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- Revue de presse N° 265
- 2018 - {2003- 2018 - 15ème année}
- Articles du 22 septembre


 

https://www.laprovence.com/article/edition-aix-pays-daix/5160299/la-candidature-de-laqhila-lance-le-debat-au-centre.html

Politique | Aix - Municipales 2020 : la candidature de Mohamed Laqhila lance le débat au centre
Par LaProvence vendredi 21/09/2018 à 12h09

Le député MoDem (majorité présidentielle), qui s'est déclaré pour Aix, n'a pas suivi les procédures de son parti. Coup de pocker ?
"Pour paraphraser La Fontaine, il faut parfois savoir partir à point..." On ne peut pas vraiment dire qu'Anne-Laurence Petel, députée LaRem de la 14e circonscription aixoise, déborde d'enthousiasme après la candidature récente de son homologue de la 11e circonscription : Mohamed Laqhila (MoDem, majorité présidentielle) s'est déclaré intéressé par le combat municipal à Aix-en-Provence en 2020, en "homme libre" voulant "rassembler" (voir La Provence du 18 septembre) ; une sortie du bois plutôt précoce qui a fait réagir jusque dans ses propres rangs. "Je n'ai pas été mise au courant, et La République en marche ne l'a pas été non plus" déclare Anne-Laurence Petel. Et de préciser : "Chez nous, il y a une procédure pour les candidatures aux élections. Une circulaire va programmer les modalités, les calendriers pour les candidatures et les investitures". L'élue estime, une nouvelle fois, qu'il faut d'abord se pencher sur "ce qui fédère, c'est-à-dire un projet, et pas forcément encore des gens. Dans nos rangs, il y en a énormément qui souhaitent porter un projet". Elle-même serait-elle motivée par le défi ? "Le combat municipal, la gestion municipale, c'est intéressant, commente-t-elle. Mais à 18 mois de l'élection, ce n'est pas le moment, il est encore trop tôt."
"Le bureau du MoDem décidera en son temps des investitures"  
La parlementaire est sur la même longueur d'onde que le propre parti de Mohamed Laqhila, le MoDem. Le soir-même de l'annonce dans La Provence de la candidature du député, le MoDem13 émettait un communiqué pour le moins explicite. "Nous lançons d'ores et déjà un appel à candidature auprès de nos amis adhérents du MoDem13 qui auraient la volonté, la possibilité et la capacité de défendre nos valeurs lors de prochaines élections municipales, partout où cela sera possible. Il est clair que pour nous c'est d'abord un projet pour la ville ou le village qui déterminera le choix des femmes et des hommes pour porter ces projets par devant les électeurs. Le bureau du MoDem13 et lui seul décidera en son temps des investitures".

  
Les deux dégueulasses d’Aix en provence

Interrogé par La Provence, Bernard Sauvadet, secrétaire départemental du MoDem13, indique ne "pas avoir été surpris" par l'annonce de Mohamed Laqhila. "La surprise, ce n'est pas de savoir s'il se déclarerait candidat, mais plutôt quand. Nous savions qu'il avait des velléités" annonce-t-il. "Mais nous en sommes à l'étape de l'appel à candidature. L'objet est pour l'instant de canaliser toutes les ambitions, faire émerger des projets. Il y a d'autres personnalités aixoises qui pourraient se porter candidates pour incarner cela, des personnes connues dans la ville". Appuiera-t-il le candidat Laqhila ? A ce stade, Bernard Sauvadet voit dans le parlementaire un homme "de grande valeur, avec de grandes capacités, mais qui risquent de se déliter s'il court plusieurs lièvres à la fois". Le lièvre et la tortue, on y revient.


Article incomplet

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/09/21/01016-20180921ARTFIG00004-boaza-gasmi-pour-l-honneur-des-harkis.php

Boaza Gasmi, pour l'honneur des harkis

    Par  Cyril Hofstein Mis à jour le 21/09/2018 à 11:41 Publié le 21/09/2018 à 06:00

Le président du Comité national de liaison des harkis se bat pour que la France reconnaisse le «préjudice subi par ceux qui ont combattu pour elle».

Certaines déclarations tombent mal. Alors que l'ensemble de la communauté harkie se prépare à célébrer la Journée nationale d'hommage qui lui sera rendue le 25 septembre, la reconnaissance par Emmanuel Macron de la responsabilité de l'Etat français dans la mort «sous la torture» de Maurice Audin, un mathématicien communiste et anticolonialiste arrêté le 11 juin 1957 pendant la bataille d'Alger, est venue jeter de l'huile sur un feu déjà mal éteint.

«Honorer un mort, quel qu'il soit, est toujours un acte fort et personne ne peut contester cela, reconnaît Boaza Gasmi, le président du Comité national de liaison des harkis (CNLH). Mais il ne faudrait pas que ce choix du président de la République fasse oublier un autre drame tout aussi grave: celui vécu par les harkis et leurs enfants. La France doit savoir ce qui s'est vraiment passé et essayer de réparer enfin le préjudice subi par nos parents, ces soldats et citoyens français abandonnés en Algérie en 1962.»


http://lhistoireenrafale.lunion.fr/2018/09/21/guerre-dalgerie-la-douloureuse-blessure-des-harkis/

Guerre d’Algérie : la douloureuse blessure des Harkis


21 septembre 2018


S’il n’est jamais trop tard pour reconnaître leurs services rendus à la République avec courage et abnégation, et les distinguer, il ne faut pas oublie que les harkis, recrutés comme auxiliaires de l’armée française durant la guerre d’Algérie (1954-1962) pour lutter contre le FLN, ont été trop longtemps négligés par les pouvoirs publics.
L’armée française a recruté pour des opérations particulières jusqu’à 150.000 de ces Algériens, qui ont reproché, à la France, non sans raison, de les avoir désarmés, abandonnés en Algérie et livrés avec leurs familles, à des tortures et exécutions sommaires. Au lendemain des accords d’Evian du 18 mars 1962, consacrant la défaite française et l’indépendance de l’Algérie, le gouvernement français a refusé le rapatriement massif des harkis.
Environ 60.000 d’entre eux sont parvenus à rejoindre la métropole avec les pieds-noirs. Les autres, entre 55.000 et 75.000,  selon les historiens, ont été persécutés en Algérie, considérés comme des traîtres par le nouveau régime, et victimes de représailles sanglantes.
Pierre Messmer, alors ministre des Armées du général de Gaulle, a indiqué en 2003 que « la position de la France était la seule possible », « inévitable et légitime ». Une plainte pour « crimes contre l’humanité » déposée par huit harkis en août 2001 à Paris, qui faisait état de 150.000 victimes, n’a pas abouti.
Les harkis et leurs descendants, ont malheureusement souvent été parqués en métropole dans des camps de fortune du sud de la France, vite insalubres puis dans des cités avec la construction de grands ensembles locatifs. Les Harkis  formeraient aujourd’hui une communauté de 500.000 personnes.
Depuis 1974, plusieurs enfants de harkis ont agi pour obtenir la reconnaissance du drame vécu et une amélioration de leur sort. Leurs parents ont connu une intégration difficile en France, à la fois assimilés à des immigrés et rejetés par les immigrés. En 2000, le président algérien Abdelaziz Bouteflika les avait qualifiés de « collaborateurs » et, tout en critiquant leurs conditions de logement en France, avait exclu leur retour en Algérie, qui selon lui n’était « pas leur pays ». En août 2001, la France a instauré la première journée d’hommage national aux harkis, fixée au 25 septembre. Ce jour-là, le président de la République Jacques Chirac déclarait que « les massacres commis en 1962, frappant les militaires comme les civils, les femmes comme les enfants, laisseront pour toujours l’empreinte de la barbarie. Ils doivent être reconnus ».

 DR archives RPweb

Le 23 février 2005, une loi prévoyait une allocation de reconnaissance pour « les harkis, leurs orphelins et les rapatriés d’origine européenne ». Le président François Hollande a solennellement reconnu le 25 septembre 2016 les « responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France ».


http://lagauchematuer.fr/2018/09/19/si-macron-aime-tant-que-ca-lalgerie-quil-aille-vivre-la-bas-plutot-que-de-rester-ici-en-france/

Si Macron aime tant que ça l’Algérie, qu’il aille vivre là-bas plutôt que de rester ici en France !

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Si Macron aime tant que ça l’Algérie, qu’il aille vivre là-bas plutôt que de rester ici en France !


De Evan 19 septembre 2018 EvanEvan Éditorialiste - Polémiste


Macron en Algérie « la colonisation est un crime » quand Al-Qaïda faisait l’éloge du candidat à la présidentielle


Le Président de la République Emmanuel Macron vient de reconnaître la torture de l’Etat Français lors de la guerre d’Algérie. Il a reconnu que le communiste Maurice Audin est « mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France », alors que ce dernier était un ennemi de la France et donc un indépendantiste algérien ! Quoi qu’il en soit la torture dans ces temps de guerre et de terrorisme était bien légitime.
Mais le président n’en est pas à son premier coup d’essai, le 14 février 2017 sur la chaîne algérienne Echorouk News Macron avait qualifié la colonisation de « crime », de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie ».
Les déclarations de Macron alors encore candidat n’avaient pas échappés au mouvement Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Dans le numéro 41 de sa revue de propagande Al-Masra, sous le titre « Un des candidats les plus en vue aux présidentielles françaises avoue : « Oui, nous avons commis « des crimes contre l’humanité » en Algérie », l’organisation terroriste évoque cette prise de position pour en faire l’éloge.

arabe macron

Nous pouvons y lire : « une démarche sans précédent pour un homme politique de son niveau » ou encore « L’Algérie possède l’une des plus grandes diasporas en France selon les chiffres officiels annoncés en 2016 par l’ancien ambassadeur d’Algérie à Washington Amar Bendjemaa :  ‘’Il y a, là-bas [en France] plus d’un million de Français d’origine algérienne qui, actuellement, sont concernés par ces élections’’. »
Une chose est sûre le Président Macron s’adapte au nouvel électorat « Français » de plus en plus « extra-européen ». Tout ceci n’est que stratégie électorale pour maintenir au pouvoir l’idéologie mondialiste et cosmopolite.


https://ripostelaique.com/algerie-a-quand-un-hommage-aux-victimes-francaises-du-5-juillet-1962.html

Algérie : à quand un hommage aux victimes françaises du 5 juillet 1962 ?


Publié le 19 septembre 2018 - par Raphaël Delpard

Le chef de l’État français n’aime pas l’Histoire de son pays, à l’exception de celle qui peut l’aider à fracturer la communauté nationale. Revenant sur le dernier exploit dont il nous a gratifiés à propos de la responsabilité de la France dans la disparition de l’assassin par procuration Maurice Audin, je l’invite, après avoir compté la recette de la boutique qu’il dirige à l’Élysée, à s’intéresser à la page d’Histoire qui relate le massacre des Français et des nombreux Algériens favorables à la France, le 5 juillet 1962 à Oran.
La libération du peuple algérien s’est faite dans le sang et le déshonneur ; déshonneur pour le gouvernement français, lequel, sur ordre de Charles de Gaulle, abandonna la population oranaise, tant européenne qu’algérienne, la livrant sans défense à la furie vengeresse des vainqueurs ; ceux-ci profitèrent de l’occasion qui leur était offerte pour organiser un massacre de masse.
Pour comprendre ce qui s’est passé, il nous faut remonter l’Histoire de manière à reconstituer la succession des étapes qui ponctuèrent les derniers mois de la présence française en Algérie.
Il y eut tout d’abord la conférence d’Évian, qui s’est tenue au mois de mars 1962 entre les nationalistes algériens et les représentants de l’État français.
De Gaulle, pressé d’en finir avec le dossier algérien qu’il considérait comme un boulet l’empêchant de s’élancer dans le monde et d’y prodiguer sa parole, accéda à toutes les demandes formulées par les représentants du « gouvernement provisoire de la République algérienne ».
Rappelons, pour être conformes à l’Histoire, que les Algériens ne signèrent pas ces accords. Mais tous les articles qui leur étaient favorables furent appliqués à la lettre par le gouvernement de la métropole. N’oublions pas de mentionner non plus le blanc-seing accordé par de Gaulle, de façon officieuse, au chef de la délégation algérienne, qui consista à autoriser le colonel Houari Boumediene, stationné à Oujda au Maroc avec ses unités, à entrer en Algérie le jour de l’indépendance. Or, parmi les égorgeurs des Français et des Algériens à Oran, le 5 juillet 1962, se trouvaient nombre de soldats appartenant au régiment de Boumediene.
On pouvait imaginer que les Algériens, ayant réussi à faire plier un grand État, s’en tiendraient à cette victoire, or il n’en fut rien. Il fallait que les Français partissent au plus vite et, pour hâter leur départ, le nouveau pouvoir décida qu’il était nécessaire de créer une période de chaos. Les attentats se multiplièrent, les enlèvements de civils faisaient rage ; on tuait, on assassinait à tous les coins de rue, on violait les femmes dans les cours des immeubles, on exterminait les hommes en les plongeant dans des bains d’acide.
Cette ambiance funeste semblait ne pas suffire à de Gaulle, car il dépêcha des policiers de Paris – les Pieds-noirs les appelèrent « barbouzes » – avec l’unique mission de jeter en prison le premier Pied-noir venu qui aurait eu l’outrecuidance de chanter la Marseillaise au passage d’un camion militaire ou, pire encore, d’entonner le chant des Africains, l’hymne des Européens d’Algérie.
À compter du cessez-le-feu – il intervint le 19 mars 1962 –, l’Algérie était censée vivre dans la paix. Les uns n’avaient-ils pas gagné ? Et les autres piteusement perdu ? Eh bien, non ! Ce fut une période de sang et de meurtres, comme il ne s’en était pas produit durant les huit années que dura le conflit.
Oran avait eu la chance d’échapper aux turpitudes entraînées par la guerre, ne subissant que très rarement le terrorisme aveugle des révolutionnaires. Les troubles commencèrent lorsque les habitants comprirent que de Gaulle allait livrer l’Algérie, avec les meubles, au FLN. La mobilisation en faveur de l’OAS (1), purement épidermique, fut davantage importante pour l’idée d’une Algérie éternellement française que pour les pratiques musclées et sanguinaires ressemblant trop à celles des nationalistes algériens.
Les activistes français d’Oran apparaissaient, depuis l’Élysée à Paris, comme un empêchement à la bonne réalisation des accords d’Évian. Il fallait les faire taire, les punir d’oser affronter l’autorité du chef de l’État français et, suprême insulte, d’être des militants de la formation factieuse. Et pour y parvenir, on jugea nécessaire d’employer les moyens les plus vigoureux.

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Le général Katz fut chargé de la besogne. Dès sa nomination, de jour comme de nuit, les arrestations allèrent bon train. Les détenus étaient conduits sous escorte militaire et parqués dans l’un des stades de la ville. Ils restaient ainsi deux ou trois jours sans manger ni boire. Ensuite, ils étaient dirigés vers la prison, rapidement engorgée. La population européenne oranaise eut donc, à compter du 19 mars 1962, à lutter contre l’armée française et le FLN, unis contre les activistes de l’OAS. C’est-à-dire la population civile.
Le 5 juillet 1962, jour de l’indépendance de l’Algérie, approchait. Les 26 et 27 juin, des camions militaires français, sur lesquels on avait arrimé des haut-parleurs, sillonnèrent les rues, invitant la population française à ne pas rester cloîtrée chez elle. Un comité avait vu le jour et avait établi un programme de festivités.
Les haut-parleurs, se souvient Gérard Israël, diffusaient le lancinant et rassurant message : « Oranaises, Oranais, ne vous affolez pas. L’armée est et restera en Algérie pendant trois ans pour assurer votre sécurité ».
Mensonge ! Depuis les accords d’Évian, l’armée française fut mise sur la touche sur l’ensemble du territoire. Elle ne pouvait intervenir qu’à condition d’avoir obtenu au préalable l’autorisation de l’exécutif algérien. L’autorité française n’était qu’une réalité de papier. À Oran, il n’y avait plus ni préfet ni commissaire de police. Les Oranais ne pouvaient pas appeler le commandement militaire en cas de besoin car, le central téléphonique ayant été endommagé, les communications ne passaient pas.
La population, toute la population, est ainsi livrée aux nationalistes algériens. Ajoutons l’ignominie du président de la République française. Jamais, dans l’Histoire de France, pourtant richement émaillée de drames divers, il n’y eut un pouvoir qui osa abandonner ses nationaux. De Gaulle l’a fait. Le 5 juillet 1962, les gardes mobiles, les gendarmes et l’armée sont consignés dans les casernements avec interdiction absolue de sortir, quoi qu’il puisse arriver.
5 juillet 1962. Vers 10 heures, on signale que des bandes incontrôlées envahissent le quartier juif à la hauteur des rues de la Révolution et d’Austerlitz ; elles se livrent à un pillage en règle des magasins. Le quartier est vide ou pratiquement. Les juifs ont quitté Oran depuis des semaines car, dans les familles, le souvenir des manifestations anti-juives des années vingt et trente est encore vivace et, qui plus est, les juifs savent que, de toute éternité, s’il y a une émeute, ce sont toujours eux que l’on visera en premier.

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11 h 43 précisément, devant le théâtre municipal. Dans la foule massée se mêlent des Européens et des Algériens. L’annonce faite six jours auparavant justifie la présence des Français. On y trouve aussi des responsables du FLN. Des détails trahissent leur impatience. Soudain, quatre coups de feu sont tirés. Immédiatement, des jeunes Algériens quittent la foule et se ruent dans des directions opposées en criant : « C’est l’OAS, c’est l’OAS qui nous a tiré dessus ! »
La foule est d’abord incrédule puis, sans trop connaître la raison, tout le monde se met à courir en hurlant : « OAS ! OAS ! » De ce rassemblement pacifique émergent des hommes en armes qui tirent dans toutes les directions. Des femmes et des hommes tombent, morts ou blessés.
Place Karguentah, la fusillade éclate à peu près au même moment. Tous les Européens sont tués sur place. Dans une brasserie, quatre Français jouent aux cartes en buvant une anisette. Des Arabes entrent, les font sortir, mains sur la tête, et ils les abattent de sang-froid.
La folie s’empare des rues. Les femmes algériennes vont en bande et agressent les hommes européens qu’elles rencontrent. Poussant de sinistres youyous, elles leur crèvent les yeux ou leur lacèrent le visage avec leurs ongles, jusqu’à ce qu’ils ne ressemblent plus qu’à des plaies vivantes.
À la base militaire de Valmy, des jeunes Français du contingent entendent derrière les murs de la caserne les cris des Européens qui tombent sous les balles ou sous les coups de hache. Exaspérés de ne pouvoir rien faire, ils finissent par prendre à partie les officiers. Ils leur reprochent de laisser la population se faire massacrer sans intervenir : « Si vous n’avez pas le courage d’affronter les meutes d’assassins, donnez-nous des armes et nous le ferons à votre place ! » Les officiers sont troublés, on leur a rapporté que quatre Français avaient été pendus à des crochets de boucher dans le quartier de la Marine. Mais si nombre d’entre eux pensent qu’il est de leur devoir d’intervenir, l’absence d’ordres l’emporte sur leur détermination.


Ensuite ce fut le massacre.


Un autre épisode de son Histoire que la France s’efforce par tous les moyens d’oublier.
Mais lorsque que le président Emmanuel Macron affirme que « la colonisation […] est un crime contre l’humanité », les victimes de ce crime ne sont pas les Français d’Oran mais bien ceux qui les ont égorgés.
Un seul officier désobéira. Il s’agit du lieutenant Rabah Kheliff, un musulman pro-Français. Il explique les consignes du commandement militaire.
« Que disaient-elles ? L’Algérie étant devenue indépendante depuis le 2, en conséquence, le 5 juillet, nous devions rester dans les cantonnements. Je trouvais bizarre cet ordre et surtout peu conforme aux accords d’Évian. Ceux-ci prévoyaient clairement le maintien de quatre-vingt mille hommes en Algérie pour assurer la sécurité des personnes et des biens, or, le jour d’une manifestation aussi importante, nous ne devions pas sortir des casernes ! Je dois ajouter que ce qui alimentait mon trouble venait des informations que nous recevions depuis le 19 mars, faisant état d’enlèvements, d’assassinats d’Européens et de musulmans pro-Français. Bref, je ne comprenais pas cet ordre. Ma conscience me commandait la désobéissance. J’ai donc décidé de quitter la caserne à la tête de mon bataillon, soit trois cents hommes. Aucun d’entre eux n’a fait la moindre difficulté pour me suivre et j’ai vu sur le visage de certains qu’ils étaient soulagés par la décision que j’avais prise.
J’avais capté une information indiquant que quatre cents Européens se trouvaient entre les mains d’une unité de l’ALN – Armée de libération nationale – arrivée depuis du Maroc où elle attendait de pouvoir agir sur le territoire algérien. Je suis arrivé sur place et, en effet, j’ai pu constater que les Européens attendaient qu’on les embarque dans des camions. Ils étaient voués à la mort. Avec mon unité, j’ai encerclé les soldats algériens, puis je me suis adressé à un homme en civil, faisant office de préfet du pouvoir algérien. « Monsieur », lui ai-je dit, « je vous demande de donner l’ordre aux militaires de l’ALN de quitter les lieux au plus vite. Mon intention est de libérer les Français et les Algériens qui sont arbitrairement retenus. Je vous donne cinq minutes, pas une de plus. Au-delà du délai, j’agirai en conséquence ».
Le « préfet » a parlementé avec l’officier algérien et ce dernier a levé le camp avec ses hommes. J’ai dû affronter la foule composée exclusivement d’Algériens qui était présente, qui était furieuse de la libération des Européens. Les gens bavaient de haine et voulaient leur mort. La foule m’a encerclé à mon tour et les coups ont commencé à pleuvoir. J’ai dû la vie sauve à mes soldats, ils m’ont extrait des griffes de mes agresseurs. C’était l’ambiance d’une Saint-Barthélemy. Ce n’est pas tout, dans le courant de l’après-midi, j’apprends par un de mes indicateurs que des soldats algériens, armés jusqu’aux dents, m’attendent à la sortie de la caserne. Je suis sorti en civil, planqué sur le plancher d’un camion avec une protection militaire. J’ai quitté Oran le jour même par avion. Destination Lyon. J’ai appris plus tard que le FLN avait décidé de m’éliminer ». Rabah Kheliff est décédé le 3 novembre 2003 à Lyon. Il fut, sa vie durant, un patriote français, respectueux des lois de la République du pays dans lequel il avait placé sa confiance.
L’après-midi, les meurtres se poursuivent sans répit. Les émeutiers pénètrent dans les immeubles, brisent les portes des appartements et assassinent les occupants. J’ai interrogé un homme qui a réussi fort heureusement à se glisser derrière un meuble lorsque la porte de l’appartement a été brisée par les assaillants. Il a vu sa famille massacrée à coups de hache.
À 17 heures, le général Katz sortit de la caserne où il attendait à bord d’un véhicule militaire ; il parcourut les rues et les places jonchées de morts, tous des Européens. Il constata ainsi que le plan avait fonctionné.
Il quittera Oran le 13 août 1962. Ce jour-là, le ministre des Armées, Pierre Messmer, lui remettra la croix de la Valeur militaire avec palme « pour avoir su rétablir et préserver avec force et dignité l’autorité légale et l’ordre public ».
Vous avez pu constater que, depuis cinquante-six ans, dans un pays pourtant si friand de cérémonies de repentance, jamais un gouvernement, jamais une formation politique n’a proposé ni même tenté d’organiser un hommage à la mémoire de ces Français tombés sous les balles du vainqueur algérien, que le pouvoir gaulliste avait livrés aux bourreaux.            Raphaël Delpard


http://www.bvoltaire.fr/pour-eux-eric-zemmour-nous-fait-revenir-a-lage-de-pierre/

21 septembre 2018


Pour eux, Éric Zemmour nous fait revenir à l’âge de Pierre…

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Les journalistes ne comprennent pas. Ça les sidère, les révolte, leur donne des envies de pénal. Ça, c’est la nouvelle affaire Zemmour. Sur le plateau d’Ardisson, l’essayiste a échangé des mots doux avec une chroniqueuse. À Hapsatou Sy, il a expliqué qu’un prénom est un « vecteur d’identité » et en choisir un étranger lorsqu’on vit en France, que notre enfant est, du fait du droit du sol à tout le moins, voué à devenir français, marquerait un refus de l’intégration. Sy n’en a pas cru ses oreilles. Depuis ce clash, entre journaux, c’est à celui qui crachera le plus sur le « polémiste ».
Surtout qu’il a fait une « rechute » le lendemain. On lui demandait de réagir à la reconnaissance, par le président de la République, de l’implication de l’armée française dans la disparition de Maurice Audin. Pied-noir, communiste, partisan du FLN, le jeune mathématicien est un héros de la gauche. Pour sûr, avoir supprimé un porteur de valises, c’est odieux. Pas pour Zemmour. Selon lui, Audin « méritait douze balles dans la peau » parce qu’il était « un traître ». Hurlements !
Dans cette affaire, ce qui frappe le plus, c’est que Zemmour et ses contradicteurs, ces derniers hégémoniques dans les médias, ne parlent pas la même langue. Il n’y a pas désaccord mais incommunicabilité. L’idée selon laquelle l’intégration passe par une soumission à la culture française – et le choix du prénom en est un signe évident – est parfaitement inaudible pour les libéraux de toutes obédiences. Pour eux, s’intégrer, c’est naître ici et, plus encore, y payer des impôts. C’est une réalité administrative. Tout part, en outre, du postulat selon lequel l’immigration est forcément bénéfique à la France ; grâce aux immigrés, nous assurons le renouvellement des générations et mettons à disposition de l’économie des hilotes dociles.
Le patriotisme, qui fait toujours préférer son pays à une idée, qui autorise donc à tuer un Audin, est une abomination. Les conceptions de Zemmour remontent au crétacé, à avant l’IVG, l’abolition de la peine de mort, le « vivrensemble » et Calogero. En ce temps-là, la peste courait les campagnes, la consanguinité faisait des ravages, les Français s’endormaient en rêvant de pogroms. Heureusement, le sens de l’Histoire est clair qui nous mène vers le nomadisme, l’hermaphrodisme, l’individualisme qui résume l’épatante évolution de nos sociétés par ailleurs vigilantes et engagées. Nous sommes enfin libres. Mais cette liberté est fragile ; dehors, les Zemmour guettent, désireux de nous ramener à l’âge de Pierre.
Les propos de Zemmour peuvent choquer, certes. Mais lui laisse une place à l’autre dans la discussion, tandis que ses opposants gémissent, insultent et se réfugient derrière le droit. Quel est donc ce débat public où l’on ne peut rien dire qui déplaise aux minorités, ces « victimes » statutaires ? Quels beaux voltairiens que ces journalistes qui appellent à la censure des réactionnaires – en même temps qu’ils vendent du papier avec eux. Cela dit, qu’ils se rassurent : une société qui honore ses morts avec des bougies, des nounours et Lennon comprend de moins en moins Zemmour, qui mène en première ligne l’indispensable combat culturel trop longtemps abandonné à la gauche. Il y a urgence. Au train où vont les choses, dans cinquante ans, après que les historiens auront bien relu les faits, au nom de l’antiracisme triomphant et de la charia, le Président d’alors – non binaire, bien sûr – viendra peut-être visiter la veuve de Salah Abdeslam.
Nicolas Lévine Fonctionnaire

Salah Abdeslam

Salah Abdeslam, né le 15 septembre 1989 à Bruxelles, est un terroriste français d'origine marocaine résidant et ayant grandi en Belgique, dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean. Affilié à l'État islamique, il est impliqué dans les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts en région parisienne.


Contributeur

Oui , mais quand je vois Fatima Besnaci dans la liste pour la Légion d’honneur ( avec la mention: 45ans de service !!  ) , on peut s'étonner , voire s’indigner .

 

Présidence de la République

ORDRE NATIONAL DE LA LÉGION D’HONNEUR

Décret du 20 septembre 2018

nomination au grade de chevalier

Par décret du Président de la République en date du 20 septembre 2018, pris sur le rapport du Premier ministre, de la ministre des armées et de la secrétaire d’État auprès de la ministre des armées et visé pour son exécution par le grand chancelier de la Légion d’honneur, vu la déclaration du conseil de l’ordre en date du 13 septembre 2018 portant que les présentes nominations sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, sont

ARMÉE DE TERRE

Amiche (Mohammed). Brigadier harki, artillerie. Médaillé militaire du 31 décembre 1978.
Besnaci-Lancou (Fatima). Cofondatrice d’une association de harkis. 45 ans de services.
Bouferrouk (Messaoud). Sergent-chef harki, infanterie. Médaillé militaire du 3 décembre 2007.
Boughedada (Mohamed). Chef de section de 2e classe, infanterie. Médaillé militaire du 4 novembre 2010.
Hamdini (Kouider). Moghazni, infanterie. Médaillé militaire du 6 novembre 1996.
Rabhi (Maamar). Caporal harki, infanterie. Médaillé militaire du 4 novembre 2013.
Roubehie-Fissa (Rabah). Harki de 1re classe, infanterie. Médaillé militaire du 4 novembre 2016.

ORDRE NATIONAL DU MÉRITE

Décret du 20 septembre 2018, portant promotion et nomination
Ministère des armées

Par décret du Président de la République en date du 20 septembre 2018, pris sur le rapport du Premier ministre, de la ministre des armées et de la secrétaire d’État auprès de la ministre des armées et visé pour son exécution par le chancelier de l’ordre national du Mérite, vu la déclaration du conseil de l’ordre portant que les présentes promotions et nominations sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, sont promus ou nommés, pour prendre rang à la date de la remise réglementaire de l’insigne :
Au grade d’officier

Mme Benslimane (Ounassa), présidente départementale d’une association de harkis. Chevalière du25 septembre 2003.
Mme Chabi (Hafida), membre d’une association d’anciens combattants harkis. Chevalière du 15 avril 2004.
M. Makabrou (Khémissi), président d’une association de harkis. Chevalier du 25 septembre 2001.
M. Semir (Mohammed), président régional d’une association de harkis. Chevalier du 10 mars 2007.

Au grade de chevalier

M. Aberkane (Tahar), président départemental d’une association de rapatriés ; 28 ans de services.
M. Amrane (Ali), président départemental d’une association de harkis ; 38 ans de services.
M. Boudjemaa (Hocine), président d’une association locale de harkis ; 49 ans de services.
Mme Boufhal née Moualkia (Jeannette), secrétaire générale départementale d’une fédération de harkis ; 26 ans de services.
M. Cherifi (Abdallah), président départemental d’une association de harkis ; 57 ans de services.
Mme Gasmi (Fatiha), secrétaire générale départementale d’une association d’anciens combattants harkis ; 32 ans de services.
M. Gueroui (Belkacem), vice-président d’une association mémorielle ; 35 ans de services.
M. Habas (Tahar), secrétaire national d’une association mémorielle ; 44 ans de services.
M. Messaoudi (Ahmed), président départemental d’une association de rapatriés ; 25 ans de services.
M. Mestar (Ahmed, Kadi), président départemental d’une association de rapatriés ; 46 ans de services.
M. Mokhtari (Akim), trésorier national adjoint d’une association d’anciens combattants ; 37 ans de services.
Mme Moualkia (Adda), présidente départementale d’une association de harkis ; 32 ans de services.
M. Nemiri (Mohamed, Habib, Bouziane), chargé de mission dans un établissement public de défense ; 19 ans de
services.
Mme Saadi (Miassa), porte-drapeau départementale d’une fédération d’anciens combattants ; 61 ans de services.
Mme Tarall née Yahi (Bornia), présidente nationale d’une association ; 30 ans de services. 


 

 

Photo prise dans le port de Marseille 23 septembre 1962 dans une caisse (BEDEL) contenant les effets d’un Français d’Algérie rapatrié vers la France après la proclamation de l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962


https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2018-1-p-81.htm

Les Espagnols dans la région d’Oran au milieu du xixe siècle. Mariage, comportements matrimoniaux, liens familiaux et liens sociaux


Par Guy Brunet Université Lyon 2 et LARHRA UMR CNRS 5190 Institut des Sciences de l’Homme, Lyon Guy.Brunet.at.univ-lyon2.fr et Kamel Kateb UR 12, Institut National d’Études Démographiques

Les migrants venus d’Espagne ont joué un rôle très important dans le peuplement et le développement économique de la partie occidentale de l’Algérie, l’Oranais. Le courant migratoire le plus fort concerne des villages de la province d’Alicante, et quelques-uns ont fourni de nombreux jeunes hommes et jeunes femmes mariés dans la ville portuaire d’Arzew. L’analyse des mariages enregistrés dans cette ville entre 1847 et 1874, ainsi que la reconstitution de quelques généalogies permettent de mettre en évidence que la migration a parfois eu lieu par groupes familiaux. Sur place, des migrants ont souvent adopté un comportement endogame, non seulement à l’échelle de la province, mais souvent à l’échelle du village d’origine. En outre, généralement confinés dans des activités professionnelles peu qualifiées et mal rémunérées, ces immigrés espagnols ont constitué un groupe assez fermé, préservant une vie « à l’espagnole » avec des fêtes collectives.

    Pages : 224
ISBN : 9782410014051
DOI : 10.3917/adh.135.0081
Éditeur : Belin

Plan de l'article

    Les Espagnols en Algérie et dans l’Oranais au xixe siècle
Les courants migratoires à partir de l’Espagne vers l’Algérie au xixe siècle
D’Espagne en Algérie, des chemins migratoires préférentiels
Mariage et choix du conjoint à Arzew au xixe siècle
La ville et le premier peuplement européen
Activités économiques et statut socioprofessionnel des conjoints
Origines géographiques des conjoints
Liens sociaux et liens familiaux parmi les familles originaires de la province d’Alicante
Origine provinciale des conjoints nés en Espagne
Liens familiaux parmi les natifs d’Espagne
Les témoins au mariage civil, indicateurs de liens sociaux ?
Conclusion


 

http://www.lexpressiondz.com/actualite/300372-et-ces-algeriens-qui-ont-subi-le-meme-sort.html

Par Hocine NEFFAH - Samedi 22 Septembre 2018 00:00

L'Expression - Le Quotidien - "Et ces Algériens qui ont subi le même sort?"


LA FILLE DE MAURICE AUDIN RECLAME TOUTE LA VÉRITÉ


Maurice Audin
Le cas Audin n'est pas unique, mais s'inscrit dans une logique qui sied à la nature du colonialisme français et ses promoteurs politiques et militaires à la fois.
La réécriture de l'histoire inhérente à «la guerre d'Algérie» comme aiment les nostalgériques l'appeler, s'impose à plus d'un titre. Surtout que l'affaire de Maurice Audin est venue pour chambouler tout l' «arsenal» historique apocryphe qui a été érigé par les historiens officiels de la France coloniale et ses ultras. Dans ce sens, Michèle, la fille de Maurice Audin, a mis les points sur les «i» en soulignant que «c'est la fin de l'affaire Audin et le début d'une histoire apaisée. Il faut aller de l'avant pour une histoire apaisée sur la guerre d'Algérie», c'est une manière de dire que la France officielle avait dissimulé pendant 61 ans la vérité sur la torture et de l'assassinat de son père, et qu'il est temps d'engager une nouveau processus de réécriture de l'Histoire qui a trait à la guerre d'Algérie.

 

 

Michèle Audin, même si elle appelle à enclencher une nouvelle dynamique apaisée quant au processus réel de la guerre d'Algérie, exige l'établissement de la vérité sur son assassinat. «Il a été torturé, on sait qu'il a été assassiné, mais on ne connaît pas comment cela a été fait», insiste-t-elle. C'est là une démarche qui s'inscrit dans le sillage d'une réécriture objective et véridique de l'histoire de cette guerre et aussi le mouvement de Libération nationale que certains historiens nostalgériques voulaient réduire à des «évènements» pour minorer toute cette oeuvre libératrice du peuple algérien faite de massacres, tortures et autres crimes contre l'humanité.

Cette démarche qui est historique par excellence, rappelle à certains Français qui ont versé dans une espèce de négationnisme par rapport à l'histoire liée à la guerre d'Algérie, que le cas de Maurice Audin n'est pas unique, mais il s'inscrit bel et bien dans une logique qui sied à la nature du colonialisme français et ses promoteurs politiques et militaires à la fois. C'est ce qui a amené la fille de Maurice Audin à dire à ce propos qu'«il importe que cette histoire soit connue, qu'elle soit regardée avec courage et lucidité». Il y va de l'apaisement et de la sérénité de ceux qu'elle a meurtris, dont elle a bouleversé les destins, tant en Algérie qu'en France», a asséné Michèle Audin.
Dans le même registre, l'historien Alain Ruscio est entré en lice en rappelant que «pour moi, c'est une victoire symbolique. Mais il faut que le combat continue pour les dizaines de milliers d'Algériens qui ont connu le même sort que Maurice Audin», c'est là où les ultras et les négationnistes français verront leurs arguties fondées sur une imposture et un anachronisme qui s'évaporeront dans l'air et que la vérité historique finira par vaincre et pavera la voie vers une véritable relation fondée sur une réconciliation historique capable d'entamer l'amorce d'échanges de rapports extirpés de l'approche de dominant et d'ancienne puissance. L'affaire de Maurice Audin n'est que le prélude à la mise en place d'une nouvelle approche de réécriture de l'histoire de la guerre de Libération nationale, loin des passions et des révisionnismes chers aux ultras et aux nostalgériques.


https://www.midilibre.fr/2018/09/21/bagnols-les-harkis-reclament-une-loi-de-reconnaissance,4703504.php

Publié le 21/09/2018 à 12:50 / Modifié le 21/09/2018 à 14:41

Bagnols : les harkis réclament une loi de reconnaissance

Harcène Arfi et Ali Laïdaoui devant la stèle implantée au camp de Saint-Maurice-l'Ardoise dans le gard

RENE DIEZ

Une vingtaine d'anciens combattants et responsables d'associations de harkis vont être décorés par le président de la République. Le geste fort pour certaines associations gardoises reste la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat dans l'abandon des harkis et leurs familles en Algérie comme dans les camps français.

Le président de la République, Emmanuel Macron, promet dans l'ordre de la Légion d'honneur et dans l'ordre du Mérite une vingtaine d'anciens combattants harkis et des représentants d'associations de harkis. Le chef de l'Etat entend engager un travail mémoriel sur la guerre d'Algérie. Contrairement à certains responsables associatifs harkis, le président de la coordination Harka, Hacène Arfi, considère que ces décorations officielles ne viennent pas trop tard. "Cela va dans le bon sens".

"Le prix fort"

"Il est quand même trop tard pour nos vieux. On en perd un ou deux tous les jours",tempère le président de l'association Arakan, Ali Laîdaoui. Cet ancien supplétif a passé trois ans dans les rangs de l'armée française, a été arrêté par le FLN, avant de s'évader et être rapatrié en France "par ses propres moyens" à l'issue de près d'un an de clandestinité en Algérie, a été promu en 2014 officier de l'ordre national du Mérite, décoré par le Premier ministre Manuel Valls. A 76 ans, Ali Laîdaoui aurait voulu voir décorés plus de ses camarades ayant comme lui "payé le prix fort. Ils sont six seulement à être distingués, les autres sont des enfants de harkis."

"Fermer les yeux"

Le Bagnolais Hacène Arfi est justement l'un de ces enfants. Il a grandi à Saint-Maurice-l'Ardoise, dans le Gard, l'un des camps où ont été admis à la fin de la guerre d'Algérie (1954 - 1962) dans des conditions indignes et sans réelles perspectives d'intégration quelques 60 000 harkis et leurs familles. "Pour nous le combat ne sera fini, clame Hacène Arfi,  "que lorsque la France aura reconnu les responsabilités de ses gouvernements dans l'abandon et le massacre de la part des nationalistes de plus de 15 000 harkis. C'est un véritable génocide. Non seulement la France a fermé les yeux sur ces sanglantes représailles, mais dans le même temps, elle négociait avec le FLN des contrats sur le pétrole et le gaz." "La reconnaissance authentique, elle est là, ainsi que dans notre enfermement dans des camps durant quatorze ans, conclu le président de l'association Arakan,, à trois jours de la journée nationale d'hommage, le 25 septembre.

 

 


https://www.liberation.fr/debats/2018/09/21/ces-images-sont-la-preuve-que-la-colonisation-fut-un-grand-safari-sexuel_1680445

« Ces images sont la preuve que la colonisation fut un grand safari sexuel »

Par Catherine Calvet et Simon Blin — 21 septembre 2018 à 21:06


Soldats français harcelant une Algérienne (1954-1962) Photo d'archives d'Eros. Coll. Gilles Boëtsch. coll. Olivier Auger

Pour l’historien Pascal Blanchard, la pornographie utilisée par les puissances coloniales pour promouvoir un ailleurs où tout est permis doit être montrée afin de déconstruire un imaginaire toujours présent.

    «Ces images sont la preuve que la colonisation fut un grand safari sexuel»

Spécialiste du fait colonial et de l’immigration en France, l’historien Pascal Blanchard a publié et codirigé plusieurs documentaires et ouvrages dont les Zoos humains (Arte, 2002) ou la Fracture coloniale, la société française au prisme des héritages coloniaux (2005, La Découverte). Avec Sexe, race et colonies, il souhaite toucher le grand public dans la continuité de ses travaux promouvant un autre rapport au passé colonial. Cette somme a également pour but d’inciter une nouvelle génération de chercheurs à travailler sur le passé colonial à partir des images ou par le prisme du genre et de la sexualité.

Pourquoi avoir fait le choix de publier 1200 images de corps colonisés, dominés, sexualisés, érotisés ? N’est-ce pas trop ?

L’abondance d’images doit interroger. Cela souligne qu’elles ne sont pas anecdotiques mais qu’elles font partie d’un système à grande échelle. Quand on pense à la prostitution dans les colonies, personne n’imagine à quel point ce système a été pensé, médiatisé et organisé par les Etats colonisateurs eux-mêmes. Ceux qui pensent que la sexualité a été une aventure périphérique au système colonial se trompent : elle est au centre même de la colonisation. La cartographie est aussi très signifiante : sur les atlas, les terres à conquérir sont toujours représentées en allégorie par des femmes nues pour symboliser l’Amérique, l’Afrique ou les îles du Pacifique. La nudité fait partie du «marketing» de l’expédition coloniale, et façonne l’identité même des femmes indigènes. Au temps des conquêtes à partir de la fin du XVe siècle, les images qui circulent évoquent un paradis terrestre peuplé de bons sauvages aux corps offerts et nus. Ils font partie de la nature.

Du décorum.

Plus tard, le paradis terrestre se transformera en paradis sexuel. Les Occidentaux partiront dans les colonies avec le sentiment que tout leur est permis. Là-bas, il n’y a pas d’interdit, tous les verrous moraux sautent : abus, viol, pédophilie. La plupart des images que nous publions retracent cette histoire, elles ont été cachées, marginalisées ou oubliées par la suite : 80 % de ce qui est dans le livre ne figure dans aucun musée.

Vous montrez dans votre livre que les cartes postales érotiques sont un vecteur important dans la diffusion de cette imagerie érotico-raciale. Un peu comme Internet aujourd’hui ?

Des dizaines de millions d’exemplaires de cartes postales seront diffusées en France, comme en Grande-Bretagne. Le prétexte ethnographique permet de contourner la censure et de pouvoir vendre du porno-colonial dans des lieux de diffusion grand public. Il y avait comme une liberté à exhiber cette nudité qu’on ne pouvait absolument pas montrer pour une femme blanche à l’époque ou alors dans des réseaux parallèles qui étaient poursuivis par les «bonnes mœurs».

Ces cartes ne voyageaient même pas sous enveloppe. Toute la famille pouvait les voir, ainsi que le postier ! L’expéditeur écrivait sur les deux faces de la carte des commentaires d’une vulgarité incroyable, et ce discours a pénétré les habitants des métropoles qui, eux, n’iraient jamais aux colonies. Cela fabrique une culture. Cette diffusion si large et si ouverte a constitué une matrice pour l’imaginaire de plusieurs générations. Ces cartes et leurs récits - mais aussi les magazines populaires, les romans de gare ou les illustrés grand public - sont la preuve que la colonisation fut un grand «safari sexuel». On prenait les corps et on envoyait la marque de cette prise de possession sans aucune pudeur, comme des trophées. Des gravures, des sculptures ou divers objets ont repris cette iconographie comme des services de table avec des femmes indigènes dénudées sur des assiettes. Vous imaginez l’équivalent avec une femme blanche nue pour un repas dominical dans la bonne bourgeoisie ? Comme si l’érotisme disparaissait sous couvert d’exotisme.

N’avez-vous pas peur qu’on vous adresse le reproche de publier des images érotiques de femmes colonisées sous couvert de science ?

Bien sûr, ce reproche sera fait. C’est le même débat qui a été fait quand on a montré des images de la Shoah pour la première fois. Fallait-il les montrer ? Mais pour vraiment comprendre ce passé, il faut en montrer l’indicible. Sans quoi, on ne peut déconstruire. Comprendre, sinon, montrer cette notion de «safari», de culture-monde, de puissance du porno-colonial ? On a par exemple beaucoup hésité à publier les images où les soldats japonais mettaient des bambous dans le sexe des femmes chinoises qui avaient été violées et tuées. Mais on a décidé de les montrer, car ces images faisaient alors partie d’un discours d’humiliation. Le visible fait discours. Cela démontre non seulement qu’ils l’ont fait, mais en plus qu’ils l’ont photographié et reproduit pour humilier. Sur la centaine de chercheurs qui ont travaillé sur ce livre, l’apport des images a très souvent obligé et conduit à penser autrement certains objets d’étude. L’image oblige à nuancer, accentuer certaines approches, évite de généraliser, incite à souligner les différences entre empires, entre aires géographiques. La nature des images oblige aussi à parler des vecteurs de diffusion, des publics cibles ou des types de messages en fonction des supports. L’image n’est pas seulement l’illustration de ce qui s’est passé, elle est aussi dans ce récit la construction en parallèle d’un fantôme. Les montrer, c’est aussi obliger ceux qui ne veulent pas voir ce passé à le regarder en face.

Vous faites un lien direct entre l’imaginaire colonial et des situations contemporaines comme le tourisme sexuel. Rien ne changerait donc jamais ?

Bien entendu. A chaque génération, les choses et les paradigmes changent, mutent et évoluent. Aujourd’hui, le métissage est valorisé, il est devenu une des références majeures dans la mode et la publicité. Mais dans le même temps, il y a des héritages, des reconfigurations et des ruptures. Le porno sur le Web mondialisé, par exemple, reprend et développe les situations de domination qui existaient dans les espaces coloniaux, devenant elles-mêmes des items référents de la culture visuelle, dans les mangas, le rap, le cinéma ou la littérature érotique. On retrouve les schémas coloniaux dans le tourisme sexuel dans les pays du Sud, qui fonctionnent selon les mêmes mécanismes qu’au temps des colonies… et produisent les mêmes images. Ces fantasmes coloniaux ne sont pas morts, ils se sont juste reconfigurés dans la culture mondialisée sous d’autres formes. Pour comprendre tout ce qu’il reste à décoloniser dans nos regards, il faut interroger aussi les artistes : c’est pourquoi le dernier chapitre de ce livre leur donne la parole pour apprendre à déconstruire ces paradigmes issus du passé colonial. Ce travail sur la sexualité aux colonies ne fait que débuter et nous commençons à comprendre que c’est une des matrices du monde moderne.

Sexe, Race et Colonies, Sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boestsch, Dominic Thomas et Christelle Taraud. La Découverte. 2018.

Deux rencontres sont organisées autour du livre Sexe, race et colonies. Le 10 octobre à la Colonie (Lacolonie.paris) et le 13 octobre aux Rendez-vous de l’histoire de Blois (Rdv-histoire.com).

Catherine Calvet , Simon Blin


https://www.liberation.fr/debats/2018/09/21/colonies-les-racines-d-un-racisme-nomme-desir_1680447

Colonies : les racines d’un racisme nommé désir

Par Sonya Faure — 21 septembre 2018 à 21:06

Deux hommes blancs mesurent à l’aide d’un compas les larges fesses d’une femme noire (dessin «humoristique» anglais, 1810). Un marine américain rigolard pose sa main sur le sein d’une prostituée vietnamienne (photographie de 1969). Un croquis médical décrit les petites lèvres du sexe d’une femme hottentote au gonflement «anormal et malsain» (gravure, 1804). Une jeune actrice montre ses seins devant des barres HLM, sous un teaser : «Certaines femmes préfèrent par-derrière» (affiche du film porno la Beurette de la cité de Fred Coppula, 2017).

Sexe, race et colonies, qui sort jeudi en librairie (Ed. la Découverte, 65 euros), retrace l’histoire coloniale par le prisme de la sexualité. L’une ne peut se penser sans l’autre, soutiennent les historiens, anthropologues ou politologues qui y ont participé. Et cet imaginaire mêlant domination, race et érotisme, forgé six siècles durant, irrigue malgré nous, aujourd’hui encore, le regard que nous portons sur l’autre : «Un travail de déconstruction devient, aujourd’hui, plus que jamais nécessaire», écrivent les auteurs.

Dans ce livre monstre (544 pages, 1 200 illustrations et 97 auteurs) - et par son sujet souvent monstrueux -, les images sidèrent. Les mots, même les plus savants («typification raciale», «biopolitique coloniale»…) ont peu de poids face à la violence de cette profusion de fantasmes illustrés. C’est cette avalanche d’images, leur répétition jusqu’au vertige, qui montre, davantage que bien des discours, le caractère systématique de la domination sexuelle des corps colonisés ou esclavagisés. A la chaîne, page après page, des seins de femmes noires pincés par des colons égrillards en costumes blancs. Des corps exposés, exotisés, érotisés, martyrisés ad nauseam.
«Le partage des femmes»

Coloniser un pays, c’est donc aussi mettre l’autre à nu, le détailler, le posséder, le classifier, dans les tirages photographiques ou dans les livres d’ethnologie et de médecine. Ces milliers de cartes postales érotiques, ces chefs-d’œuvre de Delacroix, ce porno colonial économiquement fructueux ont fixé une «véritable frontière visuelle entre ces Ailleurs et leurs métropoles» qui appuiera bientôt la terrible hiérarchisation des races.

«La grande question de la colonisation, ce n’est pas la conquête des territoires, c’est le partage des femmes, assure l’historienne Christelle Taraud, qui fait partie des cinq coordinateurs de l’ouvrage, enseignante à Columbia University. S’installer dans le ventre de la femme, déviriliser les hommes, c’est la domination la plus radicale, inscrite dans le sang et plus seulement dans le sol.» Tous les empires coloniaux, européens ou japonais, mais aussi les Etats-Unis esclavagistes que les auteurs associent à leur étude, commencent par réglementer les unions, qu’elles soient sexuelles ou légales. «Le colonialisme a étendu à la sexualité sa volonté hégémonique, explique Françoise Vergès, politologue titulaire de la chaire Global Souths à la Fondation Maison des sciences de l’homme. L’esclavage colonial a formellement interdit les relations sexuelles entre Blanches et Noirs, interdit suprême. Les Britanniques ont criminalisé l’homosexualité. Les missionnaires ont discipliné les pratiques sexuelles dans le Pacifique. La médecine et la psychiatrie sont intervenues sur les corps colonisés et racisés.» La prostitution est organisée pour que les colons, loin de leur épouse, puissent y avoir recours. «Une semaine après la conquête d’Alger, précise l’historienne Christelle Taraud, la France réglemente la prostitution pour mettre en place un marché du sexe.» Et lors des décolonisations, les violences sexuelles se déchaînent.

Clos par une postface de la romancière Leïla Slimani («Sans cesse, nous nous demandons qui nous sommes, écrit-elle. Nos sociétés occidentales sont obsédées par les questionnements identitaires. Mais nous devrions plutôt nous demander qui est l’Autre»), le livre n’est pas un exercice de flagellation, de «repentance», mais bien la volonté scientifique de raconter une autre histoire coloniale, celle de l’imaginaire et des fantasmes, appuyée sur un outil puissant, l’image.
Généalogie

L’imaginaire érotico-violent, très largement diffusé dans les magazines ou au cinéma, ne s’est pas évaporé au jour des indépendances. Scandale Oxfam en 2018, agressions sexuelles de Cologne au nouvel an 2016, et plus largement débat sur le port du voile ou sur le rapport des pays du Sud face à l’homosexualité : «Toutes les grandes polémiques qui fracturent nos sociétés, en France, mais aussi aux Etats-Unis ou aux Caraïbes, sont liées à la sexualité», estime Christelle Taraud. De fait, le livre trace un fil, une généalogie, entre la «Tonkinoise» et la prostituée thaïlandaise, prisée du touriste sexuel du XXIe siècle, entre la Mauresque et le garçon arabe du porno gay contemporain. «Dire que notre présent post-colonial n’est que la reproduction de l’époque coloniale est d’une absurdité totale, prévient Nicolas Bancel. Mais le tourisme sexuel ou la crainte du métissage des xénophobes, héritière de l’imagerie autour du rapt des femmes blanches par les indigènes, en sont des traces.»

Mais pour démontrer ces faits, fallait-il montrer ces images - et en montrer tant ? Dès l’introduction de l’ouvrage, les auteurs justifient leur choix : «Nous pensons qu’il est impossible de déconstruire ce qui a été si minutieusement et si massivement fabriqué pendant près de six siècles, sans montrer "les objets du délit".» L’historien Nicolas Bancel, coordinateur du livre, en témoigne : «La question a donné lieu à des discussions interminables entre nous.» Des auteurs pressentis pour participer au projet l’ont décliné, pour cette raison, comme l’historienne Ann Laura Stoler. Les images pédophiles, trouvées en nombre, ont été éliminées du corpus. Chaque illustration a été enchâssée dans des textes scientifiques charpentés. Christelle Taraud a fait un casus belli de la couverture, pas question d’y exposer une femme nue : «Le débat de "montrer ou non" est une question qui traverse les féministes, comme les universitaires qui travaillent sur la prostitution ou la pornographie. Une école "prohibitionniste" pense qu’on ne devrait plus jamais montrer ces images humiliantes. Un autre courant, dont je suis, estime que la domination visuelle participe largement de la domination globale, et qu’on ne peut déconstruire sans dévoiler.»

 

Françoise Vergès, qui a participé au livre, avoue pourtant qu’elle n’est «pas toujours pour la reproduction de ce genre d’images». «Elles peuvent continuer à nourrir des fantasmes ou blesser les personnes qui s’y identifient ou qui y sont identifiées, explique-t-elle. Les femmes et les hommes racisés mis en scène n’ont pas de voix, ils restent des images silencieuses.»La politologue pointe aussi cette question : «Si un collectif de femmes racisées avait constitué ce corpus, il aurait été différent. Mais celui de Sexe, race et colonies existe, il permet de poursuivre le travail critique.» Par cette publication hors norme, les auteurs, tous chercheurs, veulent aussi donner les clés à un public plus large pour «décoloniser les imaginaires». Et montrer le politique au cœur du fantasme.

Sexe, Race et Colonies, Sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boestsch, Dominic Thomas et Christelle Taraud. La Découverte. 2018.                                Sonya Faure


 

https://www.ladepeche.fr/article/2018/09/22/2873584-les-harkis-de-leurs-origines-a-leur-abandon.html

Publié le 22/09/2018 à 03:56, Mis à jour le 22/09/2018 à 08:16


Les Harkis, de leurs origines à leur abandon

 

De gauche à droite : Youssef Touil, Saïda et Sabbah Atrous, membres du bureau de l'association Sache./ Photo DDM, Sa. BA.
De gauche à droite : Youssef Touil, Saïda et Sabbah Atrous, membres du bureau de l'association Sache./ Photo DDM, Sa. BA.

L'hôtel du département accueille, depuis le 14 septembre (jour du vernissage en présence, entre autres, de la sénatrice Gisèle Jourda et de la vice-présidente du conseil départemental Tamara Rivel) et jusqu'au 12 octobre, l'exposition itinérante : «Parcours de Harkis et de leurs familles». Forte du soutien de l'association Supplétifs, anciens combattants, harkis et leurs enfants (Sache), présidée par Sabbah Atrous, cette exposition a pour vocation première de perpétuer l'histoire de ces hommes et ces femmes qui ont choisi de combattre aux côtés de l'armée française, lors de la guerre d'Algérie. «Cette exposition explicite l'histoire des Harkis, de leurs origines, en 1830, jusqu'à aujourd'hui, à travers les différentes étapes d'un parcours difficile et mouvementé», explique Sabbah Atrous. Et de rappeler au passage : «Même si nos parents ne sont plus là, l'histoire, elle, continue».
Une nouvelle association depuis février 2018
À l'occasion du vernissage de cette exposition, Sabbah Atrous a tenu à souligner que l'association qu'elle présidait depuis le 15 septembre 2015 (Union départementale des anciens combattants français musulmans et leurs enfants) avait laissé place, depuis le 9 février dernier, à la nouvelle association, qu'elle préside aussi depuis : l'association Supplétifs, anciens combattants, harkis et leurs enfants (Sache). «Cette association a pour objectif de perpétuer l'Histoire, la mémoire des Harkis, d'informer et faire valoir les droits des anciens Harkis et leurs ayants droit, l'accompagnement administratif… Notre but est de sensibiliser les citoyens français, les pouvoirs publics, les médias… de l'abandon de la communauté harkis, avec l'espoir d'obtenir enfin une loi de reconnaissance, de réparation et qu'on nous donne enfin droit à la justice après cinquante-six ans», a-t-elle expliqué lors de son discours.
L'instant politique
Profitant de l'occasion, la présidente de Sache a rappelé qu'un rapport, demandé par le président de la République, avait été remis au groupe de travail désigné par la secrétaire d'État aux Anciens Combattants sur la reconnaissance et la réparation du préjudice subi par les Harkis. «Le président Macron doit rendre sa décision, le 25 septembre. Toutes les associations de Harkis, ainsi que la communauté dans son ensemble ne reconnaissent pas ce rapport et le considère comme un nouvel abandon. Toute notre communauté avait grand espoir et grande confiance. On avait l'espoir lorsque le président de la République a affirmé aller au bout de ce qui doit être fait par la République vis-à-vis des Harkis et de leurs enfants…»
Un instant politique qui n'a pas empêché l'ensemble des personnes présentes lors de ce vernissage de se retrouver pour visionner un documentaire sur l'histoire de l'Algérie : du XIe siècle et la régence d'Alger sous l'empire Ottoman à l'indépendance de l'Algérie, l'arrivée en France des Harkis et de leurs familles et le transfert dans des camps dans des conditions parfois inhumaines. Tous ont ensuite partagé le pot de l'amitié offert par l'hôtel du département.


Nouveau bureau
La présidente de Sache : Sabbah Atrous, a présenté, lors du vernissage de l'exposition, les membres de son bureau.
Présidente : Mme Sabbah Atrous ; vice-présidente : Mme Odette Hamadouch, secrétaire : Mme Saïda Atrous ; attaché aux nouvelles générations : Youssef Touil.
L'association Sache tient des permanences, les lundi, de 9 h 15 à 11 h 15, et jeudi, de 14 h 15 à 16 h 15, à la maison des associations, 87, rue de la Liberté à Carcassonne.
La Dépêche du Midi


 

https://www.sudouest.fr/2018/09/21/-5408806-4583.php

Bias (47) : Louis Aliot invité pour la cérémonie d’hommage aux Harkis


Publié le 21/09/2018 à 8h20 par SudOuest.fr Lot-et-Garonne.

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Le vice-président du Rassemblement national assistera à cette commémoration mardi au monuments aux morts…
Le vice-président du Rassemblement national, et compagnon de Marine Le Pen, assistera à la cérémonie d’hommage nationale aux harkis et aux membres des formations supplétives qui aura lieu mardi, à Bias.
Il avait reçu une invitation d’André Azni, le président de l’Association villeneuvoise des harkis et de leurs amis, et a confirmé sa venue dans le Villeneuvois, jeudi soir.


https://www.sudouest.fr/2018/09/21/guerre-d-algerie-l-historien-michel-winock-avait-assiste-a-la-soutenance-de-these-de-maurice-audin-5411966-710.php

Guerre d’Algérie : l’historien Michel Winock avait assisté à la soutenance de thèse de Maurice Audin


Publié le 21/09/2018 à 20h11 par Michel Winock.

 

Guerre d’Algérie : l’historien Michel Winock avait assisté à la soutenance de thèse de Maurice Audin
Michel Winock se souvient de cette soutenance de thèse in absentia

Cette soutenance de thèse de mathématiques, en 1957, s’était faite en l’absence de son auteur. Arrêté par des parachutistes, il n’a plus jamais donné signe de vie
En lisant la déclaration qu’Emmanuel Macron a faite à Bagnolet devant la veuve de Maurice Audin, le 13 septembre dernier, a surgi dans ma mémoire la journée du 2 décembre 1957. J’étais étudiant à la Sorbonne et j’avais pu trouver une place dans l’amphithéâtre Liard, où se soutenaient habituellement les thèses d’histoire et de lettres auxquelles il m’arrivait d’assister. Cette fois, il s’agissait d’une thèse de mathématiques dont le sujet était « L’équation linéaire dans un espace vectoriel. Cycles limités dans les systèmes référentiels ». Il n’y avait pas de quoi attirer les foules. Mais les circonstances étaient exceptionnelles car la soutenance devait avoir lieu en l’absence de son auteur, Maurice Audin.

 

Emmanuel Macron aux côtés de Michèle Audin, la fille de Maurice Audin.

Emmanuel Macron aux côtés de Michèle Audin, la fille de Maurice Audin.
Crédit photo : THOMAS SAMSON / AFP
Celui-ci, assistant à la faculté des sciences d’Alger, membre du parti communiste algérien, avait été arrêté à son domicile par les parachutistes le 11 juin précédent. Son épouse Josette, mère de trois enfants, n’avait jamais pu savoir ce qu’il était advenu du prisonnier — sinon qu’il s’était « évadé » le 21 juin, lors d’un transfert en jeep… La disparition du jeune professeur avait alarmé beaucoup de monde. Une pétition circula à Paris. En novembre 1957, sur l’initiative du grand mathématicien Laurent Schwartz et de l’historien Pierre Vidal-Naquet, un Comité Maurice-Audin était constitué, dont le but était de se transformer en organe de protestation générale contre la torture en Algérie et les moyens illégaux employés par le gouvernement contre les adversaires de la guerre. En 1958, le Comité Maurice-Audin devait publier une brochure, « Nous accusons », mémorandum sur la torture et la répression en Algérie envoyé au général de Gaulle.
« Ne pas ressembler à ces universitaires allemands du temps nazi qui se sont tus »
Cette soutenance de thèse in absentia, c’était — avec les moyens dont elle disposait et qui ne manquaient pas d’impressionner — la plus digne des protestations que l’Université pouvait élever contre les crimes du pouvoir militaire et les silences complices du pouvoir politique, dont un des siens, un jeune savant de 25 ans, venait de tomber victime. Derrière Mme Audin, je reconnus les visages d’Henri Marrou, de François Mauriac, de Louis Massignon, d’Édouard Depreux et d’autres personnalités du monde politique et intellectuel. L’émotion nous saisit une première fois quand le président du jury, le professeur Favart, debout face à l’assistance, appela selon la règle : « M. Audin est-il là ? »
« Nous fûmes 300 à communier debout dans la même émotion »
Le rapport de thèse fut prononcé, en lieu et place de l’impétrant, par son ancien collègue d’Alger, le professeur du Possel. La décision du jury auquel participait Laurent Schwartz fut lue sans attente par le président. Maurice Audin était reçu docteur ès sciences, avec la mention « très honorable ». Le professeur Favart venait de communiquer les conclusions du jury en associant Mme Maurice Audin, ses parents, M. et Mme Audin, dans son hommage. Il acheva dans un cri étranglé : « Je vous demande de ne pas applaudir mais de faire une minute de silence. »
Nous fûmes 300 à communier debout dans la même émotion et avec tous ceux qui, dans la cour de la Sorbonne, n’avaient pu trouver place dans l’amphi. Ce fut sans phrases inutiles et dans le simple exercice de ses fonctions que l’Université française venait de témoigner, face à la barbarie d’État, de la continuité de sa mission. Comme le dira un peu plus tard le philosophe Paul Ricœur : « Nous ne voulons pas ressembler à ces universitaires allemands, du temps nazi, qui se sont tus parce qu’ils étaient fonctionnaires et parce qu’ils ne croyaient pas avoir la charge de porter, hors de l’Université, l’honneur des principes qu’ils servaient dans l’Université. »

Maurice Audin avait 25 ans, à son arrestation
Maurice Audin avait 25 ans, à son arrestation  Crédit photo : STF AFP or licensors

« Le Monde » daté du 23 novembre 2000 a publié les interviews des deux principaux chefs militaires de la bataille d’Alger en 1957, le général Jacques Massu et le général Paul Aussaresses. Les deux reconnaissaient l’usage de la torture par des unités de l’armée française. Aussaresses l’assumait, la jugeait nécessaire. Dans son livre paru un peu plus tard, « Services spéciaux, Algérie, 1955–1957 », il écrivait : « L’action que j’ai menée en Algérie, c’était pour mon pays, croyant bien faire. Ce que l’on a fait en pensant accomplir son devoir, on ne doit pas le regretter. »
Du moins, l’aveu était fait, malgré toutes les dénégations, tous les mensonges officiels, et notamment ceux de Robert Lacoste, ministre résidant en Algérie, niant jusqu’au bout l’existence de la torture. De son côté, le général Massu avouait, lui, non sans humilité, que « réflexion faite », la torture n’était pas « indispensable » : « Quand je repense à l’Algérie, cela me désole, car cela faisait partie, je vous le répète, d’une certaine ambiance. On aurait pu faire les choses différemment. » Modeste contrition, mais qui tranchait avec la vérité officielle. Le 13 septembre dernier, le chef de l’État a réconcilié la vérité officielle avec la vérité.

 


https://www.la-croix.com/France/ancien-camp-Bias-harkis-leur-memoire-contre-oubli-2018-09-22-1300970705

Dans l'ancien camp de Bias, les harkis n'ont que leur mémoire contre l'oubli


afp , le 22/09/2018 à 18h20
Mis à jour le 22/09/2018 à 18h19

Des tombes de harkis, anciens supplétifs de l'armée française rapatriés d'Algérie, le 18 septembre 2018 au cimetière de Bias/AFP
Des tombes de harkis, anciens supplétifs de l'armée française rapatriés d'Algérie, le 18 septembre 2018 au cimetière de Bias / AFP

Dans l'amertume des harkis, ces anciens supplétifs de l'armée française rapatriés d'Algérie, se lit 50 ans de ballottement entre "invisibles" et "oubliés". Un oubli palpable à l'ancien camp de Bias (Lot-et-Garonne) où rien ne subsiste, sauf leurs souvenirs.

"Le plus dur pour moi, enfant, c'était la haie de cyprès, avec les barbelés juste derrière, tout autour du camp. Le fait de ne pas sortir, c'est ce qui me manquait le plus..." Bertrand Haffi, 54 ans, pointe du doigt la lisière du camp, aujourd'hui bordure d'une petite route, un champ de maïs, un abribus, une petite stèle inaugurée en 2001..
Chacun à son souvenir du "Centre d'accueil de rapatriés d'Algérie" (Cara) de Bias, son nom officiel. L'unique douche hebdomadaire "un jour les hommes, un jour les femmes", le couvre-feu à 22H00, après lequel "les cafards revenaient dans l'obscurité", dans l'unique pièce où dormait toute la famille.

Des enfants photographiés au 'Centre d'accueil de rapatriés d'Algérie', le 18 août 1975 à Bias/AFP/Archives
Des enfants photographiés au "Centre d'accueil de rapatriés d'Algérie", le 18 août 1975 à Bias / AFP/Archives

 

L'école primaire du camp, d'où on sortait "avec des années de retard sur +les autres+". Le sac de coke par foyer pour se chauffer un mois. La dureté de la direction, militaire.

Mohamed Badi serre encore les dents en revoyant la gifle du directeur à sa mère veuve, et son impuissance, du haut de ses 11 ans... Au souvenir aussi de ces adultes, si peu sûrs d'eux, de leur place, "qui se mettaient au garde à vous devant un garde-champêtre. Un garde-champêtre... Sans déconner !"

Du camp, il ne reste rien ou presque. Pas de musée-mémorial ici comme à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales). Pas de vestiges. Un vaste espace d'herbe jaunie au soleil, un terrain de foot, le socle en béton fissuré du mât où l'on hissait les couleurs. Et un lotissement de modestes pavillons, bâtis là où étaient jadis alignés, sur 10 hectares, 22 baraquements au toit de tôle ou d'éverite, qui abritèrent jusqu'à 1.300 familles à la fois.

- Enfermement, empêchement –

A 3 km du petit bourg de Bias, lui-même à la périphérie de Villeneuve-sur-Lot, le camp --qui avait accueilli jadis des Vietnamiens d'Indochine, des réfugiés espagnols- était loin d'à peu près tout. Loin et invisible, presque inaccessible --il fallait aux visiteurs laisser leurs papiers à l'entrée, signaler ses absences. Logés, nourris, oui. "Parqués", corrige M. Badi.

La stèle à la mémoire des harkis brisée en morceaux, le 18 septembre 2018 sur le site de l'ancien camp de Bias/AFP

La stèle à la mémoire des harkis brisée en morceaux, le 18 septembre 2018 sur le site de l'ancien camp de Bias / AFP

De camp il n'y a plus, mais il est en eux. Chez Bertrand, qui vit dans un bout de bâtiment de l'ex-direction et regrette de "n'avoir jamais eu les moyens de partir". Chez Ahmed Benalla, 47 ans, dans un des pavillons. Et qui reste, "parce que j'ai toujours eu peur d'aller au loin, à l'extérieur. La sensation de me retrouver seul face à tout". Ils sont une quarantaine d'anciens, occupants ou descendants, encore sur place. Comme jamais partis.

"C'est fou, ce que l'enfermement peut produire comme empêchements. Empêchement matériel, psychologique... Et l'angoisse de revivre un départ", médite Katia Khemache, historienne auteure en 2018 d'un livre "Harkis, un passé qui ne passe pas". "Et pour des gens qui ont été en quête d'identité, le camp, habitat isolé, regroupé, est un marqueur identitaire fort".

Mohamed Badi, fils de harkis (d), découvre la stèle à la mémoire des harkis brisée en morceaux, le 18 septembre 2018 sur le site de l'ancien camp de Bias/AFP
Mohamed Badi, fils de harkis (d), découvre la stèle à la mémoire des harkis brisée en morceaux, le 18 septembre 2018 sur le site de l'ancien camp de Bias / AFP

Bias est emblématique, relève-t-elle, parce qu'il était le camp des "non-classables", ou "irrécupérables" pour l'administration: veuves, blessés, invalides, malades mentaux... Aussi parce qu'il a été le terreau de la révolte harkie, avec en 1975 une prise d'otage, l'intervention de CRS.
C'est à la suite d'actions comme Bias, ou Saint-Maurice l'Ardoise (Gard) que le démantèlement a été entrepris, l'administration passant au civil, les familles incitées à partir. Il a fallu 20 ans pour que tous les baraquements soient rasés.

A l'approche de la Journée nationale d'hommage le 25 septembre --où le gouvernement pourrait faire des annonces-- certaines instances harkies clament l'heure venue de la réparation matérielle, qu'ils chiffrent en milliards. Pour d'autres, l'urgence est davantage mémorielle, "d'une histoire singulière enfin perçue, connue, reconnue. Cette réappropriation, cette transmission apaisée, est plutôt le fait de la 3e génération".

Mais pour ceux qui ont vécu Bias, urgence il y a, avant d'être oubliés, une dernière fois. "Dans le pays, on n'est plus que 5-6.000 de la 1ère génération", rappelle M. Badi, du CNLH (Comité national de liaison des harkis). Seul objet de mémoire à Bias, la plaque sur la stèle a été vandalisée le week-end dernier, brisée en morceaux. Encore un coup pour l'oubli.
afp


 

https://www.franceculture.fr/emissions/politique/refoule-colonial-leternel-retour

Refoulé colonial : l’éternel retour

Politique ! par Hervé Gardette le samedi de 12h00 à 12h30 22/09/2018

En reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans la mort de Maurice Audin et la torture en Algérie, Emmanuel Macron rompt avec des décennies de silence officiel sur les crimes de la colonisation. Comment ce passé colonial pèse-t-il aujourd’hui encore sur la vie politique française ?

 


Le retour du refoulé colonial
Le retour du refoulé colonial• Crédits : Sébastien Jarry - Maxppp

Le geste est fort, spectaculaire. La semaine dernière, Emmanuel Macron rend visite à Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, militant communiste disparu en Algérie en juin 1957. Le chef de l’Etat admet ce que les historiens ont déjà établi depuis longtemps : Maurice Audin a été enlevé, séquestré, torturé puis éliminé. Mais il va encore plus loin en reconnaissant que pendant la guerre d’Algérie, la torture a été érigée en système.

Si elle "n’a pas cessé d’être un crime au regard de la loi", explique Emmanuel Macron, "elle s’est développée parce qu’elle restait impunie". Cette prise de position officielle marque une nouvelle étape dans la confrontation de la République à son passé colonial.  Confrontation tardive : il a par exemple fallu attendre 1999 pour que l’Assemblée nationale reconnaisse que c’est bien une guerre qui avait eu lieu en Algérie.

Un grand nombre de nos concitoyens ont pourtant un lien direct avec ce passé : rapatriés, harkis, anciens appelés du contingent, immigrés et enfants d’immigrés d’Afrique du nord et d’Afrique noire. Mais au nom d’une certaine idée de la paix civile, la question de la colonisation a fini par être mise de côté, quitte à resurgir parfois de manière brutale.


 

https://www.tsa-algerie.com/comment-les-contentieux-lies-a-la-colonisation-continuent-de-peser-sur-la-relation-entre-lalgerie-et-la-france/

Comment les contentieux liés à la colonisation continuent de peser sur la relation entre l'Algérie et la France — TSA

Par: Fayçal Métaoui 22 Sept. 2018 à 13:01

La loi de février 2005 sur « les bienfaits de la colonisation » a provoqué la mort du projet du Traité d’amitié entre l’Algérie et la France, révèle Bernard Bajolet, ancien ambassadeur de France en Algérie et ancien patron de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure).

Résultat de recherche d'images pour 'bernard bajolet'  Bernard Bajolet, ancien ambassadeur de France en Algérie

« Pas de quoi fouetter un chat! », me dirait après coup Chirac, qui pourtant avait fait abroger cette disposition l’année suivante. Mais trop tard : cet incident servit de prétexte à l’enterrement du projet de traité d’amitié envisagé à un moment. Prétexte, car le pouvoir algérien n’était pas mûr pour établir une relation aussi ambitieuse avec la France. Je tirais un enseignement de cet épisode : pour assainir les relations entre les deux pays, il fallait tourner résolument la page du passé, non pas en l’occultant, mais en l’assumant, dans la dignité, c’est à dire en reconnaissant les faits. En ôtant cette épine du pied des relations entre les deux pays, celles-ci pourraient prendre un cours plus serein », conseille-t-il dans un nouveau livre, «Le soleil ne se lève plus à l’Est, mémoires d’Orient d’un ambassadeur peu diplomate », paru cette semaine aux éditions Plon à Paris.

Selon lui, la loi controversée a été voté par « une poignée de parlementaires noctambules ».
« Tragédie inexcusable »

Il rappelle le geste de son prédécesseur Hubert Colin de Verdière qui avait qualifié, en février 2005, de « tragédie inexcusable » les massacres de mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata. « Inexcusable, car on ne pouvait pas trouver de circonstances atténuantes à ses auteurs (les colons et l’administration coloniale). Mais comme elle était inexcusable, il n’y avait pas lieu de présenter des excuses. Subtil chef d’œuvre d’un diplomate expérimenté ! », souligne-t-il. Il revient sur son déplacement à l’université de Guelma où il avait évoqué « les épouvantables massacres de 1945 » et ajouté que « le temps de la dénégation était terminé ». Il révèle n’avoir pas demandé l’accord « des autorités parisiennes » pour une telle initiative se contentant de les informer du déplacement et de la signification qu’il entendait lui donner.

Sur place, il s’est recueilli devant le monument érigé à la mémoire des victimes algériennes et sur les tombes d’européens « dont le massacre par les algériens avait déclenché la terrible répression coloniale ». «Les autorités locales ne s’opposèrent pas à ma demande. Bien plus : elles m’accompagnèrent au cimetière européen. Ce travail de mémoire doit en effet être bilatéral. Pour le moment, c’est l’ancienne puissance coloniale qui a fait l’essentiel du chemin, et c’est normal. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire du côté algérien. La France donne accès, désormais, à la quasi-totalité des archives de la période coloniale (tout en refusant de céder les originaux, car il s’agit « d’archives de souveraineté »). Il reste à l’Algérie d’ouvrir celles du FLN. D’autre part, s’il convient de dénoncer les injustices du système colonial, il ne faut pas donner à croire que l’histoire franco-algérienne a commencé en 1830. Il y aussi un avant. C’est la raison pour laquelle j’avais, pour ma part, émis des réserves quant à la restitution à l’Algérie d’un canon, appelé par les Algériens « Baba Merzoug » et pour nous « La Consulaire » », dit-il.

« Les gestes diplomatiques sans contrepartie sont aussitôt oubliés »

Il écrit que Baba Merzoug a été fondu, « semble-t-il », par les Vénitiens pour le Dey d’Alger avec une portée de 4800 mètres ( d’une longueur de 7 mètres, Baba Merzoug a été en fait conçu à Diar El Nhès, à la Casbah à Alger, en 1542 par un fondeur Vénitien à la demande de Pacha Hassan pour protéger la côte d’Alger). « Son rôle était d’éloigner les flottes européennes qui tentaient de reprendre les matelots réduits en esclavage (par les ottomans).

En 1683, alors que l’amiral Duquesne menaçait Alger, le canon servit à exécuter le consul, Jean Le Vacher, d’où le nom qu’il reçut. En 1830, l’amiral Duperré saisit le canon et l’expédia à Brest (…) L’épisode du malheureux Le Vacher n’excuse aucunement la colonisation ni les souffrances qu’elle a causé. Mais il témoigne qu’il y a une histoire antérieure qu’il n’y a aucune raison d’occulter. Une restitution pure et simple n’avait pas lieu d’être pour moi. L’expérience tend d’ailleurs à démontrer que les gestes diplomatiques sans contrepartie sont aussitôt oubliés. Ils ne sont pas appréciés à leur juste valeur, puisqu’ils n’ont rien coûté », proclame-t-il.

Bajolet ajoute qu’il a fait valoir « ces arguments » auprès des présidents Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande pour que Baba Merzoug ne soit pas restitué à l’Algérie (l’Algérie a officiellement demandé la restitution de Baba Merzoug en juillet 2012). « Les Algériens n’ignoraient pas ma position sur cette affaire symbolique, pour la simple raison que je ne la leur avais pas cachée. Lorsque je me rendis pour la première fois à Alger en ma qualité de patron de la DGSE, un de mes homologues algériens m’offrit un livre – d’ailleurs assez objectif- sur le fameux canon », se souvient-il.

« Un blocage vis-à-vis des harkis »

Bajolet souligne que les Algériens reçoivent « avec égard » les pieds noirs qui reviennent voir les lieux où ils ont vécu, « et même les anciens appelés du contingent ». « Ils entretiennent, dans la mesure de leurs moyens, les cimetières français, que j’avais dû faire regrouper.

En revanche, un blocage existe toujours vis-à-vis des harkis et de leurs descendants, dont les autorités ne veulent pas entendre parler.

Leur abandon par la France en 1962 est à mes yeux une grande honte, dont je me souviendrais en Afghanistan, même si la comparaison entre les harkis et les interprètes utilisés par nos armées a ses limites », écrit-il.

Des médias français ont rapporté que l’armée française a abandonné les interprètes afghans après son début de retrait en 2012 (ces auxiliaires sont considérés par les Taliban comme des traîtres). Selon l’ancien ambassadeur à Alger, les algériens auraient tendance à attribuer « leurs retards et leurs échecs » à la France coloniale. « La question de la mémoire restait aussi vivace à l’époque Boumediène. Il y avait à cela deux raisons : le groupe au pouvoir avait le sentiment que la France n’était pas allée au bout du chemin; il avait besoin, pour conforter sa légitimité discutable, de continuer à s’appuyer sur la geste fondatrice du FLN. De façon paradoxale, j’étais, lors de mon retour en Algérie (en 2006), plus enclin à l’indulgence vis-à-vis de ce rappel des responsabilités coloniales que je ne l’étais trente ans plutôt », confie-t-il.

Conception absolue de la colonisation

L’ambassadeur a nuancé sa position après avoir lu des textes de Alexis de Tocqueville qui, dans un rapport au Parlement en 1847, recommandait au gouvernement français d’éviter l’ émergence « de quelque pouvoir algérien que ce fût, y compris celui qui commençait à s’esquisser autour d’Abdelkader ». « L’homme de la démocratie en Amérique (un ouvrage célèbre de Tocqueville) n’était pas celui de la démocratie en Algérie.

Dans sa colonie nord-africaine, la France décida d’exercer toutes les responsabilités et n’en délégua aucune aux « indigènes ». De ce fait, lorsque l’Algérie devint indépendante, la France se retira avec toute l’administration qu’elle avait mise en place. Les nouvelles autorités, qui n’en avaient aucune expérience, ne purent s’appuyer que sur une culture et des structures qui leur avaient réussi pour mener leur guérilla contre la France, mais ne convenaient pas pour diriger un État », détaille-t-il.

Il estime que les difficultés rencontrées par les autorités algériennes, après 1962, trouvaient en partie leur origine dans « un conception absolue de la colonisation de la part de la France ».


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