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- Revue de presse N° 129

- 2021 - {2003-2021 – 18ème année}

- Articles du 9 Mai 2021

 

 

ttps://www.elwatan.com/pages-hebdo/histoire/gilles-manceron-historien-un-veritable- travail-de-verite-et-de-reconnaissance-reste-a-faire-en-france-08-05-2021


Gilles Manceron. Historien : «Un véritable travail de vérité et de reconnaissance reste à faire en France»


Gilles Manceron Kamel Beniaiche

08 mai 2021 à 11 h 13 min


Historien et vice-président de la Ligue des droits de l’homme, Gilles Manceron est l’auteur de nombreux ouvrages dont, avec Hassan Remaoun, D’une rive à l’autre ; La Guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire (avec Hassan Remaoun, Syros, 1993), Marianne et les colonies, Une introduction à l’histoire coloniale de la France (La Découverte, 2003).


Il revient, dans cet entretien, sur une question mémorielle encore brûlante, relative à la

reconnaissance de la France des massacres du 8 Mai 1945.


-Des membres de la société civile française, des femmes et des hommes de lettres militent depuis de longues années pour pousser l’Etat français à reconnaître les crimes commis

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en son nom en mai 1945 en Algérie. Que pouvez-vous nous dire à propos d’une telle action méconnue aussi bien en France qu’en Algérie ?


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Lors de la répression qui s’est abattue en mai et juin 1945 sur les populations algériennes du Nord-Constantinois, les responsables politiques de l’époque, comme la majorité des Français, étaient imprégnés des stéréotypes sur les bienfaits de la colonisation et la nécessité de conserver l’empire outre-mer. Ceux qui aspiraient à l’émancipation des colonies, comme les Algériens des Amis du Manifeste et de la Liberté, ne pouvaient être que des bandits rétrogrades. Au sein de la Résistance et de la France libre, certains avaient défendu les droits des colonisés, dont les Algériens, à se libérer de ceux qui les avaient envahis par la force, tout comme les Français l’avaient fait durant la Seconde Guerre mondiale. Mais ils étaient très minoritaires, la majorité considérait comme normal que la France rétablisse son contrôle sur ses colonies. Mais la violence de la répression coloniale a provoqué l’indignation d’un nombre croissant de Français et l’issue de la Guerre d’indépendance algérienne a mis à mal cette vision du monde.


Depuis cette époque, dans la société française, le renouvellement des générations a fait qu’un nombre croissant de personnes a pensé que la colonisation était un crime contre les droits de l’homme. Mais les forces politiques nostalgiques de la colonisation sont restées actives et ont combattu cette évolution. La société française est partagée entre ces deux aspirations, mais une partie croissante est choquée par l’injustice et la violence de la colonisation. Ces dernières années, un travail important a été fait, par exemple, par des associations et aussi par des villes pour la reconnaissance de la répression de la manifestation des Algériens immigrés en France du 17 Octobre 1961. Et des rassemblements de plus en plus nombreux ont lieu pour la reconnaissance des massacres qui sont intervenus dans l’est de l’Algérie en mai et juin 1945, qui ont beaucoup compté dans la prise de conscience des Algériens de ce qu’une guerre d’indépendance nationale était inévitable.


-Selon vous, pour quelles raisons la France officielle ne veut toujours pas reconnaître les crimes commis en Algérie ?

Les institutions officielles de la France ont du mal à reconnaître le fait que la conquête coloniale et la période de la fin des colonies ont été ponctuées de massacres et de répressions barbares. Mais elles sont obligées de tenir compte de ce que, par exemple, la pratique de la torture dans les guerres coloniales a profondément choqué la conscience des Français. Certaines affaires, comme la torture et l’assassinat de Maurice Audin, un Algérien d’origine européenne qui était partisan de la guerre d’indépendance nationale, ou de l’avocat Ali Boumendjel, l’un des chefs du parti qui avait lancé le Manifeste algérien, l’UDMA, et avait rejoint le FLN, ont particulièrement indigné une partie grandissante de la population française. D’où le fait que certains présidents de la République ont fait des gestes en faveur de leur combat et de leur sort.


La droite française s’était fracturée sur la question de la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie à partir du tournant, amorcé en septembre 1959 par le général de Gaulle sur l’avenir de l’Algérie, tout comme elle s’était profondément partagée sous l’occupation allemande entre pétainistes et partisans de la Résistance.


Les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française, les partisans du putsch de 1961 puis du terrorisme de l’OAS ont été accueillis dans la droite.


Dans ces conditions, la fraction la plus colonialiste de la droite, marginalisée au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, a repris de l’importance.


Et elle s’est affirmée encore plus ouvertement dans les années 1980 et 1990 avec l’émergence du Front national. La gauche française a aussi du mal à aborder ce passé car une grande partie d’entre elle a été colonialiste ou a eu du mal à reconnaître l’indépendance de l’Algérie. Tout cela explique ce «retard français». Mais un mouvement est à l’œuvre dans la société française et il ne s’arrêtera pas.


-Malgré les bonnes intentions, l’accès aux archives demeure un frein pour les chercheurs et historiens. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?


C’est une question centrale, car il faut que les faits qui ont marqué la conquête coloniale et la répression de la guerre d’indépendance soient connus et, de ce point de vue, l’accès aux archives est fondamental.


De plus en plus de chercheurs et d’historiens réclament le droit de consulter les archives, y compris celles que l’armée française à l’époque avait frappées du sceau «secret».


A l’opposé des promesses faites par Emmanuel Macron en 2018, une fermeture accrue des archives s’est produite ensuite. Une application stricte d’un texte réglementaire, qui exige l’interdiction de la communication de documents frappés de tampons «secret», même quand la loi dispose qu’en fonction de leur date ils sont consultables «de plein droit», a été exigée.


Un lourd processus de «déclassification préalable» a été imposé. Ce qui a entraîné les démarches de l’Association des archivistes de France, de celle des historiens et chercheurs de l’université et de l’Association Josette et Maurice Audin pour demander qu’il soit mis fin à cette situation absurde.

Ils appellent à l’ouverture de l’ensemble des archives de la guerre d’Algérie, puisque la loi dit que les archives de plus de 50 ans — c’est-à-dire, en 2021, celles antérieures à 1971 — sont consultables «de plein droit» à tous ceux qui veulent accéder à des documents sur cette histoire, quelle que soit leur nationalité. Seule leur ouverture générale aidera à documenter les disparitions des nombreux civils algériens qui en ont été victimes lors de la Bataille d’Alger de 1957 et tout au long de la guerre. C’est l’objet du site internet 1000autres.org que d’y contribuer. Les archives sont un patrimoine qui doit être entièrement partagé entre les deux pays.

-Pour l’apaisement des mémoires, ne pensez-vous pas que la France officielle devrait engager un véritable travail de vérité et de reconnaissance ?


C’est indispensable, et cela pour deux raisons. Pour les relations entre la France et l’Algérie, comme avec l’ensemble de ses anciennes colonies, qui ne pourront être apaisées qu’à la condition que ce véritable travail de vérité et de reconnaissance soit effectué. Et pour la société française elle-même, dans laquelle le racisme anti-arabe et l’islamophobie persisteront au niveau élevé qu’ils connaissent actuellement tant que ce travail ne sera pas fait. Tant que les habitants de ce pays n’entendront pas de la part des plus hautes autorités de l’Etat que l’image, en particulier, qui a été donnée de la lutte d’indépendance algérienne était une image mensongère et faussée. Tant qu’ils n’entendront pas de la part de leurs autorités d’aujourd’hui que les militants du FLN n’étaient pas, comme on le leur a dit à l’époque, des «hors-la-loi» et des «bandits», mais des patriotes et des résistants qui venaient de tous les milieux et de toutes les sensibilités politiques du peuple algérien, et qui ont mis fin à l’injustice du système colonial.

C’est important pour ceux de nos concitoyens d’aujourd’hui dont l’histoire familiale les rattache à l’Algérie ou à l’histoire de la colonisation, qui aspirent à ce que la France officielle cesse de mentir sur ce passé, mais c’est important aussi pour tous les autres, pour tous ceux, les plus nombreux, qui n’ont pas d’origine familiale algérienne ou relative à d’autres anciennes colonies et dont beaucoup, en particulier les plus jeunes, veulent connaître la vérité sur l’histoire de leur pays. Une histoire de la France dont de nombreux moments ont été riches et féconds, mais une histoire dont la page coloniale a été marquée par des crimes et des massacres en contradiction avec les idéaux des droits de l’homme qui se sont pourtant progressivement imposés dans le pays. C’est cette page coloniale de l’histoire de la France qu’il faut que ce pays regarde en face et que les plus hautes autorités de l’Etat reconnaissent pour ce qu’elle a été, c’est-à-dire une suite d’injustices et de crimes. C’est en ce sens qu’un véritable travail de vérité et de reconnaissance reste à faire en France. Ce travail est indispensable et devra forcément être fait un jour. Le plus tôt sera le mieux.


-Le rapport de Benjamin Stora a ouvert des brèches, non ?

 

Oui, c’est ma conviction. Il a suscité beaucoup de réactions en France et en Algérie, dont certaines lui reprochent de ne pas avoir parlé de ceci ou de cela, mais c’est le travail d’un historien qui a été marqué dans son histoire familiale et personnelle par cette page de la grande histoire, et qui a voulu toute sa vie la comprendre, en parler avec des Algériens et l’expliquer aux Français. L’important, ce n’est pas telle ou telle insuffisance dans ce travail rédigé par un homme seul pendant une durée de trois mois, mais ce vers quoi il peut ouvrir. Ce qui peut être repris, ou ajouté par les citoyens des deux pays. En France, une partie de l’opinion en a assez des mensonges officiels sur les bienfaits de la colonisation et demande un langage de vérité. Cette demande ne fait pas l’unanimité, car les mythes et les stéréotypes diffusés depuis cette époque se sont sédimentés dans la société, et les forces politiques qui continuent à les entretenir s’en servent encore dans des buts électoraux.

Mais il faut combattre cette vision fausse de ce passé et dire la vérité aux Français. Le rapport de Benjamin Stora peut être un instrument à partir duquel ce travail pourra être mené. Il contient des préconisations, dont certaines sont à reprendre.


La reconnaissance de la torture et des disparitions forcées pratiquées par l’armée française durant la guerre d’indépendance algérienne doit être faite en se saisissant de ce rapport.


Elle a à peine commencé avec celle de l’assassinat de Maurice Audin par les militaires français qui le détenaient et celui de Ali Boumendjel, un grand avocat dont le parti, l’Union démocratique du manifeste algérien, avait rejoint le FLN et qui est l’un des hommes de valeurs qui ont manqué à l’Algérie indépendante.


C’est un début. Cela «ouvre des brèches», mais il faut que les autorités de la France officielle aillent beaucoup plus loin, et que cette histoire puisse être librement écrite par les historiens, qui doivent pouvoir accéder librement aux archives dans les deux pays.


-La question de la reconnaissance des crimes commis en Algérie durant 130 ans de colonisation sera-t-elle présente durant la prochaine élection présidentielle française ?

Oui, ce thème sera présent, parmi d’autres, dont celui des injustices sociales qui ont été aggravées par les conséquences de la pandémie.


L’extrême droite s’enracine dans le vieux terreau qui est celui du racisme colonial. Une bonne partie de la droite a tendance à vouloir s’allier avec elle. Et la gauche a du mal à faire un travail de vérité sur ce passé car les mythes coloniaux font aussi partie de son histoire.


Certaines de ses forces ont été anticolonialistes, mais souvent de manière intermittente et inconséquente, d’autres ont été majoritairement complices de cette politique funeste. Le travail de vérité nécessaire oblige aussi la gauche française à remettre en cause une partie de son passé.


Cela demande à ses responsables d’aujourd’hui du courage et de la lucidité. Vont-ils en faire preuve ?


Vont-ils rompre avec les discours réactionnaires et xénophobes qui se déguisent sous l’apparence de références à une laïcité, que certains utilisent en la déformant et en la trahissant, et à un discours républicain abstrait qui leur sert de paravent ou de masque ?


La campagne de l’élection présidentielle de 2022, qui se profile à l’horizon, va répondre à cette question. Elle va coïncider avec le soixantenaire de l’indépendance de l’Algérie.


Si les hommes et les femmes politiques de France ont le courage de choisir le travail de vérité qui est nécessaire au pays et auquel invite le rapport de Benjamin Stora, en s’emparant de la question de la reconnaissance des crimes commis en Algérie durant 130 ans de colonisation, cela pourrait constituer une étape importante dans les relations extérieures de la France et dans l’évolution apaisée de la société de ce pays.


Propos recueillis par Kamel Beniaiche


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https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/cnews-face-a-l-info-07-05-2021-89478


CNews - Face à l’info 07 05 2021 : Zemmour vs Attali

La France de Zemmour contre le Mondialisme d’Attali

par Mao-Tsé-Toung samedi 8 mai 2021

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Face à l'info 07 05 2021 : Zemmour vs Attali

- La France de Zemmour contre le Mondialisme d'Attali Attali : nous venons tous deux d'Algérie !

Attali provocateur : vous ne venez pas de Chateauroux ; Zemmour (ce qu'il aurait dû répondre) : Napoléon non plus !


Attali : serez-vous candidat à la présidentielle de 2022 ?


Zemmour n'a pas répondu & Attali n'a pas insisté !

 


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https://www.beurfm.net/news/l-ambassadeur-de-france-en-algerie-rend-hommage-aux- victimes-du-massacre-du-8-mai-1945-21585


L'ambassadeur de France en Algérie rend hommage aux victimes du massacre du 8 mai 1945

09 mai 2021 à 18h26 Par Manuel Mariani


L'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, s'est rendu, samedi à Sétif, où il a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de Saal Bouzid, premier martyr des massacres du 8 mai 1945.


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Dans une déclaration à la presse en marge d'une rencontre nationale sur "les crimes du colonialisme dans le monde (8 mai 1945 comme modèle)", organisée à l'occasion de la célébration de la journée nationale de la mémoire et de la commémoration du 76e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 à la Maison de la Culture "Houari Boumediene", le wali de Sétif, Kamel Abla, a fait savoir que l'ambassadeur français était arrivé à Sétif sur instructions du président français, Emmanuel Macron, afin de déposer une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de Saal Bouzid.

Selon M. Abla, la visite de l'ambassadeur français intervient dans le cadre d'une mission précise, à savoir le dépôt d'une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de Saal Bouzid. Dans un message adressé à l'occasion de la journée nationale de la Mémoire marquant les massacres du 8 mai 1945, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que l'excellence des relations avec la République française ne saurait exister en dehors de l'histoire et du traitement des dossiers de la Mémoire qui ne sauraient faire l'objet d'aucune renonciation, insistant sur l'impérative traitement de ces dossiers "avec sérieux et pondération".

Les deux peuples algérien et français "aspirent à un avenir meilleur empreint de confiance et compréhension, au mieux de leurs intérêts dans le cadre du respect mutuel et de l'égalité", a soutenu le Président de la République.

Les célébrations officielles de la journée nationale de la Mémoire et de l'anniversaire du 76e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 se poursuivront à la wilaya de Sétif à travers l'organisation de plusieurs activités culturelles et historiques ainsi que l'inauguration et la baptisation de structures éducatives.

Ces célébrations se sont déroulées en présence du secrétaire général du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebika, du Conseiller du président de la République, chargé des Archives et de la Mémoire nationale, Abdelmadjid Chikhi, du secrétaire général de l’Organisation nationale des enfants de moudjahidine (ONEM), Khalfa Mbarek, président de l'association 8 mai 1945, Abdelmadjid Slakedji et du Secrétaire général par intérim de l’Organisation nationale des Moudjahidine (ONM), Abdelaziz Fouhal.


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https://twitter.com/ambafrancealger/status/1391051163097870338/photo/1


En ce #8mai, jour de commémoration des massacres de mai et juin 1945 à Sétif et dans le Nord-Constantinois, l’Ambassadeur de France, François Gouyette, est venu déposer, au nom du Président de la République française, une gerbe de fleurs en hommage aux victimes.


5:23 PM · 8 mai 2021 depuis Sétif , Algeria·Twitter for iPhone


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Article disparu depuis sa publication le 8 mai 2021

 

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https://www.aps.dz/algerie/121508-massacres-du-8-mai-45-les-autorites-francaises- toujours-pas-pretes-a-reconnaitre-ses-crimes


Massacres du 8 mai 45: Les autorités françaises "toujours pas prêtes" à reconnaitre ses crimes

Publié le : samedi, 08 mai 2021 13:35


Massacres du 8 mai 45: Les autorités françaises "toujours pas prêtes" à reconnaitre ses crimes ALGER - Le témoin de la Guerre de libération nationale et militant anticolonialiste, Henri Pouillot, a déploré qu'au jour d'aujourd'hui le président de la République et le gouvernement français ne soient "toujours pas prêts" à reconnaitre et condamner tous les crimes d’Etat, de guerre et contre l’humanité commis par la France coloniale en Algérie.


"On voit bien que le président de la République (Emmanuel Macron), le gouvernement, ne sont pas prêts à reconnaitre et condamner tous les crimes d’Etat", a soutenu M. Pouillot, dans un entretien accordé à l’APS, à l'occasion de la commémoration de la Journée nationale de la Mémoire, coïncidant avec le 76eme anniversaire des massacres du 8 mai 1945, citant notamment "les crimes du 8 mai 1945, du 17 octobre 1961, du 8 février 1962, et les crimes de guerre comme l’utilisation du napalm, du gaz Vx et Sarin et les essais nucléaires".


Il a également cité d’autres "crimes contre l’humanité, tels que les camps d’internement pudiquement appelés camps de regroupement, tortures, exécutions sommaires, 'crevettes Bigeard'".


Soutenant ses propos avec une "preuve flagrante", M. Pouillot, avec un langage cru, a souligné à ce titre que "le 26 mars 2021, pour la première fois de l’histoire, une ministre du Gouvernement (français), au nom du président de la République, déposait une gerbe pour honorer, de fait, l’OAS


(Organisation de l’Armée secrète), qui porte la terrible responsabilité de la provocation ayant généré le massacre du 26 mars 1962 à la rue d’Isly (actuellement rue Larbi Ben M’hidi) à Alger", a encore soutenu ce militant anticolonialiste.


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Henri Pouillot employé de lavilla Alexandre Sésini à Alger


Dans le même sens, il s’est interrogé pourquoi le pouvoir politique actuel en France n’a pas reconnu "l’assassinat de Larbi Ben M’Hidi, lui aussi torturé, assassiné dans des conditions similaires, par la même équipe du Général Aussaresses?", faisant observer que ce même pouvoir envisageait, à la veille de la commémoration des crimes du 8 mai 1945, de faire de" très petits pas pour esquiver le débat essentiel et ce, après avoir reconnu l’assassinat de Maurice Audin, puis, récemment celui de Ali Boumendjel".


A une question relative au rapport de l’historien français Benjamin Stora, M. Pouillot a estimé que Stora "répondait à une mission politique du président de la République française", relevant à ce propos qu"’il n’établissait pas une thèse historique sur le passé colonial français en Algérie et la conséquence de cette Guerre de libération nationale".

"Certes, il y est évoqué les violences, des répressions menées pendant la conquête coloniale, et sa pérennisation, mais l’expression +crime+ est difficile à trouver (dans ce rapport)", a déploré ce militant, auteur de plusieurs ouvrages sur la colonisation.


Réconciliation des Mémoires : appel à cesser la falsification historique


Interrogé sur la "lenteur" qu’accuse la réconciliation des Mémoires entre l’Algérie et la France, 76 ans après les crimes du 8 mai 1945, M. Pouillot a estimé que "dans le cas précis du 8 mai 1945, ce qui est nécessaire, indispensable, c’est que la falsification historique cesse." Il a ainsi rappelé que "le premier tout-petit pas fut prononcé le 8 mai 2005 par l’ambassadeur de France en Algérie et le ministre Michel Barnier en parlant de +tragédie inexcusable+, mais cela reste insuffisant, et le reste encore aujourd’hui", soulignant qu’"il faut reconnaitre que ces faits sont des crimes commis au nom de la France et qu’ils doivent être condamnés comme tels".


"Tant que ces mots ne seront pas prononcés, que les responsabilités ne seront pas clairement reconnues, les souffrances de cette mémoire ne peuvent pas s’atténuer", a ajouté M. Pouillot. Aussi et en sa qualité de témoin de la Guerre de libération nationale, il a estimé que le 8 mai 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata représente "le début de la Guerre de libération de l’Algérie". "Les témoins que j’avais rencontrés à l’université de Sétif le 8 mai 2005, lors d’un colloque sur le déclenchement de la guerre de Libération nationale, m’avaient expliqué qu’ils avaient participé à cette manifestation parce qu’ils ne pouvaient plus accepter cette humiliation

permanente d’être considérés comme des sous-citoyens, alors qu’ils avaient été enrôlés dans l’armée française pour chasser le nazisme", a-t-il témoigné, à son tour.


Il a conclu, en sa qualité de militant anticolonialiste engagé, que ce "mouvement populaire, légitime, si sauvagement réprimé, a, de fait, constitué le ferment permettant au peuple algérien de s’organiser pour obtenir son indépendance et espérer ainsi une vie digne".


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https://dz.ambafrance.org/Commemoration-des-massacres-du-8-mai-1945


10 mai 2021


Commémoration des massacres du 8 mai 1945

En ce 8 mai, jour de commémoration des massacres de mai et juin 1945 à Sétif et dans le Nord-Constantinois, l’Ambassadeur de France, François Gouyette, est venu déposer, au nom du Président de la République française, une gerbe de fleurs en hommage aux victimes.


L'Ambassadeur François Gouyette, dépose une gerbe de fleurs en hommage aux victimes des massacres de mai et de juin 1945 à Sétif et dans le Nord-Constantinois.


L’Ambassadeur François Gouyette, dépose une gerbe de fleurs en hommage aux victimes des massacres de mai et de juin 1945 à Sétif et dans le Nord-Constantinois.


Crédit photo : Ambassade de France en Algérie


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https://www.francebleu.fr/infos/societe/rosselange-300-personnes-rassemblees-pour- dire-non-a-la-haine-raciale-1620493915


Samedi 8 mai 2021

 

Rosselange : 300 personnes rassemblées pour dire non à la haine raciale

Natacha Kadur


300 personnes se sont réunies samedi devant la mairie de Rosselange en soutien à Xavier et Rose-Marie, un couple ayant reçu une lettre d'injures qui met en cause leur engagement humanitaire en faveur des migrants. Le collectif de soutien réclame des sanctions contre l'auteur du courrier.


Xavier Phan Dinh et son épouse Rose-Marie ont reçu le 19 mars dernier un courrier d'insultes et de menaces faisant allusion à leurs origines et à leurs actions humanitaires en faveur de migrants.


Xavier Phan Dinh et son épouse Rose-Marie ont reçu le 19 mars dernier un courrier d'insultes et de menaces faisant allusion à leurs origines et à leurs actions humanitaires en faveur de migrants. © Radio France - Natacha Kadur


300 personnes se sont réunies samedi devant la mairie de Rosselange pour manifester leur soutien envers Xavier et Rose-Marie, un couple de militants visés par une lettre d'injures et de menaces qui met en cause leur engagement caritatif auprès de migrants. Les associations et élus rassemblés étaient venus dénoncer l’expression de cette haine raciale et réclamer des sanctions.


Le rassemblement était organisé par un collectif de soutien comptant plusieurs organisations syndicales et militantes, dont la CGT, le PCF, la FSU, la MRAP, La France Insoumise, entre autres.


Le rassemblement était organisé par un collectif de soutien comptant plusieurs organisations syndicales et militantes, dont la CGT, le PCF, la FSU, la MRAP, La France Insoumise, entre autres. © Radio France - Natacha Kadur

Injures et menaces de morts


Pour Xavier, la réception de ce courrier n'est pas le fruit du hasard. Il a été adressé à son domicile le 19 mars dernier, à la veille d'un rassemblement de soutien en faveur d'une famille étrangère menacée d'expulsion qui avait lieu dans la commune. Xavier et son épouse avaient distribué des tracts dans les boîtes aux lettres pour appeler à la mobilisation lors de cet événement.

La prochaine fois que tu nous mets des tracts en faveur des migrants dans nos boîtes aux lettres, on vous fait la peau - extrait de la lettre lue par Xavier


Le militant a souhaité lire des extraits de ce courrier devant le public rassemblé. Les morceaux choisis font directement allusion à leur travail aux côtés de personnes étrangères : « La prochaine fois que tu nous mets des tracts en faveur des migrants dans nos boîtes aux lettres, on vous fait la peau » a-t-il lu ou encore « Pourquoi est-ce vous n'aidez pas plutôt les étudiants français ? » D'autres propos à caractère injurieux ont été rapportés, évoquant également les origines étrangères du couple.


Dans les rangs des personnes rassemblées, la lecture de ce texte fait froid dans le dos à Joëlle, venue de Montigny-lès-Metz : « J'ai trouvé ça absolument horrible.


 

On vit une période difficile, mais repartir en arrière comme ça, parce que pour moi c'est des propos qu'on pouvait entendre sous le régime nazi, j'ose le dire clairement », s'émeut celle qui avoue avoir elle-même souffert de racisme dans sa jeunesse, en raison de ses origines pieds-noirs.


Plusieurs élus du territoire étaient venus afficher leur soutien.[ Ici Vincent Matelic, le maire de Rosselange ] © Radio France - Natacha Kadur


Demande de sanctions


Les participants ont acquiescé aux différentes prises de paroles qui dénonçaient une forme de banalisation des discours de haine. Le collectif de soutien réclame qu'une enquête permette d'identifier l'auteur de cette lettre manuscrite, et qu'il soit sanctionné.

Le couple a déposé une plainte après la réception de ce courrier.


Le délit d'injure est passible d'une amende de 1500 euros. Les sanctions peuvent aller jusqu'à

45.000 euros d'amende et jusqu'à trois ans d'emprisonnement s'il s'agit d'une menace de mort.


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https://www.algeriepatriotique.com/2021/05/09/les-nostalgiques-de-lalgerie-francaise- justifient-le-massacre-des-45-000-algeriens/


Comment les nostalgiques de l’Algérie française justifient le massacre de 1945

Rédaction 9 mai 2021


8 mai manifestation pacifique


Jean-Marc Todeschini rendant hommage aux victimes du 8 Mai 1945 en 2015. D. R.


Par Mohamed K. – «Peut-on, honnêtement, parler d’une manifestation pacifique ?»


s’interroge-t-on dans les milieux des nostalgiques de l’Algérie française, à l’occasion de la commémoration de cet épisode tragique de la colonisation.


Les auteurs de cette interrogation s’offusquent à l’idée de voir l’ambassadeur de France à Alger déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des 45 000 Algériens massacrés ce jour-là à Sétif, Guelma et Kherrata et d’écouter un de ses prédécesseurs, Bernard Bajolet, déclarer en 2008, que «le temps de la dénégation des massacres perpétrés par la colonisation en Algérie est terminé».


Aux yeux de ces pieds-noirs révisionnistes, si l’armée française a tiré sur des manifestants pacifiques, c’est parce que ces derniers ont déployé des drapeaux alliés et des pancartes affichant des slogans appelant à la libération de Messali Hadj, alors détenu à Brazzaville, et à l’indépendance de l’Algérie. «Ceci méritait d’être rappelé car trop d’historiens voient dans les massacres de Sétif du 8 mai 1945 un mouvement spontané, sans préparation», arguent ces extrémistes de droite, en déclarant que «le ver était déjà dans le fruit» et en affirmant que ces manifestations ont été organisées par la CIA et le KGB. «L’affaiblissement de la France, de la défaite de juin 1940 au débarquement américain en 1942, en est l’un des motifs», expliquent- ils.


Pour eux, il s’agissait d’une «rébellion» qu’il fallait donc mater dans le sang parce qu’elle était, par ailleurs, «pilotée par les fascistes italiens ou les nazis» et que «le Parti du peuple algérien était proche du Parti populaire français», une formation politique d’inspiration fasciste. Les 45 000 Algériens massacrés étaient donc des fascistes qu’il fallait exécuter, selon ces «anciens d’Algérie» qui avancent un mensonge grossier selon lequel les manifestants auraient échangé des tirs avec les policiers et qu’ils s’en seraient pris aux Français et fait 28 morts «chez les Européens, dont le maire qui a cherché à s’interposer».


Toujours selon eux, les forces de l’ordre françaises faisaient face à des «appels au djihad» plusieurs décennies avant l’apparition d’Al-Qaïda et de Daech. Les Algériens qui réclamaient leur indépendance étaient donc des «terroristes» qui assassinaient de «pauvres fermiers», mais avouent que la Légion étrangère, à qui la mission génocidaire avait été confiée par les responsables politiques de l’époque, «n’est pas venue pour faire dans la dentelle». «La

répression sera efficace et féroce», se targuent-ils en soulignant que des navires de guerre et des bombardiers avaient été mis à contribution pour faire un maximum de morts parmi les Algériens révoltés, sans compter le recours à la politique de la terre brûlée et aux automitrailleuses qui «tirent à distance sur les populations».


Les aveux sont pourtant sans ambages : «Oui, personne ne saurait contester que les troupes françaises n’aient pas été tendres pour réprimer les émeutes !» ; «Dans ses mémoires, De Gaulle y fait une très brève allusion, sans doute pour ne pas endosser la responsabilité de la répression».


M. K.


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https://www.lnr-dz.com/2021/05/08/une-vie-pour-lalgerie/


Une vie pour l’Algérie

- La Nouvelle République Algérie Rédaction LNR 9 mai 2021

Jules Molina


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L’écriture de l’histoire des moudjahidines d’origine européenne et de leur participation au combat de leur pays, l’Algérie, pour le libérer du joug colonial français, s’est enrichie d’un nouveau livre qui porte sur le parcours de l’un d’entre eux, Jules Molina*, très peu connu de ses compatriotes. Après s’être engagé, avec courage, dans la lutte contre le colonialisme, Jules Molina a donné tout ce qu’il pouvait à l’Algérie indépendante, pour son développement national.


Pour la petite histoire, on lui doit le «Tassili», fameux camembert algérien, qu’il a fabriqué alors qu’il était directeur technique à l’Onalait (Office national du lait).


Jules Molina est né le 8 février 1923 à Perrégaux (aujourd’hui Mohammedia, près d’Oran), dans une famille d’immigrés espagnols, «arrivée en Algérie, comme l’explique son fils Paul, en tant que famille ouvrière, pas pour posséder quelque chose.

Ils sont arrivés pour travailler au service de colons installés, pour survivre». Mobilisé en été 1943, il prend part dans une unité d’artillerie, à la guerre contre l’Allemagne nazie. Il se

souvient que, dans cette période de guerre, il avait constamment une photo de Staline qu’il épinglait sur le mur au-dessus de son lit.


Et, il tient à le mentionner, à plusieurs reprises, dans ses Mémoires. A la fin de la guerre, de retour au pays, il adhère au Parti communiste algérien (PCA). En 1950, il est élu au bureau régional d’Alger dirigé par Ahmed Mahmoudi et Rachid Dali Bey et devient permanent du parti, avec un salaire très nettement inférieur à celui qu’il touchait dans le cabinet d’ingénieurs-conseils où il avait été embauché.


A la demande du parti, il prend la direction de son imprimerie (qui était aussi celle d’Alger républicain), située rue Kœchlin à Bab El Oued.


De cette imprimerie, sortait Liberté, organe central du PCA, mais aussi L’Algérie libre, organe central du MTLD, et Le travailleur algérien (de la CGT d’Algérie) ainsi que leurs tracts et affiches. Il raconte comment les communistes se battaient pour empêcher la police de saisir le journal du MTLD à l’imprimerie. En septembre 1955, le PCA, son journal, Liberté, et Alger républicain sont interdits.


Le PCA monte alors une imprimerie clandestine pour continuer à faire paraître Liberté. Pour les autorités coloniales, le responsable de l’imprimerie clandestine ne pouvait être que Jules Molina.


Au début du mois d’avril 1956, il est arrêté par la DST (Direction de la surveillance du territoire) qui le conduit dans ses locaux à Bouzaréah où il est torturé. «Je ne rentrerai pas dans les détails de la torture pratiquée à cette époque-là par la DST, écrit-il, elle était peut-être moins hystérique que celle pratiquée plus tard par les «paras» (qui n’étaient pas encore rentrés à Alger) mais plus professionnelle et efficace».


Il ne dira rien aux policiers et sera écroué à la prison de Serkadji. Il est mis dans une cellule avec Paul Caballero et Claude Duclerc, eux aussi membres du PCA.


Dans la cellule d’en face, se trouvait Rabah Bitat. «On attendait qu’il n’y ait aucun gardien dans la galerie, pour converser de guichet à guichet et échanger nouvelles et analyses», raconte Jules Molina qui rapporte qu’un jour Paul Caballero dit à Rabah Bitat: « Pour toi, l’indépendance est le but final.


Pour nous, elle n’est qu’une étape car après, il faudra se battre pour que ce soit le peuple qui en profite». Jules Molina se rappelle des paroles de Bitat, à propos de Henri Maillot: «A l’indépendance, on enlèvera la statue équestre de Bugeaud et on mettra à la place, celle de Maillot». Huit mois après son incarcération, Jules Molina passa devant le tribunal où il fit une déclaration politique, dénonçait les conditions de son arrestation et terminait ainsi: «je suis en prison parce que je suis communiste».


Il fut condamné à 18 mois de prison ferme et transféré à la prison d’El Harrach.


En mars 1957, en procès en appel, il eut la chance d’être relaxé et de quitter la prison sans être transféré au camp de Lodi, spécialement créé pour les Algériens d’origine européenne qui étaient soupçonnés de participer à la lutte pour l’indépendance.

Il se rend immédiatement à Oran où est installée sa famille. Il est recruté comme directeur technique à la Centrale laitière d’Oran. Il continuera, jusqu’à la fin de la guerre, de militer pour l’indépendance dans les rangs du PCA et du FLN. «Il utilisait pour son travail une camionnette, celle où on peut mettre du matériel derrière et il transportait des armes qui étaient livrées aux maquis de l’ALN (Armée de libération nationale)», raconte sa fille Danielle.


Après 1962, Jules Molina est directeur général de la Centrale laitière d’Oran et en même temps membre du PCA (dissous en novembre 1962 par Ben Bella mais ayant maintenu un fonctionnement clandestin limité).


Il critiquera la position du PCA sur le coup d’Etat du 19 juin 1965 et l’appel erroné de sa direction «à la résistance y compris armée», qui a entraîné, selon lui, «une violente réaction du nouveau pouvoir». Bien plus tard, Boualem Khalfa s’interrogera à ce sujet: « N’y a-t-il pas eu précipitation dans la prise de position après le coup d’Etat du 19 juin 1965? N’aurait-il pas fallu s’informer davantage au lieu de qualifier globalement de fasciste le nouveau pouvoir? » (Article dans Alger républicain spécial juin 2003).


Jules Molina fit jouer sa bonne relation avec Rabah Bitat (qui était ministre des Transports) pour qu’il intervienne auprès de Boumediene en faveur des communistes arrêtés en septembre 1965, notamment Paul Caballero, Jacques Salort et William Sportisse.


Ce qui, apparemment, a été fait, puisque les détenus ont été sortis de prison pour être mis en résidence surveillée.


Jules Molina avait aussi d’excellentes relations avec Said Ait-Messaoudène, Messaoudi Zitouni et Bachir Rouis, qui seront tous trois ministres sous la présidence de Chadli Bendjedid. Il rapporte un bruit qui aurait fait dire à Said Ait Messaoudène «la seule chose qui me sépare des communistes, c’est la religion». Jules Molina raconte, en allant dans les détails, son passage à la SN EMA (Eaux minérales), de 1972 à 1985, année de son départ à la retraite.


Il décrit le glissement libéral commencé au début des années 1980 et le pillage des entreprises publiques, soumises en même temps à une «restructuration», prélude à la casse du secteur industriel d’Etat, «dans la perspective évidente de créer les meilleures conditions de privatisation». «On sentait, écrit-il dans ses Mémoires, le ministre, Ait-Messaoudène, en désaccord avec cette «restructuration».


Pour Jules Molina, le problème de la casse du secteur public, était très sous-estimé par la direction du PAGS. «Saout Echâab», l’organe du PAGS, en parlait très peu et sans articles de fond». Jules Molina prend sa retraite en 1985 et se consacre à des démarches pour faire obtenir la reconnaissance officielle de la qualité de moudjahid aux communistes d’origine européenne qui ont participé à la lutte armée pour l’indépendance. A propos de ces démarches, il révèle qu’un responsable du PAGS, dont il était lui-même membre, lui avait fait savoir que «la direction n’est pas vraiment d’accord avec ce que tu fais» et lui avait demandé de ne pas déposer le dossier de William Sportisse. Il répondit qu’il s’agissait d’obtenir pour les communistes d’origine européenne «la reconnaissance du titre de chahid et de moudjahid au même titre que n’importe quel Algérien». Jules Molina réussit à régulariser environ soixante-dix dossiers dont celui de William Sportisse. A la lecture de son livre, on comprend que le PAGS a été la grande déception de Jules Molina. Fin 1989, après avoir cédé au PAGS

son appartement (à Hydra) et sa voiture, «contre indemnisation», écrit-il, il partit définitivement en France où sa femme et ses enfants se trouvaient déjà.


Il nota dans ses mémoires, un comportement de la direction du PAGS discriminatoire à l’égard des camarades d’origine européenne. «Lorsque le PAGS tint son premier congrès légal en 1990, les organisateurs «omirent» de me compter parmi les invités. Résidant en France et militant au PCF, je ne prétendais évidemment pas à une fonction quelconque au sein du PAGS, mais je fus choqué que des camarades membres du PAGS, de nationalité algérienne et résidant toujours en Algérie, comme Georges Acampora, condamné à mort, William Sportisse, ancien membre du Comité central du PCA, Fernand Gallinari ou Maurice Baglietto, militants très actifs, soient écartés de toute responsabilité.» En France, Jules Molina prolongea son action militante dans «les rangs de l’ACCA – Agir contre le Colonialisme Aujourd’hui- que dirige Alban Liechti et y travailla avec passion. Pour des raisons identiques et malgré les divergences qui pouvaient l’opposer à la ligne politique de la direction du Parti Communiste Français et qu’il ne cacha jamais, il n’hésita pas non plus à militer activement au PCF». (Extrait de l’hommage que son ami Henri Alleg a rendu à Jules Molina, au Cimetière des Ulis, le 10 mars 2009, jour de son enterrement).


Jules Molina se définit lui-même, comme internationaliste. Il l’a expliqué à l’historienne Hélène Bracco: «Ce que j’ai fait en Algérie, je l’aurais fait si j’avais été au Vietnam, au Chili, ou en Chine… J’ai combattu pour un idéal pas pour un pays». Mais, «bien qu’internationaliste convaincu, mon père est, de par son histoire et ses combats, lié, plus qu’à tout autre, à ce pays et à son peuple.


Nous savons tous combien il aurait été heureux et fier de cette réaffirmation de son appartenance à part entière à la Nation algérienne et ce, malgré ses différences d’origine et parfois d’opinions», écrivent Paul et Danielle Molina, au nom de la Famille de Jules.


En France, il était resté très sensible à la situation en Algérie, «mais, pensait-il, sachant que je ne retournerai pas pour y vivre, je ne me reconnais plus le droit d’intervenir comme acteur. Je pense qu’il appartient aux Algériens qui vivent là-bas, ou qui comptent y retourner, de décider de leur avenir». C’était, dans les faits, la position de Henri Alleg aussi. Pour Henri Alleg,

«Jules Molina était avant tout un homme d’action et de conviction, tourné vers l’espérance d’un monde débarrassé de toutes les tares du présent, de l’exploitation, de l’oppression, du racisme, des guerres et de tous les maux qu’engendre la société capitaliste.» M’hamed Rebah

*Un communiste d’Algérie Les vies de Jules Molina (1923-2009). Ouvrage édité par Guillaume Blanc


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https://www.algeriepatriotique.com/2021/05/08/lambassade-dalgerie-en-france- commemore-les-massacres-du-8-mai-45/


L’ambassade d’Algérie en France commémore les massacres du 8 Mai 45

8 mai 2021


Daoud massacres


L’ambassadeur Mohamed-Antar Daoud. D. R.


L’ambassade d’Algérie en France a organisé une cérémonie de commémoration du 76e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945. Dans son allocution à cette occasion, l’ambassadeur Mohamed-Antar Daoud a tenu à souligner la portée historique de cette

«journée innervée de symboliques fusionnelles qui aurait dû rassembler et non diviser, qui aurait dû célébrer la vie et non la mort».


«Ces massacres odieux illustrent la détermination du colonisateur à préserver ses intérêts au prix de l’asservissement et de l’avilissement de tout un peuple», a affirmé l’ambassadeur d’Algérie, rappelant que les promesses «creuses et cyniques» de la France d’alors «se sont avérées n’être qu’un leurre destiné à recruter des indigènes bons pour servir de chair à canon» durant la Seconde Guerre mondiale.


L’ambassadeur a fait observer que «le tribut du sang versé par les Algériens lors des Première et Seconde Guerres mondiales, au lieu de susciter la reconnaissance, avait été payé en retour par les effroyables massacres» commis contre les Algériens.

Pour le diplomate algérien, ces événements «ont constitué un tournant majeur pour le mouvement nationaliste, désormais plus que jamais convaincu et déterminé à arracher l’indépendance, à restaurer leur dignité aux Algériens et à les extraire de l’avilissant statut d’indigène».


Rappelant enfin l’importance de la préservation de la mémoire de la nation, Mohamed-Antar Daoud a salué l’institution du 8 Mai de chaque année, Journée nationale de la mémoire, «en reconnaissance éternelle des incommensurables sacrifices du peuple algérien».

R. N.


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https://www.liberte-algerie.com/culture/sansal-recipiendaire-du-prix-mediterranee-du- roman-2021-358397

 

Sansal récipiendaire du prix Méditerranée du roman 2021:

liberte-algerie.com 8 mai 2021

 


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Pour son neuvième roman Abraham ou la cinquième Alliance, publié aux éditions Gallimard, l’écrivain algérien Boualem Sansal a remporté le prix Méditerranée 2021 dans la catégorie roman en français, attribué mercredi soir par le Centre Méditerranée de littérature, basé à Perpignan (France).


Dans ce nouveau texte, le romancier remonte à la Genèse et au prophète Abraham, à travers une tribu chaldéenne qui, comme l’ancêtre des trois religions monothéistes, doit refaire le périple vers la Terre promise.


“En 1916, alors que le premier conflit mondial s’étend au Moyen-Orient, Terah, un vieux patriarche chaldéen, ayant compris que son fils Abram est la réincarnation d’Abraham, le charge de conduire la tribu vers la Terre promise, comme jadis son ancêtre de la Genèse. Au terme de ce long périple, Abram parviendra-t-il à fonder la cinquième Alliance, susceptible de guider les hommes et d’apaiser leurs maux ?” Sansal, dans ce roman, “actualise l’histoire ancienne de la Genèse dans le but d’éclairer nos temps obscurs.


Il nous offre ici une parabole sur la puissance et les faiblesses de la pensée religieuse”. Par ailleurs, l’Italien Alessio Forgione a reçu le prix du roman étranger pour Napoli, mon amour (éditions Denoël), dans lequel il “raconte avec une langue enlevée, tissée de tendresse et d'humour, les déambulations d'un jeune homme en proie aux affres de sa génération, dans un Naples inattendu et électrisant”. À noter que Boualem Sansal est le troisième écrivain algérien à décrocher le Prix Méditerranée depuis sa création.


En 1991, Tahar Djaout le remportait pour son roman Les Vigiles (Le Seuil). Dans un style qui se rapproche de la satire politique, il confrontait son personnage Mahfoudh Lemdjad, jeune professeur de physique qui vient d’inventer une machine, à d’innombrables et absurdes obstacles d’un système qui se méfie de son élite intellectuelle.


En 2018, le prix a été décerné à l’écrivain Kamel Daoud pour Zabor ou les Psaumes, publié chez Actes-Sud.

Au village d’Aboukir, le jeune Zabor erre entre le vide qui l’entoure et le mépris qu’il inspire à son père, remarié. Son seul refuge seront les livres qu’il dévore. Mais depuis toujours, il est convaincu d’avoir un don “s’il écrit, il repousse la mort ; celui qu’il enferme dans les phrases de ses cahiers gagne du temps de vie”. Commence alors une incroyable aventure spirituelle et une expérience troublante sur le pouvoir des mots.


Pour rappel, le Prix Méditerranée de littérature a été créé en 1982 à Perpignan (sud de la France) par le centre éponyme. Sa mission est “de valoriser l'espace culturel entre les différents pays dont la Méditerranée est le creuset, et de reconstruire le récit épique des diversités fondatrices de son identité”.


Yasmine Azzouz


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https://www.elwatan.com/pages-hebdo/histoire/pierre-kaldor-dernier-temoin-dun- episode-peu-connu-08-05-2021


Pierre Kaldor, dernier témoin d’un épisode peu connu

Nadjia Bouzeghrane 8 mai 2021

 

Pierre Kaldor Photo : D. R.

En avril et mai 1945, l’avocat Pierre Kaldor, alors secrétaire général du Secours Populaire, était chargé du rapatriement de quelques déportés communistes depuis les camps de concentration nazis en Allemagne et en Tchécoslovaquie.


Pour ce faire, il avait à sa disposition deux bimoteurs que lui avaient remis les Américains. Ces appareils ont été réquisitionnés sur ordre du général de Gaulle pour transporter des soldats à Sétif. Et du napalm.


Pierre Kaldor était, à partir de fin 1956, le coordinateur du pont aérien des avocats chargés de défendre les militants du FLN et communistes poursuivis par la justice française.

«Je n’étais pas en Algérie au moment des événements du 8 Mai 1945, mais j’étais très préoccupé par le problème algérien. Quand les camps de concentration d’Allemagne ont été petit à petit libérés par les Alliés et les Soviétiques, les déportés devaient être rapatriés. J’ai donc été investi de cette responsabilité, avec Edouard Dutilleul qui avait été le trésorier du parti communiste avant la guerre, sous l’égide du ministère de l’Air, dont le ministre était Charles Tillon (communiste).


La France n’avait plus d’avions de transport, ni même militaires. Il restait quelques petits avions de six à huit places. J’ai sollicité les Américains pour nous donner des avions de transport afin de ramener les déportés en France.


J’ai pu obtenir deux avions de transport qui pouvaient contenir 18 personnes allongées ; c’étaient des avions de transport de troupes et non de bombardement.


A Paris, j’ai stationné ces avions au Bourget.


Le 8 ou le 9 mai 1945, je ne peux plus vous dire, je vais au Bourget pour reprendre les avions et organiser deux nouveaux voyages en Allemagne.


Il n’y avait plus d’avions. Je téléphone à Charles Tillon, il n’est pas au courant.


Sur place, les fonctionnaires de l’aéroport du Bourget me disent que le ministère de la Défense, sur ordre de de Gaulle, a ordonné la réquisition de ces avions et leur transfert en Algérie.


J’ai appris par la suite que les deux avions ont servi à transporter des troupes françaises pour mater la manifestation du Constantinois.


Dès cette époque, du napalm a été transporté. Naturellement, je suis retourné voir Tillon, il n’était pas au courant. Maurice Thorez, qui était vice-président du Conseil, n’était pas au courant, lui non plus.


Les ministres communistes étaient dépossédés d’une grande partie des habituelles prérogatives de ministres.


Charles Tillon était ministre de l’Air, mais il n’avait pas d’autorité sur les avions militaires qui n’existaient d’ailleurs pas.


Les communistes tiennent beaucoup à dégager leur responsabilité dans les événements du 8 Mai 1945, mais ce que je vous raconte est peu connu, même dans les milieux du parti. vécu, il a pu confirmer ce que j’ai dit. Henri Alleg est au courant, mais cela ne figure pas dans son livre.»


*Extraits du témoignage inédit accordé à El Watan (édition du 8 mai 2005)


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https://www.lepoint.fr/afrique/l-algerie-a-commemore-son-8-mai-1945-avec-setif-en- tete-09-05-2021-2425594_3826.php#

L’Algérie a commémoré son 8 mai 1945 avec Sétif en tête

 

Le Point Afrique 9 mai 2021


HISTOIRE. Désormais marqué du sceau de « Journée nationale de la mémoire », le 8 Mai maintient vif le souvenir des massacres opérés contre les indépendantistes en 1945.


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Jour de commémoration inédit en Algérie. C'est la première fois dans son histoire que le pays a commémoré en ce 8 mai la Journée de la mémoire en hommage aux victimes de la sanglante répression par la France de manifestations indépendantistes le 8 mai 1945. La mise en place d'une Journée de la mémoire avait été décidée il y a un an par le président Abdelmadjid Tebboune, qui avait qualifié de « crimes contre l'humanité » les tueries perpétrées par les forces de l'ordre françaises dans le Constantinois (Sétif, Guelma et Kherrata) et les exactions de la période coloniale (1830-1962). Cette journée est intervenue également dans un contexte, particulier, où les questions historiques et de réconciliation mémorielle sont mises en exergue, surtout depuis le début des manifestations du hirak.


Sortir de l'oubli


Des milliers de personnes ont participé à une marche commémorative à Sétif, dans l'est du pays, empruntant le parcours qu'avaient suivi il y a 76 ans des manifestants demandant l'indépendance de l'Algérie. Il faut se souvenir que le 8 mai 1945, le défilé dans la ville célébrant la victoire des Alliés sur le nazisme s'est transformé en manifestation pour

« l'Algérie libre et indépendante » et a tourné à la tragédie, déclenchant des émeutes et une répression qui fera des milliers de morts.


Samedi, la foule menée par des scouts a défilé jusqu'à la stèle érigée à la mémoire de Bouzid Saâl, abattu à 22 ans lors de la manifestation de 1945 par un policier français parce qu'il refusait de baisser le drapeau algérien. Le cortège a déposé une gerbe de fleurs au pied de cette stèle, en présence d'Abdelmadjid Chikhi, conseiller du président algérien pour les questions mémorielles, ont rapporté des médias officiels.

Les Algériens font état de 45 000 morts dans les émeutes du Constantinois alors que les historiens français parlent de quelques milliers à 20 000, parmi lesquels 103 Européens.


Des sujets encore épineux


À l'occasion de cette journée mémorielle, le porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a réitéré les demandes de l'Algérie auprès de la France concernant ses crimes coloniaux.

« L'Algérie reste attachée au règlement global du dossier mémoriel » qui repose sur « la reconnaissance officielle, définitive et globale par la France de ses crimes, la repentance et des indemnisations équitables », a-t-il déclaré.


Selon lui, cela passe aussi par « la prise en charge des conséquences des explosions nucléaires et la remise des cartes d'enfouissement des déchets de ces explosions ». La France a procédé à 17 essais nucléaires au Sahara algérien entre 1960 et 1966, sur les sites de Reggane, puis d'In Ekker. Le dossier est l'un des principaux contentieux mémoriels entre Alger et Paris.


Malgré tout, Abdelmadjid Chikhi a admis que des « acquis certes modestes » mais d'une

« grande valeur morale » avaient été obtenus par l'Algérie ces derniers mois. Il a notamment cité la récupération l'année dernière des crânes de vingt-quatre combattants nationalistes tués au début de la colonisation et la reconnaissance en mars par le président français, Emmanuel Macron, de la responsabilité de l'armée française dans la mort du dirigeant nationaliste Ali Boumendjel en 1957.


La question mémorielle reste au cœur des rapports souvent passionnels entre l'Algérie et l'ancienne puissance coloniale. Emmanuel Macron, premier président français né après la guerre d'Algérie, a engagé ces derniers mois une série d'« actes symboliques » pour tenter de

« réconcilier les mémoires » entre les deux rives de la Méditerranée, à l'approche du 60e anniversaire de l'indépendance. Mais le rapport de l'historien Benjamin Stora, remis en janvier et sur lequel le chef de l'État s'appuie pour sa politique mémorielle, ne préconise ni excuses ni repentance et a été vivement critiqué en Algérie.


Les relations bilatérales ont connu un nouveau coup de froid après l'annulation d'un déplacement début avril à Alger du Premier ministre français, Jean Castex, à la demande expresse des hôtes. Des médias algériens ont ensuite accusé Paris de « provocation », tandis que le ministre du Travail, El-Hachemi Djaâboub, qualifiait la France d'« ennemi traditionnel et éternel » de l'Algérie. En visite à Alger en février 2017 lorsqu'il était candidat à la présidence, Emmanuel Macron avait qualifié la colonisation de l'Algérie de « crime contre l'humanité » et de « vraie barbarie », ce qui lui avait valu de vives critiques de responsables politiques de la droite française.


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https://rennes.maville.com/actu/actudet_-rennes.-un-rassemblement-en-memoire-de-l- autre-8-mai-1945-a-setif-_dep-4617112_actu.Htm


Rennes.

Un rassemblement en mémoire de « l’autre 8 Mai » 1945 à Sétif

Samedi 08 mai 2021 20:45


photo les événements tragiques du 8 mai 1945 ont été commémorés, square de sétif à rennes, ce samedi.  ©  ouest-france


Les événements tragiques du 8 mai 1945 ont été commémorés, square de Sétif à Rennes, ce samedi. © Ouest-France


Ce samedi, un collectif d’associations a commémoré, en petit comité, les événements tragiques du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata et dans d’autres lieux de l’Est algérien. Un drame qui rappelle aujourd’hui « la nécessité de solidarité et de paix ».


C’est en petit comité en raison de la crise sanitaire que le collectif d’associations rennaises a commémoré « l’autre 8 mai », ce samedi, en mémoire des événements tragiques qui se déroulèrent le 8 mai 1945 à Sétif, ville jumelée à Rennes, et dans d’autres lieux de l’Est algérien où des civils furent massacrés. Des représentants du collectif se sont rassemblés, square de Sétif, dans le quartier Sainte-Thérèse.


Après les discours, une gerbe de fleurs a été déposée, comme chaque année, dans le square. Habituellement, une cinquantaine de personnes assistent à cette cérémonie. « C’est un moment très fort pour les personnes en lien avec l’autre rive de la Méditerranée », dit Toufik Khiar, membre fondateur d’Amazigh Breizh.

« Un avenir commun possible »


« En rendant hommage à ces morts, nous voulons rappeler la nécessité d’un monde de paix et de solidarité entre les peuples français et algérien », énonce Fernand Nadjar, président de l’association de jumelage Rennes Sétif, au nom du collectif.


« Ces pages sombres font partie de notre histoire et nous obligent au discernement pour un avenir commun possible, affirme Flavie Boukhenoufa, adjointe à la maire de Rennes, déléguée aux relations internationales.

Nous nous devons de transmettre avec le plus de justesse cette mémoire aux jeunes générations qui continueront de bâtir, après nous, un destin fraternel pour la France et l’Algérie ».


Ouest-France. Ouest-France


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https://www.ledauphine.com/societe/2021/05/08/isere-vienne-la-deputee-caroline-abadie- propose-la-creation-d-un-musee-d-histoire-de-la-colonisation


La députée propose la création d’un musée d’histoire de la colonisation

Le Dauphiné Libéré 8 mai 2021


Caroline Abadie, députée de la 8e circonscription de l'Isère a proposé la création d'un musée d'histoire de la colonisation.

C’est une des propositions que la députée a fait en tant que rapporteure de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur “l’émergence de nouvelles formes de racisme et les réponses à y apporter”.


Ces propositions visent à « renforcer l’expression des politiques mémorielles dans l’espace public relatives à l’esclavage et la colonisation, par exemple en choisissant des noms de rues et de bâtiments qui prennent en compte la diversité et commémorent la résistance à l’esclavage ou à la colonisation », indique Caroline Abadie.


Qui précise : « Plutôt que de “déboulonner”, ce qui reviendrait à nier une partie de l’histoire de France, il s’agit désormais de “reboulonner” de nouvelles statues à la mémoire des victimes de ces drames et de ceux qui ont combattu et résisté. » Citant notamment des personnalités déjà célèbres ou encore inconnues comme Victor Schœlcher, l’abbé Grégoire, Nicolas de Condorcet, Toussaint Louverture, Sanité Bélair ou encore Solitude, ancienne esclave de Guadeloupe et figure révolutionnaire de la lutte contre l’esclavage.


Caroline Abadie, née le 7 septembre 1976 à Saint-Martin- d'Hères (Isère), est une femme politique française.

Elle est élue députée de la huitième circonscription de l'Isère lors des élections législatives françaises de 2017. Elle est membre du bureau exécutif de La République en marche depuis novembre 2017.


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Caroline Abadie


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https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/bd-bande-dessinee/bd-bande-dessinee-d- algerie-hier-et-aujourd-hui_4385389.html


BD, bande dessinée. D'Algérie, hier et aujourd'hui

 

franceinfo, Jean-Christophe Ogier 9 mai 2021

Avec "Suites algériennes", Jacques Ferrandez entend brosser les soixante années de l'Algérie indépendante. Le dessinateur pied-noir poursuit aussi le dialogue avec le pays qui l'a vu naître.

 


JACQUES ET JEAN-LAURENT, FILS D\'ALGERIE

 


JACQUES ET JEAN-LAURENT, FILS D'ALGERIE (JACQUES FERRANDEZ, CASTERMAN / OLIVIER MANGIN, DARGAUD)


Jacques Ferrandez est né à Alger, en 1955. Il est ce qu’on appelle un pied-noir. Il y a 35 ans, il a entrepris de raconter les relations entre les deux rives de la Méditerranée.

Après une dizaine de volumes, il posait le mot "Fin" de ces Carnets d’Orient. Mais l’Algérie n’a pas quitté Jacques Ferrandez. D’autant moins que, des années 1960 marquées par la fierté tiers-mondiste, à la décennie noire des années 1990, et jusqu’aux manifestations du Hirak, aujourd'hui, pour un renouvellement du régime, le temps a encore imprimé à l’histoire quelques pages douloureuses.


Il s’est passé beaucoup de choses en Algérie après 1962 qui sont très peu connues en France. Je pense avoir pris depuis le début suffisamment de distance avec ce qui aurait pu être mon camp naturel pour me sentir légitime à les raconter.


Dans Suites Algériennes, 1962-2019, Jacques Ferrandez dresse le constat amer d’un gâchis qui trouvait ses racines dans la colonisation, mais qui s’est poursuivi après que l’Algérie eut conquis son indépendance. Il n’oublie pas, non plus, de marquer le respect dû à ses ancêtres.

Le fait de commencer cette histoire avec un personnage qui me ressemble et qui se retrouve dans les cimetières d’Alger pour se recueillir, c’est une manière de m’approprier le sujet par le réel.

Jacques Ferrandez, Suites Algériennes, 1962-2019, première partie aux éditions Casterman.


Le journaliste Jean-Laurent Truc est pied-noir lui aussi. D’un souvenir d’enfance, le départ en catastrophe de Colomb-Béchar, avec sa mère et ses trois frères et sœur, à bord d’un super Constellation qui devait les emmener à Marseille, il a écrit un huis-clos d’espionnage sur lequel plane la tension des derniers jours de l’Algérie française.


Un projet dans le style classique franco-belge de ses lectures d’enfance, lancé en compagnie du dessinateur Patrick Jusseaume, interrompu au décès de celui-ci et terminé avec Olivier Mangin.


Non-Retour, Algérie 1962, aux éditions Dargaud


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https://www.aps.dz/regions/121530-l-ambassadeur-de-france-en-algerie-depose-une- gerbe-de-fleurs-devant-la-stele-commemorative-de-saal-bouzid-a-setif

 


8 mai 2021

L'ambassadeur de

France

en Algérie dépose

une gerbe de

fleurs

devant la stèle

commémorative de Saal Bouzid à Sétif


Dib Nassima


SETIF - L'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, s'est rendu, samedi à Sétif, où il a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de Saal Bouzid, premier martyr des massacres du 8 mai 1945.


Dans une déclaration à la presse en marge d'une rencontre nationale sur "les crimes du colonialisme dans le monde (8 mai 1945 comme modèle)", organisée à l'occasion de la célébration de la journée nationale de la mémoire et de la commémoration du 76e anniversaire

des massacres du 8 mai 1945 à la Maison de la Culture "Houari Boumediene", le wali de Sétif, Kamel Abla, a fait savoir que l'ambassadeur français était arrivé à Sétif sur instructions du président français, Emmanuel Macron, afin de déposer une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de Saal Bouzid.


Selon M. Abla, la visite de l'ambassadeur français intervient dans le cadre d'une mission précise, à savoir le dépôt d'une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de Saal Bouzid. Dans un message adressé à l'occasion de la journée nationale de la Mémoire marquant les massacres du 8 mai 1945, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que l'excellence des relations avec la République française ne saurait exister en dehors de l'histoire et du traitement des dossiers de la Mémoire qui ne sauraient faire l'objet d'aucune renonciation, insistant sur l'impérative traitement de ces dossiers "avec sérieux et pondération".

Les deux peuples algérien et français "aspirent à un avenir meilleur empreint de confiance et compréhension, au mieux de leurs intérêts dans le cadre du respect mutuel et de l'égalité", a soutenu le Président de la République.


Les célébrations officielles de la journée nationale de la Mémoire et de l'anniversaire du 76e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 se poursuivront à la wilaya de Sétif à travers l'organisation de plusieurs activités culturelles et historiques ainsi que l'inauguration et la baptisation de structures éducatives.


Ces célébrations se sont déroulées en présence du secrétaire général du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebika, du Conseiller du président de la République, chargé des Archives et de la Mémoire nationale, Abdelmadjid Chikhi, du secrétaire général de l’Organisation nationale des enfants de moudjahidine (ONEM), Khalfa Mbarek, président de l'association 8 mai 1945, Abdelmadjid Slakedji et du Secrétaire général par intérim de l’Organisation nationale des Moudjahidine (ONM), Abdelaziz Fouhal.


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https://www.senat.fr/questions/base/2021/qSEQ210321462.html


Accès aux archives en Algérie

 

15e législature

Question écrite n° 21462 de M. Philippe Bonnecarrère (Tarn - UC) publiée dans le JO Sénat du 18/03/2021 - page 1751

M. Philippe Bonnecarrère attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants, sur la possibilité d'accès aux archives laissées en Algérie.


L'ensemble de ces documents n'a pu être microfilmé et ou numérisé et à ce jour deux cinquièmes des documents d'état civil et archives « de gestion » (archives hospitalières, ferroviaires, scolaires, universitaires, notariales, cadastrales...) sont manquants faute d'accord avec l'Algérie.

Or les Français originaires d'Algérie, comme tout Français, doivent avoir la possibilité de pouvoir consulter des documents qui les concernent directement, quant bien même ces archives seraient restées en Algérie. C'est leur mémoire et leur histoire.


Il lui demande quelles possibilités elle entrevoit pour mettre un terme à l'attente légitime de nos concitoyens.

Transmise au Ministère de la culture


En attente de réponse du Ministère de la culture.


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https://present.fr/2021/05/10/colere-bleue/


Colère bleue

 

- Présent-

10 mai 2021


Le meurtre de trop ? Éric Masson juste après Stéphanie Monfermé, cela fera-t-il enfin réagir les Français ?

La gauche, elle, s’obstine à parler de “sentiment d’insécurité”…

France Info reste fidèle à ses engagements. Radio d’Etat, de service (sic) public (sic), elle a réussi, pour nous commenter l’assassinat du policier Eric Masson, à sortir de son placard le dénommé Sebastian Roché, un sociologue qui avait été viré en 2019 de l’Ecole nationale supérieure de la police.


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Il se présente habituellement comme un spécialiste des bavures policières, et France Info, France Culture et autres lui donnent régulièrement la parole afin qu’il puisse développer sa

thèse selon laquelle les policiers commettent de nombreuses violences, des bavures régulières, et ne sont jamais sanctionnés ou insuffisamment. Roché se répand aussi beaucoup dans Libération. Il y explique habituellement que la police a perdu sa légitimité du fait de ses violences. « Ce n’était jamais arrivé en France à cette échelle. Une partie de la population, des journalistes, des avocats, des universitaires estiment que c’est illégitime. La défiance vis-à-vis de la police est alimentée par sa violence. »


Avec l’assassinat d’Eric Masson, survenu peu après le meurtre de Stéphanie Monfermé à Rambouillet, on aurait pu penser que Roché mesurerait ses propos.


Non, il enfonce le clou, puisqu’on lui donne la parole.


Il se présente comme le spécialiste du « sentiment d’insécurité ». Sa thèse sociologie était précisément consacrée au « sentiment d’insécurité ». Et il est vrai qu’il peut y avoir des écarts entre l’insécurité réelle et le sentiment d’insécurité. Dans certaines villes, dans certains quartiers, le sentiment d’insécurité est très fort, alors même que la région, elle, est globalement préservée. Mais on vit plutôt le phénomène inverse, actuellement : journalistes et classe politique ont un sentiment de sécurité, qui va plutôt à l’encontre de ce que vivent les Français. Il est vrai que M. Toubon, l’ancien défenseur des droits, dans sa propriété de l’île de Ré, a environ mille fois moins de risques que l’habitant de La Courneuve d’être confronté à des agressions. Roché cite des « avocats, journalistes universitaires » qui ne ressentent pas ce sentiment d’insécurité. On veut bien le croire. C’est une question de domiciliation, et c’est une question de moyens.


Une indécence propre à nos radios étatiques


Roché en tire la conclusion qu’il s’agit d’un simple sentiment d’insécurité. Pour Roché, il y a une « stratégie de cliver sur les questions d’insécurité ». Il n’est pas certain que la famille d’Eric Masson et celle de Stéphanie Monfermé partagent ses conclusions.


Les criminologues (Xavier Raufer, Alain Bauer, notamment) n’entérinent pas non plus ce diagnostic optimiste.


Mais peu importe, les chiffres peuvent parler. A condition qu’ils soient donnés. Car il est remarquable de noter le mutisme sur les indicateurs de non-qualité de la vie en France que constituent les statistiques sur la criminalité.


Ce qui est beaucoup plus problématique, et qui constitue une indécence propre à nos radios d’Etat, c’est de venir nous parler de sentiment d’insécurité, de stratégie de clivage de la droite et de l’extrême droite, alors que l’actualité nous apporte chaque jour son lot d’agressions d’islamistes ou de trafiquants de drogue (ou les deux à la fois), et il est indécent d’évoquer les violences policières (qui peuvent certes exister, on l’a vu avec les Gilets jaunes) au moment précis où sont enterrés deux policiers.


Mais il faut bien reconnaître que, dans le domaine du discours démagogique et anti-police, du discours de stigmatisation des violences policières, l’exemple est venu de haut, de très haut. •


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Le crime d’Avignon

 

Le policier Eric Masson a été assassiné mercredi. Dimanche soir, quatre suspects, liés à ce trafic de drogue, et dont trois semblaient tenter de fuir vers l’Espagne, ont été interceptés. Ils seraient âgés d’une vingtaine d’années. Le meurtrier pourrait figurer parmi eux.


Le policier, âgé de 36 ans, était père de deux fillettes de 5 et 7 ans.


L’assassinat d’Eric Masson va-t-il être le meurtre de trop, celui qui devrait conduire les Français à manifester leur ras-le-bol de cette insécurité et de ces violences, de cette immigration sauvage, de cet islamisme, et de ce laxisme, qui sont le terreau de la majorité de ces crimes ? On l’a dit du Bataclan, on l’a dit de l’assassinat du colonel Beltrame, de celui de Samuel Paty, de celui de Stéphanie Monfermé, et de tant d’autres. Le meurtre de trop… Et en effet trois mille à cinq mille personnes étaient rassemblées dimanche devant le commissariat d’Avignon (voir l’article de Franck Delétraz, ci-dessous) pour rendre hommage au policier, et manifester leur refus de ce monde de violences, subi au quotidien.

Mais qui a oublié que, le 1er mai, plusieurs centaines de jeunes anarcho-communistes battaient le pavé de Paris en hurlant : « Tout le monde déteste la police » ? Et qui peut accepter que, sur France Info, un sociologue vienne nous expliquer ce dimanche, au moment précis où les habitants d’Avignon se recueillaient, que tout cela n’est qu’un vaste « sentiment d’insécurité », non une réalité (voir ci-dessous). ?

La colère gronde, dans la police comme dans l’armée, et aussi chez une majorité de Français.


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