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- Revue de presse N° 56

- 2021 - {2003-2021 – 18ème année}

- Articles du 25 février 2021

 


Un oubli du 24 février 2021


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Études postcoloniales: que se joue-t-il vraiment dans les universités?

Audrey Renault — 24 février 2021 à 7h00


Dénoncées par certaines personnalités intellectuelles comme une révision militante de l'histoire coloniale, elles auraient envahi l'enseignement supérieur et la recherche en France.


Dans son allocution à l'Assemblée nationale, annonçant sa détermination à lutter contre l'islamo-gauchisme qui gangrènerait les universités françaises, Frédérique Vidal a indiqué souhaiter le lancement d'une enquête sur l'ensemble des recherches menées dans le pays, notamment celles concernant le postcolonialisme. Une nouvelle marque de suspicion envers les études postcoloniales, courant universitaire très critiqué mais encore méconnu du grand public.

Apparues en France au début des années 2000, importées des universités anglo-saxonnes, les études postcoloniales sont nées dans le champ littéraire avec pour texte fondateur L'orientalisme d'Edward Said, universitaire américain d'origine palestinienne. Publié en 1978, ce texte étudie comment la vision occidentale d'un Moyen-Orient fantasmé et stéréotypé a pu

impacter la colonisation dans cette région et l'ampleur de l'impérialisme culturel qui y fut instauré.


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À l'origine théorie littéraire d'analyse et de déconstruction des discours, les études postcoloniales ont peu à peu gagné les autres disciplines, notamment l'histoire, permettant de s'émanciper des récits officiels et d'étudier différemment les conséquences de la colonisation sur les civilisations colonisatrices et les civilisations colonisées.


«Les études postcoloniales ont amené certains historiens à s'interroger sur ce qui avait trait aux systèmes d'oppression et aux mécanismes de domination, et à appréhender la colonisation autrement que selon la seule narration coloniale, en portant attention à la déconstruction des discours et des représentations», explique Hélène Blais, professeure d'histoire contemporaine à l'École normale supérieure, pour qui il est impératif d'enseigner et de relire l'histoire coloniale à la lumière de nouveaux outils.


«Tous les mouvements historiographiques sont à prendre en compte. Lorsque je fais cours, je souligne les apports, comme les limites, d'un certain nombre d'ouvrages majeurs pour penser le rapport à l'autre, les dominations, les rapports de force. Les études postcoloniales permettent d'explorer le fait colonial en multipliant les points de vue possibles. Elles aident à aborder la colonisation sous des angles différents, y compris ceux que les discours classiques tendent à minimiser, voire à occulter. S'il y a parfois des exagérations, il est plus intéressant d'apprendre à les repérer que de les dénoncer en bloc. On ne peut pas enseigner la colonisation sans évoquer les violences, les troubles, les ombres.»


«Un ennemi fantasmé»


C'est pourtant l'exploration de ces zones d'ombres que refusent certains intellectuels et universitaires dans de nombreuses tribunes, entre rejet des thèses du racisme systémique et dénonciation de dérives communautaristes, voire de racisme anti-blanc. Selon ces critiques politiques, les postcolonial studies et leurs adeptes régneraient en maîtres au sein des universités françaises où une véritable guerre des tranchées aurait lieu entre les pro et les anti- études postcoloniales.

Certaines institutions comme Paris 8, Lyon 2, Toulouse 2 ou encore le CNRS et Sciences Po seraient «tombées», tandis que d'autres tentent tant bien que mal de résister face à l'envahisseur.


«Il est assez effarant de voir à quel point chaque prise de position sur le fait colonial, notamment dans son enseignement historique à l'université, correspond à la construction d'un ennemi fantasmé. Les gens ont peur et n'arrivent plus à penser. Alors ils s'en prennent à l'université car c'est un lieu de débat, constate Hélène Blais, coautrice de «Territoires impériaux – Une histoire spatiale du fait colonial» et autrice de Mirages de la carte – L'invention de l'Algérie coloniale.


En histoire, il n'y a quasiment pas d'écho des études postcoloniales, elles ne sont pas enseignées, il n'y a pas de postes ou de chaires dédiées, et très peu savent réellement ce que c'est. On n'enseigne pas le décolonial, contrairement à ce qui est dit dans certaines tribunes. Si on enseigne la décolonisation, c'est déjà un grand pas en avant. Les programmes du secondaire sont très en retrait sur ces sujets-là, au grand dam de nombreux étudiants qui sont demandeurs.»

«Ce ne sont pas les militants qui décident des programmes universitaires.» Hélène Blais, professeure d'histoire contemporaine à l'École normale supérieure

Sur l'ensemble des universités des dix plus grandes villes de France, vingt-quatre licences

d'histoire sont à suivre. Ces formations proposent des centaines de cours et TD différents et sur l'ensemble du catalogue, seuls cinq cours semblent correspondre à une approche postcolonialiste du fait colonial.


Parmi eux, un cours sur l'orientalisme à Paris 1, un autre sur la race en tant que concept influent, dispensé à Paris 8, ou encore une UE (unité d'enseignement) sur les structures de domination des empires coloniaux européens à Aix-Marseille Université.


En se basant uniquement sur la description des enseignements disponibles sur les brochures des UFR (unités de formation et de recherche), et sans avoir suivi les cours en question, il est impossible d'affirmer avec certitude qu'ils abordent bien les théories postcolonialistes.


À noter également qu'aucun de ces cours ne fait partie des troncs communs des licences. Ils sont à choisir en tant qu'UE complémentaire par les étudiants qui sont libres de s'y inscrire ou non, selon leurs intérêts ou spécialisations.


«Évidemment, il existe dans certaines universités, comme dans la société, des associations militantes, qui se font entendre et qui ont un agenda politique, mais ce ne sont pas les militants qui décident des programmes universitaires, souligne Hélène Blais, et ce n'est pas parce qu'un débat est organisé sur le “décolonial” qu'il faut rejeter les savoirs académiques qui interrogent et déconstruisent précisément les opinions toutes faites!» Cette frilosité face au postcolonialisme s'expliquerait en partie par une méfiance de certains historiens craignant que l'étude des discours et des représentations plutôt que celle des pratiques ne fausse l'étude de la colonisation et de la décolonisation.


«Au-delà de ces critiques tout à fait recevables, il y a également, comme souvent en France, une vive résistance face à ce qui nous vient de l'étranger. Beaucoup de choses, tant qu'elles ne sont pas traduites en français, ne sont tout simplement pas connues en France. Heureusement,

certains chercheurs se sont faits les passeurs de ces savoirs en traduisant ces textes que très peu avaient lus, mais que tout le monde critiquait», affirme Hélène Blais, faisant notamment référence à Mamadou Diouf, historien sénégalais à la tête de l'Institut d'études africaines à l'École des affaires internationales et publiques de l'Université Columbia, à New-York; et à Achille Mbembe, philosophe et théoricien du postcolonialisme camerounais.


«Les études postcoloniales sont utiles sans être nécessaires»


Pour Jean-François Bayart, professeur en sociologie historique et en anthropologie à L'Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, auteur notamment de L'Illusion identitaire et de «Les Études postcoloniales – Un carnaval académique», la France est loin d'être rétive aux théories postcolonialistes, les ayant au contraire souvent inspirées:

«C'est le cas notamment avec ses propres auteurs anticolonialistes comme Césaire, Fanon ou Memmi. Ce qui est gênant, c'est la manière dont ont été transposées en France les études postcoloniales.


Ces dernières, notamment avec le courant historiographique indianiste des subaltern studies qui les ont en partie inspirées, entendaient tourner la page de l'historiographie nationaliste, “sauvegarder l'histoire de la nation”. La plupart des auteurs français qui ont importé dans l'Hexagone les études postcoloniales les ont dénaturées en s'enfermant dans une histoire très nationale, quitte à l'inverser. D'où le sous-titre de mon essai: “Un carnaval académique”», note Jean-François Bayart qui juge les postcolonial studies «utiles sans être nécessaires».


«Elles sont utiles car elles nous rappellent que le moment colonial continue de structurer les sociétés anciennement colonisées et colonisatrices; paradoxalement, la vivacité de leurs critiques le confirme. Elles ne sont pas nécessaires car, contrairement à ce que prétendent souvent leurs tenants, elles ne sont pas les seules à le démontrer, et elles le font souvent de manière plus maladroite que l'histoire ou la sociologie historique.


Ce qui me semble le plus dommageable, c'est que les études postcoloniales ont fini par réhabiliter une vision très identitaire du politique et du social qu'elles prétendaient dépasser. Elles se sont transformées en une sorte de calvinisme tropical où le colonial joue le rôle de la prédestination. Elles ont essentialisé une “colonialité” là où il faut historiciser le fait colonial dans sa complexité. Ce que font sans embarras idéologique les bons historiens.»


Distinguer le politique de l'académique


Malgré ces blâmes, pas question pour Jean-François Bayart de se rallier aux attaques politiques qu'il dénonce avec virulence, insistant sur l'importance de distinguer critique académique et critique politique. «“Les Études postcoloniales – Un carnaval académique” m'a attiré son lot de réactions universitaires courroucées et d'approbations mais, je tiens à rassurer mes collègues Taguieff et consorts, ne m'a jamais empêché d'enseigner, de publier ni obligé à demander les services d'un garde du corps. Restons calmes, tout de même. Ou alors rappelons qu'Éric Fassin, stigmatisé comme le représentant des études de genre en France, a bien reçu des menaces de mort sur internet à la suite de leur dénonciation par Messieurs Macron, Blanquer et Aubert. Car là est le vrai problème. Depuis quelques années, en particulier depuis la déclaration de Manuel Valls assimilant l'explication sociologique du terrorisme à la justification du terrorisme, les politiques se croient autorisés à dénoncer des courants universitaires “importés des campus nord-américains”; et parfois, comme M. Aubert, député LR du Vaucluse, à citer des noms d'universitaires pour les livrer à la vindicte publique»,

déclare Jean François Bayart qui déplore que la campagne menée contre l'islamo-gauchisme supposé de certains universitaires ouvre la voie à une remise en cause par le Parlement des libertés académiques.


«Le danger ne vient pas de la gauche ou du communautarisme, mais bel et bien de la tentative de mainmise idéologique de la droite identitariste se piquant de laïcisme en oubliant que son modèle, la IIIe République, était la République des professeurs, celle de Ferdinand Buisson, d'Émile Durkheim ou encore de Gambetta qui récusait précisément toute “intransigeance”, et voulait une République laïque et “transactionnelle” fondée sur la recherche du “consensus”. Je suis critique de l'approche des études postcoloniales, et même d'une bonne part des études de genre. Mais je défends leur présence dans l'enceinte universitaire car leur liberté est la mienne.»


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Article payant


https://charliehebdo.fr/2021/02/politique/oas-60-ans-et-encore-quelques-dents/


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OAS : 60 ans et encore quelques dents

Jean-Yves Camus · Mis en ligne le 24 février 2021 · Paru dans l'édition 1491 du 17 février


Voici soixante ans était fondée l'Organisation armée secrète (OAS), qui lutta pour l'Algérie française, y compris en métropole, donnant au pouvoir gaulliste du fil à retordre jusqu'en 1964 par ses actes de terreur et l'entrée en désobéissance de quelques centaines d'officiers qui, le 22 avril 1961, tentèrent un putsch manqué.


Que reste-t-il de l’action des quelque 3 000 membres de l’OAS ? Le choc des mémoires, celle des descendants des victimes de leurs homicides, estimés à 2 700, contre celle des 10 000

descendants des personnes assassinées par le FLN. Un impact politique réduit. Le noyau dur des survivants de l’OAS est réuni dans l’Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l’Algérie française (Adimad), soit, il y a quelques années, 2 200 adhérents, dont 600 anciens détenus politiques, tous amnistiés. Il penche vers l’extrême droite, tendance FN ancienne manière.


Mais le vote des pieds-noirs et de leurs descendants, qui « pèse » 15 % en Région Paca et 12 % en Languedoc, est diversifié.


Selon une étude de l’Ifop datant de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen captait certes 28 % des intentions de vote, mais Nicolas Sarkozy et François Hollande, 26 % chacun. Au second tour, 64 % avaient voté pour le candidat de l’UMP. Avec la disparition des témoins directs, l’extrême droite perd du terrain.


Les dirigeants de l’OAS sont morts. Au Rassemblement national ne reste, mis à l’écart, que le lieutenant légionnaire Louis de Condé, 80 ans passés, qui a participé en 1962 à l’attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle.


L’OAS-Métro-Jeunes, qui rassemblait en métropole les « petites mains » lycéennes et étudiantes de l’organisation, démantelée en 1964, a donné des cadres au parti de Jean-Marie Le Pen, puis au minuscule Parti de la France dont l’ancien OAS Roger Holeindre a été président d’honneur jusqu’à sa mort, en 2020.


Les historiens qui cherchent les derniers survivants peuvent consulter le site deltas- collines.org (double référence aux commandos « Delta » de l’OAS et aux djebels algériens), qui abonde en photos inédites et tient un carnet précis des décès des derniers acteurs.


On se réunit encore pour des cérémonies commémoratives, en mars de chaque année, notamment pour Jean Bastien-Thiry, dernier condamné à mort politique à être fusillé, le 11 mars 1963.


Parmi les dirigeants de l’OAS, des compagnons de la Libération (Château-Jobert, Savelli), de grands résistants (le colonel Godard), des généraux et des colonels (Salan, Jouhaud, - Vanuxem, Argoud) qui ont contribué à libérer la France des nazis. Ils n’ont pas supporté le changement de pied de De Gaulle, entre le « Vive l’Algérie française ! » du discours de Mostaganem, en 1958, et les accords d’Évian consacrant l’indépendance algérienne. L’obsession d’une colonie perdue qui a quand même fait beaucoup de morts. ●


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https://lobservateur.info/le-debat-reprend-la-france-na-pas-colonise-lalgerie-elle-la- fondee/


Le débat reprend. « La France n’a pas colonisé l’Algérie. Elle l’a fondée »

24 février 2021


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Le débat sur la colonisation française en Algérie fait toujours rage. Après une relative accalmie, il refait surface à l’occasion du Hirak qui exige le départ des hommes à la casquette du pouvoir. Côté français, certains soutiennent que la France a créé l’Algérie, ce que les militaires algériens qui tiennent tous les pouvoirs, n’admettent pas.


« La France n’a pas colonisé l’Algérie. Elle l’a fondée ». Sous ce titre, le site Boulevard Voltaire dresse un constat historique et rétablit en quelque sorte une vérité oubliée. L’auteur Xavier Scott, rappelait en 2017, que l’idée que la France ait fondé l’Algérie et donc ne l’ait pas colonisée, vient de Ferhat Abbas, le leader du Front de libération nationale (FLN) et président de la république algérienne du temps du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), lui-même. L’actualité de l’article vient du fait qu’il recalcule sur les réseaux sociaux aujourd’hui.


« On l’oublie souvent, mais l’identité algérienne n’existait pas avant 1830. Jusqu’au VIIIe siècle, les populations qui y vivaient étaient d’origine phénicienne, berbère, romaine et de religion majoritairement chrétienne. Ce sont les Arabes, peuple nomade venant du Moyen- Orient, qui ont envahi toute l’Afrique du Nord et converti de force toutes ces populations. Ainsi, et après quelques siècles de domination arabo-islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico-romaine », souligne l’auteur.


Plus tard, au XVIe siècle, les Ottomans ont pris possession du territoire, avec Alger pour capitale.


« C’est alors que se développa, pendant près de 300 ans, la piraterie barbaresque, arraisonnant tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves

chrétiens, hommes, femmes et enfants. Ainsi, dans l’Alger des corsaires du XVIe siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés », notre Xavier Scott.


Plusieurs ripostes ont été entreprises, dont celle de Charles Quint, puis celles des anglais, des Néerlandais et même ceux de la jeune nation américaine, également victime des actes de piraterie et d’esclavagisme.


Le débarquement des troupes françaises, en 1830, a mis fin au phénomène. « La France ne massacra pas les peuples qu’elle venait de conquérir. Au contraire, la France soigna, grâce à ses médecins, toute la population, amenant cette dernière de moins d’un million, en 1830, à dix millions, en 1962. De plus, la France draina, assécha, fertilisa des sols à l’abandon depuis des siècles, transformant une agriculture moyenâgeuse en une agriculture riche, prospère et exportatrice », soutient l’auteur. Côté algérien, on soutient par contre que la colonisation de peuplement française a fait plus de 4 millions de morts.


Par ailleurs, écrit-il, la France respecta aussi la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, et respecta la religion musulmane.


La France n’était pas motivée par des considérations philanthropiques, reconnaît l’auteur,

« mais cela n’enlève rien au fait qu’elle a réussi à désarmer les différentes tribus et mis en place une infrastructure durable (encore utilisée aujourd’hui) qui a été capitale pour l’État naissant de l’Algérie ». Par ailleurs, « le nom même du pays a été donné par la France en 1839 : jusqu’alors, il était officiellement appelé « le pays de Barbarie ».


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https://www.algerie-focus.com/contribution-le-canada-la-guerre-dalgerie-et-les- massacres-de-philippeville/


Contribution. Le Canada, la guerre d’Algérie et les massacres de Philippeville

 

Algérie Focus La rédaction 24 février 2021


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Le refus des services consulaires du gouvernement du Canada d’accorder un visa à un ressortissant Algérien au motif que celui-ci a fait partie du FLN durant la période 1955-1961 est non seulement une bourde susceptible de détériorer sensiblement les relations algéro- canadiennes mais un précédant grave devant relancer un débat sur l’amnésie lourde et délibérée entourant ce terrible conflit que fut la guerre d’Algérie. A quelques mois du cinquantenaire de l’indépendance algérienne, ce débat est plus que jamais vital.


Cependant, cette petite évocation de l’histoire tumultueuse du passé colonial d’une nation nord-africaine par le pays d’érable ne doit pas inciter certains à verser dans un populisme stérile, mais bel et bien à affronter de face cette histoire occultée. D’abord par la France officielle, pour laquelle ces massacres sont un sujet tabou; puis par l’Algérie, laquelle, au gré des ans et des gouvernements du moment, a souvent hésité à commémorer ces tristes évènements au profit d’autres épisodes de la guerre de libération.


Commençant de prime abord par l’essentiel. Un Algérien s’est vu refuser un visa par une chancellerie étrangère. Quoi de plus banal. Cependant, au lieu de lui faire signifier une fin de non recevoir non motivé, les services consulaires de l’ambassade du Canada à Paris lui font parvenir un courrier au contenu pour le moins subversif et au ton dévastateur.


Le refus de la demande de visa est motivé par le fait que le ressortissant Algérien a été un responsable dans l’organisation du Front de Libération Nationale au royaume du Maroc ; que le FLN est impliqué dans des massacres, nommément ceux de Philippeville (aujourd’hui Skikda) du 20 août 1955 susceptibles d’être qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité; et que par conséquent, ce vieux monsieur, de par ses fonctions à l’époque, ne pouvait ignorer de tels fait.


Pour se faire une idée de la gravité de cette affaire, il suffirait d’imaginer le refus de visa par un pays de la région à un homme d’affaires canadien au motif que ce dernier est le ressortissant d’un pays dont l’armée ( et les firmes contractantes accompagnant ses opérations) est fortement soupçonnée de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de torture en Afghanistan et en Libye.


Logique tourbillonnaire, erreur d’appréciation ou acte de provocation délibéré. Toujours est-il que c’est au chargé d’affaires canadien à Alger qu’incomba la tâche fort délicate et non moins ingrate de rattraper l’immense bourde commise par l’un de ses collègues à Paris. Mission toujours difficile, a fortiori lorsqu’on est confronté dans de tels cas à un autisme institutionnel. Quoi qu’il en soit, presque cinquante ans après la fin de ce conflit meurtrier, le Canada s’y est invité.

Assez mal apparemment. Bien qu’étant un des membres de l’Alliance Atlantique (OTAN), ce pays était indirectement impliqué dans les opérations militaires de l’armée française en Algérie de 1954 à 1962, alors territoire français. De là à accuser le Canada d’avoir contribué par une aide logistique aux interminables bombardements au napalm des zones montagneuses algériennes, il n’y a qu’un pas. Les raccourcis sont toujours aisés.


Quelle mouche prit donc ce fonctionnaire canadien en poste à Paris pour mettre en péril des relations assez stables, des intérêts économiques (notamment ceux du groupe Lavalin) et désormais des liens générés par la présence d’une communauté algérienne au Québec ? A-t-il été induit en erreur par une tierce partie ? Ou bien a-t-il agi de son propre chef en interprétant d’une manière erronée certaines dispositions de lois canadiennes sur les violations du droit

humanitaire international ? Dans ce dernier cas, pourquoi le Canada n’a jamais refusé l’accès sur son territoire de dignitaires de pays violant sans cesse le droit international, le droit humanitaire, les lois de la guerre et la légalité internationale et l’allusion est claire. Toujours est-il que dans ce cas précis mettant en cause un retraité Algérien sollicitant l’accès en territoire canadien, l’on ne saura jamais les motivations réelles d’une telle initiative.


Beaucoup moins connus que les massacres de Sétif et de Guelma du 08 mai 1945, Les massacres de Philippeville sont pourtant un évènement majeur et décisif de la guerre d’indépendance de l’Algérie. Conflit extrêmement complexe, violent et meurtrier. Les massacres du 20 août 1955 sont surtout l’évènement le plus connu en Amérique du Nord et plus particulièrement aux États-Unis d’Amérique quand il s’agit d’évoquer la guerre d’Algérie. En France, ces massacres sont le tabou des tabous. A tel point que l’évènement est totalement occulté, voire officiellement ignoré. Néanmoins, cet épisode dramatique de la guerre est une étape charnière de la guerre d’Algérie tant au niveau interne que sur le plan externe. Enfin, c’est suite à la répression brutale qui s’en suivit qui consacrera la rupture entre les communautés d’Algérie et feront connaître la cause algérienne dans les arènes internationales.


Mais que c’est-il passé Le 20 août 1955 ?


Quelques mois après l’éclatement de l’insurrection du 01er novembre 1954 marquant le début de la guerre d’indépendance algérienne, conflit s’inscrivant dans le cadre des guerres anticoloniales, les premiers maquis des massifs des Aurès, dans le Sud-Constantinois sont entièrement encerclés par les renforts militaires français.


Cette situation conduit quelques chefs historiques de l’ALN à lancer une offensive de diversion dans le Nord Constantinois en adoptant une méthode assez controversée au sein même du FLN : un soulèvement populaire armé évoluant à découvert, face à face. Méthode allant à l’encontre des principes de guérilla, plus idoine pour la révolution algérienne. Qui plus est, L’armée de libération nationale (ALN) manque d’effectifs, est très mal équipée, voire pas du tout et assez mal structurée ; ces carences seront palliées un an plus tard à l’issue du congrès de la Soummam. Toutefois en ce mois d’août torride, Le déclenchement d’une attaque générale d’éléments de l’ALN dans le Nord-Constantinois, en mobilisant des centaines de paysans et de chômeurs sans armes tourne très mal. Plus particulièrement l’attaque d’un petit village d’ouvriers miniers à El-Alia, situé à quelques kilomètres de la ville de Philippeville, au cours de laquelle des familles d’ouvriers sont malheureusement massacrées.


Des femmes et des enfants figurent parmi les victimes. Cela donne lieu à l’une des plus lourdes répressions jamais entreprises par une armée européenne à l’encontre de populations civiles. L’émotion fut très vive. L’enterrement de trente quatre victimes européennes au cimetière de la ville, se transforma vite en un délire hystérique au cours duquel le maire, Paul Dominique Benquet-Crevau laissa fouler au pied les insignes de la république française et refusa fermement les condoléances du Gouverneur général, générant ainsi un climat propice à la violence aveugle.


Les fossoyeurs musulmans du cimetière furent les premiers à en faire les frais car ils furent abattus en pleins funérailles. Les forces spéciales, notamment le 1ER Régiment de parachutistes de l’armée coloniale française, mais également des éléments de la Légion étrangère, des bérets rouges ainsi que des miliciens armés (ce qui était illégal au regard de la

loi) investissent le centre de Philippeville et tirent sur tout ce qui bouge. Au gré du hasard. En cette chaleur de mois d’août, l’hystérie meurtrière se répand comme une épidémie parmi les troupes. Tous les occupants d’un café maure bondée sis en plein centre ville sont mitraillés ; des petits vendeurs ambulants sont abattus ; les militaires ne font plus de distinction entre un prolétaire musulman ou européen car il y eut nombre de méprises. Les ruelles sont jonchées de cadavres qu’il faut enjamber pour rentrer chez soi. Un peu plus loin, des hameaux tel que celui des Béni Malek sont pilonnés à l’artillerie et rasés de la carte. Un bâtiment de guerre, le croiseur « Montcalm » se dirige vers le littoral et pilonnera quelques jours plus tard les côtes entre Philippeville et la presque-île de Collo.


Le renseignement militaire local, dirigé à l’époque par un certain capitaine Paul Aussaresse, averti de longue date de cette offensive par des informateurs locaux, gère assez mal la « pacification » et c’est lui qui ordonne les exécutions sommaires de prisonniers et leurs enterrements dans des fosses communes sur lesquelles de la chaux vive sera jetée. Dans une ville portuaire où les communautés vivaient assez tranquillement jusque là, la rafle des hommes âgés entre 14 et 70 ans, et leur exécution à l’intérieur du stade municipal laissa un souvenir terrible. Les dépouilles de centaines, voire un milliers de victimes sont enterrés dans des fosses communes à coup de bulldozer. Des centaines d’autres disparaissent à tout jamais. La répression dure une dizaine de jours et s’abat plus particulièrement sur le monde rural.


Personne ne sait ce qui se passe. Paradoxalement, la peur rapproche d’abord les communautés avant que la répression ne les éloigne l’une de l’autre. A ce jour, nous n’avons aucun bilan précis de ces massacres du côté des « indigènes ».


Si officiellement, il y eut 123 victimes européennes (dont une soixantaine à El-Alia) et un peu plus de 1200 victimes musulmanes, nul ne pourra donner avec exactitude le chiffre réel des victimes de la répression, qui dépassent de très loin le chiffre officiel. Le nombre de disparus à tout jamais signalés par leurs proches s’élève à lui seul à plus de 15 000. En 1965 et 1966, on les considéra officiellement comme morts avec statut de martyr et les services d’État-civil des communes de résidence des familles des victimes furent instruits de leur délivrer un extrait d’acte de décès. Ce chiffre approche de celui fourni par certains experts concernant ces massacres (9000 à 12 000 morts pour les plus objectifs, voire 20 000 morts selon des associations des familles des victimes)


Indubitablement, ces massacres de populations civiles (puisqu’il y eut relativement peu de pertes du côté des combattants) peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.


Mais il y a un obstacle. Et de taille.


Tous les évènements de la guerre antérieurs au 19 mars 1962, date officielle du cessez le feu, sont frappés du sceau de prescription.


Y compris les innombrables crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de torture et exécutions sommaires commis par les militaires de l’armée française. On devrait inviter ce fonctionnaire canadiens à visiter le bulldozer, érigé jusqu’à ce jour en monument au dessus des charniers du stade municipal de la ville de Skikda, ex-Philippeville, pour appréhender quelques notions de crimes contre l’humanité.

Ce fut un drame épouvantable de l’histoire contemporaine algérienne. Malheureusement, d’autres évènements tragiques, d’autres drames affectant l’ensemble des communautés

d’Algérie se succéderont jusqu’en 1962 et au-delà, mais aucun ne sera aussi meurtrier que ne le furent les massacres de Philippeville-Skikda du 20 août 1955.


Et c’est cet évènement Algéro-algérien (car qu’on le veuille ou pas, l’ensemble des communautés ayant vécu ou vivant sous le soleil d’Algérie sont algériennes) qu’évoqua la lettre du service des visas de l’ambassade du Canada pour justifier un refus de visa à un ressortissant algérien. Par ce fait, le Canada se retrouve traîné dans les sables toujours mouvants d’une guerre d’Algérie dont les conséquences sont aujourd’hui très lourdes des deux côtés de la Méditerranée. Et c’est en plein milieu d’une période troublée en Afrique du Nord et en Méditerranée, qu’un obscur fonctionnaire canadien a choisi de jeter un gros pavé dans la mare des relations historiques entre l’Algérie et la France, soulevant un nombre infini d’interrogations d’ordre géostratégique impliquant d’autres puissances dans l’espace régional. Depuis quelques années, en effet, le Canada est utilisé par d’autres puissances comme proxy dans des approches spécifiques envers des pays de la région MENA. Un mouvement traduisant des intentions assez ambigües.


Dans tous les cas, c’est une grande maladresse diplomatique à l’égard d’Alger que d’évoquer des drames inhérents à une terrible guerre de libération dans des affaires de gestion courante. A fortiori lorsque les blessures encore béantes de ce conflit tardent à se cicatriser.


Cette situation est due en partie au refus obstiné du travail de mémoire ; à l’occultation de l’histoire et l’amnésie collective et officielle ayant frappé cette guerre terrible à tous les égards. Car si le travail historique a été fait, ce fonctionnaire n’aurait jamais évoqué ces faits hors d’un contexte historique précis dans un pays où les conséquences dramatique de la guerre se font encore sentir profondément dans les structures mentales et socioculturelles des populations algériennes. Il est grand temps qu’en Algérie ou en France, le travail de mémoire, non encore accompli, devrait préparer celui d’une repentance toujours refusée et d’une réconciliation inévitable de part et d’autre. Le Lobby pied-noir est important en France ; celui de la Famille révolutionnaire déterminant en Algérie. D’où les sollicitations intéressées du politique à leur égard dans les deux pays.


Hormis un long martyrologue, une sempiternelle complainte d’un côté, et, une profonde haine revancharde de l’autre, le travail de deuil ne s’est pas fait. Une chose doit être tenue pour certaine : la France officielle ne présentera jamais d’excuses pour son histoire coloniale ni à l’Algérie ni à n’importe quel autre de ses anciennes colonies, protectorats ou territoires. Plus particulièrement en ces temps troubles où le clan au pouvoir à Paris s’est vu confier un nouveau rôle sur la scène internationale.


Rôle allant envers tout ce qu’a pu représenter un Gaullisme aujourd’hui bel est bien défunt. Qu’à cela ne tienne, en 2011, on devrait pouvoir se dire les choses directement et en face dans un climat serein et apaisé. La période 1954-1962 est un épisode révolu. La page doit être tournée loin de toute politique politicarde ou de sentimentalité revancharde, malgré les fixations des ultras.


Qu’il y ait eu de très nombreuses erreurs de part et d’autres, cela est un fait aujourd’hui reconnu par tous. Sachons au moins ne pas les perpétuer ad vitam aeternam. L’histoire doit être écrite. Les protagonistes encore vivants ont l’obligation morale et le devoir de témoigner.


C’est désormais une nécessité.

Wissem Chekkat

Originally posted 2011-10-05 17:08:50.


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https://www.lepoint.fr/debats/colonial-un-jour-colonial-toujours-23-02-2021- 2415129_2.php


Pour l’historien Pierre Vermeren, la rumination des souffrances et des humiliations du passé bloque et détourne le regard du présent.

23 février 2021


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Photo d'illustration. © Bruno LEVESQUE / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP


Les effets pervers du décolonialisme dans la recherche académique ne seront ni bénins ni réductibles à quelque fantasmagorie universitaire.


La recherche a des effets de long terme : elle produit des connaissances qui changent notre vision du monde, et ses carences produisent des effets inattendus.


L'université française de la première moitié du XXe siècle a formé la génération politique et intellectuelle qui a détruit les empires coloniaux européens : Zhou Enlai, Habib Bourguiba, Vo Nguyên Giap (université d'Indochine), Ahmed Balafrej, Ferhat Abbas (université d'Alger), Léopold Sédar Senghor...


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Pin's Numéroté Pieds-noirs En France 30 Ans Après / Redwick


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https://www.livreshebdo.fr/article/bayard-lance-deux-collections-de-sciences-humaines


Bayard lance deux collections de sciences humaines

Par Cécilia Lacour, Créé le 24.02.2021 à 18h58, Mis à jour le 24.02.2021 à 23h07


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Bayard inaugure deux nouvelles collections de sciences humaines au mois de mars.


Dirigée par l’historien spécialiste de l’Algérie et du Maghreb Benjamin Stora, "Contrepoint" propose un dialogue entre deux intellectuels. "Plus qu’un débat, c’est l’enrichissement mutuel de deux points de vue", souligne l’éditeur dans un communiqué. Deux premiers titres paraîtront le 17 mars. Dans Penser les frontières, l’écrivain et philosophe Régis Debray et Benjamin Stora échangent autour de la notion de frontière qui dessine les contours d’un Etat- nation, celle qui se franchit pour échapper à des contraintes ou se ferme dans un souci de protection.


L’historien et membre de l’Académie française Pierre Nora dialogue avec Benjamin Stora sur les Mémoires coloniales.


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Ensemble, ils examinent l’approche post-coloniale appliquée aux questions migratoires et interrogent la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie dans l’histoire de l’immigration en France.


Dirigée par Gilberte Tsaï, "Grand ouvert" envisage l’avenir, donne vie à des "utopies concrètes, des rêveries qui s’incarnent, des écarts qui se rendent visibles" sous la plume d’auteurs engagés. Trois premiers titres paraîtront le 31 mars. Voir le temps venir réunit onze contributions sur la notion de temps, sous la direction de Jean-Christophe Bailly. Barbara Cassin et Danièle Wozny et met certains de leurs projets en lumière comme les banques culturelles solidaires ou le dictionnaire des intraduisibles des trois monothéismes.


Enfin, Gilles Clément propose, avec un brin d'humour, de profiter des travaux de rénovation de Notre-Dame-de-Paris pour en faire un jardin sous serre dans Notre-Dame-des-plantes.


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https://www.algerie360.com/le-corbusier-et-le-mzab-une-histoire-damour-et- darchitecture/

 

Le Corbusier et le M'Zab, une histoire d'amour et d'architecture
- Algerie360 -

Mercredi 24 février 2021


On doit l’univers architectural de la cité du M’Zab aux Ibadites, qui l’ont bâti aux 10ᵉ siècle. Ce bijou d’urbanisme et de communion avec la nature, a suscité la fascination de plusieurs célèbres architectes, et parmi eux, Le Corbusier, qui a découvert la vallée en 1931, lors d’un voyage en Algérie.


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Malgré que le célèbre architecte n’avait pas pu visiter l’intérieur des maisons qui constituaient la vallée des M’zab, vu que ces dernières étaient fermées aux étrangers, le Corbusier a quand même éprouvé une grande fascination face à ce bijou architectural, dont le centre était selon lui « l’homme nu, l’homme instinctif, individuel, collectif et cosmique ».


Incroyablement influencé par l’architecture et le paysage de la vallée du M’Zab, par les cinq villages fortifiés, ou K’Sours, qui se dressent depuis des siècles sans prendre une ride, le Corbusier revient en Algérie en 1933, deux ans seulement après sa première visite.

Pour passer outre sa frustration, de ne pas avoir pu visiter les maisons de la cité, fermées aux étrangers, le Corbusier avait survolé les cités du M’Zab, et là il tombe encore plus sous le charme. Alors qu’il était convaincu que la ville était « une croute sèche de terre battue brulée par le soleil », il découvre du hublot de son avion « un miracle de sagacité, d’ordonnance savante et bienfaisante, une anatomie brillante ».


Le célèbre architecte ajoute, en décrivant passionnément la cité Ibadite, « qu’au dedans s’ouvrent comme des coquillages vivants, les savoureuses verdures des jardins ». Sans aucun doute, le Corbusier a été marqué pour la vie. On retrouve l’influence du M’Zab dans son œuvre la chapelle de Ronchamp, construite en 1955. Une bâtisse que lui avait inspiré la mosquée de Sidi Brahem.



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Le M’Zab, une oasis d’inspiration pour l’architecture universelle

Outre le Corbusier, plusieurs célèbres architectes sont tombés sous le charme de la cité Ibadite. André Ravéreau, par exemple, qui a fait la connaissance des K’Sours du M’Zab en 1949, alors qu’il était encore un étudiant, n’a pu que revenir, comme le Corbusier, en Algérie, là où il va fonder son « Atelier du Désert ».


Ce qui a le plus marqué André Ravéreau, c’est « l’unité générale du caractère ». L’architecte déclare sa fascination face à ce qu’il a appelé des « solutions architecturales égalitaires », qui font que toutes les bâtisses, qu’elles soient des maisons, des mosquées, des barrages, répondent toutes à un seul geste, à une seule influence, comme dans un seul souffle et un unique élan artistique.


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Hassan Fathy aussi, le célèbre architecte Égyptien, a été séduit par l’architecture Mozabite. Le récipiendaire du prix Nobel alternatif en 1980, déclare que « chaque ligne de la cité exprime l’être qui l’a faite. Comme un habit à sa taille : dedans il se sent à l’aise, ce n’est ni trop grand ni trop serré… ».


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Article payant


https://www.jeuneafrique.com/1126037/economie/en-etat-dalerte-air-algerie-joue-sa- survie/


En état d’alerte, Air Algérie joue sa survie

| 25 février 2021 à 10h05 | Par Djamila Ould Khettab - à Alger Mis à jour le 25 février 2021 à 10h07

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En grande difficulté financière, aggravée par la crise du covid-19, Air Algérie doit concéder plus d’efforts pour supporter le choc.


Terrassée par la crise sanitaire, comme l’ensemble du secteur aérien, Air Algérie traverse une zone de turbulence d’une ampleur inégalée. La compagnie publique algérienne accuse un recul de 37 % de son bénéfice net pour 2020. Le manque à gagner pour le transporteur public algérien s’élève à plus de 40 milliards de dinars, soit environ 250 millions d’euros.


« C’est une chute drastique de nos revenus. Nous n’avons jamais connu une telle baisse en quelques mois », déplore Amine Andaloussi, porte-parole d’Air Algérie.


Avec la fermeture des frontières du pays, ordonnée en mars 2020, l’activité est toujours au point mort. Clouée au tarmac de l’aéroport Houari Boumediene, à Alger, la flotte d’Air Algérie, composée de 56 appareils, a très peu servi. L’entreprise publique a transporté 1,5 million de passagers en 2020, contre 17 millions en 2019, selon la direction.


Depuis mars, seules les opérations de rapatriement, essentiellement vers la France, l’Espagne, l’Égypte et le Canada, ont maintenu le personnel navigant occupé.

Une reprise domestique poussive


« Nous avons également desservi des destinations où nous n’étions pas présents auparavant comme l’Inde, la Malaisie et les États-Unis », précise Amine Andaloussi. Au total, près de 40 000 personnes ont pu être rapatriées en un an.


Encore plusieurs milliers espèrent un retour en Algérie.


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https://www.causeur.fr/les-statues-de-la-discorde-jacqueline-lalouette-191973


Les statues, source de discorde

Entretien avec Jacqueline Lalouette


Par Isabelle Marchandier - 25 février 2021


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En juin dernier, dans une déclaration martiale comme il a coutume de faire, Emmanuel Macron affirmait que la « République ne déboulonnera pas de statues ». Force est de constater que le contraire est arrivé dans plusieurs départements ultra marins. Dans son dernier essai (1), l’historienne Jacqueline Lalouette recense statues et monuments vandalisés ou détruits par le mouvement antiraciste et décolonialiste dans différents pays du monde, des Etats-Unis à l’Australie en passant par des pays européens… en particulier la France. En s’appuyant très précisément sur divers exemples, elle montre comment certains militants antiracistes et décolonialistes manipulent l’histoire – à moins qu’ils l’ignorent – pour faire table rase d’un passé qu’ils jugent indésirable.


Isabelle Marchandier. Dans votre essai, vous faites la liste des statues et des monuments vandalisés ou détruits en France et dans le monde par la fureur iconoclaste du mouvement antiraciste et décolonialiste. Un continent y échappe : l’Asie. Comment expliquez-vous cette exception ?

Jacqueline Lalouette. Mon essai se rapporte uniquement aux événements de 2020. Si l’Asie n’y figure pas, c’est que, du moins dans les pays ayant été colonisés par la France, ne furent pas érigées de statues ayant un rapport avec l’esclavage. En revanche, il existait des statues de Français concepteurs ou acteurs de la colonisation : celles de Gambetta et de l’explorateur Francis Garnier à Saigon, celle de Jules Ferry – grand partisan de la colonisation – à Haiphong, celle de Paul Bert – résident général de l’Annam-Tonkin en 1886 – à Hanoï. En outre, Jules Ferry et Paul Bert, le second surtout, étaient partisans de la hiérarchisation des races et considéraient que la « race jaune » était inférieure à la « race blanche ». Ces statues ont toutes disparu après le départ des Français provoqué par la défaite de Dien-Bien-Phu et les accords de Genève (1954), ce qui a contribué à effacer le souvenir de la colonisation française. En Inde, la statue du Français Joseph François Dupleix, gouverneur de Pondichéry, érigée en 1870, fut transférée dans les jardins du Consulat français en 1965 ; à sa place, s’éleva celle du premier ministre Jawaharlal Nehru, figure de l’Indépendance indienne. Puis, en 1982, l’effigie de Dupleix fut installée dans le Children’s Park de la ville. Toujours en Inde, des statues d’Anglais furent détruites après l’Indépendance, mais, à Calcutta, le mémorial de la reine Victoria a été préservé.


La mort de George Flyod et les revendications du mouvement antiraciste Black Lives Matter ont allumé la mèche de cette fureur iconoclaste. Sans cet événement tragique, le tag « Négrophobie d’État » aurait-il été peint sur le piédestal de la statue de Colbert, devant l’Assemblée Nationale ?


Si l’épisode iconoclaste qui traversa la France en 2020 ne fut pas étranger à la fièvre états- unienne et planétaire consécutive à l’assassinat de George Floyd, il faut néanmoins relativiser cette concomitance, et rappeler que certaines statues érigées en France continentale ou ultramarine étaient contestées depuis plusieurs années.


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Statue de Colbert dégradée à Paris, juin 2020 © Thibault Camus/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22467076_000005


Ainsi, en 2020, l’iconoclasme s’est manifesté en Martinique dès le 22 mai, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans ce département ultramarin, soit trois jours avant le meurtre de George Floyd. Même sans la mort de celui-ci, la statue de Colbert aurait sans doute été vandalisée, car elle est contestée depuis plusieurs années par le Collectif représentatif des associations noires (CRAN). Son président, Louis-Georges Tin, publia le 28 août 2017 dans le journal Libération une tribune expliquant son hostilité à cette statue parisienne du grand ministre de Louis XIV. Au même moment, le mouvement Black Lives Matter, fondé en 2013, contestait la présence, dans le Sud des États-Unis, des statues des généraux confédérés qui étaient favorables au maintien de l’esclavage durant la Guerre de Sécession. Louis-Georges Tin expliqua alors que l’on ne pouvait pas approuver l’action des manifestants de Charlottesville et tolérer la présence de la statue de Colbert à Paris. Il y a donc bien un lien entre l’action des militants américains et celle des militants français, mais il est antérieur à 2020.


Le cas de Colbert est-il symptomatique de cette damnatio memoriæ, de ce châtiment post mortem jeté par un antiracisme en quête de réparation ?


Après avoir été pendant longtemps une personne relativement consensuelle pour les Français, Colbert a incarné la prétendue « négrophobie de l’Etat ». Le cas de Colbert est surtout symptomatique de l’ignorance de certains militants ou de leurs manipulations de l’histoire. On reproche à Colbert d’avoir rédigé et signé le « Code noir », expression apparue en 1718 pour désigner un ensemble de textes relatifs au statut des esclaves dans les colonies françaises. La première ordonnance, relative à la Martinique, fut achevée et signée au printemps 1685 : or Colbert est mort en septembre 1683. Cependant, c’est bien lui qui, en 1681, au nom de Louis XIV, a confié à l’intendant de la Martinique le soin de recueillir les informations concernant les esclaves de cette île. Il voulait imposer à tous les maîtres un règlement unique, d’origine royale, affirmer l’autorité de Louis XIV sur cette colonie et combler un vide juridique en codifiant tout ce qui concernait le statut des esclaves. La première signature figurant sur l’ordonnance est celle de Louis XIV, et la seconde est bien celle de Colbert, mais il s’agit du fils du Grand Colbert, qui avait pris la succession de son père. A partir de ce texte, la loi – et donc le roi – s’interposa, du moins en théorie, entre l’esclave et le maître et limita le pouvoir arbitraire de ce dernier. Cette ordonnance de 1685 n’incarne donc pas un racisme d’Etat, mais la puissance de la monarchie absolue. D’ailleurs, le document déplié sur les genoux de la statue de Colbert n’est pas l’ordonnance, mais le plan de l’hôtel des Invalides ! Affirmer que cette statue a été érigée à la gloire de l’esclavage est le fait de militants voulant faire de la France un État négrophobe régi par un « racisme systémique ».


Cette falsification historique est également à l’œuvre dans ce que vous appelez « la haine antischœlcherienne » à l’origine de la destruction des statues de Victor Schœlcher, le père de l’abolition de l’esclavage en France…


Hier encore, Schœlcher était grandement loué, entres autres, par des grandes figures de la scène littéraire comme Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire.


En 2020, cinq des monuments à son effigie ont été tagués, abattus ou détruits en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane.

Pourquoi une telle hostilité envers celui qui était jusqu’alors présenté comme le « père » du décret d’abolition de l’esclavage (27 avril 1848) – l’un des actes majeurs de la jeune Seconde République – et dont les cendres furent transférées au Panthéon en 1949 ?


Des militants antillais indépendantistes lui reprochent, au contraire de ne pas avoir été l’abolitionniste et l’ami des noirs comme on l’a traditionnellement dépeint. Pour ce faire, ils tronquent et manipulent ses écrits afin de lui prêter des pensées racistes et de prétendre qu’il fut pendant longtemps opposé à l’abolition totale de l’esclavage.


Les militants du Mouvement International des Réparation (MIR) lui reprochent aussi d’avoir voulu que les propriétaires d’esclaves soient indemnisés de la perte de leurs « propriétés », et d’avoir été opposé à l’indemnisation des esclaves, ce qui est faux.


Mais, lorsque la question des indemnités fut discutée, en 1849, Victor Schœlcher n’était plus sous-secrétaire d’État, il n’était qu’un député parmi d’autres et appartenait même à l’opposition ; son point de vue n’avait aucune chance d’être pris en compte.


Certains historiens et d’autres militants estiment aussi que la figure de Schœlcher a effacé le souvenir des luttes émancipatrices des esclaves. D’après eux, ce sont eux qui se sont libérés eux-mêmes.


Leur point de vue s’explique par un épisode historique survenu au printemps 1848. En Martinique, après l’annonce de la signature du décret d’abolition de l’esclavage, les esclaves attendaient avec impatience leur libération, qui devait arriver deux mois après l’arrivée du nouveau gouverneur, qui débarqua le 3 juin.


Entre temps, le 20 mai, une importante révolte éclata à la suite de l’emprisonnement d’un esclave par son maître. Pour y mettre fin, le 23 mai, le gouverneur provisoire décida de déclarer immédiatement l’abolition, qui est survenue ainsi 70 jours avant la date prévue. Aussi, des militants martiniquais estiment que les esclaves se sont libérés eux-mêmes et que Victor Schœlcher a été glorifié à leur détriment.


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Rassemblement de pieds-noirs au pied de la statue de Bugeaud, en France.


La statue de la petite sirène de Copenhague a fait également les frais de cette violence symbolique de l’antiracisme en se faisant taguer de « Racist Fish » alors que le conte d’Andersen ne contient aucune allusion raciste. Ces actes de vandalisme traduisent-ils un fanatisme inculte, cette « colère sans intelligence » qui selon le philosophe Peter Sloterdijck caractérise notre époque ?


A première vue, le vandalisme dont a été victime la statue de la petite sirène paraît totalement incompréhensible, car il n’y a rien de raciste dans le célèbre conte d’Andersen. Mais cette sirène est considérée comme le symbole de Copenhague, capitale du Danemark, pays qui a colonisé le Groenland, où la statue d’un missionnaire danois a d’ailleurs été vandalisée par des Inuits le 21 juin 2020. L’explication est peut-être à chercher du côté de l’histoire groenlandaise, la petite sirène n’ayant elle-même strictement rien à voir avec l’accusation de racisme. Une autre explication est envisageable : à côté d’autres héroïnes d’Andersen (la petite fille aux allumettes, la princesse au petit pois, etc.), la petite sirène peut symboliser aussi le célèbre écrivain lui-même. Or, celui-ci a publié au moins un conte indéniablement raciste, Le pou et le professeur, deux personnages qui arrivent dans un pays africain peuplé de sauvages anthropophages.


Votre livre s’intitule Les statues de la discorde. Quelles seraient les statues de la concorde ? Sont-elles encore possibles dans une nation fracturée par un identitarisme racialisé qui vise à diviser la communauté nationale en cultivant la lutte des races ?


Oui, je pense que l’on peut ériger des statues « de la concorde ». Il en existe d’ailleurs déjà outre les bustes d’Aimé Césaire. Ainsi, Toussaint-Louverture, qui a combattu le rétablissement de l’esclavage à Saint-Domingue, est statufié à Massy, Bordeaux et à La Rochelle. Louis Delgrès, qui est mort en 1802 en se battant contre le retour de l’esclavage en Guadeloupe, a de très nombreux bustes sur l’ile et figure également sur un beau monument

installé au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis. La mulâtresse Solitude, est statufiée en Guadeloupe et à Bagneux dans les Hauts-de-Seine. Plusieurs esclaves de La Réunion qui s’étaient révoltés en 1811 y sont statufiés. Or, ces statues, ces bustes ne semblent pas connus, peut-être parce qu’ils ne se trouvent pas à Paris. On peut encore penser à d’autres figures, par exemple à Ranavalo III, reine malgache privée de son trône par la France : pourquoi ne lui élèverait-on pas un buste dans des villes françaises où elle a séjourné comme à Saint- Germain-en-Laye, à Fontainebleau ou encore à Arcachon ? Statufier des figures emblématiques de pays autrefois colonisés par la France pourrait apporter une satisfaction symbolique à des populations qui estiment être discriminées ou insuffisamment prises en considération.


Contrairement à l’Histoire qui est par nature clivante, la Nature, elle, a l’avantage d’être neutre et consensuelle, faut-il s’attendre à statufier à l’avenir des arc en ciel, des arbres et des animaux ? Et à défaut de déboulonner, va-t-on végétaliser ces statues de la discorde ?


Vous ne croyez pas si bien dire. A Dijon, il existe un visage humain réalisé en feuilles d’arbre artificielles, d’un vert intense. A Lille, le nom de Faidherbe inspira un plaisantin qui suggéra de végétaliser sa statue, pour que ce général fût effectivement « fait d’herbe ». Quant aux animaux, ils sont eux aussi statufiés.


La statue de la célèbre bête du Gévaudan se dresse à Marvejols en Lozère depuis 1958 ; et, depuis 1995, cet animal terrifiant est aussi représenté à Auvers, en Haute-Loire, face à une jeune fille qui parvint à le mettre en fuite. A Nîmes, deux célèbres statues de taureau existent.


La plus ancienne, de facture classique, fut érigée en 1937 ; la seconde, de conception moderne, a pris place près des Arènes en 2018. En 2020, deux inconnus la dégradèrent en y inscrivant leurs prénoms. Il existe, en effet, un vandalisme que l’on pourrait qualifier d’imbécile, qu’aucun élément idéologique clivant ne peut expliquer, consistant à taguer, à briser un nez, des doigts, etc.


Outre les statues de « grands hommes », la tendance est aussi à statufier des personnages anonymes, par exemple une jeune femme rêveuse, coiffée d’un large chapeau, assise sur un banc, rue Bonaparte à Paris, l’ensemble femme et banc étant en bronze.


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https://notrejournal.info/Question-ecrite-no-36486-de-Monsieur-le-Depute


situation des femmes veuves de harkis résidant en Algérie

Mardi 23 février 2021, par Serge AMORICH , popularité : 34%


Question écrite n° 36486 de Monsieur le Député Adrien QUATENNENS (La France insoumise - Nord) publiée au JO le 23/02/2021

Monsieur Adrien QUATENNENS attire l’attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants sur la situation des femmes veuves de harkis résidant en Algérie. Les modalités d’attribution de l’allocation de reconnaissance en faveur des conjoints d’anciens harkis, moghaznis ou personnels des autres formations supplétives sont régies par le décret n° 2016-188 du 24 février 2016. M. le député a toutefois été interpellé par des veuves et des familles de veuves ayant entrepris les démarches auprès de la direction générale de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONACVG) et demeurant sans réponse.


Après de nombreuses relances, ces familles accompagnées par M. le député apprenaient que l’allocation de reconnaissance prévue par la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ainsi que l’allocation viagère régie par la loi de finance n° 2015-1785 du 29 décembre 2015 étaient soumises à la condition de domiciliation en France.


Or, dans ces cas, ni les anciens combattants aujourd’hui décédés, ni leurs veuves, n’ont été domiciliés en France métropolitaine, et ne peuvent à ce titre prétendre à ces allocations de reconnaissance. Les dispositions actuelles créent ainsi condition d’inégalité manifeste entre les veuves de combattants supplétifs en fonction de leur lieu de domiciliation. Il l’interroge donc sur la conformité de cette discrimination territoriale, et lui demande quelles mesures elle compte prendre pour y remédier.


Je remercie Monsieur le Député d’avoir posé cette question écrite très importante pour la communauté rapatriée.


Serge AMORICH

Délégué national de la Fédération Nationale des Rapatriés (F N R) pour les questions de retraite


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https://present.fr/2021/02/26/crise-sanitaire-et-derives-sectaires/


Crise sanitaire et « dérives sectaires »

 

Par Franck Deletraz Publié le 26 février 2021


Jeudi, la fameuse « Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires », que l’on sait davantage occupée à traquer les prétendues « dérives » au sein de l’Eglise catholique que les véritables sectes, a enfin rendu à Marlène Schiappa son rapport sur les dernières tendances des mouvements sectaires en France.


Un rapport doublement sans surprise. D’abord parce qu’il semble découvrir ce que tout le monde sait depuis longtemps : à savoir qu’en période de crise sanitaire et de grande inquiétude, les charlatans et autres Philippulus prospèrent. Ensuite, parce que, comme l’on pouvait s’y entendre, celui-ci n’a évidemment pas manqué l’occasion de ranger dans les auteurs de « dérives sectaires » tous ceux qui ont aujourd’hui le toupet de mettre en doute ou de critiquer les « vérités » officielles que nous assène le gouvernement.


Au bonheur des charlatans


Rappelons d’abord que ce rapport est le résultat d’une mission qu’avait confiée à l’automne dernier Marlène Schiappa à la MIVILUDES, au Service central du renseignement territorial, et aux Inspections générales de la police et de la gendarmerie, visant à dresser une

« cartographie précise » des « dérives sectaires » en France. Or, qu’ont-ils découvert ?

En premier lieu, et ce n’est guère surprenant, que les signalements dans ce domaine ont très fortement augmenté à la faveur de la crise sanitaire, passant ainsi de 2 008 en 2019 à 3 008 en 2020.


Sur ce dernier chiffre, 686 signalements ont été jugés sérieux, et une vingtaine de ces derniers ont donné lieu à des procédures judiciaires.


Dans 41 % des cas, indique le rapport, ces signalements portent sur des propositions en matière de santé ou de bien-être, telles que des conseils bidon pour se prémunir du Covid, des pseudo-remèdes à base de légumes ou de pierres magiques proposés par de faux thérapeutes ou encore, phénomène en vogue chez les bobos, la promotion du « crudivorisme », une pratique qui consiste à consommer les aliments crus…


Des « conseils » et des « soins » proposés bien sûr la plupart du temps à des « prix exorbitants ».


« Dérives sectaires » ou critiques du gouvernement ?


Autre phénomène qui inquiète bien sûr la MIVILUDES : les 25 % de signalements

concernant des « dérives sectaires » de « mouvements religieux ».


Parmi ceux cités par le rapport, les Témoins de Jéhovah, qui auraient notamment profité de la crise sanitaire pour « faire du prosélytisme abusif » auprès de la population.


Mais, surtout, les Eglises évangéliques, dont certaines, insiste lourdement la MIVILUDES,

« se développent grâce à des influences étrangères, qui prônent des valeurs contraires à celles portées par la République française : refus de l’égalité femme-homme, diabolisation de l’homosexualité, thérapies de conversion, etc. ».


En clair : des Eglises que l’on ne peut plus vraiment qualifier de sectes à proprement parler, mais dont les fidèles ont l’énorme tort d’être bien souvent des partisans de Trump et de dénoncer l’actuelle dictature sanitaire.


A ce propos, on n’aura d’ailleurs pas été surpris de voir ce rapport de la MIVILUDES tirer le signal d’alarme au sujet des « discours complotistes sur la pandémie présents sur internet et les réseaux sociaux »…

 


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Les dessins du jour


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