- Revue de presse N° 53
- 2018 - {2003- 2018 - 15ème année}
- Articles du 22 février 2018

https://www.lopinion.fr/edition/politique/pisani-ferry-haim-tessandier-dutreil-lepage-bigorgne-soldats-perdus-143776


Pisani-Ferry, Haïm, Tessandier, Dutreil, Lepage, Bigorgne... Les soldats perdus de la Macronie


Nathalie SegaunesNathalie Segaunes  22 Février 2018 à 06h00

Au cœur de la campagne de Macron il y a un an, certaines personnalités ont disparu des écrans depuis son élection. Un phénomène assez inédit, les présidents précédents ayant pris soin de récompenser leurs soutiens

Pisani-Ferry, Haïm, Tessandier, Dutreil, Lepage, Bigorgne... Les soldats perdus de la Macronie
© Kak

Il y a un an jeudi, le candidat Macron présentait le chiffrage de son programme présidentiel, élaboré par l’économiste Jean Pisani-Ferry qui venait de le rejoindre. Il était alors entouré de l’ex-ministre chiraquienne Corinne Lepage ou de la journaliste Laurence Haïm. Revue des troupes, un an et une victoire plus tard.

      
Laurence Haïm, Laurent Bigorgne, Corinne Lepage, Jean Pisani-Ferry

Ils étaient au cœur de la campagne d’Emmanuel Macron. Parti seul à la conquête du pouvoir suprême, le candidat « et de droite et de gauche » en avait séduit certains, avait vu d’autres le rejoindre sans leur avoir fait le moindre appel du pied. En tout cas, il n’a pas fait la fine bouche lorsque se sont agrégés autour de lui, au fil des semaines, ces anciens députés, ex-ministres, hauts fonctionnaires, journalistes ou start-uppers venus de la droite, de la gauche ou du centre, de l’administration ou de la société civile, prêts à l’aider dans son ascension, et dont les noms s’égrainaient chaque jour dans la presse, déstabilisant ses adversaires. Ainsi l’économiste de haut vol Jean Pisani-Ferry, nommé commissaire général de France Stratégie par François Hollande en 2013, fut-il considéré à l’époque, dans l’équipe de campagne, comme une prise de guerre !


Neuf mois après la victoire, pourtant, beaucoup ont disparu du paysage macronien. Non pas que l’actuel Président soit plus ingrat qu’un autre. « Mais les places sont rares, malgré tout, quand les exécutifs sont aussi resserrés », souligne un parlementaire de La République en marche (LREM). Ainsi, parmi les députés PS ayant rejoint Emmanuel Macron, seuls Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, Richard Ferrand, patron des députés macronistes, et Christophe Castaner, ministre et délégué général de LREM, occupent aujourd’hui des responsabilités de premier plan.
Parmi les anciens ministres ayant participé à sa campagne, les chiraquiennes Corinne Lepage ou Anne-Marie Idrac sont retournées à leurs activités sans que rien leur soit proposé. « Pour un Président qui voulait donner l’image du renouvellement, certains n’étaient pas dans le casting », note cruellement un jeune député macroniste.


En matière de distribution des postes, Emmanuel Macron ne cherche pas à récompenser une fidélité, encore moins à faire plaisir. Il place les hommes et les femmes là où ils peuvent lui être utiles. « Il est très dur et connaît très bien les hommes, leur vanité et leurs faiblesses », assure l’un de ses proches. Et ne s’interdit pas de les blesser, si besoin.


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 23 février 2018

Dans le sillon de violence creusé par les colons blancs en Afrique

Joël Michel retrace l’histoire de ces Européens qui ont tenté de faire souche, d’Algérie en Afrique du Sud, au détriment des populations locales

ANDRÉ LOEZ

Voici un livre qui fait sentir avec force les contradictions de la colonisation européenne en Afrique. Et d’abord le contraste entre l’ampleur supposée de la mainmise coloniale, ces vastes plages de couleur bleue, rose ou jaune fièrement affichées sur les cartes du siècle dernier, et la réalité ténue, ambiguë, des rares groupes d’agriculteurs européens installés dans la durée sur le continent africain. Par une démarche comparative très bienvenue, Joël Michel place en regard différentes « îles blanches » aux dimensions réduites, établies, pour l’essentiel, par les Français en Algérie, les Britanniques et les Boers sur les hauts plateaux d’Afrique australe, les Portugais en Angola, les Italiens en Libye.

 

Dans un contexte d’« européanisation du monde» qui voit aussi l’essor des grandes migrations transatlantiques, des colons, peu nombreux, « pauvres bougres » généralement, s’y installent au cours du XIXe siècle, avant même la grande phase de compétition impériale des années 1880-1914, et s’y approprient le sol.

Cette dimension agraire est la clé de l’étude, suivant une conception de la colonisation que l’auteur fait dériver de celles des Grecs ou des Romains dans l’Antiquité. Loin des côtes, loin des vitrines urbaines des empires, les colons qu’il étudie sont avant tout des paysans, des fermiers - les settlers, très étudiés dans l’historiographie anglophone de ces dernières années.

L’ouvrage analyse donc finement leur emprise sur la terre, permise par une spoliation des populations locales plus ou moins maquillée de formes juridiques et qui a pour corollaire leur mise au travail forcé.

« L’omniprésence du fouet »

La contradiction fondamentale réside, bien entendu, dans le rapport de ces colons blancs aux indigènes qu’ils nient autant qu’ils les exploitent, dans un «épuisant refus de l’Autre» émaillé de violences. Le « darwinisme fruste et spontané » des Britanniques au Kenya, « l'omniprésence du fouet » sur les fermes des Boers, l’arbitraire juridique envers les musulmans d'Algérie restent des réalités, tard dans le XXe siècle.
Dans son chapitre le plus stimulant, l’auteur analyse le paradoxe des structures politiques soutenant le pouvoir des colons, caractérisées comme « herrenvolk democracy », « régime égalitaire pour la race des maîtres mais tyrannique pour les groupes subordonnés», dont l’apartheid sud-africain est la traduction la plus sordide et la plus tenace, avec son corollaire de ségrégation spatiale, jusqu’au début des années 1990.

A cette date, le projet d’une colonisation agraire des Européens en Afrique est depuis longtemps condamné; il l’était bien avant que, d’Oran à Luanda, les colons, enfermés dans leurs illusions, n’aient été capables de le comprendre.

Restituant leur vision du monde, l’auteur n’échappe pas toujours à ses propres contradictions dans l’écriture de leur histoire : nourrie des plus récentes recherches et d’un véritable recul sur les formes de domination, elle souffre par endroits de simplifications (« le » colon, « le » Boer, au singulier, sont des généralisations fréquentes) et d’un recours ambivalent au vocabulaire de l’aventure si prégnant dans l’imaginaire colonial, lorsque sont évoqués le «défi», Y« épopée » ou la mise en valeur « vigoureuse » de la terre. Ces termes reviennent si souvent que le lecteur ne parvient pas toujours à savoir dans quel horizon temporel on se situe, dans l’après d’une parenthèse condamnée, ou dans l’espoir d’une aventure « hardie ». Une tension qui ne rend la lecture que plus intrigante. ■

; COLONIES DE PEUPLEMENT, i AFRIQUE, XIX'-XX' SIÈCLE,

: de Joël Michel,

: CNRS éditions, 418 p., 25 €.


 http://dia-algerie.com/depute-fn-soppose-a-lindemnisation-victimes-algeriennes-de-guerre-dalgerie/

Un député FN s’oppose à l’indemnisation des victimes algériennes de la guerre d’Algérie

22 février 2018 22:58

DIA-21 février 2018: Une semaine après la décision du Conseil constitutionnel Français d’étendre le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la guerre de libération algérienne à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans le pays, quelle que soit leur nationalité, le Front National, parti français d’extrême droite a réagi à travers une question de son élu à l’Assemblée. 

En effet, c’est le député, vice-président du FN M.Louis Aliot, dans une question écrite adressée au ministre français des armées mardi le 20 février, qui a accusé l’Algérie de détenir des otages français en citant une interview du défunt président algérien Houari Boumediène : « Le 26 janvier 1971, le président de la République algérienne reconnaît dans le journal L’Éclair que son État détient un grand nombre d’otages français. Il (Houari Boumediène, NDLR) indique en outre dans cette même interview : « pour obtenir la libération de ces otages, il faudra y mettre le prix » » a t-il écrit.
M. Louis Aliot qui est en même temps compagnon de la présidente du FN, Marine Le Pen qualifie ladite décision du Conseil Constitutionnel d’une « nouvelle blessure sur des plaies encore béantes, puisqu’il s’agit pour eux d’indemniser leurs propres bourreaux.». Il revendique dans sa question écrite « le principe de réciprocité » et se demande si l’Etat Algérien va « indemniser les blessés et les ayants droits des disparus et des morts à compter du 5 juillet 1962 ? ».

Le vice-président du Front National ira jusqu’à énuméré  les présumés disparus et victimes françaises de la guerre de libération algérienne :« À ce jour, selon certains experts et les services de l’État, les disparus civils peuvent être estimés jusqu’à près de 3 000 citoyens français dont près de 2 300 après la signature des accords d’Évian.» et oubliant le million et demi de martyrs et de disparus. 

Sachant que la décision du Conseil constitutionnel s’étend aux ayants droits des victimes et des blessés non français, le député demande également à la ministre d’indiquer à la représentation nationale, l’estimation du coût sur le budget de l’État de cette décision.

Louis Aliot s’en prend à la jeunesse maghrébine

Le même député extrémiste s’est exprimé dans l’émission “Bourdin Direct”,  le vice-président du Font National et député des Pyrénées Orientales Louis Aliot a accusé l’Algérie, le Maroc et la Tunisie “de laisser crever leur jeunesse”.  Avant de  fustiger ces trois pays du Maghreb,  Louis Aliot  a commencé par poser  une question à Bourdin:  “Est ce que vous savez, aujourd’hui, quels sont les pays qui nous envoient le plus d’immigration?”   Louis Aliot répond aussitôt:  “Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie  “C’est quand même extraordinaire, trois anciennes colonies françaises dont une a voulu l’indépendance et qui aujourd’hui se fait professionnelle de la migration. Que ces gens-là s’occupent de leurs pays! Ils ont des richesses incroyables! Ils ont du pétrole, ils ont du gaz!Ils sont en train de faire crever leur jeunesse et en plus maintenant, ils nous envoient de l’immigration”. Des propos démagos venant un élu du peuple français oubliant au passage que c’est grâce à l’immigration que la France a été bâtie durant les années 70 et 80. 

Amir Hani


https://observalgerie.com/actualite-algerie/politique/parlement-francais-lalgerie-indemniser-victimes-francaises/

France: Le Front National s’attaque à l’Algérie

Par khaled Bel 21 février 2018 à 17:16

La décision du Conseil constitutionnel Français d’étendre le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la guerre de libération algérienne à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans le pays, quelle que soit leur nationalité, a fait réagir le parti de l’extrême droite française, le Front National (FN).

En effet, le député, vice-président du FN et compagnon de sa présidente Marine Le Pen, M. Louis Aliot, dans une question écrite adressée au ministre français des armées Mardi le 20 février, a même accusé l’Algérie de détenir des otages français en citant une interview du défunt président algérien Houari Boumediène : « Le 26 janvier 1971, le président de la République algérienne reconnaît dans le journal L’Éclair que son État détient un grand nombre d’otages français. Il (Houari Boumediène, NDLR) indique en outre dans cette même interview : « pour obtenir la libération de ces otages, il faudra y mettre le prix » » a t-il écrit.

M. Louis Aliot qualifie ladite décision du Conseil Constitutionnel d’une « nouvelle blessure sur des plaies encore béantes, puisqu’il s’agit pour eux d’indemniser leurs propres bourreaux.». Il revendique dans sa question écrite « le principe de réciprocité » et se demande si l’Etat Algérien va « indemniser les blessés et les ayants droits des disparus et des morts à compter du 5 juillet 1962 ? ».

Le vice-président du Front National a argumenté sa question sur les présumés disparus et victimes françaises de la guerre de libération algérienne :« À ce jour, selon certains experts et les services de l’État, les disparus civils peuvent être estimés jusqu’à près de 3 000 citoyens français dont près de 2 300 après la signature des accords d’Évian.».

M. Louis Aliot souhaite savoir quels moyens le Gouvernement français compte mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi. Sachant que la décision du Conseil constitutionnel s’étend aux ayants droits des victimes et des blessés non français, il lui demande également d’indiquer à la représentation nationale, l’estimation du coût sur le budget de l’État de cette décision.


https://www.marianne.net/culture/les-vacanciers-sur-la-plage-de-la-mort-programmee

Les vacanciers sur la plage de la mort programmée

par Jack DionDirecteur adjoint de la rédaction

Publié le 21/02/2018 à 16:16

C’est une pièce que les moins de vingt ans peuvent considérer avec une certaine distance et les plus de soixante ans avec une douleur certaine. Elle s’appelle Poussière, signée du dramaturge suédois Lars Norén, lui-même soixante-dix ans au compteur, et qui aime à regarder les choses en face, sans chichi ni faux semblant.

La poussière, c’est celle qui nous attend, celle que nous allons devenir, celle que nous sommes en puissance depuis le jour de notre naissance. Ils sont dix sur scène. Dix aussi différents que le sont des êtres humains. Dix à se retrouver dans cette résidence de bord de mer, lieu paumé où ils sont venus se reposer, comme d’habitude, avec l’enthousiasme d’une bête en route pour l’abattoir. Dix à échanger d’apparentes banalités sur les choses de la vie, et surtout celles de la mort. Dix à se préparer au départ pour retourner chez soi en attendant le grand départ, celui d’où l’on ne reviendra pas. Dix mortels qui ne se remettent pas de l’être.

Des dix, on ne saura rien. On ne connaîtra même pas leur nom, vu qu’ils sont juste affublés d’une lettre de l’alphabet, de A à J. La seule personne à bénéficier d’un prénom est une jeune handicapée, Marilyn (étonnante Françoise Gillard), comme si elle incarnait autre chose que ces âmes en peine, errantes en bord de plage, là où arrivent d’autres corps en dérive, baptisés des migrants.

A l’instar d’une pièce de Beckett, le spectacle se résume aux échanges de ces esprits en perdition, de ces êtres qui arrivent au bout du bout, qui le savent, et qui ne s’en remettent pas. Ainsi résumé, on pourrait craindre l’ennui, ou la répétition. Ce serait oublier qu’on est dans une pièce écrite par Lars Noren, mise en scène par ce même Lars Noren, lequel s’est entouré pour la circonstance des acteurs de la Comédie Française, subjugués par l’enjeu existentiel du propos. Cela change tout.

On assiste, médusé, à une danse verbale au bord d’un volcan. Chacun écrit sa partition à la diable, comme un cri de désespoir lancé à la face du monde. Les corps bougent à peine, les phrases sont brèves, les formules ciselées ou assénées, c’est selon.

Les uns geignent, d’autres protestent. Un troisième est incapable de se contrôler, allant jusqu’à verser dans un étalage pervers. Une femme lit et relit un journal d’octobre 1961, date du massacre des Algériens qu’on jetait à la Seine à Paris, en pleine guerre d’Algérie, comme si sa vie s’était arrêtée en cette époque maudite. A quelqu’un qui parle d’oubli, une voix lance : « Si seulement on pouvait s’oublier soi-même ».

*Poussière, de et mis en scène par Lars Norén. Comédie Française jusqu’au 16 juin.


https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/jacques-verges-etait-considere-comme-un-algerien,92446

« Jacques Vergès était considéré comme un Algérien »


Entretien avec Abdallah Zekri


Manuel Marchal / 22 février 2018


Délégué général du Conseil français du culte musulman, Abdallah Zekri fait partie de la délégation du CFCM en visite dans notre île. La Réunion n’est pas tout à fait inconnue pour Abdallah Zekri, car il a rencontré à plusieurs reprises une des personnes qui a fait le lien entre les peuples réunionnais et algériens, Jacques Vergès. Il se déplace toujours avec une photo sur laquelle il se tient aux côtés de l’avocat réunionnais.

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Jacques Vergès et Abdallah Zekri.

Abdallah Zekri a connu Jacques Vergès car il était l’avocat d’Abderrhamane Méziane, ancien ministre de l’Intérieur de l’Algérie. Abderrhamane Meziane était un combattant du FLN en France. Il a été capturé et il était le plus jeune condamné à mort algérien de la guerre. Il a échappé à la guillotine suite à une grâce présidentielle.
Après l’indépendance, Abderrhamane Meziane est resté en contact avec Jacques Vergès. La première rencontre de Jacques Vergès et Abdallah Zekri eut lieu à Albi lors du procès des parachutistes qui avaient assassiné un jeune Algérien, Bouchiba, à Castres en 82. Jacques Vergès avait été sollicité pour défendre les intérêts de la partie civile par le gouvernement algérien. Abdallah Zekri était alors responsable régional de l’amicale des Algériens. Il avait pour mission d’accueillir et d’assister Jacques Vergès lors du procès d’Assises.
« Par la suite, on s’est perdu de vue. L’arrivée d’Abderrhamane Méziane comme consul général à Paris a permis de renouer avec Jacques Vergès, car il dinait presque tous les soirs avec Méziane ». Lors de ces rencontres, Abdallah Zekri souligne qu’il était souvent question de l’Algérie. « Jacques Vergès était toujours resté attaché à l’Algérie. C’était quelqu’un d’une très grande clairvoyance, d’une grande intelligence. J’ai eu plaisir à le rencontrer », souligne-t-il.

 DR archives RPweb

Jacques Verges & Michel Zavrian, défenseurs d’algériens du F.L.N Had & Seek refugiés à Genève le 21 février 1960.

Abdallah Zekri rappelle que « Jacques Vergès a une image très favorable en Algérie, parce qu’il a été un défenseur acharné des Algériens pendant la guerre ». Il précise qu’ « en dehors de sa profession d’avocat, Jacques Vergès avait pour l’Algérie un grand amour, il a rencontré les différents présidents algériens qui se sont succédé au pouvoir ».
Abdallah Zekri ajoute également que Jacques Vergès était resté en lien avec des avocats algériens, notamment Me Benabdallah, Me Brahimi. Il avait gardé le contact avec le Collectif des avocats du FLN. Il se rendait également en Algérie pour échanger avec des jeunes avocats. À Paris, Abderrhamane Meziane lui a fait rencontrer des confrères algériens du barreau parisien.
« Jacques Vergès était considéré comme un Algérien, par rapport à ce qu’il a fait pour la défense d’un idéal, l’indépendance de l’Algérie ». Un engagement qu’il maintint constamment, malgré les menaces de mort.
M.M.


https://www.ladepeche.fr/article/2018/02/22/2747351-une-delegation-pour-l-identite-pied-noir.html

Publié le 22/02/2018 à 08:33

Une délégation pour l'identité pied-noir


Le mouvement cherche à faire perdurer l'identité pied-noir./ DDM AV
Le mouvement cherche à faire perdurer l'identité pied-noir./ DDM AV

Hier mercredi, le mouvement « Avenir du Peuple Pied-Noir » (APPN) rendait officielle sa délégation toulousaine, qui sera dirigée par Josette Lentini (voir photo).
L'association se donne pour but principal la transmission aux jeunes, pour la fair eperdurer, de l'identité pied-noir. « L'idée est que notre peuple devienne éternel, que les générations futures s'en emparent et le fassent vivre parmi les autres peuples du monde », explique Christian Schembré, président de l'association. « L'arrivée de populations européennes en Afrique du Nord en 1830 marque la constitution d'un peuple : les pieds-noirs en forment un au même titre que les Bretons, les Corses, les Basques ou les Catalans.


Nous sommes cinq millions de pieds-noirs », continue-t-il. Le mouvement APPN compte déjà une soixantaine de délégations en France mais également en Suisse, en Allemagne et dans les pays du Sud de l'Europe.


Il existe même une antenne en Argentine ! Concrètement, à Toulouse, la délégation cherchera «à fédérer les associations locales et à réunir régulièrement les pieds-noirs du grand Toulouse. La vérité historique, et la reconnaissance du peuple par l'ONU, sont aussi nos souhaits», explique Josette Lentini. « Mais il n'y pas d'esprit revanchard ! On veut qu'un jeune puisse dire aujourd'hui qu'il est pied-noir, plutôt que petit-fils de pied-noir ».


http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20180221/134565.html

Aménagement urbain : une nouvelle démarche pour des villes intégrées

21/02/2018 - 11:23

Comment réhabiliter nos villes ?
Si l’Algérie déploie beaucoup d’efforts pour régler la bataille contre la crise du logement, le défi de la qualité reste toujours à relever. Dans la perspective de réhabiliter l’espace urbain existant et afin de recadrer la stratégie de construction dans la perspective de bâtir de nouvelles villes intégrée, «le ministère de l’habitat mis en œuvre une nouvelle feuille de route», affirme Malika Maameri, directrice de la Politique de la Ville au Ministère de l'habitat, de l'urbanisme et de la Ville.

Lors de son passage dans l’émission l’Invité de la rédaction de la radio Chaine 3, M. Maameri est revenue sur les causes de la dégradation du tissu urbain. Selon elle, l’urbanisation accélérée qu’a connue le pays depuis l’indépendance a produit « une répartition déséquilibrée de la population», avec «70% des algériens qui vivent, aujourd’hui, dans les villes, alors qu’en 1962 cette population urbaine ne dépassait pas les 3,8% ».

Cette « urbanisation accélérée » a engendré, également, une progression anarchique « de nouveaux noyaux urbains ».

Ainsi, l’Algérie qui disposait, en 1962, de 95 agglomérations urbaines, se constitue, aujourd’hui, de 751 agglomérations urbaines, dont 90% sont située au nord.

A quoi s’ajoute l’exode rural, notamment celle connue durant la décennie noire, avec son lot de bidonvilles qui ont donné une image défigurée de la ville.

   DR archives RPweb

Pour y remédier, le ministre de l’habitat compte se déployer sur plusieurs plans. Détaillant cette "feuille de route", l’invitée de la Chaine 3 évoque, entre autres «le maintient de la production intensive de logements avec une diversification des segments de l’offre, la poursuite de l’éradication des bidonvilles et la réhabilitation de l’habitat précaire à travers des opérations de relogement et, enfin, le maintien de la population rurale par l’aide de l’Etat et la dotation de ces zones enclavées de moyens et d’équipements permettant d’améliorer leur niveau de vie».


https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/une-place-du-19-mars-1962


Une place du 19-Mars-1962


Publié le 22/02/2018 à 04:55 | Mis à jour le 22/02/2018 à 04:55
Le 19 mars mars prochain, la place jouxtant la salle des fêtes sera nommée pour rendre hommage à ceux qui ont combattu en Algérie, « Place du 19-Mars-1962 » (date des accords d’Evian qui ont mis fin à la guerre d’Algérie qui avait commencé en 1954). Participeront à cette manifestation, ouverte à tous, organisée par la municipalité et la section communale des AC-CATM, le président du conseil départemental, le député de la circonscription, de nombreuses autorités civiles et militaires, des représentations d’anciens combattants.

Parmi les jeunes de Queaux qui ont participé à ces combats, deux sont décédés en Algérie Jacques Bugeaud et Camille Venin. Pour faire vivre la mémoire de cette guerre, la municipalité lance un appel « à tous ceux qui ont des documents (photos, articles de presse, témoignages…) de les déposer en mairie à titre provisoire ». Cette place rendra également hommage aux combattants du Maroc et de la Tunisie.

Au programme : le jeudi 15 ou le vendredi 16 mars à la bibliothèque municipale, un après-midi témoignages est prévu avec Hubert Mairine qui vient d’écrire un livre sur cette guerre. Lundi 19 mars, rendez-vous à 18 h salle de la mairie, défilé et hommage au monument aux morts, inaugauration de la place, pot convivial à la salle des fêtes.

Renseignements : Mairie de Queaux au 05.49.48.48.08.


https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/le-francais-petit-negre-une-construction-de-larmee-coloniale

Le français “petit-nègre”, une construction de l'armée coloniale française
21.02.2018 Par Pierre Ropert


Le langage “petit-nègre”, celui de “Y'a bon Banania” ou des dialogues de “Tintin au Congo”, était une sorte de français approximatif parlé par les peuples colonisés. Ce langage, maintenant largement perçu comme raciste, a été instauré par l’armée coloniale française.

Des tirailleurs sénégalais, sur une carte postale légendée : 'La guerre de 1914 : Les troupes noires qui enfoncèrent la Garde prussienne'
Des tirailleurs sénégalais, sur une carte postale légendée : "La guerre de 1914 : Les troupes noires qui enfoncèrent la Garde prussienne"

Son occurrence la plus célèbre a longtemps été affichée sur une boîte de chocolat en poudre : le slogan “Y'a bon Banania” est la représentation la plus connue du français “petit-nègre”. Ce terme indique une manière de parler approximative, faute d’une connaissance de la langue, des Noirs des colonies françaises en Afrique. A lire Tintin au Congo, ou des oeuvres de l’époque coloniale, on pourrait croire, sans se fourvoyer sur l’aspect intrinsèquement raciste de ces représentations, que le français "petit-nègre" résultait réellement d’une bonne volonté d’apprendre la langue française, restée imparfaite, alors même qu'il s’agit en réalité d’une construction de l’empire colonial français. “Le terme apparaît à la fin du XIXe siècle et indique une double disqualification : il s’agit de parler français comme un “nègre” (= mal) et comme un "enfant" (=mal). C'est un rapprochement raciste commun (les Noirs sont des enfants)”, explique à ce sujet Laélia Véron, docteure en langue française et enseignante en linguistique à l’université du Mans. 


Du français petit-nègre au français tirailleur

Les tirailleurs sénégalais de l'escorte de l'expédition. Gravure de Tofani, pour illustrer le récit de l'Exploration au Haut Niger, par le commandant Gallieni en 1880-1881.
Les tirailleurs sénégalais de l'escorte de l'expédition. Gravure de Tofani, pour illustrer le récit de l'Exploration au Haut Niger, par le commandant Gallieni en 1880-1881.• Crédits : LeemageAFP

Dans un ouvrage publié en 1904, Maurice Delafosse, administrateur colonial et linguiste, publie la première description linguistique du “petit-nègre”, qu’il qualifie également de “français tirailleur”, en référence aux tirailleurs sénégalais, dont il serait, selon lui, le jargon. Il le décrit comme une “simplification naturelle et rationnelle de notre langue si compliquée”. Dans cette publication, Maurice Delafosse fait la description syntaxique du "petit-nègre".
Comment voudrait-on qu’un Noir, dont la langue est d’une simplicité rudimentaire et d’une logique presque toujours absolue, assimile rapidement un idiome aussi raffiné et illogique que le nôtre ? C’est bel et bien le Noir - ou, d’une manière plus générale, le primitif - qui a forgé le petit-nègre, en adaptant le français à son état d’esprit.
Il détaille alors, en une vingtaine de lignes, les règles du français "petit-nègre", parmi lesquelles l’emploi des verbes à leur forme la plus simple - l’infinitif - ou la suppression des distinctions de genre et nombre. Surtout, il estime que pour se “faire comprendre vite et bien, il nous faut parler aux Noirs en nous mettant à leur portée, c’est-à-dire leur parler petit-nègre.” 
Le petit-nègre : un enseignement de l’armée 
Dès 1815, la France conquiert de nombreuses colonies, dans ce qui sera nommé le second empire colonial français. Au Sénégal, Louis Faidherbe est nommé gouverneur en 1854 et les premières unités permanentes de soldats africains, nommés tirailleurs sénégalais, sont créées dès 1857. Un demi-siècle plus tard, l’effectif maintenu en Afrique occidentale française avoisine les 12 000 hommes. “Peu avant la guerre, le général Mangin, qui publie en 1910 son ouvrage célèbre ‘La Force noire’, développe un projet d’armée noire propre à s’engager dans les conflits extérieurs et on décide la création d’une "réserve indigène" dans chaque colonie prête à répondre à l’urgence”, rappelle la linguiste Cécile Van Den Avenne, professeure à l’Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle, dans son étude Bambara et français-tirailleur. Une analyse de la politique linguistique au sein de l’armée coloniale française.

Affiche de la 'Journée de l'Armée d'Afrique et des troupes coloniales' pendant la Première Guerre mondiale, à l'exposition 'Vitry ville hôpital 1914-2014'
Affiche de la "Journée de l'Armée d'Afrique et des troupes coloniales" pendant la Première Guerre mondiale, à l'exposition "Vitry ville hôpital 1914-2014"• Crédits : G.Garitan

Dès lors, les campagnes de recrutement au Sénégal, au Niger, en Guinée ou en Côte d’Ivoire, pour ne citer que ces pays, permettent de recruter 167 000 soldats… que l’on qualifie toujours de Sénégalais, quand bien même les dits tirailleurs d’origine sénégalaise sont maintenant minoritaires. La diversité linguistique au sein des bataillons pose cependant problème. Certes, il y a le bambara, un langage véhiculaire parlé du Haut-Sénégal au Soudan (l'actuel Mali) qui domine déjà, mais l'armée française décide d'instaurer le "petit-nègre", alors nommé "français simplifié". Dans un manuel d'enseignement publié en 1916 à destination des officiers français pour mieux communiquer avec leurs tirailleurs, on peut ainsi lire : 
Français standard : La sentinelle doit se placer pour bien voir et se laisser voir.
Français tirailleur : Sentinelle y a besoin chercher bonne place. Ennemi y a pas moyen mirer lui. Lui y a moyen mirer tout secteur pour lui.
"C'est enseigné en même temps qu'est faite l'instruction militaire, précise Cécile Van Den Avenne. On leur apprend à parler en français simplifié tout en leur apprenant le maniement des armes et ce que doit savoir un soldat de l'armée coloniale." Au sein de l'armée, certains pointent du doigt l'incohérence de cet enseignement loin de simplifier la langue, sans trop de succès. 
Un des facteurs qui va amener à enseigner le français classique au lieu du français "petit-nègre" tient aux camps d'hivernage des tirailleurs sénégalais. En hiver, incapables de supporter les températures sur le front, ces derniers sont envoyés sur la Côte-d'Azur, en contact avec la population civile. Là, les tirailleurs sénégalais réalisent que le langage qui leur a été enseigné est une version "ridicule" du français. Une enseignante qui leur apprend le français à cette occasion, Lucie Cousturier, relate ainsi dans Des Inconnus chez moi (1920) les propos de ses élèves : "[Ce langage] c'est français seulement pour les tirailleurs", "c'est des mots trouvés par les Européens pour se foutre des Sénégalais".
Finalement, en 1927, le Règlement provisoire du 7 juillet 1926 pour l'enseignement du français aux militaires indigènes stipule qu’"il est formellement interdit de parler sabir (ou petit-nègre)", qualifiant cet usage d’"errements anciens". Il souligne notamment qu'il est moins difficile de dire : "balaie la chambre" plutôt que "toi y en a balayer la chambre"...
"Ce règlement, qui propose d’enseigner un français simple mais correct, vient prouver a posteriori que ce qui était fait avant était un enseignement qui était une variété simplifiée et déformée", conclut Cécile Van Den Avenne.
Un stéréotype intégré à la culture
Entre-temps cependant, le personnage du tirailleur sénégalais et son fameux mode d'expression ont largement eu le temps d'intégrer la culture française. Il y a évidemment le slogan représenté sur les boîtes de Banania, mais aussi les nombreuses cartes postales qui caricaturent les troupes sénégalaises. 


 Une carte postale, caricaturant les tirailleurs sénégalais en cannibales.
Une carte postale, caricaturant les tirailleurs sénégalais en cannibales. • Crédits :
© Schiffer Publishing

Si tout un pan de la littérature coloniale fait du tirailleur sénégalais un héros, elle n'en oublie pas pour autant de le faire parler en français "petit-nègre". Certains ressorts comiques, comme dans Mahmadou Fofana, de l'écrivain à succès Raymond Escholier, reposent ainsi entièrement sur l'utilisation de ce langage :
- Voyons, questionne Rigal qui cherche son ordonnance, Kouroué n’est pas là ?
- Mon adjudant, répond Mahmadou, lui partir faire cabinet.
Niang sourit avec un peu de gêne ; puis sur le ton de l’indulgence dont on excuse l’inconvenance involontaire commise par un enfant qui emploie certains mots sans en connaître le sens exact :
- Il est allé chier ! rectifie-t-il.
Car s’il excuse la trivialité du langage tirailleur, Niang ne s’exprime jamais, pour sa part, qu’en homme du monde, dans la langue châtiée qu’il a apprise en écoutant simplement causer ses camarades du 3° colonial.
"Ce qui est hallucinant, c’est qu’on a voulu répandre l’idée que ces gens-là parlaient comme ça : on a quand même fait des fausses lettres de tirailleurs dans un français petit-nègre, à des fins idéologiques, raconte la linguiste Laélia Véron. Ça a été très relayé par la littérature coloniale, notamment par des personnes ayant servi dans les colonies, des blancs, qui mettaient en scène des personnages parlant un français petit-nègre, ce que certains appellent les romans Y’a’bon."
Ces stéréotypes s'ancrent durablement dans l'imaginaire collectif. Quand en 1939, Le Petit Robert donne la définition de nègre et cite l'exemple "Moi pas vouloir quitter pays", il cite en réalité la chanson d'Edith Piaf, Le Voyage du pauvre Nègre, de 1939 :  "Moi voulu voir le grand bateau / Qui crach' du feu et march' sur l'eau. / Et sur le pont moi j'ai dormi, / Alors bateau il est parti, / Et capitaine a dit comm' ça : /   "Nègre au charbon il travaill'ra !" / Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil, / Moi pas vouloir quitter pays". 
Le médecin et essayiste antillais Frantz Fanon, auteur de l'ouvrage anticolonialiste Peau noire, masques blancs (1952) fait remarquer que certains médecins accueillent toujours des "indigènes" d'un "Quoi toi y en a ?". Et d'ajouter : "Parler petit-nègre, c’est exprimer cette idée : 'Toi, reste où tu es'" :
Le faire parler petit-nègre, c’est l’attacher à son image, l’engluer, l’emprisonner, victime éternelle d’une essence, d’un apparaître dont il n’est pas le responsable.
Parler un français parfait faute d'inverser le stigmate
"Ce qui est compliqué, contrairement à d’autres langues, c’est qu'il y n'a pas vraiment de stratégie de retournement du stigmate, poursuit Laélia Véron. Il n'y a pas d'appropriation du petit-nègre, il est vraiment trop connoté. La résistance au "petit-nègre" a plutôt consisté à montrer sa maîtrise du français, à parler un français parfait."
Les intellectuels noirs s'illustrent ainsi non pas en tentant de se réapproprier le langage de l'armée coloniale, mais en montrant leur capacité à parler un français parfait. Blaise Diagne, le premier député africain élu à la Chambre des députés français, en 1914, où il sera surnommé "la voix de l'Afrique", est le premier à faire remarquer à ses collègues leurs fautes de français. En 1921, l'écrivain René Maran, Français d'origine guyanaise, publie le roman Batouala en 1921, qui remporte le prix Goncourt la même année, où il met en scène des personnages noirs s'exprimant dans un français impeccable.  


Léopold Sédar Senghor, en 1966.
Léopold Sédar Senghor, en 1966.• Crédits : Bettmann - Getty


En mai 2008, dans l'émission Concordance des temps, Pap Ndiaye, maître de conférences d'histoire à l'EHESS, racontait une célèbre anecdote concernant le premier Président de la République du Sénégal, le poète et écrivain Léopold Sédar Senghor : 
Senghor a raconté comment à son arrivée à Paris, on lui parlait en petit-nègre, lui l’agrégé de grammaire. Il prenait un malin plaisir, lorsqu’on lui demandait telle ou telle information en petit-nègre, à répondre dans le français le plus châtié qui soit.
Avec l'écrivain et poète Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor conceptualisera la négritude, ce courant littéraire et politique qui consiste à se réapproprier les caractéristiques et valeurs culturelles des peuples noirs, langage compris. Dans Poème liminaire (1948), Léopold Sédar Senghor avait exprimé ce besoin de récupérer le langage : 
Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux
Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement.
Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur
Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France.
En 1966, Aimé Césaire s'exprimait longuement sur la condition de l'homme noir au micro de José Pivin. La même année, au Festival mondial des arts nègres de Dakar, tenu sous les auspices de Senghor, Aimé Césaire avait approfondi dans son discours la notion de négritude, apparue dans la littérature Noire :  
Je dirais, à propos de la négritude, que dans la perspective de la réification, le racisme et le colonialisme avaient tenu à transformer le nègre en chose : l'homme noir n'était plus appréhendé par l'homme blanc qu'à travers le prisme déformant des stéréotypes. Car c'est toujours de stéréotypes que vivent les préjugés, et c'est cela le racisme. Le racisme c'est la non-communication, c'est la chosification de l'autre, du nègre ou du juif, c'est la substitution à l'autre de la caricature de l'autre, une caricature à laquelle on donne valeur d'absolu. L'apparition de la littérature de la négritude et de la poésie de la négritude n'ont produit un tel choc que parce qu'elles ont dérangé l'image que l'homme blanc se faisait de l'homme noir. 


https://actu.fr/normandie/havre_76351/alice-zeniter-auteur-originaire-normandie-passage-librairie-havre_15595539.html

Alice Zeniter, auteur originaire de Normandie, de passage à la librairie du Havre

L’auteur originaire de Normandie, Alice Zeniter, sera au Havre, jeudi 22 février 2018, pour présenter son dernier roman, « L'art de perdre», primé par le Goncourt des lycéens 2017.

Publié le 21 Fév 18 à 19:15

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Alice Zeniter retrace le parcours d’une famille de harkis sur plusieurs générations, dans son roman « L’art de perdre ». (©Astrid di Crollalanza/Flammarion)

Jeudi 22 février 2018, l’écrivain Alice Zeniter sera à la librairie La Galerne du Havre (Seine-Maritime) pour parler de son dernier roman, L’art de perdre, édité chez Flammarion, et qui a reçu le Prix Goncourt des lycéens 2017.
Originaire de l’Orne et descendante de harkis, elle déroule dans cet ouvrage le destin d’une famille kabyle, sur plusieurs générations, de la guerre d’Algérie à nos jours.


Héritage familial

De la Kabylie au bocage normand, Alice Zeniter déroule le parcours d’Ali, homme respecté et sage, qui doit quitter son village de Kabylie, pour s’établir dans un immeuble HLM de Basse-Normandie. Viendra ensuite le fils, Hamid, qui rejette cet héritage algérien, puis la petite-fille, Naïma, en quête de son passé.
Est-ce que le « d’où l’on vient » est  forcément la base du « qui l’on est » ? », interroge l’auteur.
Alice Zeniter revient sur le sort réservé aux harkis, rejetés par leur pays d’origine et intégrés difficilement en France et la place que les nouvelles générations accordent à leur héritage familial. Le tout, dans un récit richement documenté.
Infos pratiques :
Jeudi 22 février 2018, à 18h, à La Galerne, 148, rue Victor-Hugo, au Havre.
Entrée libre.
L’art de perdre, éditions Flammarion, 512 pages, 22 euros.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/02/21/en-algerie-toutes-les-familles-ont-une-histoire-d-erreur-medicale-a-raconter_5260300_3212.html

Reportage

En Algérie, « toutes les familles ont une histoire d’erreur médicale à raconter »

Le mouvement des médecins résidents, qui dure depuis novembre 2017, met en lumière le manque de moyens des hôpitaux, dont les patients sont les premières victimes.

Par Zahra Chenaoui (Alger, correspondance)

LE MONDE Le 21.02.2018 à 12h09

Une pluie fine tombe sur Alger. Sous le porche, une poignée d’hommes sont regroupés à l’entrée du service de gynécologie-obstétrique. Une trentaine de femmes patientent, assises sur des bancs de marbre gris. Derrière le comptoir, un agent d’accueil en blouson noir surveille les entrées. « Oui ? Vous êtes venu pour ? » Il désigne alternativement les deux salles d’attente, indique où se trouve l’entrée des urgences puis sort fumer une cigarette. A l’extérieur, une femme crie. Les conversations s’arrêtent, les regards inquiets se tournent vers la route qui sépare les différents services.

Un conducteur pressé klaxonne pour que les piétons lui cèdent le passage.

Dans cet hôpital d’Alger, tout semble tendu comme un fil qu’on aurait peur de rompre si on tire trop fort. Depuis le mois de novembre 2017, les médecins résidents sont en grève, et de nouvelles manifestations sont prévues mercredi 21 février. Etudiants en fin de spécialisation, ils demandent l’abrogation du caractère obligatoire du service civil, une période pendant laquelle ils sont envoyés dans les déserts médicaux du pays. Sur les réseaux sociaux, mais aussi dans la presse, leur mouvement a mis un coup de projecteur sur la santé publique, mal en point, alors que la médecine gratuite est l’un des piliers de l’Etat social algérien.

« Pour passer vite, il faut un piston »

Dans la salle d’attente, Fatima se balance d’avant en arrière. Elle est venue pour une consultation de contrôle de sa grossesse. Elle a enlevé ses ballerines qui serrent ses pieds enflés : « Je suis arrivée à 7 heures du matin, ça fait quatre heures que j’attends. Si tu veux passer vite, il te faut un piston. » Une femme enceinte au voile bleu pâle sort d’une salle en soupirant : « Le médecin m’a dit qu’il ne pouvait pas me prendre en charge, qu’il fallait aller aux urgences. Mais là-bas, on se sait jamais combien de temps on va attendre. »

Scotché sur le mur du couloir, un communiqué du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) rappelle que les grévistes assurent leurs gardes et les urgences – c’est-à-dire, dans ce service, les consultations d’obstétrique mais pas celles de gynécologie. Les médecins titulaires sont peu nombreux, l’attente est longue.

Alors que la porte d’une salle de consultation s’ouvre en grinçant, un homme se précipite sur une femme en blouse blanche. « Pourquoi ma femme n’est pas passée ? Ça fait des heures qu’on est là ! » Soumia*, la soignante, lui répond doucement puis finit par élever la voix : « Ce n’est pas urgent ! » A peine l’homme reparti, elle est interpellée par l’agent d’accueil. Un homme veut récupérer les derniers résultats d’analyse de sa femme : « On a trouvé un bon médecin dans le privé, dit-il. On en avait marre d’être trimballés de gauche à droite pour les examens. »
« On est traités comme des animaux »

En janvier, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir), l’ancien ministre de la santé Djamel Ould Abbes, a déclaré : « L’Algérie fait mieux que certains pays nordiques, Suède, Danemark et Norvège, en matière d’aides sociales. » Mais dans cet hôpital d’Alger, selon Sirine*, résidente en gynécologie, un seul appareil d’échographie fonctionne, alors que le service reçoit de 80 à 120 patientes par jour et peut prendre en charge jusqu’à 30 accouchements par garde. « Il m’est arrivé de ne pas pouvoir faire une échographie à une patiente qui venait accoucher, alors qu’on soupçonnait que le bébé était trop gros pour un accouchement par voie basse. Qu’est-ce que je peux faire ? Rien. Je regarde la patiente et j’espère que ça ira. »

La pluie tombe toujours. Karim, gobelet de café à la main, attend son épouse : « Je déteste les médecins. A l’hôpital, on est traités comme des animaux. Toutes les familles algériennes ont une histoire d’erreur médicale à raconter. » Ces arguments, Tarik*, l’un des représentants du Camra dans l’hôpital, les connaît bien : « Il y a une sorte de haine du médecin. On est régulièrement confrontés à des violences verbales ou physiques. Nous sommes les seuls interlocuteurs des patients, alors tout est de notre faute selon eux. S’il n’y a plus de lit, on nous parle de népotisme. »

Un patient de 35 ans qui demande à rester anonyme s’estime « pris en otage » par les soignants. Il raconte les difficultés pour faire vacciner son fils, « parce que le médecin n’avait pas le registre », ou comment, après une opération, alors qu’il avait envie d’uriner, une infirmière a lancé à sa femme : « Vous n’avez qu’à trouver une bouteille en plastique et la donner à votre mari. » Il parle de manque de considération, de mauvais diagnostics. « J’ai bien compris que les médecins manquaient de moyens, mais ils se moquent des conditions d’accueil des patients », dit-il. Entre les médecins et les patients, la confiance semble rompue.


https://dia-algerie.com/erdogan-a-alger-26-fevrier-proceder-a-reouverture-de-mosquee-ketchaoua/

DIA-20 février 2018: Comme l’avait annoncé en exclusivité notre site DIA en juillet, le président de la République turque Recep Tayyip Erdogan effectuera une visite officielle le 26 février prochain en Algérie dans le cadre d’une tournée africaine, a annoncé la Présidence turque dans un communiqué rapporté par la chaîne TRT. Le président turc procédera le 27 février à la réouverture de la mosquée Ketchaoua d’Alger après une opération de restauration financée par la société turque TIKA.

La tournée africaine d’Erdogan débutera par l’Algérie entre les 26 février et le 02 mars 2018 et le conduira en Mauritanie, au Sénégal et au Mali où il aura des entretiens dans le cadre de sa visite. Les entretiens de M. Erdogan porteront essentiellement sur l’économie, précise la source. 
Le président turc Erdogan qui rencontrera le président Bouteflika lors de son passage à Alger, remerciera à cette occasion les leaders des pays qu’il visitera, pour le vote sur le statut de Jérusalem qui s’est déroulé à l’Assemblée générale des Nations Unies, conclut la source turque.
Salim Bey 


http://www.elwatan.com/actualite/indice-de-perception-de-la-corruption-2017-l-algerie-a-la-112e-place-21-02-2018-363060_109.php

Indice de perception de la corruption 2017 : l’Algérie à la 112e place

le 21.02.18 | 21h36

Transparency international a dévoilé, mercredi, l’Indice de perception de la corruption 2017 qui couvre 180 pays.

L’Algérie occupe la 112e place avec un score de 33 sur 100 points, loin derrière la Tunisie classée 74e  avec 42 points et le Maroc 81e avec 40 points. L’indice utilise une échelle de 0 à 100 dans laquelle 0 correspond à un pays extrêmement corrompu et 100 à un pays sans corruption.

Pour l’année 2017, plus des deux-tiers des pays enregistrent une note inferieure à 50, la note moyenne étant de 43.

La nouvelle Zélande est venue en tête du classement 2017, suivie du Danemark, La Finalnde, la Norvège et la Suisse. En bas du tableau on retrouve des pays en guerre dont la Somalie, le Sud Soudan, la Syrie, le Yémen et l’Afghanistan.

Transparency International a noté que « les pays dont les niveaux de protection des journalistes et des organisations non gouvernementales sont les plus faibles, sont aussi ceux où les taux de corruption sont les plus élevés ».

Dans le rapport 2016, l’Algérie a occupé la 108e place.


http://fr.le360.ma/monde/le-report-de-la-visite-de-macron-en-algerie-relance-les-inquietudes-sur-letat-de-sante-de-bouteflika-157109

Le report de la visite de Macron en Algérie relance les inquiétudes sur l’état de santé de Bouteflika

Par M'Hamed Hamrouch le 22/02/2018 à 14h28 (mise à jour le 22/02/2018 à 14h43)

La visite d’Etat qu’Emmanuel Macron devait effectuer en février en Algérie a été reportée.

Le report de cette visite, annoncée en décembre dernier par le président français lui-même, alimente plus que jamais les inquiétudes concernant l’état de santé du président algérien. Eclairage.

Rappelez-vous: lors d’une escale le 6 décembre 2017 à Alger, le président français, Emmanuel Macron, avait annoncé qu’il effectuerait en février 2018 sa première visite d'Etat en Algérie. Cette visite officielle qui devait durer trois jours, et dont les médias algériens s'étaient fait l'écho, a finalement été reportée au mois d’avril prochain.

Ce report, divulgué ce jeudi 22 février par les mêmes médias algériens, s’inscrit dans une cascade d’annulations des activités du président Bouteflika. Ce dernier, dont l’inaptitude à gouverner a fait l’objet courant 2017 d’un tollé en Algérie, ne s’est pas adressé à son peuple depuis 2012, en raison d’un fâcheux accident vasculaire cérébral diagnostiqué, en 2013, à l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce.
Vidéo. Macron à un Algérien: "Pourquoi vous m'embrouillez avec la colonisation?"

Le 20 février 2017, la chancelière allemande, Angela Merkel, a en effet dû renoncer in extremis, à son déplacement à Alger où elle devait rencontrer le président Bouteflika. Un communiqué diffusé alors par la présidence algérienne arguait, en guise d’explication à cette annulation, d’une  "indisponibilité temporaire de Bouteflika. "Bronchite aigüe", avait toussoté de son côté l’APS, porte-voix de la dynastie Bouteflika.
Merkel annule un voyage en Algérie à cause d’une bronchite aigüe de Bouteflika!

Mais passons, car l’allégation de l’APS ou, pour être précis, du palais El Mouradia, sera vite démentie par les faits. Deux semaines plus tard, précisément le 7 mars 2017, revoilà une déprogrammation de la visite du président iranien Hassan Rohani, celle-là "noyée" sous un flot de phrasés ampoulés, bidouillés vraisemblablement par le cabinet de la présidence. Motif invoqué? Le "report" de cette visite, annoncée initialement pour le 12 mars, aurait été décidé "à la demande de la partie iranienne"!

Ni fleurs, ni couronnes, "le président Abdelaziz Bouteflika va très bien"

Dans le lot des annulations, s’inscrit aussi l’audience que le président "invisible" devait accorder au ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, le 9 mars à Alger.

La seule rencontre que Bouteflika ait pu avoir en 2017 avec un chef d’Etat étranger, c’était avec le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. Elle remonte à un certain dimanche 19 mars, mais n’a duré que 59 secondes!! Une rencontre de très courte durée donc, où le locataire du palais d'El Mouradia, tapi dans sa résidence médicalisée à Zeralda, en banlieue algéroise, est apparu très diminué par la maladie, incapable de bouger ses lèvres, à plus forte raison ses bras...

Le report de la visite du chef de l’Etat français vient ainsi confirmer l’invalidité du président Bouteflika, qui n'a pas donné signe de vie en ce début 2018. Une invalidité qui a déclenché en 2017 une vive polémique en Algérie, où des voix se sont élevées pour revendiquer l’application de l’article 107 stipulant la destitution du chef de l'Etat algérien en raison de sa maladie.


http://www.lagazettedemontpellier.fr/22844/les-plans-historiques-de-la-creation-de-la-paillade-offerts-aux-archives-de-la-ville.html

Les plans historiques de la création de la Paillade offerts aux Archives de la Ville


Publié le jeudi 22 février 2018 à 15:15 - Caroline COUFFINHAL


Les plans historiques de la création de la Paillade offerts aux Archives de la Ville    Maquette de  la ZUP de La Paillade. © Caroline Couffinhal


Les descendants de Marcel et Édouard Gallix, figures de l'architecture montpelliéraine au XXe siècle, viennent de donner les travaux de leurs aïeuls aux Archives Municipales de Montpellier.
Le don est composé de 200 plans et plus de 79 articles, de nombreux documents se rapportant à des réalisations montpelliéraines, dont la ZUP de la Paillade, pièce importante du fonds et projet phare d'Édouard Gallix.
Les archives données officiellement ce jeudi matin en présence des fils de Édouard Gallix, de Isabelle Marsala, adjointe au maire, déléguée à l'Action Culturelle et du maire de Montpellier, Philippe Saurel, représentent près de six mètres de documents dans les rayons du bâtiment, au sein de la Médiathèque Émile Zola. 
"Ce don est une façon de dire : ce sont eux qui ont construit la ville", a expliqué le maire de Montpellier, Philippe Saurel. "Une ville se construit peu à peu, ce sont des générations qui les construisent, pas le fait d'un seul homme".   
L'aménagement de la ZUP (Zone à urbaniser en priorité) a été lancée en 1962 par concours et remportée par Édouard Gallix, (1923-2004) pour sortir de terre cinq ans plus tard, permettant d'accueillir la population rapatriée d'Algérie (9500 logements).
Outre les documents retraçant l'aménagement de ce quartier de Montpellier, la création de l'école d'Architecture de Montpellier en 1972, les travaux d'aménagement des cliniques Aiguelongue et Saint Côme à Montpellier et du Parc à Castelnau le Lez. 
"Ce fonds contribue à éclairer l'histoire et l'héritage de Montpellier", a indiqué Isabelle Marsala, adjointe au maire, déléguée à l'Action Culturelle.
Philippe Saurel a également annoncé que le nom de la famille Gallix figurerait sur un espace public de la ville de Montpellier.


http://www.lagazettedemontpellier.fr/media/cache/original/rc/ZKObN1En/uploads/images/26/media/24840_s5a8ee95fa5aca5a8ee9681b1f4.jpg © C.V.

Les descendants de Marcel et Édouard Gallix, en compagnie du maire Philippe Saurel, ce jeudi matin.


http://www.lagazettedemontpellier.fr/media/cache/original/rc/9PMrv6Nv/uploads/images/26/media/24841_s5a8ecb41d8f4e5a8ecb4f2ec88.jpg
© Ville de Montpellier - Projet de plan de masse ZUP de La Paillade (1962)

 


https://ccfd-terresolidaire.org/mob/action-et-spiritualite/vivre-le-careme-2018/mgr-vesco-eveque-d-oran-6022

Publié le 22 février 2018


Mgr Vesco, évêque d’Oran en Algérie : "Il n’est d’humanité que plurielle"

Interview tirée de notre magazine Faim et Développement (mars 2015)
Mgr Vesco, jeune évêque d’Oran, sera en France pour témoigner du 12 au 15 mars 2018 dans le cadre de la mobilisation du CCFD-Terre Solidaire autour du carême "Tissons ensemble une terre solidaire". Un témoignage à ne pas manquer.

https://ccfd-terresolidaire.org/IMG/arton6022.jpg?1519377094

Rien ne prédisposait, Jean-Paul Vesco, ancien avocat d’affaires, à se passionner pour l’Algérie. Alors qu’il vient de s’engager chez les dominicains, une discussion avec un prêtre ouvrier l’incite à accepter une première mission là-bas. L’expérience est si forte qu’il s’apprête à rester toute sa vie en Algérie. Mais en décembre 2010, après huit ans de présence en Algérie, il est élu par ses frères à la tête de l’ordre des Dominicains en France. Il doit rentrer en France. S’il s’investit dans sa nouvelle mission, il ne peut s’empêcher de vivre son départ comme un arrachement.
La décision de Benoit XVI de le nommer fin 2012 évêque d’Oran le renvoie finalement dans ce pays tant aimé.
C’est un homme simple et chaleureux de 52 ans qui se présente, en habit de couleur claire rehaussé d’une modeste croix de bois. Avant de commencer l’interview, il tient à évoquer son imprégnation de la spiritualité des figures qui ont marqué la présence chrétienne en Algérie : Charles de Foucauld, Pierre Claverie, évêque d’Oran assassiné en 1996, et les moines de Thibirine.


Comment l’histoire récente a-telle façonné l’Eglise catholique en Algérie ?


L’Eglise d’Algérie s’inscrit dans une histoire particulière. Elle est liée à l’histoire coloniale, espagnole puis française, qui marque le retour de la chrétienté après sa disparition totale pendant des siècles. Cette histoire récente est visible encore aujourd’hui avec la présence d’édifices religieux dans de très nombreux villages, et une préoccupation traditionnelle concernant l’accès à l’éducation et aux soins.
Mais l’Eglise d’Algérie a aussi un deuxième acte de naissance. C’est l’appel aux religieux et religieuses de rester en Algérie en mars 1962 de Mgr Duval, archevêque d’Alger. Il aurait été pourtant logique que les pasteurs suivent leurs fidèles et quittent le pays.


Mais Mgr Duval avait déjà pris parti contre la torture, et pour une Algérie indépendante.


Il pose, à ce moment où s’ouvre aussi le Concile Vatican II, l’idée prophétique qu’une Eglise dans un pays musulman « sans peuple chrétien » a un sens. Depuis 50 ans, l’Eglise d’Algérie vit véritablement de cet appel, alors que le contexte a énormément changé.



Mgr Henri Teissier et le Cardinal Léon Etienne Duval 21 Avril 1988 – DR archives RPweb


Dès septembre 62, les écoles chrétiennes se remplissent d’enfants algériens, jusque dans les années 1970 où toutes les écoles et dispensaires sont nationalisés. Il devient ensuite de plus en plus difficile d’avoir un contrat de travail pour les étrangers, et donc pour les religieux. Pourquoi rester ? Cette question culmine pendant la décennie noire, dans les années 90, alors que la vie des religieux est en jeu, comme le montre très bien le film Des hommes et des Dieux [1] .
C’est pourtant à ce moment-là, alors que l’Eglise avait perdu tout son pouvoir et son utilité apparente, que le sens de sa présence est devenu pleinement visible.
L’histoire de l’Eglise d’Algérie est l’histoire d’une Eglise qui veut rester fidèle au Christ et à sa vocation : rester une Eglise citoyenne, au service de la société algérienne.


Quelle est la situation de l’Eglise d’Algérie aujourd’hui ?
Aujourd’hui l’Eglise d’Algérie a deux poumons.


Il est essentiel pour elle d’être une Eglise citoyenne, engagée dans la société dans laquelle ses membres vivent. Aucun religieux n’est engagé exclusivement dans la communauté chrétienne. Pour être présents auprès de la société musulmane algérienne, les chrétiens ont développé de nouvelles activités notamment les bibliothèques universitaires, fréquentées par près de 5000 étudiants, et soutenus par le CCFD-Terre solidaire. Pendant un temps, ces bibliothèques ont été le seul accès sérieux aux ouvrages d’études. Elles sont aussi des lieux d’échanges et de rencontres impossibles autrement.
C’est précieux, dans une société algérienne, qui comme la société française, est travaillée par des forces de division très fortes. Nous ne sommes pas là dans un objectif de prosélytisme.


Ces expériences-là sont des expériences d’unité, qui s’appuient non sur ce qui nous divise, mais sur ce que chacun a de meilleur.
Et je peux témoigner que l’Évangile y est pleinement vécu.


Le deuxième poumon de l’Eglise d’Algérie, c’est bien sûr la communauté chrétienne, qui a beaucoup changé depuis l’appel du cardinal. Aujourd’hui les chrétiens sont à majorité d’origine subsaharienne. A la cathédrale d’Oran, pour le premier dimanche de l’Avent, sur 250 personnes, il n’y avait que 20 à 30 « visages pâles ». Parmi ces nouveaux fidèles, des étudiants venus de toute l’Afrique qui restent entre deux et trois ans, et dont le dynamisme nous porte.
Nous voyons maintenant beaucoup de chrétiens migrants bloqués dans leur projet de rejoindre l’Europe.
Au début, nous avons vu arriver surtout des hommes, qui se cachaient, et venaient pour prier. Puis des femmes sont venues, de plus en plus nombreuses, et avec elles les enfants, ce qui est tout nouveau pour notre communauté. En 2013, 150 enfants sont nés dans notre diocèse.
Ces chrétiens sont souvent dans une situation extrêmement vulnérable, et leur accueil représente un nouveau défi. Nous donnons une aide matérielle d’urgence, mais surtout beaucoup d’informations, de contacts.
L’accueil des migrants nous amène à travailler avec de nouveaux acteurs : des associations, mais aussi des individus, médecins, secrétaires...
De belles rencontres se nouent, avec ces « héros ordinaires » algériens aidant des migrants mal perçus et sans aucun droit.
Pour un pays qui s’est toujours considéré comme un pays d’émigration, dont les ressortissants se perçoivent souvent mal accueillis en France, c’est un défi de réaliser que l’Algérie est aussi en train de devenir un pays d’immigration.


Comment chrétiens et musulmans peuvent-ils vivre ensemble ?


Un jour des enfants ont inventé un jeu où je devais dire les paroles de la Fatiha en arabe. Ils espéraient que je ne m’en rendrais pas compte, mais serais sauvé quand même…
Parfois cela m’arrive aussi d’entendre que je suis quelqu’un de bien, suivi d’un « dommage que tu ne sois pas musulman ». Je n’aime pas cela, parce que je sens que l’autre ne me respecte pas tel que je suis. Je n’ai pas envie de faire aux autres ce que je n’aime pas qu’on me fasse.
Pierre Claverie disait :
« Il n’est d’humanité que plurielle » .
J’y crois profondément. Certains chrétiens ou musulmans croient que le salut passe par la conversion de tous les habitants de la terre à leur religion. C’est un leurre qui nous mène souvent à la violence.
Je crois que la différence religieuse n’est pas accidentelle et fait d’une certaine manière partie du plan de Dieu sur terre.
Au lieu de se combattre, de gagner en puissance ou en parts de marché, le salut est pour moi de gagner en reconnaissance de l’autre, quand la rencontre avec la différence est vécue comme un enrichissement. Nous n’avons pas à forcément à tout comprendre de la religion de l’autre, tout comme l’autre ne comprendra pas la manière dont nous vivons notre foi de l’intérieur.
Mais quand la rencontre avec quelqu’un dont la foi est différente me touche, je perçois quelque chose de la révélation de Dieu.
Ces rencontres, je suis sûr que vous en avez tous fait. Dans ces moments là, nous ressentons que cette rencontre entre deux religions est possible, et qu’elle nous porte. Personnellement je crois que le chemin à suivre est là.
Nous devons savoir regarder ce qui est beau. Cela ne signifie pas fermer les yeux sur la réalité, ou nier les problèmes. Mais nous devons éviter que l’un ne pollue l’autre systématiquement. Les belles choses font peu de bruit. Or ce sont elles qui nous font vivre. Ce n’est pas de la naïveté.


La naïveté pour moi est d’imaginer qu’on va régler les problèmes en dressant des murs.


Partout des voix se font entendre pour dire que chrétiens et musulmans ne peuvent pas vivre ensemble. Je rentre du Mali, où les chrétiens ne représentent que 1 à 2% de la population, mais jouent un rôle très important. Là bas j’ai vu un couple mixte musulman et chrétien, dont les enfants sont majoritairement chrétiens et d’autres musulmans. Je ne nie pas toutes les difficultés de la coexistence, mais cela existe. Et si c’est possible, c’est qu’il y a un chemin. L’Islam est, il ne disparaitra pas. Nous devons vivre le meilleur ensemble car nous ne pouvons pas divorcer.
En Algérie, nous sommes témoins de gestes d’une humanité, d’une grandeur, qui sont des ponts entre des abîmes.
J’ai rencontré à Lyon, après une représentation de la pièce de théâtre Pierre et Mohammed, un ancien combattant algérien. Cet homme m’a raconté que son neveu avait été approché pour faire un attentat à Saint Eugène, là où ou Pierre Claverie a été assassiné. Il a refusé et a été égorgé, pour ne pas avoir voulu porter atteinte à la vie de chrétiens. Un geste comme celui-ci vaut tellement plus que ces murs qu’on nous dresse.


Certaines familles, confrontées à la conversion de leurs enfants à l’Islam, se sentent désemparées. Que dire à ces familles ?


La liberté de l’enfant prime, mais c’est vrai, cela nous touche énormément. Nous pouvons avoir de grands mots sur la liberté religieuse, ce n’est pas si facile. On dit souvent, « il choisira quand il sera grand ». Dans une société devenue très areligieuse, nous avons tendance à occulter que nous appartenons à une religion, et que nous l’avons reçue. Or les conversions sont souvent douloureuses pour l’environnement.
La souffrance révèle que notre religion est peut-être plus importante qu’on ne le pensait. C’est important pour les parents de ne pas rester seuls face à leurs questions, comme le propose d’ailleurs le diocèse de Seine Saint-Denis.


Comment sont perçues les conversions au christianisme en Algérie ?


Nous célébrons quelques baptêmes, très peu en réalité : Des personnes se présentent, souvent mues par un appel mystérieux et réel, mais nous n’allons pas les chercher.
Le cheminement prend du temps, car nous savons que la personne, en étant baptisée, deviendra comme étrangère dans son propre pays.


La question est : le baptême prime-t-il sur tout le reste ?


Pour des jeunes, surtout des garçons, demander le baptême signifie courir le risque de devoir renoncer à se marier en Algérie, et être marginalisé dans la société.
Les baptêmes sont toujours des histoires particulières, fortes, non sans analogie avec la vocation religieuse tant il conditionne la vie de la personne qui le reçoit. La maître mot reste la discrétion et le désir de rester inscrit dans son tissu familial et social. Dans notre communauté, une femme a reçu le baptême il y a très longtemps. Toute sa famille le sait bien, mais cela n’a jamais été dit et au fond son choix est implicitement accepté.
Cela existe aussi.
Dans les années 2000, au sortir de la décennie noire, la société était très déstabilisée et en même temps la vie reprenait ses droits et tout paraissait à nouveau possible. Les évangéliques ont osé des choses que nous nous interdisons, au nom du respect de la liberté de conscience et au nom aussi du respect de la théologie catholique telle qu’elle a été réaffirmée par le concile Vatican II. Nous nous l’interdisons, non parce que nous sommes dans un pays musulman, mais parce que nous ne sommes pas sûrs que l’Evangile se transmette de cette façon-là. A vrai dire, personnellement, dans l’annonce de l’Evangile, je ne crois pas agir très différemment, ou avec moins de liberté, lorsque je suis en Algérie que lorsque je suis en France.
Les évangéliques ont réussi néanmoins à faire exister une toute petite minorité chrétienne et il est légitime que cela nous interroge. Si je ne peux pas cautionner certaines méthodes ou présupposés théologiques, nous ne pouvons prétendre à détenir seul la vérité. Comme pour l’Islam, j’accepte une immense part de non savoir…
Mais nous sentons que cela n’est pas le témoignage que nous avons nous, en tant qu’Eglise catholique, à donner.
Nous croyons que nous sommes là d’abord pour témoigner d’un dieu d’amour qui est à l’œuvre dans le monde pour le salut de tous les hommes de bonne volonté, quelque soit leur race et leur religion.
Sûrs de tout cela, le Seigneur fera ce qu’Il voudra.
Propos recueillis par Anne-Isabelle Barthélémy


https://www.algeriepatriotique.com/2018/02/22/visite-officielle-demmanuel-macron-algerie-reportee-mois-davril/


La visite officielle d’Emmanuel Macron en Algérie reportée au mois d’avril
février 22, 2018 - 7:06 Kenzi Adam

Par Karim B. – La visite officielle de trois jours que devait effectuer le président français dans notre pays ce mois de février a été reportée au mois d’avril pour un problème d’emploi du temps, a appris Algeriepatriotique de sources informées.

Emmanuel Macron, qui avait fait un voyage éclair à Alger en décembre dernier, devrait revenir avec de nombreux projets dans ses bagages, selon des sources concordantes. Il n’est pas exclu qu’il annonce la restitution définitive des crânes des résistants algériens détenus au Musée de l’Homme à Paris. Ahmed Ouyahia avait évoqué cette question lors de son passage à Paris, à la même période.
Sur le plan économique, le nouveau locataire de l’Elysée compte bien faire avancer les dossiers en suspens. Un premier dégel a eu lieu lors de sa rencontre avec les responsables algériens le 6 décembre dernier. D’importantes annonces devraient être faites lors de la prochaine visite de Macron, affirme-t-on. Il serait question notamment d’une revigoration du rôle des banques françaises implantées en Algérie, qui devront accompagner les investisseurs français dans les domaines du montage automobile, de l’industrie pharmaceutique et de l’agriculture, entre autres.
La récente et courte visite d’Emmanuel Macron à Alger avait suscité de nombreux commentaires, suite à ses déclarations qui font fi du protocole et des convenances diplomatiques. Il avait rabroué des journalistes et des jeunes Algériens qui l’interrogeaient sur les crimes commis par la France coloniale en Algérie, appelant ses interlocuteurs algériens à ne pas « regarder dans le rétroviseur » et à plutôt se « concentrer sur l’avenir ».                                                                            K. B.


https://ripostelaique.com/basta-avec-le-setif-de-1945-parlons-plutot-de-lalgerie-daujourdhui.html

Basta avec le Sétif de 1945 !
Parlons plutôt de l’Algérie d’aujourd’hui

Publié le 21 février 2018 - par Jean-Michel Weissgerber - 24 commentaires - 1 120 vues

Pour de multiples raisons, je suis amené depuis de nombreuses années à côtoyer soit des Français d’origine algérienne, soit des Algériens installés en France.

Je ne sais pas (mais j’aimerais le savoir) si mon sentiment sera partagé par ceux et celles qui me lisent. Beaucoup d’entre eux et d’entre elles, même apparemment bien intégrés dans notre pays, expriment toujours un ressentiment, plus ou moins diffus, envers la France dite coloniale et celle de la guerre d’Algérie…

Dernière en date d’une de mes expériences les plus déplaisantes, celle que j’ai éprouvée avec Zohra.

Zohra réside en France depuis bientôt vingt années. Cultivée, élégante, intelligente, elle est mariée à Constant, un Français de très vieille souche, élégant, prévenant et sportif.

J’ai connu Zohra chez Farida, fille d’un harki mort pour la France.

L’une et l’autre ne connaissaient pas le passé respectif de leur père : l’un dans le camp de la France, l’autre dans celui du FLN.

Ce jour-là, Boutef venait une fois de plus d’insulter le pays qui n’a cessé d’être aux petits soins pour sa très précieuse santé. Les harkis, entre autres, étaient traités de « collabos ». Zohra, accompagnée d’un ami clandestin à l’époque, approuvait bruyamment l’arrogant personnage que même le président français en exercice n’eut pas le courage de réprimander ne fut-ce qu’un peu. Grand malaise chez Jean-Michel Weissgerber qui sur le coup préféra ne pas piper mot – la colère étant toujours mauvaise conseillère – mais s’efforça de faire évoluer, par petites touches, les positions adverses (pour rester poli).

Peine perdue, je m’en suis rendu compte très récemment avec consternation au cours d’une réception donnée aimablement par Constant et Zohra.

Pour cette dernière, décidément murée dans sa psycho-rigidité, le verdict est sans appel. Zohra est ici chez elle mais apparemment pas les harkis, pestiférés à jamais, avec leurs familles et descendants (une engeance particulière selon ses termes !).

De toutes les façons pour Zohra et ses semblables, aborder le sujet ne sera jamais d’actualité. Elle explosa même : « En 1945, il y a eu QUARANTE-CINQ MILLE MORTS A SETIF » !

Ce genre d’argument n’est évidemment pas propre à Zohra et ses pairs mais il est également repris par les islamo-gauchistes et les héritiers des porteurs de valises.

Il est grandement temps de ne plus céder à ce que j’appelle UN IGNOBLE CHANTAGE.

Tu me parles de Sétif en 1945 et moi, cocotte, ou coco, je te rétorque ET SETIF EN 2018 ?

Pour vous renseigner utilement, pas besoin même de s’y rendre : il suffit de lire un article de deux pages paru dans le quotidien Libération (pas Le Figaro, Présent ou même Le Monde, non, Libération) et signé Célian Macé.

Ce reportage précis et circonstancié révèle beaucoup mieux que tout rapport officiel l’état

1) du système de santé en Algérie,
2) le désastre absolu, intégral de l’Etat FLN, pour employer les termes utilisés par un grand écrivain algérien, évidemment boycotté, dans un grand hebdomadaire français aux initiales de V.A.

Célian Macé, dans le texte, pour une ville-symbole, si j’ose dire, compte tenu du lourd tribut allégué face à l’ancien colonisateur. D’emblée le lecteur est plongé dans une rude atmosphère : « Le bâtiment date de l’époque française, il a été construit en 1934 pour une population de 30 000 colons. Aucun investissement sérieux n’a été réalisé alors qu’aujourd’hui, six millions d’Algériens dépendent de ce CHU qui manque de lits, de matériel, de personnel… ». C’est un médecin qui s’exprime dans son bureau fermé à double tour. « Pourtant, à une époque, l’argent public ne manquait pas ». Notre envoyé spécial s’inquiète probablement à juste titre. « On a longtemps parlé d’un second hôpital à Sétif. Mais le projet, évoqué dans les années 80, semble avoir été abandonné. Depuis 2014, la plongée des cours du pétrole, dont l’Etat algérien reste extrêmement dépendant, a rendu sa perspective encore plus incertaine ».

Tout le reste de l’article est à pleurer à chaudes larmes : « Aït Ammar Hamid accompagne sa petite sœur de 16 ans, atteinte de la maladie de Crohn avec fistule, qui doit recevoir une injection médicamenteuse régulière. Toute la famille fait le trajet depuis la ville côtière d’Annaba, à 280 kilomètres, pour ce rituel médical, faute d’un traitement disponible plus proche ».

Je fais grâce à mes lecteurs des tribulations des plus pénibles que doivent endurer les patientes en gynécologie…

Les médecins algériens sont très tentés de fuir un tel enfer pour venir exercer où ?
Je vous laisse deviner…

« Trois femmes originaires de Sétif ont 26 ans. Elles sont « résidentes » (l’équivalent français des internes) et connaissent les lieux depuis leur enfance. Pour un hôpital de cette importance, il manque beaucoup de services. Il n’y a pas d’ophtalmo, ni de dermato, de gastro ou d’urologue.

En gynécologie, il n’y a qu’un spécialiste. Ils font venir des obstétriciens chinois !
Nous n’avons pas d’IRM, le scanner est en panne deux jours sur trois ».

Ah, j’oubliais une petite précision intéressante. Ces trois pimprenelles qui reconnaissent avoir « envisagé de quitter le pays » sont des femmes voilées. On vous attend à bras ouverts… Vous rejoindrez les 9365 médecins algériens exerçant en France en 2017, selon les chiffres du Conseil national de l’Ordre à Paris…

Alors Zohra, qu’en dis-tu ? Les harkis, dans leur combat, n’auraient-ils pas, inconsciemment peut-être très souvent, vu juste et n’ont-ils pas fondamentalement eu raison ?

Jean-Michel Weissgerber

PS : Evidemment, l’article du 9 janvier 2018 suggère sans vraiment le dire (hôpital construit en 1934 pour une population de 30 000 colons) que les soins étaient dispensés selon des principes d’apartheid, ce que dément vivement un ami ancien harki qui a connu le Sétif des années cinquante.

Ohé ! Les amis du Cercle algérianiste, on bouge à ce sujet ?!


https://present.fr/2018/02/23/trois-dangers-menacent-present/

Les trois dangers qui menacent “Présent”
Publié le 23 février 2018 par Francis Bergeron


Nous vous l’avons dit il y a quelques semaines, l’année 2018 sera une année difficile pour Présent (elle l’est d’ailleurs pour l’ensemble de la presse écrite). Et ceci pour trois raisons que nous souhaitons vous exposer ici.


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NOUVELLES DU CLAP
Le Clap est le Club des Lecteurs et Amis de Présent. Il se veut avant tout trait d’union entre sa rédaction et ses lecteurs


  1. Un recul historique du journal papier

L’ensemble des titres papier connaît un recul de ses ventes. Nous venons de recevoir les chiffres de ventes en kiosque des quotidiens nationaux pour le mois de janvier. Par rapport à janvier 2017, le recul est de 8,8 %, ce qui est énorme. Présent est le quotidien dont le recul est le plus faible : – 5,2 %. Mais faut-il se réjouir d’une situation simplement moins catastrophique que chez nos concurrents ? Nous aurions préféré écrire que nous sommes les champions en termes de développement des ventes ! Libération a reculé de 17,2 %, Le Figaro de 15,9 %, Le Monde de 12,9 %, Les Echos de 11,4 %, Le Parisien-Aujourd’hui de 10,9 %, L’Humanité de 8,9 %et La Croix de 5,7 %. La sortie de période électorale nous donne certes un début d’explication. Mais L’Equipe ou Paris Turf baissent fortement, eux aussi. Il y a donc autre chose. Cette autre chose, c’est d’abord la diminution constante, programmée, des points de vente. Il se ferme environ 1 500 points de vente par an. A ce rythme, dans 15 ans, il n’y aura plus de kiosques. Or l’achat d’un journal papier est un achat de proximité. Quand un kiosque disparaît, une petite partie seulement du public se reporte automatiquement sur le kiosque le plus proche. Et puis la concurrence du numérique est une réalité. C’est désormais sur le Net que l’information immédiate est recherchée d’abord.

  1. La faillite de la distribution en kiosque

La seconde difficulté vient du distributeur (quasi monopolistique), Presstalis. Au bord de la faillite, victime notamment de la chute des ventes de ses clients et d’un sureffectif structurel, il doit s’adapter. Mais cette adaptation se fera au détriment du client, les éditeurs de journaux. 25 % de nos recettes ont été retenues en décembre et janvier, et une taxe spéciale de 2,5 % sera prélevée jusqu’en 2022 sur les ventes de journaux, pour cofinancer, avec l’Etat, le coût de départ de 300 salariés et la réorganisation. Plus grave encore pour les « petits » journaux : la loi Bichet va être remise en cause. C’est cette loi qui assure une égalité de traitements et de tarifs entre petits et grands journaux. Il est plus rentable de distribuer des titres à forte diffusion que des petits titres. Si la loi Bichet est supprimée, il deviendra quasiment impossible aux « petits » journaux de rester présents dans les kiosques.

  1. Un mauvais procès

La troisième difficulté est propre à Présent. Elle est temporaire, mais très forte. L’un de nos journalistes, Rémi Fontaine, a été déclaré inapte partiel à son poste, par le médecin du travail. Quelle est la conséquence de cette inaptitude médicale ? La société doit proposer des reclassements internes. C’est ce que nous avons fait. Nous avons proposé cinq postes à Rémi Fontaine, lui permettant de travailler depuis son domicile, en télétravail, avec des horaires adaptés, pour des temps de travail ramenés jusqu’à 12 heures par semaine, sans diminution de sa rémunération. Rémi Fontaine a refusé ces cinq postes.
Le télétravail, certes, n’était pas prévu dans son contrat de travail d’origine. Mais cette forme de travail n’existait pas, il y a 36 ans, ou plus exactement n’était pas techniquement possible.
Que dit le Code du travail au cas où le salarié inapte refuserait les postes proposés ? L’entreprise doit le licencier pour inaptitude ou bien recommencer à le rémunérer normalement, éventuellement jusqu’à la retraite.
C’est cette dernière option que nous avons choisie. Et c’est pourquoi, ces dernières années, Rémi Fontaine était rémunéré comme s’il travaillait, mais n’écrivait plus dans le journal (de son propre choix, et du fait de son inaptitude).
Pourquoi Présent a-t-il préféré payer chaque mois Rémi Fontaine, sans travail, plutôt que de procéder à son licenciement, licenciement autorisé par le Code du travail ? D’abord parce que Présent n’a jamais licencié l’un de ses collaborateurs. Mais aussi, reconnaissons-le, parce que les indemnités de licenciement de la convention collective des journalistes sont totalement exorbitantes : un mois de salaire par année d’ancienneté. Et au-delà de 15 années d’ancienneté, c’est une commission paritaire avec des représentants syndicaux qui décide du montant à allouer. Dans le cas de Rémi Fontaine, celui-ci nous demandait un total de 167 215,86 euros. En principe ces sommes supportent des charges patronales au-delà de 78 000 euros. Ce qui représente un débours total de l’ordre de 212 000 euros.
Finalement, Fontaine, refusant la formule de son maintien de salaire jusqu’à sa retraite, a saisi le conseil des prud’hommes pour obtenir de notre part… son licenciement pour inaptitude. Ce qu’il a en effet obtenu par un jugement du 9 octobre 2017.
La SARL Présent a en effet été condamnée… à le licencier et donc à lui verser ses indemnités de licenciement.
Nous n’avons pas les moyens de payer cette somme en une fois, et – alors qu’il s’en fallait de peu que les rédacteurs et collaborateurs ne touchent pas leur salaire de décembre 2017, Rémi Fontaine ayant fait saisir les comptes bancaires du journal –, Présent a dû saisir le juge des référés pour imposer à Fontaine un paiement étalé, à raison de 4 000 euros par mois, ceci pendant une soixantaine de mois. Mais vous imaginez la charge que cela représente pour un journal dont le chiffre d’affaires annuel est de l’ordre du million d’euros.
Nous avons fait appel de cette décision. Mais en attendant, il faut payer, et ce sera chaque mois une grosse charge financière, qui ne sera pas consacrée à la prospection, à la collecte de publicités, à l’amélioration de la gestion et de la rédaction, aux enquêtes.


Des raisons d’espérer


Alors vous allez me dire : mais que peut-on faire devant ces difficultés qui s’accumulent ?
Dans un contexte où des journaux amis comme La Nouvelle Revue d’Histoire ou L’Action française 2000 viennent de mettre la clé sous la porte, après Le Crapouillot, Le Choc du mois ou Spectacle du monde, il est hors de question que Présent cesse son combat pour une information alternative.
Mais pour cela vous devez nous aider :
Plus que jamais l’abonnement est la voie royale. Abonner ses proches, ses amis, passer de l’achat en kiosque à l’abonnement. C’est primordial pour nous ; c’est pourquoi nous nous efforçons actuellement d’améliorer la distribution aux abonnés.
Nous ne bénéficions pratiquement pas de publicités. Dans le modèle économique de la presse écrite, la publicité représente 80 % du chiffre d’affaires. Cela signifie que cette quasi-absence de publicités payantes doit être compensée par des dons. La formule « Presse et pluralisme » vous permet la défiscalisation et nous permet d’exister. Vous aimez votre quotidien ? Faites chaque année un don.


Nos lecteurs doivent être conscients que le grand virage vers le numérique est inéluctable. La chute de la vente papier doit s’accompagner d’une montée en puissance des abonnements numériques, qui, pour les quotidiens nationaux, est en progression de 36,7 % par rapport à l’an dernier. Pour le coup, la croissance de la version numérique de Présent reste très en retard. Nous devons impérativement étoffer notre site, le rendre plus attractif et plus riche. Ce sera le défi de 2018, pour créer une véritable dynamique, sans pour autant abandonner la version papier. L’abonnement couplé papier + numérique doit impérativement se généraliser.
Si nous réussissons ce triple pari, Présent a de beaux jours devant lui. Mais vous le comprenez bien, l’avenir de votre journal est entièrement entre vos mains.
Francis Bergeron Président du CLAP


Les dessins du jour

   

                      

  

 

 
 

Merci aux brillants dessinateurs pour leurs talents immenses

PINATEL  - http://www.dessins-de-pinatel.fr/
L’AIXOIS MIEGE - https://www.delitdimages.org/
IGNACE - http://www.medias-presse.info/category/ddj/
CHARD  - https://present.fr/category/chard/
Les dessins d'actu de RALETZ  - http://nickraletz.over-blog.com/
DILEM   - https://www.liberte-algerie.com/dilem/

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