes pour ce qu’ils sont », paraisse donner raison au personnage du dirigeant réaliste contre le jeune idéaliste Hugo. Les choses en sont là, Sartre se rapprochant de plus en plus du PC, quand paraît, en 1951, L’Homme révolté, l’essai ambitieux où Camus s’en prend aux communistes pour montrer qu’ils trahissent la révolte en soutenant un régime dictatorial et policier. Aux Temps modernes, personne ne pense du bien de ce livre, mais Sartre refuse, par amitié, qu’on en dise du mal. Après un long silence embarrassé, Francis Jeanson, jeune philosophe sartrien, en rend compte. Il y met de la dureté, plus que Sartre n’en aurait souhaité. Indigné autant que blessé, Camus, au lieu de répondre à Jeanson, s’adresse à « Monsieur le directeur » sur un ton empesé. Sartre se fâche : « Un mélange de suffisance sombre et de vulnérabilité a toujours découragé de vous dire des vérités entières. » Camus avait donné le ton en se disant « fatigué de recevoir des leçons d’efficacité de la part de censeurs qui n’ont jamais placé que leur fauteuil dans le sens de l’histoire ». Sartre réplique : « Si nous sommes fatigués, Camus, allons nous reposer, puisque nous en avons les moyens : mais n’espérons pas faire trembler le monde en lui donnant à mesurer notre lassitude. » Et il enfonce le fer : « Mais dites-moi, Camus, par quel mystère ne peut-on discuter vos œuvres sans ôter ses raisons de vivre à l’humanité ? »

Attitude morale vs action politique

Au-delà de cette polémique aux accents littéraires, c’est un débat qui s’instaure. Un débat non clos et qui prend, à cette occasion, une hauteur, une qualité de pensée sans égale. Le débat entre l’attitude morale, exigence que Sartre, dans son émouvant article à la mort de Camus, créditera son adversaire d’avoir toujours maintenue, et l’action politique sommée de faire sa part à la réalité sociale, laquelle, encore et toujours, est celle de la lutte des classes, présentement notre horizon, et dépassable seulement au prix d’un pari. Il est de mode aujourd’hui, dans l’intelligentsia, de donner raison à Camus contre Sartre. En réalité, leurs œuvres constituent deux pôles de tension entre lesquels une pensée morale et politique doit nécessairement se placer pour se déployer. Il se peut qu’au moment de l’action il faille choisir ; mais, s’il s’agit de penser, c’est avec Camus et Sartre qu’il faut discuter, en donnant toute leur portée à la révolte camusienne et à la lucidité sartrienne, qui sait la morale à la fois nécessaire et impossible aujourd’hui. C’est le prix à payer pour échapper au moralisme autant qu’au réalisme.


https://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/enquete-sur-albert-camus-1163882

Enquête sur Albert Camus
Un superbe travail d'historien sur la vie et l'oeuvre d'Albert Camus, disparu il y a soixante ans.

Par Daniel Fortin Publié le 17 janv. 2020 à 11h00

Dans la litanie d'écrits qui accompagnent ces jours-ci les soixante ans de la disparition d'Albert Camus, le 4 janvier, voici un livre qu'il faut lire. L'auteur, l'historien Vincent Duclert, s'attaque résolument à un monument, se fondant sur des sources inédites et s'efforçant de restaurer l'unité de l'oeuvre pour en dégager la pensée. Inlassable défenseur de la liberté, indispensable conscience morale dressée face aux excès de l'idéologie, critiqué hier, encensé aujourd'hui, Albert Camus n'a jamais semblé autant indispensable qu'en ces temps où les passions envahissent les débats publics. Extraits.

L'intellectuel intransigeant :« Le refus d'Albert Camus de se présenter après-guerre comme une figure de résistant et d'en faire un commerce public le rendit en partie suspect auprès d'anciens camarades, notamment communistes. Sa démission du Comité national des écrivains s'accompagna ainsi d'une protestation contre un climat où l'esprit d'objectivité est reçu comme une critique forcément malveillante et où la simple indépendance morale est si mal supportée. La volonté de conserver à la lutte de la liberté contre le nazisme sa vérité et son sens de fraternité humaine l'amena à une forme de repli intime aussi bien que politique. »
Le défenseur de la liberté :« C'est à un examen de conscience qu'il se livra, en demandant que l'abandon de la Hongrie [en 1956, NDLR] par le monde libre pût servir à se souvenir de la liberté et de son caractère mortel sitôt qu'on ne pensait plus à elle. S'achevant sur un hommage assez inattendu à la France pays de liberté, la lettre d'Albert Camus unissait l'extrême beauté de la parole avec l'immense fermeté des idées. Il en ressortait une déclaration comme il en existe très rarement, offerte à la jeunesse à laquelle Camus confiait l'avenir du monde et de la liberté. »

Le poids de l'absence : « Le deuil et la mort d'Albert Camus fut une épreuve et le demeure, donnant à sa présence au monde une dimension tragique que beaucoup portent toujours en eux, jeunes et moins jeunes, proches et anonymes. La disparition fulgurante d'Albert Camus ne fut pas seulement celle d'un homme mais aussi celle d'un possible qu'il représentait, l'existence du fait moral dans un monde dépouillé de sens… en pensant à lui qui n'était plus, chacun pouvait ressentir comment l'exigence morale qu'il incarnait était emportée par sa mort et que cette fin-là était inacceptable ».
Camus, des pays de liberté. par Vincent Duclert. Editions Stock.379 pages. 22 euros
Daniel Fortin


https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/air-france-et-transavia-raflent-l-essentiel-des-droits-de-trafic-d-aigle-azur-837374.html

Air France et Transavia raflent l'essentiel des droits de trafic d'Aigle Azur

Par Fabrice Gliszczynski

(Crédits : Paul Hanna) Air France et sa filiale Transavia sont les grands gagnants de la redistribution des droits de trafic de la défunte Aigle Azur. Ryanair, Easyjet et Vueling sont en revanche les grandes perdantes.

Air France n'a pas eu besoin de reprendre Aigle Azur, disparue en septembre, pour récupérer ses principaux points forts. Après avoir obtenu plus de 30% de ses créneaux horaires de décollage et d'atterrissage à Orly, le groupe Air France est le grand gagnant de la redistribution de ses autorisations de vols vers des pays tiers (droits de trafic).

Notamment sur le juteux marché franco-algérien.

Selon des sources proches du secrétaire d'État aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, Transavia, la filiale low-cost d'Air France, a obtenu la plus grosse partie des droits entre Paris et Alger et a été désignée sur Paris et Oran, déjà assurée par Air France. Elle obtient également les droits pour exploiter Paris-Constantine, Paris-Sétif, Paris-Tlemcen. Ce n'est pas tout. Transavia obtient aussi des vols à Lyon pour Béjaïa, Constantine et Oran. En dehors de l'Algérie, Transavia a par ailleurs obtenu l'essentiel des droits sur Beyrouth. Déjà présente sur les axes desservis par Aigle Azur, Air France a obtenu des autorisations à Marseille, Nice et Toulouse pour desservir Alger (et Oran en plus à Toulouse).

ASL obtient quelques vols

ASL Airlines a de son côté obtenu les droits sur la ligne Paris-Annaba et des renforcements de fréquences sur Alger, ainsi que des vols au départ de villes régionales (Lyon-Alger, Lille-Alger et Lille-Oran). Vu ce qu'a obtenu le groupe Air France, il est loin d'être certain que ces droits répondent pleinement aux espérances de la direction. Déjà présente sur l'Algérie, ASL Airlines tablait en effet sur un renforcement des vols entre Paris et Alger et, dans l'hypothèse de l'arrivée d'un troisième acteur tricolore sur cet axe (le maximum autorisé côté français, sachant qu'Air France est déjà présente), elle pourrait, selon un observateur, ne pas comprendre qu'un nouvel acteur dispose de davantage de droits qu'elle alors qu'elle avait déjà postulé il y a trois ans, lors de la redistribution des autorisations de vols d'Air Méditerranée. Ce qui est le cas.

ASL Airlines espérait par ailleurs être désignée sur la ligne Paris-Oran aux côtés d'Air France, or c'est Transavia qui a été choisie. Sur cette ligne, seules deux compagnies françaises sont autorisées.

"Il est est curieux de voir qu'en bi-désignation, on retrouve Air France et Transavia. C'est une façon particulière de concevoir la concurrence", fait remarquer un observateur.

Le bon coup de Volotea

La compagnie low-cost espagnole Volotea a quant à elle obtenu des vols au départ de certaines métropoles régionales : Lyon-Sétif et Bordeaux Alger et la totalité des villes algériennes au départ de Marseille à l'exception d'Alger.

En long-courrier, French Bee a obtenu des autorisations pour desservir San Paulo. Air France a également reçu des vols complémentaires sur Rio de Janeiro et San Paulo.

Rien pour Ryanair, Easyjet et Vueling

D'autres non rien eu, comme Ryanair et Easyjet, qui avaient formulé de nombreuses demandes. Mais, le fait d'avoir postulé avec des compagnies établies à l'étranger, alors qu'elles disposaient d'établissements en France, les a éliminées. Cette distribution était en effet réservée aux compagnies établies dans l'Hexagone au sens du droit européen (article 49 du traité), avait expliqué la direction générale de l'aviation civile (DGAC) dans son cahier des charges. C'est-à-dire qu'elles devaient "disposer d'une base d'exploitation en France, d'une infrastructure sur le territoire national et des salariés qui y exercent une activité stable, habituelle et continue et qui représente de l'emploi en France". Avec ses bases en France, Easyjet répond à ces critères mais la demande de droits de trafic a été établie au nom d'Easyjet Uk.

Pour d'autres raisons, Vueling, qui avait obtenu des droits d'Air Méditerranée il y a trois ans, n'a pas été retenue non plus.


Article payant

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/17/mutuelles-de-bretagne-l-enquete-montre-la-forte-implication-de-richard-ferrand-dans-l-operation-immobiliere-litigieuse_6026167_3224.html

Affaire des Mutuelles de Bretagne : ce qu’a dit Richard Ferrand aux juges
Laurence Girard

Le président de l’Assemblée nationale, mis en examen pour « prise illégale d’intérêts », est soupçonné d’avoir facilité l’achat d’un local par sa compagne et sa location par le réseau.

Par Anne Michel Publié hier à 06h09, mis à jour hier 17 janvier 2020 à 19h05

Il y a quatre mois, la mise en examen de Richard Ferrand pour « prise illégale d’intérêts » dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, exceptionnelle pour un président de l’Assemblée nationale en exercice, secouait la République. La justice signifiait par là disposer d’« indices graves ou concordants » rendant vraisemblable que le quatrième personnage de l’Etat ait pu participer à la commission d’une infraction dans ses anciennes fonctions de directeur général du réseau mutualiste breton, à travers une opération immobilière au profit de sa compagne, en 2011.

Celle-ci s’est constitué un patrimoine valorisé à 600 000 euros, en achetant des locaux, aussitôt loués aux Mutuelles, à Brest,dont les loyers ont financé l’acquisition. Et ce, sans que les administrateurs aient tous compris à qui ils louaient, l’opération s’étant faite par l’entremise d’une société civile immobilière (SCI).
Si l’instruction reste en cours, le travail d’investigation des trois juges lillois chargés du dossier est terminé. Le Monde a eu accès à l’enquête, conduite dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en janvier 2018 à la demande du Parquet national financier (PNF).

Impliqué personnellement et à de multiples niveaux

Certes, le débat reste vif en droit pour savoir si les Mutuelles exercent des missions de service public, fait indispensable pour que le délit de prise illégale d’intérêts s’applique, ou plutôt d’intérêt général. Mais cette enquête confirme en tout point ce qu’avait déjà montré une première enquête préliminaire, classée sans suite à Brest en 2017, avant que la procédure soit relancée par l’association anticorruption Anticor : Richard Ferrand s’est impliqué personnellement, et à de multiples niveaux, pour mener à bien l’opération immobilière contestée.

Il a été présent de bout en bout du processus, de l’achat du bien à sa location.

S’il n’a pas desservi, loin s’en faut, les intérêts des Mutuelles, les loyers versés étant conformes aux prix de marché, l’ex-patron de cette mutuelle de droit privé à but non lucratif s’est aussi employé à servir les intérêts de sa compagne – dont l’objectif était, selon les déclarations de cette dernière aux enquêteurs, de faire un investissement pour sa retraite et ses filles.

Devant les juges le 11 septembre 2019, lors de son interrogatoire de première comparution avant sa mise en examen, le président (La République en marche) de l’Assemblée nationale, soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, a plaidé le concours de circonstances. Mais son argumentaire a été mis à mal durant les treize heures d’audition, comme le révèle le procès-verbal.
Aux magistrats qui l’interrogent alors sur le modus operandi, Richard Ferrand déclare que « les deux opérations n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

D’un côté, il y a ma compagne qui veut faire un investissement (…).
De l’autre, les Mutuelles de Bretagne recherchent des locaux en vue d’agrandir compte tenu des besoins liés à l’accroissement d’activité (…). Ces opérations n’ont convergé qu’en décembre 2010 ».


https://www.mediapart.fr/journal/france/120919/laffaire-ferrand-illustre-labsence-dindependance-du-parquet?onglet=full

Affaire des Mutuelles de Bretagne: Richard Ferrand en difficulté face aux juges

17 janvier 2020 Par Michel Deléan

Mediapart a pu consulter le procès-verbal d’interrogatoire du président de l’Assemblée nationale.

C’est un document de 33 pages qui était resté inédit à ce jour. Mediapart a pu prendre connaissance de l’interrogatoire de première comparution de Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale et pilier de la Macronie, convoqué le 11 septembre dernier dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne devant trois juges d’instruction de Lille (Nord), où le dossier a été dépaysé après diverses péripéties.


 https://www.observalgerie.com/air-algerie-serieusement-menacee-par-des-compagnies-francaises/2020/

Air Algérie sérieusement menacée par des compagnies françaises

Publié il y a 17 janvier 2020  Par : Aylan Afir

La compagnie nationale Air Algérie est mise en danger par les nouvelles qui viennent de France. Et pour cause, Transavia, la filiale low-cost, du groupe Air France a récupéré la plus grosse partie des droits de trafic de la défunte Aigle Azur, disparue en septembre 2019, selon le quotidien économique français La Tribune.
Air Algérie va donc connaître une concurrence rude de la part de la compagnie Transavia. Et pour cause, cette filiale du groupe Air France propose des prix imbattables. Elle vient de récupérer les principaux points forts de la compagnie Aigle Azur, particulièrement les créneaux horaires à Paris -Orly.
En effet, le groupe Air France n'a pas eu besoin finalement de reprendre Aigle Azur pour récupérer ses créneaux de décollage et d'atterrissage à l'aéroport d'Orly. En fait, Transavia a récupéré 30 % de ces créneaux qui font du groupe français le plus grand gagnant de la redistribution des droits de trafic d'Aigle Azur.

Transavia n'est pas la seule compagnie qui bouscule Air Algérie

Les dirigeants d'Air Algérie devraient comprendre que la concurrence ne concernerait pas uniquement le vol entre Alger et Paris. Plusieurs autres villes en Algérie et en France sont dans la nouvelle configuration, née de la redistribution des droits de trafic d'Aigle Azur. Le quotidien français cite des sources proches du secrétaire d'Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari pour énumérer toutes les villes algériennes et françaises que Transavia desservira après cette récupération.
Il s'agit donc de la ligne Oran - Paris assurée déjà par Air France. Transavia pourra également obtenir les vols de Paris vers les villes de Constantine, Setif et Tlemcen. Elle desservira aussi les villes de Bejaïa, Oran et Constantine à partir de Lyon.

Air France et Transavia raflent tout

Il y a vraiment de quoi faire trembler le transporteur aérien Air Algérie, avec toute cette redistribution des droits de trafic d'Aigle Azur. Surtout qu'elle ne s'arrête pas à Transavia, mais s'étend sur Air France qui a également récupéré quelques droits aussi. Notamment des autorisations à Marseille, Nice et Toulouse pour desservir l'aéroport d'Alger, ainsi que la ligne Toulouse - Oran.
Pire encore, Air France et Transavia ne sont pas les seules compagnies à avoir obtenu des autorisations pour des vols supplémentaires entre l'Algérie et la France. Il y a également ASL Airlines qui a obtenu les autorisations pour Paris - Annaba et renforcer ses fréquences sur Alger. Cette autre compagnie française pourra également desservir Alger à partir de Lille et de Lyon ainsi que l'aéroport d'Oran depuis Lille. Enfin, une compagnie low-cost qui nous vient d'Espagne a pu récupérer certains créneaux régionaux comme Lyon - Setif et Bordeaux - Alger. Elle a aussi obtenu la totalité des villes algériennes au départ de Marseille, à l'exception d'Alger.

Air Algérie et l'Etat algérien vont-ils réagir ?

Si Air Algérie veut réellement survivre à cette nouvelle offensive des compagnies françaises, elle doit impérativement revoir sa copie. Ses dirigeants sont condamnés à améliorer les prestations de la compagnie sur tous les plans. Et l'Etat algérien aussi devrait savoir que c'est la seule issue pour assurer la survie du transporteur national.


 

https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/steven-seksek-les-patriotes-candidat-aux-municipales-de-clermont-ferrand_13724817/

Steven Seksek (Les Patriotes) candidat aux municipales de Clermont-Ferrand

Clermont-Ferrand Politique puy-de-dôme municipales 2020

Publié le 16/01/2020 à 15h35

Steven Seksek (Les Patriotes) candidat aux municipales de Clermont-Ferrand
Steven SekSek :« Si je suis candidat, c’est pour faire bouger les lignes, les mentalités et ouvrir des perspectives à la jeunesse clermontoise ».

Après une première expérience politique lors des élections départementales en 2015 sous la bannière du FN, Steven SekSek, investi par Les Patriotes, est candidat aux municipales de Clermont-Ferrand.

Un nouveau candidat vient de faire son entrée dans la course aux municipales à Clermont-Ferrand. Avec l’entrée en lice de Steven Seksek, la capitale métropolitaine compte désormais huit candidats déclarés. Steven Seksek a été investi par Les Patriotes (LP), parti politique fondé en septembre 2017 par Florian Philippot.

Ce Clermontois de 30 ans n’est pas un inconnu dans le milieu politique. Il faisait équipe avec Anne Faurot (FN) en mars 2015 lors des élections départementales sur le canton 1 de Clermont qui correspondait au quartier Nord.

Au premier tour le tandem était arrivé en deuxième position (24,23 % des suffrages) derrière le duo de l’Union de la gauche porté par Valérie Bernard et Alexandre Pourchon qui l’emportait au second tour avec 65,54 % des voix alors que le FN frôlait la barre des 35 %.

Depuis, cet agent de sécurité a tourné la page du FN pour rejoindre Les Patriotes. « Je suis souverainiste pas nationaliste.

Mon fonds de commerce n’est pas de jouer sur les peurs. Je ne suis ni facho, ni raciste. Je n’étais pas à ma place au FN », estime le candidat. « Je suis petit-fils de pied-noir et j’ai grandi à Clermont. Je suis par ailleurs vice-président national de l’Union des patriotes français juifs ». Une association qui a fait parler d’elle à sa création en raison de sa proximité avec le Front national. « Ce n’est plus le cas. Notre mission est essentiellement de combattre le fascisme et le nationalisme », assure cet ancien karatéka de haut niveau qui se positionne comme le représentant de la jeunesse.

 « Je veux éveiller les consciences et surtout dire aux électeurs de prendre leur destin en main, que tout est possible », explique le jeune aspirant qui compte une trentaine de noms sur la liste qu’il présentera fin février. Le temps de peaufiner ses grands thèmes de campagne avec en premier lieu la sécurité. Il veut sur ce point armer et doubler le nombre de policiers municipaux. Comme les autres candidats, Steven Seksek compte également verdir la politique clermontoise en plantant des arbres place de Jaude et en faisant de la place Delille un lieu uniquement piéton. Le développement des énergies renouvelables est également une priorité. Les autres grands axes de son programme seront consacrés à la jeunesse et la mise en place du Référendum d’initiative citoyenne.


 

https://www.frequence-sud.fr/art-67647-17_nouvelles_destinations_pour_l_aeroport_marseille_provence_en_2020_marignane

17 nouvelles destinations pour l'Aéroport Marseille Provence en 2020

L'aéroport Marseille Provence a atteint la barre symbolique des 10 millions de passagers en 2019 devenant ainsi le troisième aéroport régional français.
Une croissance portée par l'ouverture de nouvelles lignes.

Publié par Jean-Baptiste Fontana le 16/01/2020

17 nouvelles destinations pour l?Aéroport Marseille Provence en 2020
124 destinations à découvrir cette année au départ de Marseille
Les 17 nouvelles lignes d’ores et déjà annoncées d'ici cet été 2020:
Alghero, Antalya, Athènes, Castellon, Catane, Copenhague, Dakar, Dublin, Essaouira, Koutaïssi, La Canée, Londres Southend, Milan Bergame, Olbia, Sofia, Tel Aviv et Vienne.

Le TOP 5 des destinations internationales au départ de Marseille Provence
Londres +7.4% 654 000 passagers en 2019
Alger
Bruxelles
Amsterdam
Istanbul

La nouvelle ligne avec Moscou a accueilli 39 140 voyageurs en 2019. Les deux tiers sont des visiteurs russes (un tiers de Provençaux en voyage vers la Russie) qui boostent l’économie locale avec des retombées estimées à 24M€ pour le territoire.

Un tout nouveau hall d’ici 2023

500M€ d’investissement ont été programmés sur 10 ans pour moderniser et agrandir l’aéroport. Le cabinet Foster + Partners a remporté un appel d’offre pour construire un nouveau hall situé entre l’historique Hall A de Fernand Pouillon et le Hall B.
Les travaux vont commencer dans quelques semaines pour une livraison prévue fin 2023. Le montant est estimé à 259M€ et pourrait être prolongé par la création d’une jetée d’embarquement capable d’accueillir les plus gros porteurs.


 

https://liberte-algerie.com/actualite/human-rights-watch-epingle-lalgerie-332041

l’ong publie son rapport 2020 sur la situation des droits de l’homme en 2019

Human Rights Watch épingle l’Algérie

L’organisation dirigée par Kenneth Roth a énuméré les nombreuses arrestations de militants pour délit d’opinion.

La situation des droits de l’Homme en Algérie n’a pas été du tout reluisante en 2019. Elle a été marquée par de nombreuses arrestations de manifestants, notamment depuis l’éclosion de la révolution du sourire le 22 février de l’année écoulée. L’ONG a fait part aussi de mesures “abusives’’ prises par les autorités algériennes à l’encontre de membres d’organisations internationales de défense des droits humains, de journalistes étrangers et d’acteurs internationaux en citant les expulsions du responsable de Human Rights Watch, Ahmed Benchemsi, de Tarek Amara, journaliste de l’agence Reuters et ressortissant tunisien, du directeur du bureau d’Alger de l’AFP, Aymeric Vincenot, et de la députée française, Mathilde Panot, ainsi que de trois autres ressortissants français qui s’étaient rendus dans la ville de Béjaïa.
Côté liberté de culte, Human Rights Watch a déploré la discrimination établie par l’ordonnance de 2006 à l’égard des non-musulmans en les soumettant à des contraintes qui ne s’appliquent pas aux musulmans. “La célébration collective du culte par les non-musulmans ne peut être organisée que par des organismes accrédités par le gouvernement dans des lieux spécifiquement désignés”, a-t-elle souligné. Concernant la situation de la femme, l’ONG a pointé du doigt les “lacunes” de la loi sur la violence conjugale adoptée par l’Algérie en 2015 en permettant d’“annuler des condamnations ou de réduire des peines si les victimes pardonnent à leurs agresseurs” et en ne prévoyant pas  de “mesures préventives pour empêcher les abus ou protéger les victimes”.

Arab Chih


https://www.algeriepatriotique.com/2020/01/17/ou-vont-les-deux-millions-deuros-que-lalgerie-verse-a-la-mosquee-de-paris/

Graves accusations au sujet de l’argent versé par l’Algérie à la Mosquée de Paris

17 janvier 2020

Par Mohamed K. – Le très controversé Abderrahmane Dahmane a soulevé la question des 2 millions d’euros que l’Algérie verse à la Grande Mosquée de Paris tous les ans.

Dans un entretien à Mondafrique, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu’une partie de cet argent aurait pu être détournée par des responsables politiques et militaires algériens indélicats.

Cette affaire a surgi dans le sillage de la démission forcée de Dalil Boubakeur et de son remplacement par Chems-Edidne Hafiz  dans des conditions que de nombreux membres de la Société des Habous jugent illégales.

Ce «coup d’Etat» aurait été planifié par un personnage intrigant, considéré comme le numéro deux de cette institution cultuelle. Selon Dahmane Abderrahmane, la désignation de celui qui sera propulsé directeur de l’administration générale avec des prérogatives illimitées aurait eu pour objectif de gérer la manne financière qui provient d’Alger à des fins personnelles.

Une grave accusation sur laquelle la Mosquée de Paris devra s’expliquer par la voix de Dalil Boubakeur, qui a présidé aux destinées de ce lieu de culte durant près de trois décennies.

Le départ inattendu de l’ancien recteur a donné lieu à une levée de boucliers non seulement au sein de la Société des Habous, mais aussi chez les autorités algériennes qui ont vu dans cette démission précipitée un affront à l’égard du nouveau président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait jeté son dévolu sur le professeur Mustapha Cherif.

L’ambassadeur d’Algérie à Paris a convoqué le successeur de Dalil Boubakeur, mais on ne sait pas encore de quoi les deux hommes sont convenus.

 

Le dossier de la Mosquée de Paris est désormais ouvert et une enquête devrait vraisemblablement être diligentée à partir d’Alger pour déterminer si l’argent versé par l’Algérie a bien été détourné dans le prolongement du phénomène de corruption et de prévarication qui a marqué le règne de Bouteflika, bien qu’Abderrahmane Dahmane ait précisé que le directeur sur lequel pèsent ces soupçons de détournements ait été désigné bien avant l’avènement de Bouteflika au pouvoir, soit au milieu des années 1990, «durant la mobilisation contre le terrorisme du GIA en Algérie», selon celui qui s’était présenté, un moment donné, comme le représentant en France du candidat à la présidentielle Ali Ghediri.

M. K.


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