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- Revue de presse N° 334

- 2020 - {2003-2020 – 17ème année}

- Articles du 29 novembre 2020

 


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https://eurolibertes.com/histoire/la-guerre-dalgerie-a-t-elle-ete-un-djihad/


La guerre d’Algérie a-t-elle été un djihad - Eurolibertés

Par Euro Libertes 28 novembre 2020


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Entretien avec Roger Vétillard, auteur de La guerre d’Algérie, une guerre sainte ? aux éditions Atlantis

La guerre d’Algérie est à l’origine de très nombreuses publications. On pourrait penser que le sujet est épuisé. Vous écrivez une nouvelle présentation de ce conflit en étudiant sa dimension religieuse. Comment êtes-vous arrivés à étudier le thème de l’Islam dans la guerre d’Algérie, aspect peu évoqué par ailleurs ?


En 2015, l’Association pour l’Histoire m’a demandé de présenter une communication sur ce sujet lors d’un colloque qu’elle organisait à Paris. J’avais noté auparavant, comme beaucoup, que durant la guerre d’indépendance le F.L.N avait utilisé l’Islam pour être mieux accueilli par les populations musulmanes, notamment dans les campagnes. Mais, influencé par les écrits des historiens spécialistes de ce conflit, je pensais que l’emploi de l’islam n’était que stratégique. Or le travail de recherches que j’ai réalisé pendant plus de 5 ans m’a permis de constater que son rôle était loin d’être marginal.


Êtes-vous donc le premier à objectiver le rôle important qu’a joué l’Islam à cette période ? Personne avant vous n’avait travaillé dans cette direction ?


Pour être objectif, les observateurs qui ont compris que la religion musulmane était partie prenante de la guerre d’Indépendance ne sont pas rares. Léon Feix a écrit en 1955 dans les Cahiers du communisme que « les dirigeants nationalistes algériens ont repris la formule de l’Algérie musulmane ». Albert Camus en 1956 écrivait à Jean Grenier « Les musulmans ont de folles exigences : une nation algérienne indépendante où les Français seront considérés comme étrangers, à moins qu’ils ne se convertissent à l’islam ». Raymond Aron en 1957 annonçait que les non-musulmans ne pourraient pas vivre dans une Algérie indépendante. En 1962, dans un numéro spécial de la NEF, André Delisle explique toute l’importance de l’arabo-islamisme dans l’idéologie du FLN.


Des historiens, parmi lesquels Gibert Meynier, Mohammed Harbi, et dans une moindre mesure, Guy Pervillé, y ont également fait référence mais sans faire d’étude spécifique.

EL- Votre livre est riche en révélations. Vous pourriez parler de beaucoup d’autres sujets, mais comment expliquez-vous que l’aspect religieux de la guerre d’Algérie n’ait pas été traité par les historiens ?


Gilbert Meynier et Mohammed Harbi en parlent et je me réfère souvent à leurs publications. Guy Pervillé ne l’ignore pas. Gérard Crespo et Jean-Pierre Simon viennent de publier un livre sur l’Islam à l’origine de la guerre d’Algérie. Mais cette religion est mal connue des auteurs français, chacun imaginant qu’elle est un culte similaire aux religions chrétiennes et juive. Ils n’envisagent pas qu’il s’agit d’une idéologie qui infiltre chaque instant de la vie de ses fidèles. C’est un code civil, une hygiène de vie. Qui n’y adhère pas est un infidèle, c’est un citoyen de seconde zone. Bref, peu imaginaient et imaginent encore aujourd’hui l’importance de ce facteur.


À partir de quels moments l’Islamisme est-il intervenu dans ce conflit ?


Depuis bien avant le début de la guerre. En 1830, l’empire ottoman domine la Méditerranée. En 1920, après la 1ère guerre mondiale, l’empire est réduit à la Turquie. Le califat n’existe plus. Les musulmans réagissent, ils s’organisent pour retrouver la suprématie perdue : Conférence islamique internationale de la Mecque en 1926, création de la Société des Frères musulmans en 1928, de la revue La Nation Arabe par Chekib Arslan en 1930 à Genève, Congrès Islamique à Jérusalem en 1931, Création de l’Association des Oulémas en Algérie en 1931, Congrès Musulman à Alger en 1936, Société pour l’Islam au Pakistan créée par Abdul

Ala Maududi en 1939… Cela contribue à une agitation dans les pays musulmans, notamment en Algérie, où les oulémas, qui sont des arabo-islamiques wahhabites puis salafistes, font en quelque sorte de la métapolitique et vont former toute une génération de responsables : 18 des 22 créateurs du FLN (réunis au sein du CRUA) en 1954 sont issus de la formation politico- religieuse donnée par ces oulémas. L’arabo-islamisme est présent très tôt au sein du FLN et de l’ALN. Dans les maquis et dans les douars où l’ALN intervient, les cinq prières quotidiennes sont imposées, de même que la charia, la langue arabe, celle du Coran, est utilisée, l’alcool, le tabac sont interdits.


Vous parlez de la « taqiya ». Dans quel but a -t-elle été utilisée?


Je traduis ce mot arabe par « saint-mensonge ». C’est pour dire que dans la religion musulmane, on peut mentir pour la bonne cause, notamment dans le cadre d’un djihad (d’une guerre sainte) pour aider à son accomplissement. Ainsi, le journal officiel du FLN pendant la guerre a pour titre El Moudjahid, c’est-à-dire le soldat de la foi islamique. Mais en français il s’appelle Le Combattant – alors que le mot combattant se traduit en arabe par muqatil, pour ne pas inquiéter la gauche française qui soutenait le FLN et dont chacun sait qu’elle est athée ou chrétienne progressiste. De la même façon alors qu’en 1960 Ferhat Abbas, président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne lance un appel en 1960 aux chrétiens et juifs d’Algérie pour leur dire qu’ils auront leur place dans l’Algérie indépendante, quelques mois plus tard il sera désavoué par Lakhdar Ben Tobbal, ministre de l’intérieur, qui explique lors d’une conférence de presse au Maroc que de telles déclarations ne sont que tactiques et qu’il n’est pas question que les non-musulmans occupent des postes de responsabilités dans l’Algérie indépendante.


Enfin, en vous lisant, on ne peut que se référer au contexte contemporain. Pensez-vous que faire une telle analogie est pertinent ?


Vous n’êtes pas le premier à me dire cela. Il est vrai que les méthodes d’infiltration de la société, les motivations des uns et des autres, le vocabulaire utilisé que nous constatons de nos jours, renvoient à d’autres moments de l’histoire, notamment celle de l’Algérie et aux conflits récents qu’elle a vécus. L’histoire étudie les moments importants du passé pour en tirer des leçons et ne pas renouveler les erreurs ou au contraire pour reproduire les exemples positifs. Laissons aux lecteurs la liberté de tirer les leçons de cette histoire.

*Roger Vétillard, La guerre d’Algérie, une guerre sainte ? – Atlantis éd., Friedberg, 2020, 300p, ISBN 978-3-932711-68-8, 24€.


Roger Vétillard est né en Algérie.

Après une carrière médicale, il se consacre à l’histoire de son pays natal. Il a publié de nombreux ouvrages notamment :


Sétif, Guelma mai 1945, massacres Algérie (prix Robert Cornevin 2008), aux éditions de Paris,

20 août 1955 dans le nord-constantinois (prix spécial du salon du livre de Toulouse 2014 et prix Jean Pomier 2014), aux éditions Riveneuve,

Un regard sur la guerre d’Algérie en 2016, chez Riveneuve,

Français d’Algérie et Algériens avant 1962, aux éditions Hémisphères

La dimension religieuse de la guerre d’Algérie (1er prix des livres d’histoire de l’Académie des Livres de Toulouse en 2019) … aux éditions Atlantis

Il a reçu en 2018 le prix Ernest Roschach décerné par l’Académie du Languedoc pour l’ensemble de son œuvre.


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Entretien avec Roger Vétillard, auteur de La guerre d’Algerie, une guerre sainte ?, éditions Atlantis.


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https://blogs.mediapart.fr/mustapha-ait-larbi/blog/281120/jesus-revient-beziers-menard- ce-heros


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Hervé Edwy Olivier Plenel dit Edwy


Jésus revient à Béziers : Ménard ce héros !

28 nov. 2020

Par Mustapha Ait larbi


Ménard qui invite la France a devenir un état fort a l’image de la Pologne et de la Hongrie, ( ces pays qui ne trouvent rien de mieux que de matraquer les femmes et les faibles ) , opte a nouveau pour l’installation d’une crèche aux alentours de la mairie .

Bien entendu ,il ne s’agit pas d’instrumentaliser une religion a des fins politiques . Il s’agit comme le dit une certaine presse de reproduire cette belle scène de la nativité.


Une « scène de la Nativité »


La crèche sera installée dans la cour d’honneur, qui est située avant le hall d’entrée de l’hôtel de ville. « En plus de la traditionnelle scène de la Nativité, on y trouvera un peu l’atmosphère de la garrigue des hauts cantons », lit-on dans un article intitulé « Ainsi soit-elle », dans le Journal du Biterrois. Le nouveau numéro du journal institutionnel de l’agglomération et de la mairie a été diffusé ce vendredi matin de la communauté de communes, présidée par Robert Ménard.( sic )


Bien entendu , les Biterrois seront ravis et émerveillés d’une telle prouesse .

Ne dit-on pas en pays de triple meseaux et de double faquin que jésus est né en Provence ? Ce serait truisme et bêtise de ma part que d’oser affirmer le contraire.


Sans doute que porté par cet humanisme qui transpire de sa personne , ce bon sire ira un jour se recueillir a Dachau , et militera pour sauver le lion blanc d’Algérie. J’ai d’ailleurs appris a ce propos par un certain Zemmour que Bugeaud était aussi un immense humaniste et non pas un sinistre et cruel assassin.


“Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans, et même certains juifs. Eh bien moi, je suis aujourd'hui du côté du général Bugeaud. C'est ça être Français !

Aux grands hommes, la patrie reconnaissante..


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https://www.atlantico.fr/decryptage/3594203/les-perdants-magnifiques--pierre-mendes- france-ou-la-vertu-du-renoncement-histoire-classe-politique-destin-carriere-general-de- gaulle-pompidou-jean-garrigues


28 novembre 2020 Bonnes feuilles


Les perdants magnifiques : Pierre Mendès France, ou la vertu du renoncement

Jean Garrigues a publié un ouvrage collectif, "Les perdants magnifiques: De 1958 à nos jours", aux éditions Tallandier. Ils étaient si proches de conquérir l'Élysée. Mais ils ont échoué

! Pourquoi ces perdants magnifiques n'ont-ils pas atteint le sommet ? Les meilleures plumes de la presse politique sont réunies pour nous offrir une galerie de portraits. Extrait 1/2.

Avec Jean Garrigues


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Jean Garrigues a publié un ouvrage collectif, "Les perdants magnifiques: De 1958 à nos jours", aux éditions Tallandier. Ils étaient si proches de conquérir l'Élysée. Mais ils ont échoué

! Pourquoi ces perdants magnifiques n'ont-ils pas atteint le sommet ? Les meilleures plumes de la presse politique sont réunies pour nous offrir une galerie de portraits.


Extrait 1/2.


Le 21 mai 1981, dans la salle des fêtes de l’Élysée, le nouveau président socialiste François Mitterrand serre les mains des personnalités venues participer à son intronisation officielle. Ostensiblement, il marque un temps d’arrêt devant Pierre Mendès France, manifestement très ému. « C’est la justification de tant d’années, dont vous avez été l’initiateur. Sans vous, rien n’aurait été possible », lui dit le chef de l’État, après lui avoir donné l’accolade. C’est un hommage remarquable et très remarqué à celui qui représente pour une grande partie de la gauche la quintessence de ses valeurs. Au lendemain de son élection du 10 mai, François Mitterrand lui avait écrit en ces termes : « Cher président et ami, j’espère vous rencontrer dans les jours prochains pour vous dire ma gratitude et mon amitié. Me voici à pied d’œuvre. Je mesure ce que le pays vous doit. Amicalement, fidèlement vôtre. » Pourtant, dans les mois qui suivront, Pierre Mendès France sera bien déçu par le chef d’État socialiste, qui ne l’invitera que pour la forme à quelques déjeuners élyséens. Car derrière l’hommage et la reconnaissance, quelque chose de bien différent s’est joué entre ces deux grandes figures de la gauche. L’un a très longtemps représenté son espérance, l’autre a réussi à lui donner la victoire. L’un a incarné ses principes, l’autre l’a portée au pouvoir. Au regard de l’histoire, c’est François Mitterrand qui a gagné et c’est Pierre Mendès France qui a perdu. Mais c’est un perdant magnifique, qui restera à jamais la quintessence de l’intégrité politique.

[…]


Le premier rendez-vous manqué de Mendès France avec l’histoire, ce sont les élections de janvier 1956. Pour beaucoup, il apparaît à l’hiver 1955 comme celui qui doit les gagner, à la tête du Parti radical dont il vient de prendre la direction quelques mois plus tôt. Sa popularité,

immense, le porte naturellement à la tête du Front républicain, une coalition électorale rassemblant les radicaux, les socialistes de Guy Mollet et deux petites formations de « ministrables », l’UDSR de François Mitterrand et les républicains sociaux de Jacques Chaban- Delmas.

La campagne des candidats du Front républicain se fait au nom de PMF avec comme symbole

le bonnet phrygien et lors des réunions électorales, les militants crient « Mendès au pouvoir !

». Mais si le Front républicain remporte comme prévu le scrutin du 2 janvier 1956 à la proportionnelle, c’est la SFIO de Guy Mollet qui devance d’une quinzaine de sièges les radicaux mendésistes. S’ensuit alors une de ces palinodies politiques dont la IVe République est friande, qui voit le socialiste Gaston Defferre tenter de convaincre un Mollet réticent de laisser la place à Mendès France, tandis qu’Edgar Faure, exclu du Parti radical quelques mois plus tôt, fait le siège du président de la République René Coty afin qu’il ne nomme pas PMF.


C’est ainsi qu’à la surprise générale des Français, le chef de l’État propose à Guy Mollet de former le nouveau gouvernement, dans lequel Pierre Mendès France, leader charismatique du Front républicain, devra se contenter d’un strapontin honorifique de ministre d’État.


Privé d’un réel pouvoir, et par ailleurs opposé à la politique de guerre à outrance menée par le gouvernement Mollet en Algérie, il en démissionne dès le 23 mai 1956, quittant ensuite la direction du Parti radical, qu’il n’a pas réussi à moderniser et qui penche de plus en plus vers la droite. Deux ans après le triomphe du mendésisme, « Monsieur France » est totalement exclu du jeu politique, écarté par le régime des partis.


Françoise Giroud écrira dans Si je mens qu’il s’est conduit « comme un homme qui brûle légitimement d’être un agent de l’histoire et qui est en situation de l’être, regarde la fille mais laisse à l’autre le soin de lui faire un enfant ».


Puis c’est avec le général de Gaulle, dont il a été le ministre à la Libération, que Pierre Mendès France manque son deuxième rendez-vous historique en 1958. Lors de la crise du 13 mai, qui ramène le Général au pouvoir, les gaullistes espèrent qu’il va le soutenir et la gauche attend avec impatience de savoir ce qu’il va dire et ce qu’il va voter.


Mais le 20 mai, Mendès France monte à la tribune de l’Assemblée pour exprimer sa méfiance envers le coup de force : « Les nouvelles convulsions que le pays connaît, le général de Gaulle ne peut pas les avoir voulues et cependant il vient d’aggraver une situation déjà dramatique par ce qu’il a dit et aussi par ce qu’il n’a pas dit. » Le 1er juin, lorsque les députés sont appelés à voter l’investiture du Général à la tête du nouveau gouvernement, il prend à nouveau la parole pour s’y opposer : « Quoi qu’il en coûte aux sentiments que j’éprouve pour la personne et pour le passé du Général, je ne voterai pas en faveur de son investiture ; et il n’en sera ni surpris ni offensé… Je ne puis admettre de donner un vote contraint par l’insurrection et la menace d’un coup de force militaire. »


Par la suite, Pierre Mendès France parlera de son « chagrin » en évoquant son opposition à un homme qu’il estimait au plus haut point. « Ce n’est pas contre le général, l’homme, le chef, que nous en avons », explique-t-il au journaliste Jean Lacouture, mais « comment voulezvous admettre qu’un coup de force puisse fonder une légalité ? ». Et c’est au nom de la légalité républicaine, donc de ses principes, qu’il refuse de tendre la main à de Gaulle, alors même que le socialiste Guy Mollet accepte de devenir ministre d’État du Général. Et tandis qu’une partie de la gauche, Mollet en tête, se prononce en faveur du projet de Ve République présenté aux Français le 4 septembre 1958, Mendès France prend la tête avec François

Mitterrand d’une coalition de gauche qui s’y oppose catégoriquement. De ce fait, la victoire écrasante du « oui » au référendum d’approbation de la Constitution, le 28 septembre, apparaît comme un échec cuisant pour lui.


Cette déception personnelle se confirme cruellement lors des élections législatives du 23 novembre 1958, qui le voient écrasé dès le premier tour dans son propre fief de Louviers par Rémy Montagne, candidat des gaullistes. Tirant les conclusions de ce verdict électoral sans appel, Pierre Mendès France se démet aussitôt de tous ses mandats, celui de maire de Louviers comme celui de conseiller général de l’Eure. Quelques semaines plus tard, il est même exclu de son parti, le Parti radical, dont il avait été le plus brillant porte-parole. Celui qui était l’espoir d’une génération quatre ans plus tôt, celui que la presse américaine avait surnommé « Superman » n’est plus rien à l’hiver 1958, parce qu’il a refusé, au nom de ses principes, de se rallier au général de Gaulle !


Le refus de la présidentielle


« Notre Pierre Mendès France n’a pas besoin de la tribune parlementaire pour nous dire la vérité : ce noble destin continue », écrit François Mauriac, qui ne renonce pas à la réconciliation avec de Gaulle. Mais décidément, le fossé est trop profond désormais, et Mendès France s’évertue à le creuser un peu plus encore, en critiquant sans cesse la politique algérienne du Général. Au lendemain des accords d’Évian, reconnaissant l’indépendance de l’Algérie qu’il réclame depuis longtemps, il trouve le moyen de s’opposer à de Gaulle.


Lors du référendum d’approbation du 8 avril 1962, il préconise de déposer un bulletin surchargé dans l’urne, donc un bulletin nul, afin de ne pas avoir l’air de soutenir la politique gaullienne. Même ses amis sont étonnés par une telle intransigeance, qui reflète la blessure intime de son rendez-vous manqué avec la Ve République.


En revanche, il est cohérent avec lui-même lorsqu’il s’engage dans le « cartel des non » opposé à la révision constitutionnelle demandée par de Gaulle afin d’obtenir l’élection du président de la République au suffrage universel. Mais le référendum du 28 octobre 1962 ratifie la révision constitutionnelle par 61 % de oui, et il paie au prix fort son hostilité au projet en étant battu à nouveau au premier tour des élections législatives, le 18 novembre 1962, cette fois par le député sortant de la circonscription d’Évreux, Jean de Broglie, négociateur des accords d’Évian.


Puis, comme il s’est opposé à la révision de 1962, il n’est pas concevable à ses yeux d’être candidat à l’élection présidentielle qui se profile pour le mois de décembre 1965. À tous ceux qui viennent le solliciter à cette époque pour affronter de Gaulle lors de cette échéance décisive, il oppose naturellement une fin de non-recevoir : « Pas question. Je ne suis pas votre homme… » Lorsque le nom de son ami socialiste Gaston Defferre, maire de Marseille, est avancé pour porter les couleurs de la gauche, dès 1964, il répond : « Je ne ferai rien pour le gêner. Mais il devrait avoir un programme. » S’impose alors en septembre 1965 la candidature de François Mitterrand, plus surprenante car ce dernier n’appartient à aucun des deux grands partis de la gauche et parce qu’il n’a cessé de combattre les institutions de la Ve République, notamment dans son pamphlet sur Le Coup d’État permanent.


Mais c’est justement pour cette raison que Mendès France le soutient avec enthousiasme : « Mitterrand nous a rendu à tous un immense service, dit-il le 25 octobre 1965. Je vote pour lui et, à ceux qui me font confiance, je demande de voter pour lui. » Mieux encore, début

décembre, il le défend devant le micro d’Europe 1, pour trois débats de deux heures chacun, face à Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle. Et c’est ainsi que François Mitterrand, qui réussit à pousser le Général en ballottage alors que beaucoup prédisaient une victoire dès le premier tour, devient à partir de ce moment la figure de proue de la gauche… au détriment de Mendès France.


Ce dernier est-il pour autant oublié par les siens ? C’est tout le contraire si l’on se réfère au colloque organisé en avril 1966 à Grenoble sous le titre « Rencontre socialiste » et qui le voit apparaître, écrit à l’époque le politologue Roland Cayrol, comme « le futur chef du socialisme moderne ». D’ailleurs, il fait une rentrée politique triomphale lors des élections législatives de mars 1967, où il bat à Grenoble le député sortant gaulliste Jean Vanier. Sa campagne a été marquée par un débat contradictoire avec le Premier ministre en personne, Georges Pompidou, dominé par cet échange :


« Pompidou : Vous êtes resté un homme de la Troisième République !


Mendès France : Et vous, vous êtes devenu un homme du Second Empire ! »


C’est donc en tant que député de l’Isère qu’il accueille le général de Gaulle à l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, le 6 février 1968, pour ce qui sera leur dernière rencontre. Très ému, il confiera : « Je ne sais pourquoi, mais j’ai eu à cet instant-là la certitude poignante que c’était la dernière fois que je voyais de Gaulle. En tout cas, j’en ai éprouvé de la peine. » Mais il ne pressent pas que les événements vont lui donner, trois mois plus tard, l’occasion de se confronter une nouvelle fois au héros du 18 Juin, et peut-être de prendre sa place.


Mendès à l’Élysée ?


La révolte de Mai 1968 est une nouvelle occasion manquée par Mendès France d’accéder au pouvoir. Le 21 mai, alors que la France est paralysée par la révolte étudiante et par la grève générale, une Association de soutien à Pierre Mendès France est créée par un grand nombre d’intellectuels qui le voient d’emblée comme le recours. Mais comme toujours, ce dernier ne veut pas paraître récupérer le mouvement et il se contente de déclarer : « Le pouvoir ne peut plus rendre qu’un service au pays : se retirer. » Puis il se tait lors du débat sur la motion de censure déposée par la gauche, le 22 mai, laissant la parole à d’autres ténors, François Mitterrand en tête. Mais le 24 au soir, il se mêle à la foule des manifestants du Quartier latin, ce qui agace profondément Mitterrand, qui y voit une manœuvre pour apparaître comme le seul porte-parole politique de la révolte étudiante.


D’autant plus que le 27 mai Mendès France accepte de participer à un meeting organisé au stade Charléty par l’Unef, principale organisation étudiante, par la CFDT et par le PSU de Michel Rocard. Il refuse d’y prendre la parole mais sa seule présence suffit à accréditer l’hypothèse d’un recours politique à l’homme providentiel de la gauche française. « Mendès a la stature, l’autorité internationale nécessaires. Une grandeur finit, une autre doit commencer

», écrit Albert Fabre-Luce dans Le Monde publié le lendemain, concluant par « Mendès à l’Élysée ». C’en est trop pour François Mitterrand qui convoque aussitôt une conférence de presse à l’hôtel Continental pour exiger le départ du général de Gaulle et se porter candidat à sa succession à la présidence de la République. À Mendès France, il concède la direction du « gouvernement provisoire de gestion » qui assurerait la transition entre le Général et lui-même.

Et une fois de plus, comme il l’avait fait pour l’élection présidentielle de 1965, l’icône de la gauche accepte la solution de son jeune rival dans une déclaration prononcée le 29 mai au soir : « Il est évident que mon concours est acquis aux hommes de gauche et que je ne refuserai pas les responsabilités qui pourraient m’être confiées par la gauche, par toute la gauche réunie. » Tandis que Mitterrand se positionne au nom de son ambition présidentielle, Mendès France se détermine en fonction de l’intérêt du pays. Et tandis que l’escapade du couple de Gaulle à Baden-Baden excite les ambitions des mitterrandistes, qui composent déjà le gouvernement provisoire dans la nuit du 29 au 30 mai, l’ancien ministre du Général reste circonspect. Sage précaution car, au milieu de l’après-midi du 30 mai, de Gaulle revient et renverse la situation à son avantage en appelant au sursaut national. Mendès France aurait-il pu faire de Mai 1968 ce que de Gaulle avait fait de mai 1958 ? C’est peu probable car l’histoire ne repasse jamais les mêmes plats. Mais de toute façon il n’a même pas essayé. Mendès France le légaliste est une nouvelle fois passé à côté du pouvoir.


Extrait du livre "Les perdants magnifiques: De 1958 à nos jours" publié aux éditions Tallandier, sous la direction de Jean Garrigues.


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https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_constituantes_de_1945_en_Alg%C3%A 9rie_fran%C3%A7aise


Élections constituantes de 1945 en Algérie française

Mode de scrutin

Les députés métropolitains sont élus selon le système de représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne dans le département, sans panachage ni vote préférentiel. Il y a 586 sièges à pourvoir.

En Algérie française, vingt-six députés sont à élire.

Le gouvernement provisoire applique le même calcul qu'en métropole pour les citoyens français d'Algérie, ce qui donne 13 députés à élire. Ce résultat détermine aussi le nombre de députés pour les Non-Citoyens. Ce procédé ne tient pas compte de la grande différence démographique entre les deux collèges et encore moins de la population générale. Les femmes non-citoyennes sont exclus du vote.

Treize sièges pour le Collège des Citoyens et donc treize sièges aussi pour celui des non- citoyens. Ils sont répartis entre les trois Département français d'Algérie en fonction de leurs populations respectives.



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https://www.tribunejuive.info/2020/11/26/danielle-khayat-jean-pierre-lledo-itineraire- dalger-a-jerusalem/


Danielle Khayat. Jean-Pierre Lledo, itinéraire d’Alger à Jérusalem

26 novembre 2020 Tribune Juive


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1°) Mabatim.info – Jean-Pierre Lledo, vous êtes en France depuis début octobre pour la présentation de votre film « Israël, le voyage interdit ». Le terme de film est du reste réducteur

pour décrire ce monument en quatre époques, qui correspondent à des moments fondamentaux de l’année juive : un road-movie qui fait découvrir Israël et sa population – le plus souvent chassée ou contrainte de fuir – venue de toute la terre ; une quête identitaire en compagnie de votre fille Naouel qui, elle aussi, découvre sa famille et ses propres racines longtemps occultées ; un hymne d’amour à une terre et à un peuple, qui émeut aux larmes et fait rire aux éclats en l’espace de quelques minutes… La critique a été unanime pour saluer votre nouvelle œuvre.


Qu’avez-vous pensé des réactions du public, puisque vous avez été – jusqu’à ce que le confinement tombe à nouveau sur le pays – présent à des projections-débats dans plusieurs villes ?


Jean-Pierre Lledo – Malgré le covid, qui a malheureusement été un sérieux adversaire, souvent les salles ont affiché « complet ». Les spectateurs ont beaucoup aimé. L’honnêteté de la quête, la diversité et l’authenticité des personnages, l’humour de certains d’entre eux, l’histoire d’une transmission avec ma fille qui a fait l’unanimité et beaucoup bouleversé. Et surtout la lenteur qui leur permettait de s’imprégner des paysages, des commentaires de l’auteur, sans parler du travail de la monteuse[1], remarquable justement de par son invisibilité, ce qui, selon leurs dires, relevait d’un respect du spectateur. C’était notre but, et les auteurs sont toujours contents lorsque leurs motivations profondes sont perçues. Cette unanimité concernait aussi les spectateurs non-juifs et cela était aussi très important pour nous.


2°) Mabatim.info – Interrompues par le nouveau confinement ordonné par le Gouvernement français, les projections reprendront-elles ensuite ? Et la sortie du DVD est-elle déjà programmée ?


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JPL – D’après les rumeurs, de nouvelles mesures « d’assouplissement » du confinement seront bientôt proposées, et dans ce cadre, les salles de cinéma rouvriraient. Et l’on espère, pour ne plus être refermées ! Pour notre film, ce sera un nouvel épisode. L’avant-première avait eu lieu le 28 janvier 2020 dans une salle comble de 500 spectateurs au Forum des Images. La sortie du film programmée le 22 avril 2020 fut annulée par le premier confinement. Le film est finalement sorti le 7 octobre 2020, pour être frappé d’abord par le couvre-feu qui fit annuler plusieurs séances-débats, la troisième semaine, ensuite et à nouveau par la fermeture des salles. Pour nous qui avons commencé à travailler sur ce film en 2012, c’est éprouvant. En compensation, nous avons cependant des centaines de mails de retours enthousiastes de spectateurs qui nous disent parler du film autour d’eux, donc on peut s’attendre à ce que ce bouche-à-oreille facilite sa re-sortie à laquelle se prépare notre vaillant

distributeur, Nour Films, dont le projet est d’accompagner le film en France durant une année entière. En temps voulu, le DVD bien sûr sortira aussi et Patrick Sibourd, le distributeur, tient à en faire un bel objet, avec divers bonus et en trois langues : français, hébreu, anglais.


3°) Mabatim.info – Vous n’êtes pas seulement cinéaste, mais également écrivain. Vous avez récemment publié, dans « Tribune Juive », une réponse, aussi documentée et argumentée que cinglante, à Julien Cohen-Lacassagne qui, à la suite de son maître à penser Shlomo Sand, s’emploie à démontrer, contre toutes les évidences historiques, qu’il n’existe pas de peuple juif. Vous a-t-il répondu ? Quelles réflexions cela vous inspire-t-il ?


JPL – Non pas de réponse. Il aurait été bien en peine. Son livre est un copié-collé de la thèse de son maître. Les Berbères prennent la place des Khazars, pour

« authentifier » l’inauthenticité du peuple juif d’Afrique du Nord !


Simple professeur d’histoire-géographie dans le Lycée français dit « international » d’Alger en tant que coopérant, il ne maîtrise absolument pas son sujet. Et quand un idéologue écrit, il ne peut faire que de l’idéologie. Le plus piquant, c’est que pour crédibiliser sa thèse, il ait senti le besoin de manipuler son propre nom. Connu jusque-là dans Mediapart comme Lacassagne, il adjoint subitement le Cohen maternel ! Nouvel exemple de cette terrible maladie du peuple juif, aux multiples symptômes : la haine de soi. En vérité, c’est pathétique, et j’ajouterais normal : on ne traverse pas impunément plus de trois millénaires de persécutions et d’humiliations. Faut choisir : disparaître à jamais ou survivre et endosser le passif, donc payer la note.


4°) Mabatim.info – C’est toujours à l’écrivain que s’adresse cette question. Vous publiez, concomitamment à la sortie de votre film, un livre intitulé « Le voyage interdit. Alger- Jérusalem » (Ed. Les Provinciales) qui, en dépit de son titre, ne constitue pas le scénario du film, mais retrace votre parcours depuis l’Algérie – que vous considériez comme « votre » pays – jusqu’en Israël où vous vivez désormais, en passant par un long séjour en France où, écrivez-vous, vous viviez « halluciné, physiquement ici, et mentalement en Algérie » que vous avez dû quitter brutalement en 1993 en raison des menaces sur votre vie après l’arrivée des islamistes sur la scène politique algérienne. Une cruelle désillusion ou un réveil au réel après des années en apnée idéologique ?


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JPL – Apnée, oui l’image est exacte. Je m’étais arrangé une existence qui avait exclu toute interrogation sur mes origines. Croyant ne pas avoir d’autre pays, je me voulais donc Algérien. Les débats interminables des intellectuels algériens, après l’indépendance, sur une identité en quête d’arabité, d’islamité ou d’amazighité, m’exaspéraient. Je comprends pourquoi, aujourd’hui. Ils mettaient à mal mes défenses, et mes propres refoulements. Et ce que je vais découvrir dès ma première rencontre avec Israël en Juillet 2008, instinctivement, par le flair si vous voulez, c’est que là réside mon peuple. Et moi qui me croyais depuis 1993 exilé d’Algérie, je comprends que j’avais été jusque-là en exil d’Israël. Il a été trop long et je m’en veux beaucoup.


5°) Mabatim.info – Votre livre pulvérise la fable qui nous est servie depuis des décennies sur les motifs de l’exode de la quasi-totalité des non-musulmans lors de l’accession de l’Algérie à l’indépendance Dans votre trilogie précédente, « Algéries, mes fantômes », « Un Rêve algérien » et l’apothéose « Algérie, histoires à ne pas dire », interdit par les autorités algériennes, et on comprend pourquoi, vous aviez déjà interrogé de nombreux Algériens, notamment communistes, qui racontent que, très vite s’est imposée l’idée d’épuration ethnique, portée par le FLN-ALN, afin que l’Algérie soit un pays strictement arabo- musulman, et qu’elle a motivé les massacres effroyables de civils non-musulmans – bientôt rejoints dans l’horreur par ceux des Harkis abandonnés par la France quand elle quitte l’Algérie.


Pourquoi votre livre ne rencontre-t-il pas l’écho qu’il mérite alors qu’il rétablit une vérité historique, pourquoi ce silence autour de sa parution ?


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JPL – Il y a, je crois, plusieurs raisons. Certains doivent considérer le livre comme un doublon du film, ce qu’il n’est pas, malgré la proximité des titres, et le film a peut-être éclipsé le livre. Avec le confinement, les librairies sont fermées. Olivier Véron fait un travail formidable de rigueur éditoriale, centrée sur le rapport au judaïsme et à l’histoire juive, mais Les Provinciales restent encore une petite maison d’édition sans attaché de presse. Mais là ne sont pas les raisons principales, à mon avis. Ce livre, plus encore que le film « Algérie, histoires à ne pas dire », traite d’une question taboue en Algérie, mais aussi en France. Je vous rappelle que ce dernier film, interdit en Algérie, n’a été acheté par aucune TV française, publique ou privée. On a l’impression que l’historiographie française de la guerre d’Algérie,

chapeautée par l’historien officiel Benjamin Stora, fait tout ce qu’elle peut pour ne pas troubler le narratif algérien. La France, qu’elle soit de droite ou de gauche, préfère s’enliser dans la repentance plutôt que faire éclater la vérité historique. Ce faisant, si elle rend un fier service au totalitarisme de l’État algérien, elle en rend un très mauvais au peuple algérien qui sait, lui, que la dictature instaurée depuis 1962 ne tire sa légitimité que de ce filon de plus en plus mince du mensonge quant à sa propre histoire, qu’il s’agisse de l’histoire ancienne qui exclut toutes les traces non musulmanes, ou de l’histoire récente de la guerre d’Algérie, présentée comme une « guerre de libération » alors qu’elle s’est voulue avant tout une guerre d’épuration. Le récent ouvrage de Roger Vétillard, « Guerre d’Algérie, une guerre sainte ? » aux éditions Atlantis, en donne des centaines de preuves. Et alors qu’une Commission franco-algérienne vient d’être mise en place en vue d’une « réconciliation » pour fêter le 60e anniversaire de la fin de cette guerre en 2022, je viens pour ma part de m’adresser au Président de la République française pour lui rappeler qu’un pays démocratique ne peut se comporter comme un pays totalitaire qui refuse à ses propres historiens, par exemple, l’accès aux archives du FLN-ALN.


6°) Mabatim.info – Que pensez-vous des pitoyables mais scandaleuses tentatives des deux côtés de la Méditerranée pour renforcer cette fable manichéenne des « gentils musulmans » colonisés et des « méchants non-musulmans » colonisateurs ?


JPL – Ne pouvant tirer une légitimité venue des urnes et du présent, les États totalitaires sont obligés de la tirer de l’Histoire, mais d’une Histoire frelatée, fausse, arrangée de mille manières. Pour ce qui est de l’Algérie, l’on expliquera par exemple le déclenchement de la lutte armée le 1er Novembre 1954 par l’impossibilité de recourir à des moyens politiques afin d’accéder à l’indépendance. Or cela est complètement faux ! Si l’on observe la période 1920- 1950, l’on constate une croissance géométrique des associations, des partis, de la presse, des meetings, des manifestations en tous genres, des militants, etc. Ce qui laissait augurer d’un accès concerté à l’indépendance, avec tous ses habitants, ainsi que le souhaitait, entre autres, Albert Camus. Et j’affirme que la guerre a été déclenchée pour empêcher cette issue. D’ailleurs « creuser le fossé entre les communautés » a été la rengaine des chefs de l’ALN. La création du FLN en 1954 a été le premier coup d’État contre la société civile algérienne en pleine expansion, et les créateurs du FLN en furent les premières victimes. Les militaires en tirèrent immédiatement profit et ce sont eux qui dirigent l’Algérie jusqu’à aujourd’hui !


Naturellement ce faux narratif concernant « la guerre de libération » ne fait que s’ajouter à la caricaturale description de ce que fut la colonisation, laquelle ne saurait être que française, ni ottomane, ni arabe, ni musulmane… Or en toute logique, les premiers à rendre hommage à la colonisation française, cela devrait être les dirigeants algériens, ce qu’a d’ailleurs fait le Président Bouteflika au tout début de son règne, en affirmant que « la colonisation avait introduit la modernité… par effraction ». En effet, c’est la colonisation qui a déterminé les frontières actuelles de l’Algérie, au détriment d’ailleurs de la Tunisie et du Maroc. C’est elle qui a même inventé le nom « Algérie ». C’est elle qui a fait reculer le tribalisme et contribué par le développement des transports à créer un espace national, ce qui, plus tard, favorisera le développement du nationalisme politique lui-même, dont les concepts viendront aussi de France, par le truchement de l’école républicaine et de mouvements politiques nés sur le sol français ! Et je passe sur tous les autres apports, dits « matériels »


7°) Mabatim.info – Quelle part revêt, selon vous, cette imposture historique dans la montée des exigences islamistes et des revendications identitaires d’une partie non négligeable de la

population arabo-musulmane vivant en France et le plus souvent de nationalité française – droit du sol oblige ?


JPL – Partout dans le monde musulman, l’islamisme a tenté, et dans certains cas réussi, de prendre la place d’un nationalisme qui a échoué sur tous les plans, sauf celui de la corruption, triomphante, tirant ses bénéfices du vol éhonté des richesses naturelles. Je m’empresse de préciser que le mot ne doit pas faire illusion : le nationalisme arabe n’a rien à voir avec celui à l’origine des démocraties européennes, fondées sur la liberté, sur la séparation du politique et du religieux, et où les intellectuels ont pu jouer un rôle essentiel. Le nationalisme arabe a été tout le contraire. Fondé sur la dictature, le mensonge historique, la répression, et sur l’imposition d’une identité fabriquée qui ne correspondait pas aux identités réelles. Mal-être matériel et mal-être spirituel, l’islamisme a cru que le moment était venu de se débarrasser de ce nationalisme de pacotille et d’apparence, car en vérité il avait déjà gangréné ce dernier depuis sa naissance. C’était sans compter avec la force des militaires qui ont repris l’initiative, et chassé leurs chefs, lesquels ont été accueillis à bras ouverts par les pays d’Europe, au même moment où la jeunesse déstructurée, et privée d’idéal, ne voyait sa survie que dans la fuite vers cette mythique Europe. La jonction entre les deux ne pouvait qu’être explosive, puisque les gouvernants d’Europe donnaient en pâture aux islamistes cette jeunesse en quête de repères, créant ainsi des États dans l’État… Si l’Europe ne réagit pas tant qu’il est temps, elle s’enlisera et périra.


8°) Mabatim.info – Votre voyage en Algérie en janvier 2008 fut le dernier, et vous écrivez que vous le pressentiez. Avez-vous néanmoins conservé des liens avec ce pays et vos amis, ou certains d’entre eux, alors même que vous vivez à présent en Israël – mot tabou en Algérie, remplacé par l’expression d’« entité sioniste » comme en Iran, ainsi que vous le rappelez ?


JPL – Il y a deux tabous en Algérie, deux choses dont on ne peut parler librement : ce qui s’est passé réellement durant la « guerre de libération » notamment vis à vis des non- musulmans, et Israël. Lorsque j’ai explosé le premier tabou, mon film a été interdit et attaqué par ceux qui avaient été mes compagnons de lutte pour la démocratie, ce qui était la démonstration qu’il n’y avait pas d’intelligentsia, si l’on considère comme telle un ensemble capable d’indépendance vis-à-vis de la doxa nationaliste.


Puis en 2009, à l’occasion de la guerre à Gaza, se déclencha une campagne antisémite d’une violence incroyable bien orchestrée dans l’ensemble du monde musulman. Ayant assumé depuis les années 80 en Algérie une position de leader intellectuel, je m’adressai à mes collègues résidant en France, en leur proposant d’organiser une riposte contre les imams algériens auteurs de propos révoltants. Je récoltais une avalanche de propos tous plus orduriers les uns que les autres, de la part de mes plus proches amis avec qui j’avais lutté depuis des décennies contre la torture et pour la liberté d’expression. Et je n’avais parlé que d’antisémitisme. Alors vous imaginez, quand ils apprirent mon départ pour Israël. En quelques jours, mes carnets d’adresse devinrent obsolètes. Il ne me reste plus que quelques amis algériens de par le monde, qui tiennent sur les doigts d’une seule main. Dois-je encore avouer que je n’en souffre d’aucune manière ?


9°) Mabatim.info – Durant votre séjour, la France a été confrontée à une série d’attentats sanglants : l’assassinat de Samuel Paty à Conflans Sainte Honorine (78), celui de fidèles devant et dans une église à Nice.

La capitale de l’Autriche, Vienne – ville devant laquelle fut stoppée la conquête ottomane le 12 septembre 1683, au terme d’un siège de deux mois – a également été le théâtre d’une attaque terroriste qui a fait plusieurs victimes. Tous ces attentats sont le fait d’islamistes. Vous qui avez vécu la montée de l’islamisme en Algérie, quelles réflexions vous inspire cette vague qui nous submerge depuis 2012 ? Pensez-vous, comme Boualem Sansal qui exhorte l’Occident en général et la France en particulier à une réaction forte et sans état d’âme, que c’est une guerre qui nous a été déclarée et que nous nous refusons à voir comme telle ?


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JPL – Une guerre, parfaitement. C’est la première chose que j’ai dite, lorsqu’après l’assassinat du grand écrivain Tahar Djaout, je suis arrivé à Paris, fin juin 1993. Je croyais que nous, les démocrates algériens, allions trouver dans la société politique et surtout médiatique de puissants alliés contre nos assassins islamistes. Or nous dûmes bien déchanter. Le Monde (Jacques de Barrin), Libération (Josée Garçon), le Nouvel Obs (René Backman) justifiaient la violence islamiste qui commençait à cibler des intellectuels et des artistes (le mardi !). Et malgré l’exportation massive du terrorisme islamique sur le sol européen aujourd’hui, on ne voit aucune prise en charge sérieuse de cette menace. Et ce, alors que les tueurs ont même réussi à s’infiltrer dans le corps en principe le plus surveillé, celui du renseignement.

Face à la montée de l’islamisme, l’Europe des Lumières est dans un état de sidération. Prête à tendre le cou, encore et encore. Est-ce dû à sa fascination orientaliste ? Ou plus prosaïquement à cause du pétrole ? Ou à son antisémitisme masqué désormais en anti-israélisme ? Pourtant des intellectuels du monde arabe, tel Boualem Sansal, ne cessent de tirer la sonnette d’alarme depuis des décennies. Rien n’y fait. Les élites continuent de trahir l’idéal des Lumières. Un jour, je l’espère le plus tôt, les peuples européens se mettront en colère contre elles.


10°) Mabatim.info – Qu’avez-vous envie de nous dire avant de repartir sous le soleil d’Eretz- Israël ?


JPL – Les Juifs hier pour l’Europe et le monde musulman, Israël aujourd’hui pour le monde, sont le canari qui signale l’explosion à venir. Bonnes gens, soyez attentifs à son chant.

Merci Jean-Pierre et Shalom ! DK♦


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https://www.leslibraires.fr/livre/17096971-dissidence-dissonance-contre-la- desinformatio--jean-monneret-fauves-editions


Dissidence, dissonance

Contre la désinformation à propos de la guerre d'Algérie

De Jean Monneret Fauves Editions

Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 19.00 €


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Format Broché

EAN13 9791030203356

ISBN 979-10-302-0335-6 Éditeur FAUVES EDITIONS

Nombre de pages 192 Dimensions 21 x 13 cm

Poids 450 g Langue français


«Durant les années 1990, la recherche historique concernant la guerre d'Algérie fut touchée par un mal insidieux et malheureusement profond. On vit montrer au créneau une génération d'historiens jeunes et prétendument désinhibés, mais n'ayant rien connu du conflit et n'ayant surtout qu'une très faible idée des passions et des déchirements qu'il causa. Encensés par les media auxquels ils facilitèrent l'étrange travail de repentance qui a transformé notre pays [...], ils acquièrent vite le monopole de la parole publique. Le conflit algérien, c'était eux [...] Le resultat est aujourd'hui confondant. En pleine guerre contre l'hydre islamiste, le conflit en Algérie comme la période coloniale tout entière sont devenus les sources inépuisables d'un procès de l'armée française et de la France tout court. Ils nourissent un acte d'accusation partial. Dans cette historiographie jeune et desinhibée, il n'y a guère de préoccupation nationale, ni la crainte d'embellir, fût-ce indirectement, a violence révolutionnaire.»


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Littérature

Régis Guillem

Et la levêche souffla sur l’Oranie...

Yvelinedition

Et la Levêche souffla sur l’Oranie raconte une histoire dans l’histoire :

la vie des Français d’Algérie ; la guerre appelée pudiquement « évènements » ; la résistance d’hommes et de femmes pour la sauvegarde de l’Algérie Française.

Autrement dit : 3 livres en un seul qui vous entraîne et vous fait vivre la vie d’un département Français outre-Méditerranée.

C’est la prouesse à laquelle parvient Regis en nous la rappelant dans son livre.


Ce dernier constitue en effet une espèce d’encyclopédie ethnographique d'un peuple qui a dis- paru sous les coups de l’adversité.


Lisons-le sans oublier qu’il nous faudra jusqu’ au dernier souffle en conserver la mémoire qui l’alimente.


Au-delà en lisant Régis GUILLEM vous partagerez au jour le jour la vie de la jeunesse déli- bérément engagée dans un mouvement armé avec le seul souci de défendre ses congénères.

Chemin faisant vous découvrirez le déroulement des évènements qui ont ponctué les années de guerre.


Récit à la fois pointilleux, imagé et haut en couleurs, remettant souvent à l’heure les pendules déréglées de cette période dramatique de notre histoire de France.


Il évoque ces femmes, ces hommes d’ascendances Européennes émigrés mais également, ne l’oublions jamais, ces très nombreux musulmans eux-mêmes fidèles à la cocarde tricolore, civils ou Harkis, proies des barbares du FLN et finalement, de complicités actives autant que passives, made in France (même si je déteste les anglicismes) !


Régis Guillem


Et la levêche souffla sur l’Oranie.

d’un Résistant

392 pages, 30 euros,

A commander à l'auteur : Régis GUILLEM - Téléphone : 06.61.74.73.38 Messagerie électronique : regis.guillem@hotmail.fr


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Biographie de l’auteur

L’auteur est natif d’Assi-Bou-Nif, petit village situé entre Oran et Mostaganem. Il vécut ensuite son adolescence dans le quartier d’Oran « Médioni », essentiellement composé de Musulmans. Les communautés Européens, Musulmans et Juifs, selon les appellations de l'époque vivaient en parfaite harmonie.


En 1952, il a 8 ans lorsque sa famille s’installe à Aïn- Séfra, dans le Sud-oranais, suite à la mutation de son père qui travaille aux C.F.A..


La tourmente s’installe alors qu’il n’a que 10 ans. Sa première vision des horreurs de cette guerre sera celle des têtes de voisins, un garde-barrière et son épouse, piquées de part et d’autre des rails de chemin de fer.

Pourtant, la guerre est bien loin, hormis quelques attaques du F.L.N.


Nul ne se doute alors de l’importance et des conséquences de cette rébellion armée.

Régis, comme tous les enfants d’Aïn-Séfra, sera élève de l’institution Lavigerie, dirigée par les Pères Blancs ; sur les bancs de l’école les trois communautés sont assises fraternellement. Traditionnellement, l’enseignement est précédé de prières Chrétiennes ; chacun les récite, y compris les Musulmans et les Juifs, sans la moindre remarque de la part de quiconque.


Au fil des ans, Régis commence à prendre la mesure de la nature cruelle de la guerre, bien qu’Aïn-Séfra en soit quelque peu épargnée du fait de la présence de la Légion Etrangère : le 2ème Régiment Etranger d'infanterie dans lequel il servira quelques années plus tard pour échapper aux geôles gaullistes.


Il a 15 ans lorsqu’une nouvelle mutation de son père le conduit à Mostaganem.

L’année précédente, le général De gaulle avait retrouvé le pouvoir en faisant la promesse d’une Algérie définitivement Française.


Les évènements, alors, s’accélèrent et Régis prend chaque jour davantage conscience de l’étendue du parjure de De gaulle et de la nécessité de se défendre par soi-même.


Il commencera à militer dans les rangs de Jeune Nation puis des Légions Nationalistes.

Le massacre du cirque Monte-Carlo en septembre 1960 à Mostaganem déclenche chez lui une grande détermination. Il s’engage alors ouvertement dans la lutte anti-fln. Ainsi, d’électron libre, il rejoint ce qui deviendra en quelques semaines l’O.A.S. Il rejoint Oran puis un maquis

OAS implanté dans les monts du Dahra où il se singularisera en combattant l’ALN avec détermination par les armes.


Mais la lâcheté de l’armée française, l’obstination de De gaulle alliée à celle du FLN et la pusillanimité du peuple auront raison de l’Organisation.


Néanmoins il tiendra bon. Arrêté par les ATO il ne dû son salut que grâce à un ami militaire du Contingent qui alarma les gendarmes.


Conduit à Oran au Lycée Ardaillon devenu centre de détention, il fut transféré au Château Neuf pour être interrogé par la sinistre Mission C.


Il sera remis en liberté le 29 juin 1962 par les ultimes, fragiles, éphémères et tacites accords du 26 juin 1962 entre les émissaires du gouvernement et ceux de l’Organisation.


Esseulé, il gagnera avec l’aide d’une famille Aïn- Témouchénoise, l’amère patrie. La page du passé, pour autant, ne fut pas tournée.


Une première condamnation le mena à Fresnes. La Légion Etrangère fut son ultime recours pour éviter une seconde condamnation.


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https://www.elwatan.com/edition/culture/isabelle-eberhardt-la-nomade-amoureuse-de- lalgerie-29-11-2020


Isabelle Eberhardt : La nomade amoureuse de l’Algérie


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M. Kali 29 novembre 2020 à 10 h 25 min

Dans une récente et inédite étude, Mohammed Rochd, né Kemf Jules, dresse les grandes lignes de la pénétration coloniale au Sahara dont l’histoire reste à écrire .Spécialiste d’Isabelle Eberhardt qui en a été un témoin privilégié au Sud-Ouest, il souligne l’intérêt des œuvres littéraires en tant que source documentaire.


Il note que «quand on parcourt articles ou études concernant Isabelle Eberhardt (…), l’on s’aperçoit qu’une majorité d’auteurs ont des difficultés à appréhender l’histoire récente de notre pays et spécialement celle de sa partie saharienne. D’ailleurs, celle-ci est assez peu abordée et méconnue». Dès lors, l’occupation du Sahara reste à étudier «car tous les ouvrages historiques ne la prennent que peu en compte. Même les deux tomes de l’Histoire de l’Algérie contemporaine de Ch. Robert Ageron sont trop discrets».


C’est dans cette perspective qu’il a entamé son étude afin d’en poser des jalons. En premier, la situation politique est esquissée : «A la veille du coup de force sur Alger, le Sahara ne présentait aucune unité politique.


Celui de l’Est était constitué en royaumes, avec principalement le sultanat de Ouargla, le Sahara central était vaguement sous l’influence de la Régence turque et celui de l’Ouest dépendait du Maroc (depuis le milieu du XVIe S.) qui n’y exerçait pratiquement aucun acte de souveraineté.


Tout le Hoggar est sous la coupe des Touareg, qui s’arrangeaient pour en tirer, pour eux seuls, le meilleur parti possible.» Quant au commerce transsaharien, il s’était affaibli au début du XVIe siècle. A propos de la «dépendance» du Sud-Ouest par rapport au Maroc, l’affirmation est nuancée plus loin, l’auteur indiquant «l’inexistence d’une autorité et l’indépendance des tribus vis-à-vis du pouvoir chérifien».


Mais surtout, il souligne l’idée que la région était «blad essiba» et non makhzen comme en témoigne l’absence du nationalisme, la «résistance à l’occupation coloniale se fondait sur un vague sentiment d’appartenance à une région dont des étrangers, non musulmans, s’étaient emparés et qui menaçaient le mode de vie ancestral».


La pénétration coloniale entamée au milieu du XIXe siècle est d’abord lente : «Dès l’essai, d’organisation de l’Etat par l’Emir Abdelkader, la France (…) fut amenée à prendre pied au Sud. La pénétration à l’Est débuta dès février 1844 (…) dans les Zibans et s’empara de Biskra (…) A l’Ouest, en 1847, la colonne du général Cavaignac soumit Aïn Sefra, Asla, Tiout et les deux Moghrar».


La pénétration coloniale va s’accélérer dans une deuxième étape, l’envahisseur ayant acquis l’expérience de la police au désert, créé en 1894, les spahis, montés sur des chameaux. C’est ainsi, qu’en ultime étape de la colonisation, remontant depuis le Touat et Gourara, ses colonnes armées s’installent définitivement à Béchar le 13 novembre 1903.


C’est sur ces entrefaites, soit un mois auparavant, qu’Eberhardt débarque dans le sud-ouest saharien. De la sorte, bien des éléments de l’histoire de la pénétration apparaissent dans son œuvre : «Tout le récit de l’écrivain est riche en informations sur la situation de l’ouest saharien durant l’automne 1903 et les trois premiers trimestres de 1904», l’auteur étant morte en octobre 1904 dans la crue de l’oued de Aïn Sefra.


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https://www.elwatan.com/edition/culture/mohammed-rochd-universitaire-et-specialiste- disabelle-eberhardt-en-algerie-on-nexploite-pas-ou-tres-peu-les-sources-litteraires- orales-ou-ecrites-29-11-2020


Mohammed Rochd, Universitaire et spécialiste d’Isabelle Eberhardt : « En Algérie, on n’exploite pas ou très peu les sources littéraires orales ou écrites »


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M. Kali 29 novembre 2020 à 10 h 23 min


Dans cet entretien, Mohamed Rochd soutient que les historiens ne se sont pas penchés sur la question de la pénétration coloniale au Sahara parce qu’ils ne s’intéressent qu’à l’Algérie du Tell et des Hauts-Plateaux. Il ajoute, par ailleurs, qu’en Algérie, les historiens n’exploitent pas ou très peu les sources littéraires orales ou écrites car leur formation ne les y prépare pas.


Propos recueillis par M. Kali


-N’est-il pas curieux que les historiens, nationaux et autres se soient si peu penchés sur la question de la pénétration coloniale au Sahara ?


En ce qui concerne la pénétration coloniale au Sahara, il y a un historien qui l’a développée. C’est Jacques Frémeaux in Le Sahara et la France, 2010, éd. Sotéca. Mais il n’a pas compris que la résistance à l’occupation était tribale. Son exposé est loin de me satisfaire. Depuis 1977, il y a un ouvrage dont j’ai eu connaissance vers 1998 grâce à la référence de Pascal Venier dans son Lyautey avant Lyautey. Malheureusement, il est en anglais, langue que je ne lis pas. Il s’agit du travail de Ross Dunn, Résistance in the Desert : Moroccan Responses to French Imperialism -1881-1912, éd. par University of Wisconsin Press. Dunn a réalisé une enquête sur le terrain mais s’appuie essentiellement sur les archives militaires françaises pour

«y chercher l’image […] réfractée de la société indigène».


L’ouvrage en deux parties dont la première «propose une analyse des structures politiques et économiques des deux tribus Aït Atta et Dawi Mani (Doui Menia) et de deux ensembles oasiens Tafilalet et Figuig» et la deuxième relate «les mouvements de résistance face à la pénétration militaire française». Ce travail ne traite donc que d’une partie de la pénétration. Les historiens ne se sont pas penchés sur cette question car ils ne s’intéressent

qu’à l’Algérie du Tell et des Hauts-Plateaux, sa partie saharienne est essentiellement le résultat de l’action coloniale, l’Algérie sous les Turcs ne disposait pas de territoire saharien. De plus, il relève que l’occupation du Sahara algérien de l’Ouest ravive l’embarrassante question sa «marocanéité» proclamée par la Maroc, un sujet trop sensible


-On observe en général que dans l’écriture de l’histoire, les historiens exploitent les sources littéraires orales ou écrites comme source documentaire. Ce n’est pas le cas en Algérie où ce sont des littéraires qui les ont exploitées pour établir des historiographies…


En Algérie, on n’exploite pas ou très peu les sources littéraires orales ou écrites car leur formation ne les y prépare pas. Il y a aussi le problème des langues. En Algérie, l’histoire est essentiellement du domaine des arabisants alors que les sources littéraires sont essentiellement françaises. Un bon historien de cette époque devrait maîtriser au minimum l’arabe, le français et l’osmanli.


-Qu’apporte l’œuvre d’Isabelle Eberhardt à la connaissance historique ?


Ageron, à qui on doit le tome II de l’Histoire de l’Algérie contemporaine (de 1871 à 1954) et son monumental Les Algériens musulmans et la France (2 tomes) cite Pages d’Islam comme source d’information.


Sur quatre-vingt-dix nouvelles d’I. Eberhardt, il n’y a qu’une dizaine qui ne concerne pas le monde musulman. Autrement dit, presque les neuf dixièmes évoquent le Maghreb autochtone

: c’est dire l’importance du thème. Le récit de voyage, sud oranais, est presque entièrement consacré au même monde (soit 226 p. sur 228). Pour ses deux romans inachevés, Rakhil et Trimardeur, il n’y a que le second qui a comme héros un Occidental, Orchanow, qui finit ses vagabondages dans la Légion en Algérie (3e partie) où il fréquente les musulmans.

-Dans votre étude, vous avez ignoré la mémoire collective, privilégiant les sources historiques produites par les historiens et les écrits des militaires, le tout conforté par les observations d’Isabelle Eberhardt. Vous vous en défiez…


Personnellement, hélas, je n’ai qu’une très faible connaissance de l’arabe et cela je le regrette.


A propos du cas de Cheikh Bouamama, j’ai signalé que sa célébrité vient essentiellement de la mémoire collective. Les Algériens qui se sont penchés sur lui n’ont que peu de souci d’objectivité et versent dans le panégyrique.


D’après mes souvenirs, Mohamed Salhi a publié un ouvrage consacré à Cheikh Bouamama en 1981.

-Vous disculpez Isabelle Eberhardt de toute collaboration au service du général Lyautey. Mais s’il tolérait sa présence, n’est-ce pas parce qu’il y trouvait son compte puisqu’elle épousait dans ses écrits ses vues sur sa stratégie d’occupation et qu’en ce sens médiatiquement elle le servait ?


Au début, mon article voulait apporter des rectifications et des précisions à l’article de Bellaredj Boudaoud Isabelle Eberhardt et le colonialisme publié par Etudes islamiques du Haut Conseil islamique. D’où la partie sur les références à l’histoire d’Isabelle

Eberhardt. Comme l’écrivaine n’a enfreint aucune loi, le général Lyautey ne pouvait pas s’opposer à sa présence dans le Sud-Ouest.


Maintenant, il est vrai que Lyautey y trouvait son compte car elle épouse, dans ses articles politiques, en grande partie, ses vues. Néanmoins, en l’absence du quatrième journalier de l’écrivaine, journalier qui a disparu, on ignore ce qu’elle pensait réellement de lui.


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Article payant


https://www.ladepeche.fr/2020/11/29/une-valise-chargee-dhistoire-9227425.php


Blagnac : une valise chargée d’histoire

Abonnés


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Gérard Jean Fano et ses copains, Jeannot est le dernier à droite. Gérard Jean Fano et ses copains, Jeannot est le dernier à droite.


Patrimoine, Histoire - Archéologie, Anciens combattants Publié le 29/11/2020 à 10:19 , mis à jour à 13:07


Quand Gérard Fano, Jeannot pour ses proches, est décédé en Algérie, le 15 janvier 1960 à l’âge de 22 ans, ce fut un choc à Blagnac.


A l’époque, la ville n’avait pas la dimension actuelle et tout le monde se connaissait. La perte d’un de ses enfants fut vécue comme un véritable traumatisme.


"Pour ma mère Nicolle qui avait 15 ans, se souvient sa nièce Sandrine Buche, ce fut terrible. Elle était allée chercher le pain et à son retour, les gendarmes étaient là. Ses parents lui ont demandé d’aller se changer car son frère était mort.


La jupe et le chemisier noirs l’attendaient sur le lit ! Depuis la vie s’était arrêtée à la maison.

Il n’y a plus eu de musique et l’on n’avait plus le droit de rire."


Gérard est l’un des trois Blagnacais qui ont laissé leur vie lors de la guerre d’Algérie. Le camion dont il était chauffeur a versé dans le fossé à la suite d’une embuscade dans le massif du Chenoua, près de Tipaza.


Sa dépouille et sa valise d’effets personnels ont été rapatriés en avril 1960.


Il est enterré au cimetière central de Blagnac, sur une parcelle offerte par la mairie.


500 lettres pour conserver la mémoire

La valise, chargée d’émotions, est restée au fond d’une armoire et personne ou presque n’y a touché durant des décennies.


Nicolle l’avait récupérée et, à la suite de son décès en mai dernier, ses quatre enfants ont décidé de l’offrir à l’association Blagnac Histoire et Mémoire.

La présidente, Annie Thomas précise : "Nous avons accepté ce don dans un intérêt historique et mémoriel, en ayant conscience de toucher à la vie d’une famille.


Aussi ne produirons-nous des écrits qu’avec l’accord de Madame Buche."


La valise contenait les objets personnels de Gérard, des photos et plus de 500 lettres postées d’août 57 à début janvier 60, écrites par lui ou sa famille.


"Le dépouillement des courriers terminé, nous allons constituer un document qui balaiera toute la période.


Puis nous travaillerons par thème : la vie des appelés, leurs missions, leurs loisirs, la vie de la famille d’un appelé, les grands évènements de la guerre d’Algérie.


Mais nous n’avons pas vocation à conserver la valise. Une fois notre travail présenté aux Blagnacais dans notre revue en 2021, nous nous rapprocherons des Archives Municipales ou autres pour un don définitif".

P. C.


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https://www.inter-lignes.com/proces-de-lex-wali-dalger-abdelkader-zoukh-le-tribunal- de-tipasa-requit-15-ans-de-prison-ferme/


Procès de l’ex Wali d’Alger, Abdelkader Zoukh : le tribunal de Tipasa requiert 15 ans de prison ferme

28 novembre 2020 By Achour Nait Tahar


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l'ancien wali d'Alger, Abdelkader Zoukh et la PN renégat Agnès Rampal


Le procureur près le tribunal de Tipasa a requis, ce samedi, à l’encontre de l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, une peine de 15 ans de prison ferme et un million de dinars d’amende avec saisie de tous ses biens pour son implication dans deux affaires de corruption.


Après plusieurs reports, le procès de l’ex.wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, s’est ouvert ce samedi 28 novembre, au tribunal de Tipasa.


L’ancien wali d’Alger est poursuivi pour « offre délibéré de privilèges non justifiés à un tiers lors de le conclusion d’un marché et d’accords illégaux, corruption dans l’attribution de marchés publics et de contrats, dilapidation de deniers publics, abus de fonction, conflit d’intérêts, et offre d’exonérations fiscales et de réductions sans justificatif légal ».


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https://www.jforum.fr/30-novembre-journee-des-refugies-juifs-du-monde-arabe.html


30 novembre : Journée des réfugiés juifs du monde arabe

Edith Ochs


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En 1962, 800.000 « rapatriés » quittent l’Algérie précipitamment. Parmi eux, des

« Européens », des harkis, et 150.000 juifs adoubés d’une pseudo-identité d’Européens, alors qu’ils étaient parmi les plus anciennes populations indigènes.


Ni « rapatriés », ni « pieds noirs », ni colons, leurs racines étaient en Algérie, et plus largement en Afrique du Nord.


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De Palestine, de Rome, d’Egypte ou de Cyrénaïque, leur venue était liée à la destruction du Temple par Titus et à la déportation des premiers juifs en Afrique comme esclaves et prisonniers de guerre.

Autrement dit, avant l’arrivée du christianisme, qui s’est répandu dans l’Empire romain par le biais des synagogues. Et, a fortiori, longtemps avant l’islam.


La mémoire juive de l’Algérie


« On aura beau faire, affirme Raphaël Draï, la mémoire de l’Algérie est une mémoire juive. » Mais les amitiés individuelles n’empêchent pas les épreuves collectives et une mémoire douloureuse, comme en témoignent l’expulsion des juifs d’Oran en 1666, le massacre d’Alger en 1805, ou la décapitation du grand rabbin d’Alger, Isaac Aboulker, dix ans plus tard.


Beaucoup se plaisent à dater du décret Crémieux la mésentente entre les populations, mais c’est faire peu de cas de la dhimma, qui régissait les non-musulmans dans la loi coranique.

En effet, la conquête de l’Algérie, en 1830, mettait fin à trois siècles de domination ottomane. Le décret Crémieux, qui accorde, en 1870, la nationalité française aux populations indigènes, offre aux juifs le moyen de se libérer enfin du statut de dhimmis, de « protégés ».


Cet affranchissement déclenche autant le ressentiment des musulmans, attachés à leur propre statut, que la fureur des populations « européennes » foncièrement antisémites, qui exigent son abrogation — ou du moins, le retrait du droit de vote aux juifs.

« La hiérarchie des racismes organisait la société, » résume Jacques Tarnero, originaire d’Oran (1).


Au tournant du siècle, l’affaire Dreyfus et la publication du J’accuse d’Emile Zola se traduisent, en Algérie, par une violence inouïe : meurtres, viols, assassinats de nourrissons… Même si, au moment de la Grande Guerre, 14.000 juifs d’Algérie, mobilisés dans les régiments de zouaves, se distinguent au combat (plus de 1700 morts, un millier de veuves et 560 orphelins) certains à Alger nient l’existence du sacrifice, faisant du négationnisme avant la lettre.


Dans les années trente, la crise économique aidant, ce sont les juifs que les colons chargent de tous les maux, y compris des revendications nationalistes des musulmans.


Des heurts violents éclatent à Alger, Constantine, Oran et Sétif. Et le 5 août 1934, c’est le pogrom de Constantine : les musulmans se ruent dans le quartier juif et assassinent, pillent, mutilent, saccagent, comme l’illustrent les documents de l’exposition.


Enfin, en 1940, Vichy décide l’abrogation du décret Crémieux, dépouillant les juifs d’Algérie de tout statut officiel jusqu’en 1943. Ils ne se remettront jamais tout à fait de cette trahison.

En 1962, c’était la grande époque du photo-journalisme. Michel Salomon, le rédacteur en chef de L’Arche, le mensuel du FSJU qui a cessé de paraître en 2011, avait compris que c’était la photo qui faisait la force du témoignage dans des hebdomadaires comme le Nouvel Observateur et l’Express, sans parler de Paris-Match.


Il envoya Bernard Nantet, un jeune reporter photographe, à Marseille et à Orly pour photographier l’arrivée des nouveaux immigrants, les juifs d’Algérie.


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Les photos ci-dessous, à Marseille dans le camp de transit du Nouvel Arenas, inédites, attestent de leur désarroi et des conditions de leur accueil. Sur la photo n°4, il est écrit en hébreu : Broukhim Habahim, « bénis ceux qui viennent », autrement dit : soyez les bienvenus. Il s’agit probablement de la salle de prières.

Journaliste et écrivain huffingtonpost

(1) Jacques Tanero, Le Nom de trop : Israël illégitime ? Ed. Armand Colin


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Hors sujet


https://www.elwatan.com/edition/actualite/le-requisitoire-du-parlement-europeen-28-11- 2020


Droits de l’homme en Algérie : Le réquisitoire du Parlement européen


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Madjid Makedhi 28 novembre 2020 à 11 h 00 min


Dressant un tableau sombre de la situation des libertés, les parlementaires européens

«condamnent, selon la résolution, fermement l’escalade des arrestations et détentions illégales et arbitraires et du harcèlement judiciaire dont sont victimes les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme, les syndicalistes, les avocats, les membres de la société civile et les militants pacifiques en Algérie».


Le Parlement européen a adopté, jeudi dernier, une résolution qualifiée d’«urgente» sur la situation des droits de l’homme en Algérie. Le document, qui se réfère aux dispositions de l’accord d’association Algérie-UE de 2005 et les déclarations onusiennes, appelle les autorités algériennes à respecter «leurs engagements internationaux en la matière».


Dressant un tableau sombre de la situation des libertés, les parlementaires européens

«condamnent, selon la résolution, fermement l’escalade des arrestations et détentions illégales et arbitraires et du harcèlement judiciaire dont sont victimes les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme, les syndicalistes, les avocats, les membres de la société civile et les militants pacifiques en Algérie».


Le texte dénonce également «l’absence de toute possibilité de dialogue politique sur la révision constitutionnelle non démocratique et les entraves à l’exercice des libertés d’expression, de réunion et d’association».


Pour le Parlement européen, «le recours à l’introduction de mesures d’urgence dans le contexte de la pandémie de Covid-19 comme prétexte pour restreindre les droits fondamentaux du peuple algérien» est aussi condamnable.


Citant de nombreux cas, la résolution interpelle également le pouvoir sur les détenus d’opinion et politiques, dont le journaliste Khaled Drareni, qui purge une peine de deux ans de prison ferme pour avoir couvert une marche du hirak en mars dernier.


«La liberté d’expression, qui comprend la liberté des journalistes, qu’ils soient professionnels ou citoyens, d’informer et de proposer une analyse et des commentaires sur les manifestations et sur toute autre forme d’expression de mécontentement à l’égard du gouvernement ou de personnes physiques ou morales liées au gouvernement, est indispensable pour une transition politique pleinement démocratique», rappellent les signataires, qui exigent la libération de tous les détenus et la cessation des poursuites à leur encontre.


Respect des principes démocratiques


Poursuivant, la résolution du Parlement européen invite également les autorités «à mettre fin à toutes les formes d’intimidation, du harcèlement judiciaire, de criminalisation et d’arrestation ou de détention arbitraires à l’encontre des journalistes qui critiquent le gouvernement, des blogueurs, des défenseurs des droits de l’homme, des avocats et des militants».


Citant également les principes universels des droits de l’homme consacrés par la Constitution algérienne et le Pacte international pour les droits civils et politiques (PIDCP), les signataires

«invitent instamment les autorités algériennes à garantir l’existence d’un espace de liberté

dévolu à la société civile qui permette la tenue d’un authentique dialogue politique et ne criminalise pas les libertés fondamentales».


Ils insistent, dans la foulée, sur le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Poursuivant, la résolution pointe du doigt aussi la série d’articles de lois liberticides adoptés récemment, dont le texte nº20-06 qui criminalise de manière arbitraire la diffusion d’«informations fallacieuses».


Elle cite, notamment, la loi sur les associations ainsi que les articles 75, 79, 95 bis, 98, 100, 144, 144 bis, 144 bis 2, 146 et 196 bis du code pénal, qui ont été utilisés pour poursuivre et condamner des militants politiques, des journalistes et des activistes du hirak.


Ces textes, explique la résolution, doivent être mis en conformité avec le PIDCP. Dans ce sens, le document exige la levée de l’interdiction de l’emblème amazigh, dont le port a conduit à des dizaines d’arrestations et de condamnations en 2019.


S’adressant aux institutions de l’Union européenne (UE), ces parlementaires les invitent à

«apporter leur soutien aux groupes de la société civile, aux défenseurs des droits de l’homme, aux journalistes et aux manifestants, y compris en se montrant publiquement plus fermes au sujet du respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit en Algérie».


Ils leur demandent aussi de «condamner, sans ambiguïté et de manière publique, les atteintes aux droits de l’homme, en invitant instamment les autorités à remettre en liberté les victimes de détentions arbitraires et à cesser de recourir de manière excessive à la détention provisoire».


Arrêtés en octobre 2019 et remis en liberté provisoire en janvier dernier Cinq militants de l’association RAJ enfin jugés

C’est un véritable feuilleton pour eux. Cinq militants de l’association RAJ, arrêté le 4 octobre 2019 à l’issue d’une marche du hirak et maintenus en détention pendant plus de trois mois, ont enfin été jugés.


Leur procès a eu lieu jeudi dernier au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, après plus d’une année d’attente. Il s’agit de Hakim Addad, Ould Ouali Nassim, Massinissa Aissous, Djallal Mokrani et Hmimi Bouider.


Le procureur de la République a requis un an de prison ferme et des amendes à leur encontre, selon l’association RAJ, précisant que le verdict devrait être rendu le 3 décembre.


Ce procès, rappelons-le, a été reporté une dizaine de fois, maintenant les concernés dans une interminable liberté provisoire.


Par ailleurs, le juge près le même tribunal a prononcé, jeudi dernier encore, son verdict dans le procès de deux autres ex-détenus d’opinion, en l’occurrence Omar Bouchenane et Kamel Mesrouk, accusé d’«incitation à attroupement» et «atteinte à l’unité nationale».

Ces derniers ont été relaxés. Le parquet avait requis 18 mois de prison ferme à leur encontre. Les deux militants avaient été arrêtés le 5 octobre 2019 et remis en liberté provisoire le 2 janvier dernier.


A la cour d’Alger, le juge a également prononcé son verdict dans le procès en appel d’une vingtaine de manifestants.


Quatre d’entre eux ont condamnés à 3 mois de prison avec sursis. Il s’agit de Djamel Eddine Oulmane, Aït Ouarab Ahcene, Farid Boughida et Abdelghani Ben Ghanem. Les autres accusés ont, quant à eux, bénéficié d’une relaxe. M. M.


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https://www.africa-bi.com/fr/article/actualite/algerie-la-realisation-du-port-du-centre-a- el-hamdania-et-de-grands-projets-miniers-lancee-a-partir-de-2021


Reprise de la construction du port des barbares à Tipasa


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Algérie:La réalisation du port du Centre à El Hamdania et de grands projets miniers lancée à partir de 2021


29 novembre 2020 / Actualité / 138 / ABI 1


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ALGER- Le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane a affirmé jeudi à Alger que le lancement de grands projets structurants dont le port du centre à El Hamdania et de grands projets miniers était prévu au début de l'année prochaine.


Dans une déclaration à la presse au terme de l'adoption du projet de loi des Finances 2021 par les membres du Conseil de la nation, M. Benabderrahmane a précisé que "ces projets font partie des premières priorités de l'Algérie nouvelle", ajoutant que "toutes les procédures liées à ces projets ont été parachevées au niveau du secteur ministériel".


Le ministre a poursuivi que ces projets structurants (port du centre à El Hamdania et projets miniers du phosphate, zinc et fer) étaient à même de "réaliser la prospérité et de créer un nombre important de postes d'emploi".


Afin de réaliser la prospérité économique, M. Benabderrahmane a souligné que les start-up constituaient l'un des mécanismes qui seront utilisés par le gouvernement en vue de trouver des ressources alternatives pour l'économie nationale, ajoutant que ces start-up "bénéficieront de l'accompagnement, technique et financier, des dispositifs du système financier, sans parler des facilitations et des avantages fiscaux et douaniers".


En ce qui concerne la numérisation du secteur des finances et de l'administration, le ministre a assuré que ce projet sera concrétisé "prochainement", expliquant que cette numérisation permettra de conférer davantage de transparence aux procédures et d'accélérer leur mise en oeuvre.


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Article payant, incomplet https://www.mediapart.fr/journal/international/291120/alice-zeniter-et-faiza-guene-la- fiction-c-est-ecrire-un-son-pour-taire-les-silences


Alice Zeniter et Faïza Guène: «La fiction, c’est écrire un son pour taire les silences»

29 novembre 2020 Par Rachida El Azzouzi et Faïza Zerouala


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L’une est petite-fille de harkis, l’autre fille d’immigrés algériens. Elles explorent dans leurs œuvres l’histoire franco-algérienne et comblent les trous familiaux et collectifs, par-delà les fantômes et les traumas de la colonisation et de la guerre. Dialogue apaisant et apaisé entre les écrivaines Faïza Guène et Alice Zeniter.

Mediapart poursuit sa série sur les mémoires « irréconciliées » entre la France et l’Algérie, en compagnie de deux autrices, deux trentenaires, qui exposent au travers de la littérature le poids de l’histoire, des tabous et des silences de part et d’autre de la Méditerranée : Faïza Guène et Alice Zeniter.


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Les dessins du jour

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